Ce mardi
13 octobre, la nouvelle journée de mobilisation
lycéenne place le gouvernement au pied du mur. L’exécutif
choisira-t-il la matraque ou la raison ? L’argent existe. Il suffirait de
lâcher les milliards d’euros nécessaires pour que nos enfants étudient dans des
conditions dignes et en finir avec Parcoursup, cette implacable essoreuse sociale.
La jeunesse ne quémande pas ; elle exige simplement son avenir.
Pourtant, face
à cette urgence, le pouvoir semble s’enfermer dans ce qu’il pense être une
martingale politique. Et il fait la démonstration, crise après crise, que la
violence serait devenue l’unique moyen de se faire entendre, tout en
s’empressant de la condamner chaque soir à la télévision. Pour un bout, les
feux de poubelles c’est le pouvoir qui les a patiemment allumés. Ils sont
l’aboutissement de vingt ans d’un profond déni démocratique.
Un message accablant
En 2005, le
peuple rejette la Constitution européenne ; on la lui impose par le traité
de Lisbonne. En 2008, Nicolas Sarkozy théorise le mépris en affirmant que les
grèves passent inaperçues. Plus tard, la mobilisation historique et pacifique
contre la réforme des retraites s’étiole à coup de 49.3. Sans parler des législatives
de 2024, où la coalition arrivée en tête s’est vue purement et simplement
interdire l’accès à Matignon.
Le message
envoyé par les institutions est accablant : ni le vote ni la marche
pacifique ne comptent. Car qui obtient des résultats aujourd’hui ? Les
agriculteurs, dont une partie n’hésite pas à saccager des préfectures et qui
obtiennent en sus la compréhension voire la bienveillance du pouvoir, ou les
Gilets jaunes qui, au prix d’une répression féroce, ont fini par arracher
quelques milliards d’euros.
À l’arrivée les
lycéens paient un lourd tribut : 6 877, c’est le nombre ahurissant de
personnes placées en garde à vue depuis le début de la mobilisation. Dans
l’écrasante majorité, 86 %, ce sont des mineurs. Près de 6 000
adolescents – 5 890 exactement – jetés en cellule. Au moins 215 élèves blessés.
Vingt-huit saisines officielles
du Défenseur des droits pour des violences présumées.
Traumatismes
physiques, séquelles psychologiques, rien n’aura été épargné à ces enfants…
Sauf qu’à ce jeu incendiaire, qui consiste à ne rien céder aux cortèges
pacifiques pour mieux justifier la fermeté, la situation menace à tout instant
de devenir incontrôlable et de finir en drame total.






