mercredi 24 septembre 2025

24 SEPTEMBRE 2000 : DRÔLE D’ANNIVERSAIRE !


                                                          

« À l’âge où la vie se raconte » (Pages 61 à 64)

Je m’en souviens comme si c’était hier et pourtant, c’était il y a vingt et un ans. Ce jour-là, le 24 septembre 2000, par référendum, le passage de sept à cinq ans de la durée du mandat du président de la République, est approuvé Le 5 juin, Jacques Chirac, alors président de la République, s’était prononcé en faveur du quinquennat au nom des « exigences modernes de la démocratie », en excluant toute autre réforme institutionnelle. Quant au Premier ministre Lionel Jospin, avec les dirigeants socialistes d’alors, dont certains se reconnaîtront, il rappelle « qu’il a toujours été en faveur de cette réforme et que c’est effectivement le moment d’agir ».

La cohabitation bat son plein et l’organisation du référendum est menée au pas de charge. Il se déroulera le 24 septembre. Ses résultats confirment que notre pays traverse une grave crise politique (aggravée depuis, c’est le moins qu’on puisse en dire). L’abstention est record. La participation s’élève à 30,19%. Le « oui » l’emporte avec 73,21% des suffrages exprimés. Le nombre des bulletins blancs et nuls est également record : 16,1% des votants. Un électeur sur cinq s’est prononcé en faveur du changement de la durée du mandat présidentiel.

Le quinquennat va transformer la nature des institutions de la Ve République, renforcer le « présidentialisme ». Les arguments développés pour justifier cette modification profonde de l’élection du président de la République sont partagés tant par la droite que le Parti socialiste. Ils peuvent être ainsi résumés : « Le septennat ne correspond plus au rythme de la vie démocratique, il convient donc de donner plus souvent la parole aux citoyens. » « Le quinquennat limite les inconvénients de la cohabitation. »

Ainsi plutôt que de s’attaquer aux questions clés de la crise politique, la montagne accouche du quinquennat, avec les graves conséquences que nous sommes à même de constater aujourd’hui. Les déséquilibres exorbitants dont souffre la Ve République, favorisant à l’excès les pouvoirs de l’exécutif n’ont fait que s’aggraver, particulièrement avec Emmanuel Macron. Le PCF avait dénoncé les dangers de la mise en place du quinquennat « sec », c'est-à-dire sans autre modification de la Constitution : « Le renforcement de la prédominance présidentielle », « l’atrophie du rôle du parlement » mais surtout « une accentuation de la bipolarisation de la vie politique ». Tout cela est profondément juste. Le bémol viendra de la décision de la direction du parti de prôner une « abstention active ». Contradiction flagrante à mes yeux, alors que la crise politique faisait déjà tant de dégâts. C’est ce qui m’a amené, comme beaucoup d’autres communistes, à préférer voter « non ».

Parfois il n’est pas inutile de jeter un coup d’œil dans le rétroviseur, de se reporter à des écrits, à des prises de position des uns et des autres. Particulièrement sur les questions institutionnelles et la démocratie. Où étaient-ils les censeurs, ceux qui reprochent aux communistes de traîner les pieds, alors qu’eux étaient les seuls à montrer le bon chemin. Je n’aurai pas la cruauté de rappeler où ils se trouvaient à cette époque. Aujourd’hui, ils sont nombreux à vouloir, disent-ils, en finir avec la Ve République. Encore faudrait-il accorder ses paroles et ses actes.

 

Les contenus d’une Nouvelle République !

