mercredi 5 août 2026

« Les flammes révèlent celles et ceux qui tiennent le pays », la chronique de Patrick Le Hyaric



Comme aux heures sombres et pénibles de la pandémie de Covid-19, une puissante lumière transperce les fumées noires qui polluent et obscurcissent le ciel. Loin des discours fumeux d’autosatisfaction du gouvernement, resplendit une tout autre réalité : celle de la solidarité humaine, concrète, sensible. Elle a la force d’action des cœurs populaires. Loin des hypocrisies politiciennes désignant des boucs émissaires, l’intelligence collective et solidaire se hisse à la hauteur d’humanité.  Avec la volonté de prendre soin de « l’autre » et de la nature, l’entraide et la générosité balayent les égoïsmes pour faire advenir  le bien commun.

Ensemble, par-delà les différences et les générations, pompiers et anciens pompiers, agents publics des collectivités locales et de l’État, actrices et acteurs de la santé, travailleurs-paysans, artisans, restaurateurs et tant d’autres bénévoles rassemblent leurs forces, s’unissent pour conjurer le pire : sauver des vies humaines et animales, protéger des villages, des quartiers, des petites entreprises et des usines menacées. Ensemble, ils font  face alors que les pouvoirs successifs se sont acharnés à affaiblir et démembrer les services publics de secours, de santé, de transports et de mobilité, d’entretien et de protection de la nature…

Oh, reconnaissons-le : en pareille circonstance, certains hommes de pouvoir ne manquent jamais ni de vocabulaire guerrier, ni d’éloges pompeux des héros anonymes qu’ils méprisent le reste de l’année. « Ces gens qui ne sont rien », selon l’expression du président de la République, personnels de santé ou pompiers qu’ils font matraquer lorsqu’ils osent réclamer de quoi vivre mieux et les moyens de travailler au bien commun.

Et comment oublier le qualificatif d’« éco-terroristes » accolé à une jeunesse en action refusant que le monde se meure sous les effets de la bombe climatique ?

Une fois leur parade terminée, les mêmes s’en retournent dans leurs bureaux climatisés. Ils y préparent les tableaux comptables et les phrases toutes faites aseptisées dans les bocaux de quelques conseillers, visant à faire accepter de nouvelles réductions de moyens, de nouveaux sacrifices au nom de la sacro-sainte réduction de la dette monétaire – qu’ils contribuent pourtant à alourdir par leurs divers cadeaux sonnants et trébuchants en faveur des dominants et des possédants.

Pour cela,  ils sacrifient casernes de pompiers, moyens aériens de lutte contre les feux de forêts, gendarmeries, services de protection civile et de santé, services hospitaliers, agences de protection de la nature et de la biodiversité. Ils saignent les collectivités locales, laissent se dégrader routes et voies de chemins de fer, étouffent l’Office national des forêts. Pire encore : quand ils annoncent un « plan de relance forestière », c’est pour subventionner des coupes rases accaparées par des multinationales du bois. Ces dernières éradiquent des forêts complexes riches en feuillus au profit de monocultures de résineux plus profitables.

Non contents de ne tirer aucune leçon des feux extrêmes pour repenser le développement des territoires et promouvoir l’agroforesterie, le pouvoir cherche à profiter du drame pour pousser les pions d’une vaste redistribution du territoire entre public et privé. C’est précisément le sens du projet révélé par la ministre de la Transition écologique, qui a annoncé la semaine dernière la création d’un fonds, associant acteurs publics et entreprises privées, pour préserver et replanter les massifs forestiers en France.

Pourtant, toutes les expériences récentes de « partenariat public-privé » prétendument pour défendre des enjeux climatiques ou environnementaux, qu’il s’agisse de l’énergie, de l’automobile, des transports, des hôpitaux ou d’autres secteurs, aboutissent immanquablement aux mêmes résultats : ce sont toujours les intérêts privés qui priment tandis que le public assume les coûts, surtout en cas d’échec.

Face à de telles logiques, les mouvements de solidarité en cours et les colères populaires doivent se transformer en une vaste action unitaire. Il s’agit de défendre, d’améliorer, de démocratiser nos biens communs, nos services publics pour l’intérêt général humain et environnemental.

Toutes les catastrophes en cours ne font que souligner l’urgence de bâtir de grands services publics démocratisés et de nouvelles appropriations sociales et citoyennes. Un projet qui doit aller bien au-delà des anciennes nationalisations qui, trop souvent, n’ont fait que perpétuer un capitalisme d’État sans maîtrise de la production et du travail par les travailleurs. C’est pourtant l’indispensable condition pour préserver l’environnement et combattre les bouleversements climatiques.

