Qui peut encore
nier que notre humanité est face à la plus grande crise existentielle qu’elle
ait jamais connue ? Combien faudra-t-il encore de canicules, d’inondations, de sécheresses, d’incendies monstres,
de disparitions d’espèces et de territoires entiers pour que les dirigeants du
monde comprennent que la bifurcation écologique n’est pas une option ?
C’est bien
« l’affaire du siècle » dont on parle ici, nom choisi par la
coalition qui avait fait condamner l’État français, en 2021, pour inaction
climatique. La séquence politique provoquée par cette canicule de tous les
records dit tout de l’impérieuse nécessité d’une révolution écologique et
sociale.
Les guignols du
RN, qui participent en ce
moment même à un sommet « anti-climat » à Londres rassemblant la fine fleur internationale
des climatosceptiques, nous vendent un pathétique « plan clim ». Les
macronistes s’enferrent dans leur inaction meurtrière, sabrant encore récemment
le Fonds vert, dispositif censé accompagner les collectivités dans leur
transition écologique.
Droite et
extrême droite partagent finalement un même discours porté exclusivement sur
« l’adaptation » au dérèglement climatique. Un business juteux pour
le capitalisme vert, alors que cela nécessiterait des investissements publics
de grande ampleur. L’« adaptation », comme un aléa de la nature que
l’on doit subir en serrant les dents, qui fait le deuil d’un frein à la
dégradation accélérée du cadre écologique de la vie humaine.
À l’échelle de
la France, la trajectoire climatique actuelle nous mène vers dix fois plus de
jours de vagues de chaleur par an et les 50 °C
dépassés, peut-être dès 2050 selon les
prévisions du GIEC. Le gouvernement sait donc que ses renoncements engendreront
plus de drames et de morts. Leur choix est criminel. Comme l’est la sauvegarde
des intérêts économiques d’une minorité au détriment du respect des limites
planétaires et de la majorité de l’humanité.
Quel plus beau
débat politique à porter que celui-ci en cette année électorale ? Quel
enjeu plus essentiel ? Aujourd’hui que le pays suffoque, chacun semble réaliser la
bêtise abyssale des climatosceptiques. Mais où est la colère ? Le risque est grand qu’une fois l’été passé
le sujet soit balayé par les obsessions de la bollosphère. Dans un moment où la
gauche est raillée, jugée trop faible, les forces anticapitalistes sont
pourtant les seules armées pour mener ce combat existentiel. Et elles peuvent
le gagner.

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