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mercredi 14 janvier 2026

Une étude française établit un lien entre achat de pesticides et disparition d’oiseaux



Une équipe du Museum national d’histoire naturelle a étudié les données sur l’achat au niveau local de 242 substances actives de pesticides en les comparant à l’abondance de 64 espèces d’oiseaux.

La plupart des espèces d’oiseaux sont moins abondantes en France dans les zones où les achats de pesticides sont plus élevés. C’est la conclusion faite par les chercheurs d’une étude publiée ce mercredi 14 janvier dans la revue britannique Proceedings B de la Royal Society, suggérant qu’une baisse de l’utilisation de ces produits aiderait à protéger la biodiversité. «On a trouvé un signal assez fort puisqu’il y a 84,4 % des espèces pour lesquelles il y a des corrélations négatives, c’est-à-dire que plus il y a de pesticides vendus, moins il y a d’oiseaux», a détaillé Anne-Christine Monnet, co-autrice de l’étude et chercheuse au Musée national d’histoire naturelle (MNHN).

L’équipe française de chercheurs s’est intéressée aux données sur l’achat au niveau local de 242 substances actives de pesticides, issues d’une base de données publique, en les comparant avec les chiffres de l’abondance de 64 espèces d’oiseaux communs.

Echantillonnage qui couvre « toute la France métropolitaine »

L’étude ne s’est pas limitée au sort des oiseaux les plus présents dans les milieux agricoles. Les chercheurs se sont également penchés sur les effets négatifs des pesticides sur d’autres espèces qui fréquentent occasionnellement ces milieux pour nicher ou se nourrir, comme les mésanges ou le rossignol. «Cette étude suggère des effets négatifs étendus de la contamination environnementale», concluent les chercheurs.

Dans leurs recherches, les scientifiques ont également fait en sorte d’«isoler l’effet des pesticides» en incluant dans leurs modèles d’autres facteurs qui peuvent aussi influer sur les populations, comme la composition des paysages (présence de haies, tailles des parcelles…) ou l’utilisation d’autres intrants, comme les engrais. «On est assez confiants sur le fait qu’on a bien un effet isolé [des pesticides] en plus de tout ce qui peut expliquer par ailleurs l’abondance des oiseaux» , s’est félicitée Anne-Christine Monnet.

Les chercheurs sont aussi confortés dans leurs conclusions par la variété de leur échantillonnage, qui « couvre toute la France métropolitaine » et donc « plein de contextes agricoles différents », s’est-elle encore réjouie.

 

lundi 1 septembre 2025

Les États-Unis musellent la Palestine à l’ONU en refus les visas de Mahmoud Abbas et de 80 dirigeants de l’OLP



À une dizaine de jours de l’ouverture de l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies à New York, le secrétaire d’État états-unien, Marco Rubio, refuse les visas de 80 responsables palestiniens, dont le président Mahmoud Abbas.

Quelle meilleure façon de brandir l’épouvantail sécuritaire pour étouffer tout débat ? « L’administration Trump réaffirme son engagement à ne pas récompenser le terrorisme » : au nom de ce principe, Washington refuse les visas de plus de 80 responsables palestiniens, dont le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas.

Publié le 29 septembre, ce communiqué de la Maison-Blanche illustre l’isolement états-unien, à contre-courant d’un mouvement international favorable à la reconnaissance de la Palestine, déjà actée par 147 pays. Après la décision de la France, en juillet, d’aller en ce sens – une première pour un pays du G7 –, une dizaine d’États ont appelé à suivre, certains avec des conditions.

Les États-Unis entravent la délégation palestinienne à l’ONU

Membre observateur de l’ONU, la Palestine se heurte à l’hostilité états-unienne. Washington bloque sa délégation pour freiner la marche vers sa reconnaissance.

