Délibérément,
illégalement, Washington et Tel-Aviv,
en attaquant l’Iran, ont plongé le
Moyen-Orient dans le chaos. Mais pas seulement. Aux morts par centaines, aux
blessés par milliers, aux populations déplacées par la guerre s’ajoute la
déflagration d’une crise énergétique majeure, « plus grave que celles
de 1973, 1979 et 2022 réunies », déclarait ce mardi Fatih Birol,
directeur exécutif de l’Agence internationale de l’énergie. Le blocage du
détroit d’Ormuz, par lequel transitent près de 20 % du pétrole mondial, a
affolé les cours du brut, paralysé le marché mondial des hydrocarbures, asphyxié les économies en
Asie, asséché les stations-service en Europe.
Donald Trump,
passé les grands discours sur la supposée liberté du peuple iranien au nom de
laquelle il aurait déclenché cette intervention militaire, a tôt fait de
révéler ses véritables ambitions : mettre la main sur les immenses
réserves pétrolières du pays.
Acculée par
l’inflexibilité de Téhéran, l’administration
états-unienne redouble de menaces, d’insultes et de chantage pour forcer l’Iran à rouvrir le détroit. D’ultimatum
en somations, la Maison-Blanche promet « l’enfer », « la
mort » d’une « civilisation entière », tout en
intensifiant les bombardements « stratégiques ». Et tout y
passe : champs pétrolifères, sites de raffinage, réserves de carburant.
En
contravention totale avec le droit international, le ciblage d’infrastructures
énergétiques n’a pas seulement pour conséquence de perturber les
approvisionnements à court et moyen termes. Il menace, durablement,
l’environnement. L’attaque de
pétroliers dans le détroit d’Ormuz fait planer la menace de marées noires,
l’incendie de dépôts pétroliers sature l’air de particules hautement toxiques,
la destruction, même partielle, de sites d’exploitation risque d’anéantir les
écosystèmes pour des décennies.
Les oukases de
Donald Trump, sa stratégie du coup de menton et du coup de force sont une mine
à fragmentation. Au mépris des peuples, du droit et de la planète, le président
états-unien et son allié israélien entreprennent de redessiner le Moyen-Orient
aux seuls bénéfices de leurs propres intérêts, économiques, stratégiques,
impérialistes. Une sale guerre. Une guerre sale, aussi.





