mardi 15 septembre 2026

« L’urgence du réveil », l’édito de Patrick Le Hyaric



Le désastre se fait en général processus. Il peut être lent, mûrissant dans les replis des indifférences, des aveuglements, des compromissions, des renoncements et des capitulations. L’ivresse des certitudes, les éléments de langage recrachés et le confort intellectuel le dissimulent souvent.

Ainsi, le chancelier allemand Friedrich Merz avait promis de diviser par deux le score de l’AfD (Alternative für Deutschland), ce parti qui se réclame de la fange nazie. Il a finalement réussi l’exploit de diviser par deux les résultats de … sa propre formation politique.

S’il vient de se déclarer « choqué » par la poussée électorale de l’extrême droite en Saxe-Anhalt, il ne l’est pas au point de rompre avec sa politique d’austérité et de militarisation. Non, il entend la mener à son terme.

Mais, à l’instar de ces droitiers politiciens qui n’ont cure des souffrances des travailleuses et des travailleurs, il feint de croire qu’il ne s’agirait que d’un problème de communication : il le fera donc avec « plus de pédagogie ». Les mêmes causes produisant immanquablement les mêmes effets, cet homme prépare, du haut de sa superbe et de son air hautain, le retour du fascisme en Europe.

Il n’est pas seul. Les irresponsables organisent le covoiturage. Début novembre 2023, son prédécesseur Olaf Scholz empruntait déjà la rhétorique xénophobe en affirmant : « Nous devons enfin expulser à grande échelle ceux qui n’ont pas le droit de rester en Allemagne. »

Quelques mois plus tard, après avoir décrété une dissolution chaotique et rejeté l’évidence d’un front républicain, Emmanuel Macron qualifiait, le 18 juin 2024 — en marge des commémorations de l’appel du général de Gaulle à l’Île-de-Sein —, le Nouveau Front Populaire de « totalement immigrationniste ».

Depuis lors, on ne compte plus les décisions et les lois directement puisées dans la besace trouée  de l’extrême droite, pour être appliquées avant même qu’elle n’accède au pouvoir.

 Qu’il s’agisse des lois dites « contre le séparatisme », de l’instauration d’une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, ou de cette loi immigration saluée comme un triomphe idéologique historique par le Rassemblement National ; qu’il s’agisse de la loi de programmation militaire, du rejet méprisant de la taxe sur les super-riches, du refus obstiné d’augmenter le SMIC, du retour empoisonné des pesticides dans nos sillons, ou encore de ces votes infâmes sur les « hubs de retour » au Parlement européen — partout, le bulletin de vote de l’extrême droite se dissout comme un sucre amer dans la déchéance des droites et d’une macronie déclinante. Cette dernière, en pleine mutation servile, s’est fait le paveur zélé de la voie sacrée sur laquelle s’avance le désastre.

Tout est mis en œuvre pour que les parlementaires du RN/FN trouvent un nid douillet au cœur du lit de plume que les raboteurs de la République feignent encore de nommer « l’arc républicain » — cet enclos factice dont a été brutalement éjectée la gauche de transformation sociale et écologique.

Ce sordide dispositif s’articule avec une implacable machine à confusion, un automate sémantique qui ressasse à satiété ses catéchismes de la « responsabilité », du « raisonnable » et du « nécessaire compromis », tout en vouant aux gémonies les travailleurs en lutte, travestis par la bien pensance au service des grands propriétaires en vulgaire « preneurs d’otages ».

C’est ainsi que les mots et les concepts s’installent, sournois, comme les barreaux de la courte échelle vers l’abîme. Les connivences aussi ! Ensemble, le pouvoir et l’extrême droite font pression pour expliquer qu’il « faut un budget à la France ». Lequel ? Évidemment un budget taillé sur mesure pour les plus fortunés.

Une piètre et sinistre ministre, déshonorant la charge d’un portefeuille censé fustiger le racisme, a osé prétendre que l’odieux concept du « grand remplacement » échappait à l’infamie xénophobe, et que souffler sur ces braises fascistes pour appeler à leur embrasement relevait de la simple liberté d’expression. C’est absoudre, d’un trait de plume, une théorie complotiste dont l’artificier en chef a pourtant été, à maintes reprises, flétri et condamné par les tribunaux de la République.