Attaché à défendre son allié israélien, le secrétaire d’État, Marco Rubio, accuse l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) et l’Autorité palestinienne (AP) de « non-respect de leurs engagements », « d’atteinte aux perspectives de paix » et de ne pas suffisamment lutter contre le terrorisme, en lien avec la tragédie du 7 octobre 2023.

Celui qui défend les actions militaires israéliennes dans les territoires palestiniens, condamnées dans le monde entier, conditionne la délivrance des visas à l’abandon de la reconnaissance « unilatérale » d’un État palestinien et au retrait des recours devant la Cour pénale internationale (CPI), laquelle a émis en novembre 2024 un mandat d’arrêt contre Benyamin Netanyahou, pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité à Gaza.

« La décision de l’administration Trump vise à nier la possibilité de création d’un État palestinien et à écraser toute manifestation de nationalisme palestinien », analyse Nader Hashemi, chercheur à l’université de Georgetown, à Washington, auprès de L’Orient-Le jour.

Israël soutient les restrictions américaines

Saluée par le gouvernement israélien, la mesure contrevient à l’accord de siège de 1947, qui impose au pays hôte de garantir l’accès de tous les représentants et observateurs, sauf menace directe et grave pour sa sécurité. Washington réplique que l’interdiction ne concerne pas la mission palestinienne auprès de l’ONU, mais les fonctionnaires de l’OLP – reconnu depuis 1974 comme le représentant officiel du peuple palestinien – et de l’AP.

Les restrictions états-uniennes violent le droit international, comme l’ont rappelé l’Union européenne, par la voix de la cheffe de sa diplomatie, Kaja Kallas, et les Nations unies. Un précédent existe : en 1988, l’administration Reagan avait refusé un visa à Yasser Arafat, une manœuvre vivement contestée, y compris par l’Assemblée générale qui, en opposition avec la volonté minoritaire états-unienne, avait majoritairement décidé d’organiser sa session hors siège, à Genève, permettant ainsi au leader palestinien de participer à la réunion.

Le Parti communiste français réclame la même initiative s’agissant de Mahmoud Abbas, alors qu’une intervention virtuelle est aussi envisagée. Reste à voir si, cette fois encore, les pressions internationales tenteront de reproduire le scénario de 1988, au risque de fragiliser une fois de plus la représentation palestinienne.

 

dimanche 31 août 2025

« À tout moment, un bombardement peut survenir et mettre fin à nos vies » : à Gaza, les journalistes palestiniens bravent la mort pour documenter l’horreur du génocide



Les journalistes palestiniens, femmes et hommes, savent qu’ils peuvent être tués à chaque instant par Israël pour le simple fait d’exercer leur métier. Dans l’urgence, ils s’efforcent de documenter autant d’histoires que possible avant de devenir eux-mêmes les prochaines victimes, témoigne Maha Hussaini, journaliste palestinienne à Gaza.

Depuis deux ans, je marque une pause chaque fois qu’on me demande mon âge. Je m’arrête, je réfléchis tranquillement un instant : « Ah oui, quel âge ai-je donc ? », avant de me reprendre et de répondre. Pour beaucoup, surtout lors d’entretiens avec des personnes hors de Gaza, cette hésitation paraît comique.

Après tout, qui oublie son âge ? Mais la vérité est qu’au cours de ces deux années, j’ai, presque sans m’en rendre compte, cessé de mesurer mon existence en années ou en mois. Désormais, je la mesure en histoires. C’est une réalité que seuls les journalistes palestiniens à Gaza peuvent vraiment saisir.

Raconter avant de disparaître

Depuis vingt-trois mois, les histoires sont devenues notre calendrier, notre seul moyen de mesurer le temps. Quand on voit des collègues journalistes se faire tuer presque quotidiennement et qu’on vit avec la certitude d’être le prochain, le temps commence à perdre son sens.

Ici, on ne meurt pas pour les années qu’on a vécues, mais pour les histoires que l’on raconte. Et c’est ainsi que chaque histoire acquiert un poids différent.