Ce nouvel élan populaire appelle aussi la recherche de nouvelles solidarités de combat en Europe et à l’échelle planétaire.  Il y a urgence à une grande mobilisation politique, sociale et écologique ! On ne peut laisser les institutions européennes détricoter une à une les avancées du droit de l’environnement. Chaque progression, même minime, obtenue ces dernières années pour protéger les écosystèmes, est trop souvent rayée des textes et des actes gouvernementaux. Les forces du capital veulent surtout ne rien changer à un modèle économique fondé sur la combustion d’énergies fossiles et désormais sur la course à la création de centres de données (data centers) voraces en eau et en énergie.

Tous les événements dramatiques de cet été 2026 – le désastre écologique et économique qui frappe la Gironde, les Landes ou le Var, le traumatisme de milliers de foyers, le vol spectaculaire au Louvre il y a quelques mois, les révélations accablantes sur l’insuffisance des moyens de la justice mis au jour après l’abominable crime de Lyhanna – pointent d’un doigt accusateur le mur et les impasses de ce système qui privilégie les puissances d’argent. C’est un vaste mouvement citoyen qui peut inverser les priorités.

Les vagues de chaleur étouffantes, les températures insoutenables dans les salles de classe, l’arrêt des trains… Chaque crise, chaque catastrophe révèle la paupérisation continue des services publics, ceux de la santé, de la culture, de la justice, de l’éducation ou de la  lutte contre les dérèglements climatiques. Le pouvoir privilégie les marchés financiers et la militarisation au détriment des sécurités humaines. Songeons que les budgets de la sécurité civile avoisinent 7 milliards d’euros quand les frais financiers qui engraissent les spéculateurs de tout acabit sont dix fois supérieurs. Les forêts brûlent, cette même semaine où les marchés financiers font flamber les taux d’intérêt à 4 % sur les emprunts que contracte le pays. À ce rythme, le service de la dette équivaudra dans quelques années à 25 fois les investissements consacrés à la sécurité civile. La nation consacre soixante fois moins d’argent à sa protection civile qu’au budget de l’armée. Révoltant !

C’est le dévouement des personnels de santé pendant la pandémie, celui des pompiers aujourd’hui, et la solidarité citoyenne qui forme l’ultime rempart quand le pouvoir politique s’éloigne chaque jour un peu plus du bien commun et de l’intérêt général.

Face au phénomène d’insécurité globale que représentent les feux extrêmes et les bouleversements climatiques, se pose l’urgence d’imaginer le projet d’un grand pacte, populaire et citoyen, social, progressiste, écologique, démocratique. Un tel pacte, à construire dans les usines et les universités, dans les villages et les bureaux ou centres de recherche, viserait une transformation structurelle de la société pour un plus haut degré de civilisation.

Les drames de l’actualité font mûrir dans la société de nouvelles idées, de nouvelles prises de conscience, le souhait de nouveaux liens. Il convient d’aider à les faire fructifier.

Les engagements citoyens, les solidarités concrètes, les systèmes d’entraide, les actions communes sur le terrain portent en germe de nouvelles politisations cherchant des issues aux impasses du capitalisme. Des centaines de milliers de citoyennes et de citoyens, des travailleurs de toutes professions, autour des pompiers, prennent conscience de leur capacité, ensemble, à écarter le pire tout en mesurant les dégâts de politiques gouvernementales se faisant sans elles, sans eux, contre elles et eux.

Dans ces actions et ces débats émergent de nouvelles aspirations, de nouveaux enjeux : un nouveau « rééquilibrage-développement » des territoires et de nouveaux liens urbains, périurbains et ruraux, une autre façon d’y habiter et de les faire vivre. Une place centrale accordée à l’agro écologie et à l’agroforesterie pour une agriculture nourricière de qualité. Une nouvelle manière d’habiter fondée sur les solidarités, les liens de proximité, la convivialité et une relation étroite et respectueuse de l’ensemble du vivant. Le souhait d’un avenir désirable pour toutes et tous et pour les générations futures.

Ces dynamiques rejoignent l’action de collectifs engagés dans la lutte pour la réappropriation des biens communs, dans la création de coopératives de production ou encore dans l’expérimentation de sécurité sociale alimentaire ou environnementale. Elles s’appuient aussi sur des tiers-lieux culturels et des projets économiques alternatifs où se nouent des liens nouveaux entre producteurs et acheteurs. Elles confortent le vivant et vivifiant tissu associatif, culturel, social, syndical. Celui aussi des collectivités locales porteuses de progressisme et de démocratie en acte.

Ainsi se dessinent les bases de résistances concrètes, esquissant le portrait d’une nouvelle organisation sociale innovante et autogestionnaire, portant les germes d’un processus communiste visant à dépasser le capitalisme. Pour l’abolir enfin.

Ce projet « d’adaptation-transformation », indispensable à la poursuite de la vie, constitue une puissante évolution révolutionnaire. Il appelle à une grande mobilisation pour les services publics, les sécurités sociale, économique et écologique, mais il nous interpelle aussi sur les enjeux de la décarbonation des activités. Ils nous obligent à penser une civilisation affranchie des énergies fossiles — la plupart importées — qui nous rendent désormais si vulnérables, si fragiles.