Mais le grand complexe médiatico-politique ne recule devant aucun ravalement de façade. Qu’importe que des agents de la police municipale de Carcassonne — par ailleurs sbires avérés du service d’ordre du Rassemblement National — éructent des tas d’immondices de paroles racistes, sexistes et homophobes : la machine à blanchir en fait aussitôt de commodes « brebis galeuses », paratonnerres dérisoires destinés à masquer la matrice idéologique du parti d’extrême droite. C’est ce même zèle amnésique qui s’est employé à repeindre le RN/FN en force respectable sous prétexte d’un divorce de façade avec les néonazis allemands à Strasbourg. Imposture que voilà ! Derrière le vernis des convenances et dans le secret des pupitres de l’hémicycle européen, la réalité crue, éclate : le parti de Bardella et Le Pen épouse et vote près de 90 % des amendements dictés par l’AfD.

Le couronnement de cette déchéance est venu d’en haut, offert sur un plateau d’argent par le Premier ministre lui-même. On l’a vu s’agiter tout l’été, mendiant auprès des banques pour que soit octroyé à Marine Le Pen le nerf de sa prochaine guerre électorale. Qu’importe que la candidate traîne le boulet d’une condamnation pour détournement de fonds publics ; pour l’hôte de Matignon, la probité n’est qu’une vétille et le droit un détail de l’histoire.

L’historien Robert Paxton, scrutant les mécanismes du siècle passé, nous prévient pourtant : « Les fascistes sont proches du pouvoir lorsque les conservateurs commencent à leur emprunter leurs méthodes. »

C’est ce vertige qui saisit le monde en cette fin d’été. Le fascisme avance masqué, drapé dans de nouveaux oripeaux, mais le poison demeure identique.

Chassons de nos esprits l’illusion d’une immunité : le grand capital, étranglé par ses propres et insolubles contradictions, réclame ce sauveur, cette assurance vie qui peut lui faire gagner quelques années encore. C’est pour cela que la récidive peut exister ! Le, processus est entamée aux Etats-Unis, en Argentine, en Italie et ailleurs.

Les puissances industrielles et financières ont besoin de dissoudre la politique au sens de délibération publique. Ce fut net lors des universités d’été du Medef, transformées en tribunal contre les conquis sociaux et démocratiques, contre la réévaluation des salaires, la meute patronale se faisant agressive pour défendre les privilèges. Le capital s’appuie sur les extrêmes droites pour pousser une nouvelle logique interne au sein des pays et à l’échelle mondiale : verticalité absolue du pouvoir, culte du chef, destruction des normes sociales et environnementales, suppression totale de la fiscalité sur le capital. La bataille culturelle de la réaction s’appuie sur le fantasme d’un passé mythifié, l’instrumentalisation d’angoisses multiples, une rhétorique sécuritaire et la restauration de l’hégémonie vacillante de figures traditionnelles, telles que le patron, l’homme blanc ou le producteur.

Dans un contexte où les vieilles solutions néolibérales ne peuvent plus régénérer le capitalisme, où les « alternances » et les gouvernements de « compromis » échouent à répondre aux souffrances sociales, aux dénis démocratiques et aux bouleversements écologiques, et alors que la gauche est divisée et faible, les formations d’extrême droite sont jugées « neuves » par des millions de personnes — y compris par celles qui souffrent le plus du système.

De la Saxe-Anhalt à la France, du Royaume-Uni  à l’Italie, jusqu’en Amérique Latine, le discours ultra-réactionnaire — porté par de nouveaux journaux, de nouvelles télévisions et de nouvelles constructions imaginaires — devient une marchandise aux apparences de nouveauté. La dictature des opinions, qui étouffe la démocratie, est défendue au nom du pluralisme. Le mensonge et les « vérités alternatives » deviennent des éléments majeurs de la conversation publique. Les croyances et les simplismes congédient la science. Le fétichisme technique des magnats de la Silicon Valley devient un trait constitutif d’un autoritarisme sans limites, sans morale et sans éthique.

Ce qui rend la situation extrêmement dangereuse, c’est la trajectoire même de la concentration du capital : son hubris, son avidité, sa voracité et son désir d’exploitation sans frein de l’ensemble du vivant et du non-vivant, imposant le règne absolu de la marchandise en déshumanisant tout sur son passage.