Chaque témoignage devient une page tournée, chaque récit un chapitre achevé. Vous courez contre la montre, vous efforçant de documenter autant d’histoires que possible avant de devenir vous-même le prochain sujet.

Le quotidien des reporters face aux bombardements et aux drones

Ce n’est pas seulement le temps qui change de sens lorsqu’on est journaliste dans la bande de Gaza. Dans un bureau doté de panneaux solaires et offrant le luxe rare d’Internet et de l’électricité après la destruction des infrastructures locales par l’armée israélienne, deux journalistes discutent à côté de moi.

Toutes deux sont des reporters de terrain voyageant constamment entre le nord et le sud de la bande de Gaza pour témoigner des événements.

Mon casque sur les oreilles diffusant une musique douce pour me protéger du fracas des bombardements et du bourdonnement des drones israéliens, je les regarde quitter leurs chaises, poser leurs sacs à dos de travail sur les tables, commencer à les déballer et à parler de leur matériel. Je baisse légèrement le volume de ma musique.

« Regarde comme ce sac est grand. Ici, tu peux mettre ton ordinateur portable, tes écouteurs et tes chargeurs. Et cet espace est prévu pour d’autres appareils, mais il s’adapte parfaitement à mes vêtements », explique l’une à sa collègue. À l’intérieur du sac se trouvaient un pull d’hiver en plein été, deux chemises, un pantalon et quelques autres articles dont personne n’aurait normalement besoin pour un voyage de trente minutes dans le sud de Gaza.

Vivre et travailler sous tension constante

Intriguée, j’ai retiré mes écouteurs et demandé : « Pourquoi avez-vous besoin de tout ça dans un sac de travail ? » « Pour être sûre d’avoir l’essentiel au cas où ils fermeraient soudainement la route » entre le Nord et le Sud, a-t-elle répondu.

Au début de sa guerre à grande échelle contre Gaza, en octobre 2023, l’armée israélienne a ordonné l’évacuation massive des habitants du nord du territoire et de la ville de Gaza, les obligeant à se déplacer vers le Sud, avant de couper de fait l’enclave en deux.

La route reliant les deux régions a été fermée et des centaines d’attaques ont été menées, notamment des exécutions sommaires de Palestiniens déplacés qui, depuis le Sud, tentaient de rentrer chez eux, dans le Nord. La route a été rouverte une quinzaine de mois plus tard dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu de janvier 2025, et elle reste techniquement accessible, même après la reprise des attaques israéliennes en mars.

Elle a cependant laissé une cicatrice profonde et irréparable chez les habitants de Gaza, qui vivent dans la peur constante d’être à nouveau déracinés, sans préavis. Cela a contraint de nombreux habitants à éviter de voyager entre le Nord et le Sud. Pour la plupart des journalistes, cependant, ce déplacement est inévitable.

Pour eux, un sac n’est jamais seulement un rangement pour leurs appareils. Il devient une bouée de sauvetage, un bateau contenant des fragments de leur propre vie, porté sur leur dos alors qu’ils courent à travers le feu et les décombres pour capturer une histoire, pour recueillir un autre témoignage.

L’amour au milieu des bombes à Gaza

Après une nouvelle attaque qui a tué au moins cinq journalistes palestiniens, lundi 25 août, Hala Asfour, journaliste de 24 ans et fiancée de Muhammed Salama, l’un des confrères tués lors de ce bombardement israélien, a partagé une vidéo sur les réseaux sociaux. Dans celle-ci, elle capture un moment rare et intime avec lui après un reportage.

Tenant la main de son fiancé, visiblement épuisé et somnolent, Asfour a livré une réflexion mordante et teintée d’humour noir : « Voilà les avantages de tomber amoureux d’un journaliste : il est tout à fait normal qu’il s’endorme soudainement en vous parlant. Et il est parfaitement normal qu’il soit là avec vous un instant et qu’il s’enfuie l’instant d’après, il a un incident à couvrir. Informations de base. »

Dévastée et incapable d’écrire quoi que ce soit, Asfour a partagé la vidéo sans légende. Les collègues du couple ont évoqué ce que cela représente de voir deux journalistes tomber amoureux sous les tirs à Gaza.