D’abord une remarque. On ne peut se prononcer, la main sur le cœur, pour une VIe République et utiliser dans le même temps les ressorts les plus négatifs de la Ve au moment où intervient une échéance présidentielle. Ce n’est pas par opportunisme que le Parti communiste français a porté un jugement négatif sur ces institutions. Il l’a fait dès 1958 et sans discontinuer, accompagnant ces critiques de propositions pour les démocratiser. Il en est ainsi de sa revendication concernant la proportionnelle à toutes les élections. Tout le monde ne peut pas en dire autant. C’est en 2005 qu’il se prononce clairement pour une VIe République, en en définissant les contenus. Car là est bien la question. Nombre de responsables du PS se sont prononcés pour un régime présidentiel. C’est à un régime à « l’américaine » que vont leur préférence. Exit le Premier ministre ! A droite, on estime qu’il vaut mieux ne rien changer et on agite la « simplification d’un soi-disant mille-feuille administratif ». Quant à la France insoumise, elle n’hésite pas à utiliser tous les ressorts de la Ve République et un présidentialisme décomplexé pour faire élire des députés à l’Assemblée nationale. D’une manière générale, les élections législatives de 2017 ont plutôt été un troisième tour de l’élection présidentielle qu’un premier tour destiné à élire les représentants du peuple. Ce présidentialisme a fait d’énormes dégâts, il est temps d’en sortir, mais une simple référence polie à une VIe République n’y suffira pas.

Certes s’attaquer aux institutions ou faire semblant peut être un élément pour endiguer ce « désamour » et ces doutes. Mais l’autre, plus essentiel et sûrement plus efficace, serait de rompre avec ce refrain dominant selon lequel « un seul chemin serait possible ». C’est la raison pour laquelle il convient tout à la fois de dire quels seraient les contenus de la VIe République que nous proposons en tant que communistes et l’alternative politique à construire. « Déclaration des droits fondamentaux et des droits de la personne, droits indivisibles : civils, politiques, économiques, sociaux ou culturels s’appliquant à tous les résidents, services publics hors concurrence et obéissant aux principes d’égalité, de responsabilité et d’efficacité. Élargissement sous toutes ses formes de l’initiative citoyenne, citoyenneté de résidence, pouvoirs des salariés à l’entreprise, souveraineté populaire renforcée, proportionnelle généralisée à toutes les élections, primauté au Parlement …

S’agissant de l’élection du président de la République, le débat reste ouvert. Beaucoup font état de l’attachement des Français à ce scrutin. Faudrait-il maintenir son élection au suffrage universel, mais avec la possibilité pour les candidats ayant obtenu 10% au premier tour de se maintenir au second ? Suffirait-il d’inverser le calendrier et de placer les élections législatives avant la présidentielle ? Ou faudrait-il instaurer un septennat non renouvelable ? Enfin, faut-il revenir à son élection au scrutin indirect ? C’est à cette proposition que va ma préférence. Dans tous les cas de figure, rien n’est envisageable sans réformer profondément les institutions de la Ve République.

 

Claudia Cardinale, icône du cinéma italien, est morte



L’actrice Claudia Cardinale, icône du cinéma ayant collaboré avec les plus grands réalisateurs, est morte mardi 23 septembre, à l’âge de 87 ans. Elle aura contribué aux plus grandes lettres du cinéma italien comme états-unien, avec des apparitions dans « Le Guépard », « Il était une fois dans l’Ouest » ou encore « Huit et demi ».

L’actrice Claudia Cardinale a tourné dans plus de 150 longs-métrages et a côtoyé les cinéastes les plus plébiscités de leur génération, de Sergio Leone à Luchino Visconti, en passant par Abel Gance, Federico Fellini, Werner Herzog ou Manoel de Oliveira. La comédienne est morte « auprès de ses enfants » à Nemours (région parisienne), où elle habitait, a annoncé son agent Laurent Savry dans la soirée du mardi 23 septembre. Elle avait 87 ans.

Fille aînée d’un père sicilien et d’une mère française installés à Tunis, la future comédienne naît dans un monde déchiré par la guerre, début 1938. L’Italie fasciste est alors alliée à l’Allemagne nazie et à l’empire japonais. Accusés d’êtres fascistes, les parents de Claudia Cardinale délaissent l’italien pour le français.

Une carrière ponctuée de chefs-d’œuvre

La vie de la jeune femme bascule, emporté par cette effervescence propre au monde du cinéma. Élue plus belle italienne de Tunis à 19 ans, elle embarque en direction de la Cité flottante, où les visages du septième art sont réunis à l’occasion de la Mostra, le festival de cinéma italien mondialement reconnu.