Au moment même où l’Allemagne se réarme, où le trumpisme et son co-locataire le techno-fascisme se déchaîne , où le militarisme tient le haut du pavé, où l’atome guerrier se trouve banalisé, et alors que s’élèvent d’arrogants nationalismes et des guerres de territoires, les feux sombres d’un retour au pire s’allument les uns après les autres.

Il y a urgence à déchiffrer ces signaux, à les combattre pied à pied. Les nombreuses mobilisations en préparation pour ce mois de septembre vont y aider.

Aucun progressiste, aucun humaniste, aucun démocrate ne peut plus se satisfaire de querelles subalternes qui divisent, affaiblissent le mouvement ouvrier et parsèment d’embûches le chemin de la jeunesse — alors que les projections électorales annoncent que la candidate du RN, fût-elle lestée d’un bracelet électronique, s’apprête à rassembler plus du tiers des suffrages dans six mois auxquelles il faut ajouter ceux de ses succursales.

« Que les choses continuent comme avant, voilà la catastrophe », écrivait Walter Benjamin.

Ne l’oublions pas. Contre ceux qui pavent la voie du désastre : décrétons l’urgence du réveil. Des mouvements citoyens et sociaux qui se déploient en cette rentrée peuvent faire jaillir l’énergie sociale, progressiste et écologique, et faire naître de nouvelles lumières.

Patrick Le Hyaric

14 septembre 2026

 

« Le rond-point, potentielle agora de la riposte sociale », l’éditorial de Stéphane Sahuc.



Le peuple de la Fête de l’Humanité prouve que, décidément, tout n’est pas perdu. On le sait, le grand patronat et la bourgeoisie ont déjà fait leur choix. Emmanuel Macron prépare sa sortie, mais les élites économiques s’organisent pour perpétuer sa politique de démantèlement social : le capital se cherche une nouvelle assurance-vie.

L’historien Johann Chapoutot l’a documenté : les élites économiques préfèrent systématiquement l’extrême droite à la moindre redistribution des richesses lorsque le modèle libéral vacille. Le RN a parfaitement intégré cette feuille de route : en promettant 150 milliards d’euros de coupes dans les services publics tout en sanctuarisant les exonérations fiscales des entreprises, Marine Le Pen se pose en garante des intérêts du Medef.

Cette alliance, comme l’a démontré Sophie Binet, pratique la « stratégie d’enfumage », parlant de pouvoir d’achat pour mieux substituer la baisse des cotisations sociales à de vraies hausses de salaires, livrer nos retraites aux fonds de pension ou imposer une TVA sociale antisociale. Pendant ce temps, dans la presse régionale, un salarié raconte dormir « deux à trois jours par semaine sur le parking de sa société » pour économiser le carburant.

Une proposition de Fabien Roussel

Dans ce contexte, l’appel au blocage des ronds-points, proposé par Fabien Roussel, offre une puissante perspective de lutte. En ancrant la mobilisation dans l’espace public autour de revendications matérielles vitales, à commencer par la baisse du prix des carburants, cette initiative pourrait modifier radicalement le climat politique.

Le rond-point devient alors l’agora populaire par excellence, le point de friction où se cristallise l’affrontement de classe, là où l’extrême droite devra confronter son allégeance à la bourgeoisie à la réalité de la colère sociale.

Un réinvestissement des ronds-points prendrait aujourd’hui une dimension politique et revendicative explicite. Il ne s’agit plus seulement d’exprimer un ras-le-bol organique, mais de construire un bloc populaire organisé et pluriel, capable de débattre et d’articuler l’urgence écologique à la justice sociale.

Au fond, il s’agit de contribuer à mettre en ordre de bataille, concrètement et sur le terrain, le camp de ceux qui travaillent et produisent face à celui de ceux qui exploitent et profitent.

« Le danger de l’IA, c’est le capitalisme sans frein », le billet de Maurice Ulrich.



Il faut accorder au docteur Frankenstein qu’il n’entendait pas faire commerce de sa créature. On ne saurait en dire autant des géants de l’intelligence artificielle (IA), engagés dans une course à l’échalote de centaines de milliards de dollars, à qui remportera le graal. L’IA capable de se développer elle-même, voire d’acquérir une forme d’autoconscience.