« Je ne connaissais pas le photojournaliste Muhammed Salama auparavant, mais plutôt l’amoureux », se souvient la journaliste palestinienne Waad Abuzaher. « Chaque matin, le cœur dévoué, il venait prendre un café à la porte de notre bureau, accompagné de sa fiancée, lui offrant l’impossible, si elle le souhaitait. »

Abuzaher a ensuite raconté une de ses conversations avec Asfour sur l’amour en temps de guerre. « Je lui ai demandé : ”Pourquoi l’amour persiste-t-il à surgir en pleine guerre ?” Au début, elle a répondu avec sarcasme : ”Parce que nous n’avons pas de chance”, et elle a ri. Puis elle a ajouté : ”Si rien ne nous sauve de la mort, que l’amour nous sauve au moins de la vie, mon amie.” »

240 journalistes palestiniens tués depuis le début de la guerre

Asfour, la jeune journaliste, a eu la sagesse de comprendre que tomber amoureux d’un journaliste à Gaza, c’est défier la vie elle-même. C’est un acte fragile, une tendre rébellion contre l’ombre constante de la mort, une insistance silencieuse sur le fait que, même au milieu des bombardements et du génocide, le cœur humain et la voix du journaliste refusent d’être réduits au silence.

Depuis le début de la guerre israélienne contre Gaza, environ 240 journalistes palestiniens ont été tués. Certains sont tombés dans l’exercice de leurs fonctions, documentant les événements sur le terrain et recueillant les témoignages des victimes, pour finalement devenir eux-mêmes victimes.

D’autres ont été abattus chez eux, auprès de leurs familles ou dans des camps de déplacés, tués à l’endroit où ils avaient trouvé refuge. Ce ciblage systématique, dans ce qui a été décrit comme « la guerre la plus meurtrière jamais menée contre les journalistes », a accouché d’une réalité effrayante : à Gaza, côtoyer un journaliste peut être perçu comme une condamnation à mort.

Il y a deux mois, je suis allée acheter une nouvelle paire de lunettes après avoir perdu les miennes lors d’un énième déplacement forcé. Chez l’opticien, la spécialiste a entamé la procédure routinière de saisie des coordonnées des clients. Elle m’a demandé mon nom et ma profession. « Maha Hussaini », ai-je dit.

« Nous sommes des bombes à retardement »

« Je suis journaliste et je défends les droits humains. » Au mot « journaliste », ses doigts se sont figés sur le clavier. Elle a levé les yeux, a souri gênée et baissé la voix : « Allons-y avec une militante des droits humains », murmura-t-elle. J’ai ri. Ce n’était pas la réaction la plus inhabituelle que j’aie observée en révélant que j’étais journaliste.

Nous partageons souvent des histoires sur la façon dont nous devons dissimuler notre identité, jouant à cache-cache pour que les gens n’aient pas peur de se retrouver près de nous, même lorsque nous essayons de recueillir des témoignages.

À mon retour au bureau, j’ai raconté cette histoire à ma collègue Israa al-Ramli, puis j’ai ajouté, à moitié sarcastique : « Je ne sais pas pourquoi ils ont si peur de nous. » Elle a souri et répondu : « Parce que, pour eux, nous sommes des bombes à retardement. Si nous ne sommes pas bombardées maintenant, alors ce sera sûrement le cas la prochaine fois. »

Et c’est exactement ce que nous ressentons, nous, journalistes palestiniens de Gaza, conscients qu’à tout moment, un bombardement peut survenir et mettre fin non seulement à nos vies, mais aussi à celles de nos familles et de tous ceux qui se trouvent à proximité.