C’est dans ce bouillon que Claudia Cardinale décide de s’inscrire au Centro sperimentale, une école de cinéma située à proximité des studios Cinecittà. De retour en Tunisie au bout de quelques mois, la situation devient invivable. Victime d’un viol à l’âge de 16 ans commis par un Français ayant le double de son âge, elle subit le harcèlement de ce dernier. Elle tombe par la suite enceinte et le cache à ses proches. De quoi pousser Claudia Cardinale à fuir Tunis pour retourner à Venise.

Sa carrière d’actrice débute avec Le Pigeon, succès populaire réalisé par Mario Monicelli, puis Trois étrangères à Rome (Claudio Gora) et Noces vénitiennes (Alberto Cavalcanti). Sa rencontre avec Franco Cristaldi, un producteur de cinéma qui deviendra son époux, la pousse à révéler sa grossesse à sa famille. L’enfant naît à Londres, et sera officiellement le petit frère de la comédienne. S’ensuit une carrière ponctuée de chefs-d’œuvre.

Récompensée à plusieurs reprises

Elle tourne à 22 ans dans Rocco et ses frères (1960) de Luchino Visconti, qui lui donnera quelques années plus tard l’un de ses plus grands rôles dans Le Guépard, aux côtés d’Alain Delon et de Burt Lancaster, en 1963. La même année sort un autre chef-d’œuvre du cinéma italien, Huit et demi, de Fellini, dans lequel elle incarne la muse du personnage principal, réalisateur.

Elle réussit aussi sa carrière aux États-Unis, tournant dans La Panthère rose de Blake Edwards (1963) et dans Les professionnels (1966) avec Burt Lancaster, et sera récompensée d’un Lion d’Or à Venise en 1993 et d’un Ours d’Or à Berlin en 2002. Elle est aussi apparue chez le maître du western spaghetti, Sergio Leone, à l’occasion de Il était une fois dans l’Ouest.

Claudia Cardinale était l’une des actrices les plus emblématiques du cinéma italien. Elle a joué dans le meilleur du renouveau italien (Bolognini, Zurlini, Squitieri), brillé à Hollywood (Edwards, Brooks, Leone), en France (Broca, Verneuil) et même en Allemagne avec Werner Herzog, pour Fitzcarraldo. De quoi l’inscrire éternellement dans l’histoire du septième art.

Outre sa carrière, Claudia Cardinale s’est positionné sur plusieurs combats politiques durant sa vie. La comédienne a crée une fondation éponyme, dont le but est d’aider de jeunes artistes à lancer leur carrière. Elle a aussi endossé le rôle d’« ambassadrice de bonne volonté » pour l’Unesco et a aussi été une alliée de longue date de l’ONG Amnesty International. Claudia Cardinale a enfin utilisé sa notoriété pour soutenir les luttes contre l’homophobie et les violences systémiques dont sont victimes les femmes, mais aussi pour une meilleure prise en charge de la myopathie et du sida.

 

« Rassemblement national : le parti pris des ultrariches au service des Cerbères Le Pen et Bardella » , l’éditorial de Rosa Moussaoui.



Dans le quotidien chilien El Mercurio, le 12 avril 1981, l’économiste Friedrich Hayek, pape de l’ultralibéralisme, théoricien de « l’État minimal », inspirateur de Ronald Reagan et de Margaret Thatcher, faisait en ces termes l’éloge des politiques économiques du dictateur Augusto Pinochet : « Personnellement, je préfère un dictateur libéral plutôt qu’un gouvernement démocratique manquant de libéralisme. » La loi du profit maximum ne s’embarrasse guère d’états d’âme sur les violations des droits humains et la démolition des libertés individuelles et collectives. Elle s’accommode parfaitement du fascisme.

Partout où elle s’est emparée du pouvoir, l’extrême droite n’a pu le faire qu’avec la complicité des élites capitalistes. Hitler serait probablement resté un misérable agitateur de brasserie s’il n’avait bénéficié, au début des années 1920, de solides appuis parmi les industriels et les gros propriétaires fonciers. L’ascension de Mussolini, vulgaire fauteur de rixes, est l’œuvre d’une grande bourgeoisie affolée par le « péril rouge ».