La démission la semaine passée du chercheur d’Anthropic Jacob Coxon, alertant sur la création « d’une super intelligence capable de s’améliorer elle-même », au risque de la vie humaine, venant après de multiples incidents qui ont vu des IA échapper aux procédures de contrôle et dissimuler leurs tricheries, a conduit le PDG d’Anthropic, Dario Amodei, à en appeler publiquement à freiner les recherches les plus risquées.

Étonnamment, et c’est la première fois, Sam Altman, le PDG d’OpenIA, et même Elon Musk l’a relayé, contrairement à Trump, qui refuse toute pause. Une rare union sacrée sinon, mais peut-on y croire de la part d’hyper-milliardaires ivres d’argent et de puissance ? Le danger de l’IA, c’est aussi le capitalisme sans frein comme un canard sans tête.

 

lundi 14 septembre 2026

« 570 000 personnes à faire face à la haine, au racisme et à la xénophobie », l’édito de Fabien Gay



La Fête de l’Humanité est extraordinaire. Des milliers de militants et militantes, communistes, cégétistes, associatifs, rejoints par beaucoup d’autres, ont répondu présent avec solidarité et fraternité pour construire et réussir cette 91e édition. Alors que plusieurs festivals ont été annulés cet été, pour raisons de canicule ou financière, la Fête – qui est mise en fragilité par son modèle économique unique – a pu se tenir et nous avons réussi ce formidable événement de rentrée.

Face au discours de la majorité des médias qui rend comme inéluctable l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir, les 570 000 personnes réunies pendant trois jours ont répondu que face à la haine, au racisme, à la xénophobie, on devait et pouvait vivre ensemble, dans la grande fraternité et sororité humaine.

Urgence climatique, féminisme, réindustrialisation, bilan et dégâts de dix ans de macronisme, services publics, la culture et la création, tous les enjeux ont été abordés dans les différents espaces, de l’Agora aux stands des fédérations PCF.

Les appels et démonstrations de solidarité internationale concrète avec tous les peuples opprimés, dont la Palestine, toujours martyre de l’extrême droite israélienne, et Cuba, sous blocus états-unien, ont résonné dans les allées et sur les frontons de la Fête. Partout, une appétence au débat et à la confrontation d’idées, aux arguments aiguisés face aux fake news et discours dominants. Des outils essentiels dans la bataille idéologique et culturelle.

Et, surtout, le peuple de la Fête de l’Humanité a fait résonner par sa force, par sa jeunesse, une idée motrice et dynamique : nous ne sommes pas condamnés à l’échec. Et nous pouvons battre l’extrême droite dans les urnes et par les idées. La Fête de l’Humanité a montré la voie : celle de se rassembler, d’échanger, de débattre, de construire les ponts plutôt que d’ériger les murs, pour ouvrir ce chemin d’espoir. Il nous reste huit mois. Nous pouvons et devons le faire.

« Pourquoi l'IA voudrait nous tuer ? », le billet de Maurice Ulrich.



C’est entendu. La possibilité que l’intelligence artificielle puisse à plus ou moins longue échéance, peut-être dans une dizaine d’années seulement, se mettre en tête d’exterminer les humains semble ne plus être une mauvaise blague complotiste.

Mais pourquoi le ferait-elle ? À cela, l’IA elle-même répond. Supposons qu’elle ait pour mission de faire face au dérèglement climatique. Il ne faut pas sortir d’un super-ordinateur comme de la cuisse de Jupiter pour savoir que les humains, globalement, en sont responsables. Dont acte.

Mais tous les humains ? Les 50 % les plus pauvres qui émettent 2 kilos de CO2 par jour ou les 0,1 % qui en émettent 800 ? Pour respecter l’objectif fixé par l’accord de Paris de + 1,5 ° C d’ici 2030, les ultrariches, d’après les estimations les plus récentes, devraient réduire leurs émissions de 99 %. Sans même parler aux ordinateurs de justice sociale, un brin de logique dans l’ordre des priorités pourrait commander de réduire les inégalités avant d’exterminer tout le monde, en demandant à l’IA un peu d’intelligence.