Alors que nous parcourons les ruines pour réaliser nos reportages, nous entendons presque le tic-tac, une horloge invisible qui nous rappelle que ce n’est qu’une question de temps. Chaque mission est une course : raconter l’histoire avant qu’elle nous engloutisse. Le temps m’a rattrapée moi aussi, et je me rends compte que je dois encore me présenter, ceci étant mon premier article pour l’Humanité.

Je suis Maha Hussaini, j’ai 33 ans, et je suis journaliste palestinienne à Gaza. J’ai environ 500 articles à mon actif. Au cours des dix dernières années, j’ai porté la voix de près d’autant de victimes. Aujourd’hui, je vis avec la conviction inébranlable qu’un jour, tôt ou tard, mon histoire sera également racontée par quelqu’un d’autre.

 

lundi 25 août 2025

Avant la conférence de presse de François Bayrou, quelles sont les principales mesures de son budget austéritaire ? (Théo Bourrieau)



Alors que le Premier ministre doit prendre la parole lors d’une conférence de presse ce lundi 25 août à 16 heures, sans doute pour expliquer, encore une fois, qu’il en va de la « responsabilité » de chacun de se serrer la ceinture pour éviter la « malédiction » du surendettement, « l’Humanité » fait le point sur les principales mesures austéritaires du budget de François Bayrou.

La colère gronde chez de plus en plus de Français. Sur les réseaux sociaux, dans les universités d’été des partis de gauche, l’heure est à la mobilisation et à l’organisation du 10 septembre. L’objectif : contester le budget austéritaire de François Bayrou et mettre un coup d’arrêt à l’injustice sociale. Selon les derniers sondages, près de deux Français sur trois sont ainsi favorables au mouvement « Bloquons tout » tandis que les syndicats préparent eux aussi la riposte.

Pour tenter de désamorcer l’ire dont il est à l’origine, le Premier ministre organise une conférence de presse à 16 heures, depuis des locaux gouvernementaux de l’avenue de Ségur. Il essayera sans doute de justifier le bien-fondé de son budget austéritaire en appelant les Français à la « responsabilité ». Avant cette prise de parole, qui, aux regards des précédentes, s’annonce dramatiques pour les droits sociaux, l’Humanité fait le point sur les principales mesures du plan de François Bayrou, soit épargner les plus riches, saigner les modestes et les précaires.

Suppression de deux jours fériés : l’arbre qui cache la forêt ?

François Bayrou a annoncé le 15 juillet dernier la suppression de deux jours fériés : le lundi de Pâques et le 8 mai, pour un bénéfice estimé par Matignon à 4,2 milliards d’euros. Ainsi, pour le gouvernement, le déficit public n’est pas dû à une mauvaise gestion de sa part – en particulier ses cadeaux aux grandes fortunes et la multiplication des aides sans contrôle ni contrepartie aux grandes entreprises – mais à des Français qui se la couleraient douce, leur faible taux d’activité expliquant le manque de création de richesse et nous condamnant à payer à crédit notre modèle social et nos services publics.

Le Premier ministre affirmait par exemple que nous travaillerions 100 heures de moins par an que nos voisins allemands. C’est un mensonge : Une étude de l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) comparant le temps de travail des personnes actives sur les deux rives du Rhin en 2023 dénombre 1 335 heures par travailleur outre-Rhin, soit 154 heures de moins que dans l’Hexagone (1 489 heures). L’exécutif oublie aussi de préciser qu’avec 11 jours fériés sur une année civile, la France est sous la moyenne européenne de 11,7 selon l’Eures (Services européens de l’emploi).

« Année blanche » pour toutes les dépenses de l’État

Gel des prestations sociales et des barèmes de l’impôt sur le revenu, des pensions de retraite, mise sous cloche des services publics, des investissements sociaux… François Bayrou avait ainsi annoncé, en juillet, une « année blanche » pour toutes les dépenses de l’État. Par « blanche », entendez donc une année de baisse du pouvoir d’achat et augmentation de la précarité. En somme, une année « noire » pour tous, sauf les plus riches.