Ces logiques sont toujours opérantes. Donald Trump, entrepreneur immobilier véreux converti en bouffon de la téléréalité, est la créature des milliardaires de la Silicon Valley qui ont fait de lui un pantin appelé à servir les desseins de leur dystopie technofasciste.

Les capitalistes français ne sont pas taillés dans une autre étoffe, eux qui se sont donné comme slogan, dans les années 1930, « plutôt Hitler que le Front populaire ». Et le RN est parfaitement disposé à faire prévaloir les intérêts des ultrariches.

Le grimage social de Marine Le Pen n’en finit plus de se désagréger dans les controverses sur la politique fiscale. L’abstention des députés de son parti, en février dernier, sur la proposition de loi visant à instaurer la modeste taxe Zucman, fut un premier moment de vérité.

En temps de crise, le rôle assigné à l’extrême droite est simple : dissoudre la conscience de classe, les aspirations à l’égalité, à la justice sociale, dans la haine de l’autre, de l’étranger, de l’immigré, du « Français de papier », pour mieux diviser le peuple. Le Pen, Bardella, comme tous ceux de leur camp : des Cerbères de l’ordre établi.

 

« Dieu est grand et Donald Trump est son prophète », le billet de Maurice Ulrich.



Dieu est grand, Donald Trump est son prophète qui en a appelé à son « retour » pour la loi et l’ordre. Et Dieu est vengeur. « Je hais mes adversaires », a clamé le président de la première puissance mondiale devant la foule de la grande messe en Arizona en mémoire de saint Charlie Kirk.

Cet homme de dialogue qui affirmait que les femmes noires n’avaient pas les cerveaux assez développés pour exercer des responsabilités et souhaitait, entre autres, que les enfants dès 12 ans assistent aux exécutions capitales en public, sponsorisées par des entreprises privées comme Coca-cola.

« Un jeune homme courageux », a dit samedi Giorgia Meloni, qui intervenait en vidéo dans un événement organisé par Marion Maréchal, « qui a payé de sa vie le courage de ses idées et le prix de la liberté ».

Un exemple pour celle qui a rappelé ses années d’engagement, quand jeune militante elle faisait l’éloge de Mussolini dans le mouvement de jeunesse qui lui avait enseigné la nécessité de « se battre en première ligne ». Avec Trump et Dieu.

mardi 23 septembre 2025

« Fascism made in USA », l’éditorial de Stéphane Sahuc.



L’assassinat de Charlie Kirk et la séquence politique qui l’a suivi marquent un tournant dans l’histoire politique des États-Unis. La mise en scène des funérailles de l’influenceur d’extrême droite faisant de lui, selon les mots du président, un « martyr pour la liberté américaine » et un « géant de sa génération » vise à en faire une icône Maga. L’équivalent blanc, raciste et suprémaciste de la figure de Martin Luther King.

Avec le meurtre de Charlie Kirk, Trump tient son incendie du Reichstag. La propagande faisant de ce drame la preuve d’une violence politique perpétrée par la gauche justifie a priori toutes les mesures de répression et toutes les violences contre la gauche américaine et les personnalités ou élus qui l’incarnent. Lorsque Donald Trump assure dans son discours : « Je hais mes adversaires et je ne veux pas leur bien » – jolie litote pour affirmer qu’il leur veut du mal –, il faut le prendre au sérieux et au premier degré. Critiquer Charlie Kirk, ne pas lui rendre hommage est devenu un crime. Des dizaines de détracteurs du « martyr trumpiste » ont déjà perdu leur emploi pour un simple message sur les réseaux sociaux. Le ministre de la Défense Pete Hegseth a carrément ordonné à ses services d’identifier tout membre de l’armée qui aurait dit du mal du défunt.

Le même ministère exige désormais des journalistes qu’ils demandent son imprimatur avant toute publication d’information le concernant, sous peine de perdre leur accréditation au Pentagone. Dans la foulée, Donald Trump demande à la Commission fédérale des communications de retirer les licences de diffusion des médias qui s’en prennent à lui. Le président américain s’attaque également aux juges, exige le limogeage de ceux qui ne lui conviennent pas. Fort de son contrôle de la Cour suprême, il a obtenu qu’elle rende quasiment impossible toute poursuite pénale contre lui. Enfin, il n’hésite pas à faire pression militairement en envoyant la troupe dans des villes ou des États démocrates. Les États-Unis basculent dans le fascisme. Et comme le dit l’historien Robert Paxton – qui avait des préventions sur l’étiquette « fasciste » accolée à Trump –, utiliser « cette étiquette semble désormais non seulement acceptable, mais nécessaire ».