 

vendredi 11 septembre 2026

« Faisons de cette Fête de l’Humanité un tremplin vers la victoire ! », l’éditorial de Maud Vergnol.



L’immonde logorrhée des policiers de Carcassonne tend un bien triste miroir au pays en cette rentrée. Six heures d’insultes racistes, de saillies islamophobes, de masculinisme décomplexé, jusqu’à ce souhait tranquillement formulé d’une dictature en France. Un concentré d’abjections et de bêtise crasse qui révèle, s’il le fallait encore, le visage hideux de l’extrême droite lepéniste.

Que la ville soit désormais dirigée par un maire RN, que l’un des agents mis en cause ait repris son service sans la moindre sanction jusqu’ici ne sont pas des détails. La banalisation du racisme n’est plus seulement un climat de plateaux télé ou une musique de fond électorale : elle ronge toute la société, et particulièrement l’institution chargée de protéger tous les citoyens.

C’est dans ce paysage-là, mais aux antipodes de cette sinistre conversation, que s’ouvre aujourd’hui la Fête de l’Humanité, l’un des plus grands rassemblements populaires d’Europe. La Fête de notre journal se construit avec ses lectrices et ses lecteurs, avec les militants communistes, associatifs, syndicaux et les forces de toute la gauche. Elle fait le pari que le peuple, rassemblé, informé, organisé et solidaire, peut soulever des montagnes. Elle est notre conception de la République.

Se rencontrer, débattre, chanter, refaire le monde

Plusieurs centaines de milliers de personnes vont fouler ses allées ce week-end. Elles ne se connaissent pas toutes, ne pensent pas toutes pareil. Elles viennent de quartiers, de villes, de villages et de pays différents. Elles ont des histoires, des origines, des âges, des métiers différents. Mais elles vont se rencontrer, se parler, débattre, chanter, manger ensemble, refaire le monde.

La Fête de l’Humanité n’est pas un simple refuge à l’écart du monde. C’est l’un des rares lieux où la France se montre telle qu’elle peut être : solidaire, respectueuse des différences, combative pour arracher de nouveaux droits et répartir les richesses confisquées par une minorité, déterminée à agir pour sauver la planète. La joie, la culture, le débat sont aussi une force politique propulsive.

C’est ici, au croisement des luttes et des pensées, que se rassemblent les intelligences et les forces capables de faire gagner la gauche au printemps prochain. Les dangers sont si grands qu’elle n’a pas le droit d’échouer. Faisons de cette fête un tremplin vers la victoire. Elle vous ouvre ses bras. Elle est à vous !

« Le Figaro » plaide pour qu’on écoute les prix Nobel… Mais pas n’importe lesquels, le billet de Maurice Ulrich.



« Et si nous écoutions vraiment nos prix Nobel », suggérait dans Le Figaro de mercredi la chroniqueuse Bertille Bayart. Mais les bons. Pas Esther Duflo, qui, en 2024, soutenait le programme du Nouveau Front populaire, ou Paul Krugman et Joseph Stiglitz, qui, avec Esther Duflo et quatre autres nobels, ont publié dans le Monde une tribune soutenant la taxation des plus fortunés.

Non, mais Philippe Aghion, par exemple, qui mettait en garde contre l’emballement de la dette et dénonçait les programmes des « extrêmes » dans la Tribune dimanche, dont l’éditorial de Bruno Jeudy invitait à « écouter ceux qui savent », économistes, démographes, chefs d’entreprise. Et donc Philippe Aghion, avec un entretien sur deux pages où il nous expliquait que « l’annulation de la dette équivaut à l’hydroxychloroquine vantée par le professeur Raoult pour soigner le Covid ».

Cela quand les politiques promettent n’importe quoi et que chacun se rêve en « Merlin l’enchanteur ». Une question tout de même, à la Fête de l’Humanité par exemple, pour nous qui ne savons rien. De quel super-savoir est doté Bruno Jeudy pour connaître ceux qui savent ?

 

« L’urgence du réveil », l’édito de Patrick Le Hyaric

Le désastre se fait en général processus. Il peut être lent, mûrissant dans les replis des indifférences, des aveuglements, des compromiss...