Les retraités, les chômeurs, les allocataires verront leur niveau de vie s’éroder au fil de l’inflation — une décision d’une violence sociale rare, chiffrée à 3,7 milliards d’euros d’« économies » sur le dos des pauvres. Des mesures qui pourront se doubler de prochains coups portés via le retour de la réforme de l’assurance chômage et une négociation annoncée – et qui ne dit rien qui vaille – sur le droit du travail.

En gelant le barème de l’impôt sur le revenu, le gouvernement impose en douce une hausse d’impôt déguisée pour les classes populaires et moyennes. L’inflation augmentant les revenus nominaux, nombre de ménages basculeront dans des tranches supérieures sans gains réels — une mesure injuste… et sournoise.

Un tiers des départs de fonctionnaires non remplacés

La menace planait depuis plusieurs semaines. Elle se confirme. « Un fonctionnaire sur trois partant à la retraite ne sera pas remplacé », a annoncé le premier ministre. Dès 2026, 3 000 postes seront supprimés dans tous les ministères (à l’exception de la défense), mais il épargnerait « les postes d’élèves professeurs créés dans le cadre de la réforme des enseignants ». Qu’en sera-t-il des autres postes dans l’Éducation nationale et, plus généralement, des autres secteurs, dont celui de la santé et de la justice, où les syndicats alertent de façon chronique sur les sous-effectifs ?

Après deux années consécutives de gel du point d’indice, les fonctionnaires connaîtront également une nouvelle année blanche, a annoncé chef du gouvernement. Autres économies « dans le train de vie de l’État », annoncées et confirmées : celles qui touchent les « innombrables agences de l’État », dont plusieurs d’entre elles devraient être supprimées, fusionnées ou réinternalisées. François Bayrou table ainsi sur la suppression d’un millier de postes.

Les plus vulnérables perdent des droits

Cinq milliards d’euros d’économies : c’est ainsi que François Bayrou est « fier » de notre système de santé. Dans la veine des propositions de la Caisse nationale d’Assurance maladie et du Medef, François Bayrou mise avant tout sur la « responsabilisation » des patients. Il propose d’abord le doublement du plafond des franchises médicales, donc du reste à charge pour le patient, passant de 50 à 100 euros par an.

Comme redouté, les patients en affection de longue durée (ALD) sont visés. Une « réforme en profondeur » du dispositif exclura du remboursement à 100 % les médicaments qui ne sont pas en lien avec l’affection déclarée et sortira les personnes de l’ALD « si cela ne se justifie plus ». Un coup de massue pour les 13 millions de malades chroniques et de victimes de cancer.

Les patients sont invités à ne pas multiplier les examens et les visite à l’hôpital, à « avoir une plus grande efficacité dans leurs achats ». Quant aux équipements des personnes infirmes, comme des cannes anglaises, « il faut pouvoir les restituer après que (la personne) ait disparu » (sic). Obsession récurrente du gouvernement, « la dérive » des arrêts maladies est pointée du doigt.

jeudi 21 août 2025

"Projet E1 : 21 pays, dont le Royaume-Uni et la France condamnent le plan israélien de colonisation en Cisjordanie"


Le ministre israélien des Finances, Bezalel Smotrich présente le plan E1 visant à couper la Cisjordanie en deux en créant de nouvelles colonies.


Le plan majeur de colonisation en Cisjordanie occupée approuvé mercredi par Israël est « inacceptable » et représente « une violation de la loi internationale », ont condamné jeudi 21 août 21 pays, dont le Royaume-Uni et la France, dans un communiqué commun.

Alors que le gouvernement israélien accélère l’occupation totale de la bande de Gaza, rappelant 60 000 réservistes et appelant civils et ONG à évacuer le nord du territoire, 21 pays ont condamné le plan majeur de colonisation en Cisjordanie approuvée mercredi 20 août par Israël.

