En huant Sébastien Lecornu à son arrivée au Porge, les habitants de cette
commune de Gironde en partie détruite par les flammes en juillet ne s’y sont
pas trompés. Sa visite avait des accents de retour sur la scène du crime.
Le premier
ministre était venu contempler les dégâts de sa politique : des centaines
de milliers d’habitants de la région exposés aux fumées toxiques, des milliers d’hectares
de forêt brûlés, des dizaines
de maisons réduites en cendres, des milliers de travailleuses et de
travailleurs contraints au chômage technique par la perte d’activité des
entreprises locales, notamment dans le tourisme, et menacés demain de perdre
leurs emplois…
Nul doute que
si les collectivités locales et les services publics, en particulier les
Services départementaux d’incendie et de secours (Sdis), n’avaient pas été
laissés exsangues par des décennies de réduction des dépenses publiques, la
catastrophe aurait eu moins d’ampleur.
Lecornu est
venu « lancer le chantier de la reconstruction ». En 2022, la
première ministre, Élisabeth Borne, n’avait pas dit autre chose, après le grand
incendie qui avait ravagé le sud des Landes et le Médoc. Las, la base de Canadair promise n’a pas vu le jour. Les propriétaires privés
ont replanté les mêmes essences à croissance rapide, très inflammables mais
tellement rentables. L’État n’a rien trouvé à y redire. Pis : sa politique
forestière et la transformation de l’ONF qu’il a engagée poussent à la
surexploitation de la forêt et ne peuvent qu’aggraver les menaces pesant sur
son avenir.
Reconstruire et
préserver l’avenir, contenir le réchauffement climatique et limiter ses effets
implique de rompre avec la politique que poursuit Lecornu à Matignon dans la
foulée des Retailleau, Bayrou, Attal, Barnier, Philippe et leurs prédécesseurs,
avec, pour boussole, l’accaparement des ressources par les ultras riches,
qu’elles soient naturelles ou produites par le travail. Cette rupture ne peut
venir que des rangs de la gauche. Il appartient à ceux qui y sont les plus
résolus, parmi lesquels les communistes, de lui donner forme en construisant un
projet rassembleur et mobilisateur.