 

« Bernard Arnault accuse Gabriel Zucman d’être « d’extrême gauche » : ça fait si mal de payer des impôts ? », le billet de Maurice Ulrich.



On pourrait imaginer, par respect de soi et des autres, que la décence la plus élémentaire serait au moins de rester discret, quand on est à la tête d’une fortune personnelle de plus de 115 milliards d’euros, à propos de l’éventuelle taxation de moins de 2 000 ultra-riches.

Eh bien non, c’est avec des sabots en béton que le numéro un mondial du Luxe Bernard Arnault s’en est pris nommément à l’économiste Gabriel Zucman dans le Sunday Times britannique, où il l’a qualifié de militant d’extrême gauche animé par une volonté clairement affichée de mettre à terre l’économie. « La fébrilité n’autorise pas la calomnie », a rétorqué Gabriel Zucman ; Thomas Piketty, de son côté, a rappelé que les 500 plus grandes fortunes de France ont progressé de 500 % de 2010 à 2025

Aux États-Unis avec le New deal à partir de 1935, les fortunes au-dessus de 200 000 dollars (1 million d’aujourd’hui) avaient été taxées à 63 % puis 76 % et jusqu’à 91 %. Ça fait si mal que ça, Bernard Arnault, 2 % de 200 milliards ?

 

dimanche 21 septembre 2025

« Reconnaissance de l’État de Palestine par la France : une première victoire incontestable », l’éditorial de Marion d’Allard.



C’est un acte symbolique. Mais ce n’est pas que cela. En reconnaissant, ce lundi, l’État de Palestine, Paris franchit enfin le pas. L’étape est décisive ; elle pose un jalon indispensable à la construction d’une solution à deux États et redonne à la France la voix qu’elle n’aurait jamais dû trahir : celle du respect du droit international, de la justice, de l’humanisme.

Cette 80e Assemblée générale des Nations unies demeurera une date historique. Le début de la fin d’une cécité généralisée des pays occidentaux sur les crimes de Tel-Aviv envers le peuple palestinien. Une dizaine d’autres États devraient suivre le mouvement sous la conduite de Paris et de Riyad. La pression des opinions publiques, révulsées par les crimes de Netanyahou, a fait bouger les lignes. Une première victoire incontestable.

Il ne s’agit pas d’être naïfs. Bien entendu, à elle seule et à court terme, cette reconnaissance ne changera rien à l’infini cauchemar des Gazaouis et aux drames de la colonisation. Pis, acculé et reclus dans son jusqu’au-boutisme génocidaire, le premier ministre israélien redouble de férocité contre le peuple palestinien. Adoubé par son indéfectible allié états-unien, Netanyahou a lancé une opération militaire terrestre mortifère dans la ville de Gaza, décuplé la violence de son armée en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-est.

Reconnaître les droits d’un peuple opprimé depuis des décennies sans sanctionner ses oppresseurs confinerait à l’absurde. Paris a su poser à l’Autorité palestinienne ses conditions – impliquant, entre autres, l’éviction du Hamas d’une gouvernance refondée de l’État et son désarmement. Qu’il en soit de même avec le gouvernement israélien.

Benyamin Netanyahou sous mandat d’arrêt et ses ministres de l’extrême droite messianique doivent être traduits devant la justice internationale. Le nettoyage ethnique à Gaza et la stratégie d’annexion des territoires occupés doivent être combattus. Le droit au retour des réfugiés palestiniens doit devenir effectif. Sans quoi les mots, en dépit de leur force, demeureront des mots.

 

« Subversion », l’édito de Cédric Clérin

La démocratie israélienne n’en finit plus de dériver. La commission électorale de la Knesset, le Parlement, a décidé d’exclure des prochai...