Ce plan est « inacceptable » et représente « une violation de la loi internationale », fustigent ainsi ces pays, dont la France, le Royaume-Uni, le Canada, l’Espagne et l’Italie. « Nous condamnons cette décision et demandons avec la plus grande fermeté qu’elle soit immédiatement annulée », ont ajouté les ministres des Affaires étrangères de ces pays.

Des paroles en l’air ?

Alors que les appels à la reconnaissance d’un État Palestinien se multiplient, ce projet de construction de 3 400 logements en Cisjordanie occupée devrait couper le territoire en deux. Les mesures prises par le gouvernement israélien « compromettent notre volonté commune d’assurer la sécurité et la prospérité au Moyen-Orient », dénoncent les chefs de la diplomatie de ces 21 pays. Ils appellent le gouvernement israélien à « mettre fin à la construction de colonies » et à « lever les restrictions financières imposées à l’Autorité palestinienne ».

L’homme d’extrême droite se définissant comme suprémaciste juif, le colon Bezalel Smotrich, est à l’origine de la réactivation de ce plan, baptisé E1. Le ministre des finances de Benyamin Netanyahou ne cache pas qu’il ne s’agit rien de moins qu’une réponse israélienne à la volonté déclarée de pays de plus en nombreux, dont la France, de reconnaître un État de Palestine : « Quiconque, dans le monde, tente aujourd’hui de reconnaître un État palestinien recevra notre réponse sur le terrain. Non pas par des documents, des décisions ou des déclarations, mais par des faits. Des faits concernant les maisons, des faits concernant les quartiers. »

Reste à savoir si cette prise de parole aura un impact sur la politique d’Israël. Jusqu’à maintenant, condamnations, menaces et réprimandes n’ont jamais fait dévier Benyamin Netanyahou et son gouvernement de leur plan génocidaire et colonial.

Dans le même temps, 27 pays, dont la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne, ont appelé Israël à autoriser « un accès immédiat et indépendant aux médias étrangers » à Gaza et à y protéger les journalistes, dans un communiqué commun. « Les journalistes et les professionnels des médias jouent un rôle essentiel pour mettre en lumière la réalité dévastatrice de la guerre », ont déclaré ces pays, membres d’une Coalition pour la liberté des médias.


Plus de 200 journalistes palestiniens ont péri depuis le 7 octobre 2023, en faisant le théâtre de guerre le plus meurtrier pour les travailleurs des médias. Le 10 août encore, l’armée israélienne ciblait et assassinait six reporters. Petit à petit, Tel-Aviv coupe les derniers relais d’informations dans une bande de Gaza ravagée par un génocide.

lundi 4 août 2025

Fraude sociale : Catherine Vautrin stigmatise de nouveau les plus précaires



La ministre Catherine Vautrin a présenté, samedi 2 août, les grands axes du projet de loi prévu visant à faire la chasse aux supposés profiteurs du système. Or, sur les 13 milliards de pertes pour l’État évalués par le Haut Conseil du financement de la protection sociale, seul 1,5 milliard serait le fait des allocataires des minima sociaux.

Revoilà l’épouvantail de la fraude sociale, cette notion fourre-tout qui, de façon chronique, est propulsée sur le devant de l’actualité avec, dans son sillage, son lot d’idées reçues.

En annonçant, samedi 2 août, dans les colonnes du Parisien, un énième plan destiné à traquer les supposés profiteurs du système, la ministre du Travail et de la Santé, Catherine Vautrin, remet une pièce dans la machine à stigmatiser les allocataires d’aides sociales.

En quoi consisteront ces pistes ? François Bayrou avait déjà commencé à en tracer les contours lors de sa présentation de son plan d’économies de 43,8 milliards d’euros en 2026, le 15 juillet, en balisant le terrain pour un projet de loi prévu à l’automne, censé lutter contre « tous les types de fraudes », avec, en vue, une manne de 2,3 milliards d’euros récupérables dès l’année prochaine.

Si Catherine Vautrin assure que ce texte « comportera aussi des mesures de lutte contre la fraude fiscale », les axes énumérés par la ministre ont manifestement dans le viseur le citoyen lambda.

Elles cibleront notamment les allocataires de l’assurance-chômage, dont l’allocation pourrait désormais être « uniquement versée sur un compte bancaire situé en France ou dans l’Union européenne ».

Il s’agira aussi pour l’État d’améliorer « ses capacités de recouvrement » des sommes considérées indues et d’élargir la possibilité, « en cas de fraude avérée », de « demander le remboursement de l’intégralité des sommes indûment perçues, ce qui n’est pas possible aujourd’hui pour le dispositif d’aide au retour à l’emploi, par exemple », détaille Catherine Vautrin.

Elle évoque également, « si cela ne suffit pas », son souhait de donner à la puissance publique la marge de manœuvre nécessaire pour « récupérer l’argent dû en débitant le compte bancaire du fraudeur ».

Ces mesures donneraient par ailleurs les moyens de traquer les éventuels « revenus non déclarés » en permettant aux caisses de Sécurité sociale « d’avoir accès à l’ensemble du patrimoine du bénéficiaire » des prestations sociales.

Dans le viseur également : les transporteurs sanitaires que la ministre voudrait voir « se doter d’un dispositif de géolocalisation et d’un système électronique de facturation intégrée, afin de garantir l’exactitude des kilomètres facturés ».

Si le Haut Conseil du financement de la protection sociale (HCFiPS) évalue à 13 milliards d’euros de pertes par an le montant de la fraude sociale, son rapport, rendu public en septembre 2024, affirme que les ménages ne sont pas les premiers responsables de la fraude sociale, démontant le préjugé largement alimenté par la rhétorique du Rassemblement national et les discours « anti-pauvres » en cours à droite.

Seul un tiers de la fraude serait ainsi attribuable aux assurés sociaux. Les deux autres tiers sont le fait des entreprises, des travailleurs indépendants et des professionnels de santé.

« La part des assurés, et notamment des titulaires de minima sociaux, est faible dans l’ensemble : la fraude au RSA (revenu de solidarité active) sur laquelle se focalise souvent l’attention représente 1,5 milliard d’euros sur l’ensemble de la fraude évaluée (2,5 milliards d’euros si on ajoute la prime d’activité) », assène le rapport.

mercredi 6 mars 2024

23 mars « BIENNALE DU LIVRE



Je me félicite de la tenue de cette biennale du livre, pour une première dans notre ville. Je vous invite vivement à y participer. Lire est plus que jamais un acte de résistance et de liberté. Lecture silencieuse, solitaire, collective ou à haute voix, tout est possible. Pour ma part ce 23 mars à 9 h 45, je présenterai mon écrit "A l'âge où la vie se raconte" accompagné de mon ami Gilles Garnier. Merci à la ville de Romainville pour cette invitation !

jeudi 1 décembre 2022

Merci pour votre assiduité !



Durant ce mois de novembre 3320 pages ont été vues sur mon blog (librearbitreromainville.blogspot.com). Soit, en moyenne, 107 par jour. Et comme ont pu le constater celles et ceux qui lui ont rendu visite, 56222 pages vues, depuis sa création le 11 octobre 2021. Un grand merci à ses lectrices et lecteurs

 

lundi 1 août 2022

Merci de votre fidélité !

 


Durant ce mois de juillet vous avez lu 3140 pages sur mon blog, soit en moyenne 113 pages par jour. Depuis sa création, le 11 octobre 2021 49651 pages ont été lues. Un grand merci !

 

« Canicule : Face à l’inaction meurtrière, où est la colère ? », l’éditorial de Maud Vergnol.

Qui peut encore nier que notre humanité est face à la plus grande crise existentielle qu’elle ait jamais connue ? Combien faudra-t-il enco...