Il s’agit bien d’imaginer et de construire une société, un monde, où il fait bon vivre. Un monde où la sécurité humaine serait garantie, où la vie  serait moins chère, plus saine, plus autonome et en pleine harmonie avec l’ensemble du vivant. Un monde désirable.

Patrick Le Hyaric

3 août 2026

 

« Incendies : Dans les cendres, les anathèmes de Lecornu », l’éditorial de Rosa Moussaoui.



Sébastien Lecornu est content de lui. Il n’en finit plus de s’autocongratuler. La réponse de son cabinet aux incendies qui ravagent le pays après une succession de canicules historiques est « à la hauteur », se flatte-t-il. Et pas une ombre ne doit venir ternir ce panégyrique de l’action gouvernementale. À la moindre critique, il lui faut cogner. Même sur les habitants anéantis du Porge prêts à porter plainte pour obtenir des réponses sur la chaîne de responsabilité qui a laissé leur village de Gironde sans défenses suffisantes face aux flammes. Ceux-là, accuse le premier ministre sans un mot d’empathie, ne seraient que des pantins manipulés par des « complotistes ». Tant de morgue, devant ces vies réduites en cendres.

La responsabilité des gouvernements qui se sont succédé sous la présidence d’Emmanuel Macron est pourtant accablante. L’exécutif lui-même constatait, dans les conclusions sans appel du Beauvau de la sécurité, en 2025, « un déficit d’anticipation stratégique et de gouvernance budgétaire », avec des ressources humaines, matérielles et financières « mobilisées de manière réactive, selon une logique de court terme ». Résultat : une « gestion à courte vue » créant une « tension permanente sur les moyens » et limitant « la capacité à répondre efficacement aux crises de grande ampleur ou à répétition ».

Le financement des Sdis, dépendant de collectivités locales exsangues, est, alertait encore le rapport issu de cette concertation, « à bout de souffle », laissant les pompiers désarmés alors que le nombre de leurs interventions a crû de 33 % en vingt ans, en raison d’incendies de plus en plus fréquents, de plus en plus violents, sur une aire beaucoup plus vaste, avec une saison des feux toujours plus étendue.

Près de 120 000 hectares ont déjà brûlé en France en 2026, trois fois plus que l’an dernier, avec des conséquences désastreuses sur les humains, la faune, la flore, les paysages, l’économie. Dans l’enfer de cette nouvelle ère climatique, seule une politique sérieuse de planification écologique pourrait protéger le vivant. Ni Lecornu, avec ses anathèmes, ni sa ministre Barbut, qui se prélasse sur les transats de sa résidence du Var, n’y songent. Ils sont trop accaparés par la sauvegarde des intérêts des plus riches.

 

« Gabriel Attal prend les gens du voyage pour cible… C’est petit », le billet de Maurice Ulrich.



Oh que c’est petit. Gabriel Attal, en campagne électorale, a choisi une cible. Les gens du voyage. Autrefois on les montrait du doigt comme des voleurs de poules. Pour l’ancien premier ministre, avec des « campements sauvages », c’est « un pur scandale qui se déroule tous les ans », sur des terrains pris d’assaut par des occupants « qui revendiquent quasiment de bafouer le droit »

Nul n’est censé ignorer la loi et en l’occurrence celle de 2005 qui prévoit l’élaboration d’un schéma d’accueil dans chaque département et l’obligation pour les communes de plus de 5 000 habitants de respecter les aires d’accueil prévues dans ce schéma. C’est loin d’être toujours le cas.

Mais pour Gabriel Attal il faut « une révolution de notre droit », car aujourd’hui « c’est aux élus et à l‘État de s’adapter aux gens du voyage. Il faut que ce soit l‘inverse », avec « des sanctions fermes et exemplaires », en faisant payer « les occupants et non les contribuables ». Sauf que les gens du voyage sont aussi des contribuables et des citoyens français. Gabriel Attal racle les vieux plats réactionnaires.

mardi 4 août 2026

« Crise migratoire à Ceuta : les sombres calculs de Trump et Netanyahou », l’éditorial de Cathy Dos Santos



Le drame de Ceuta, où 72 migrants ont perdu la vie, fait l’objet de sordides instrumentalisations. Vociférations alarmistes et racistes, discours sécuritaires nauséabonds, mise au ban de Madrid par Giorgia Meloni… La faute incomberait au président du gouvernement espagnol, accusé d’avoir suscité un appel d’air en procédant au printemps dernier à la régularisation massive de travailleurs sans papiers. Même antienne du côté de la Maison-Blanche qui voit là une aubaine pour s’en prendre au socialiste Pedro Sanchez, bête noire de Donald Trump et Benyamin Netanyahou.

Pour Washington, la manœuvre est double. Elle vise d’un côté à discréditer un farouche adversaire de la course aux armements au sein de l’Otan qui dénonce l’implacable génocide en cours à Gaza. De l’autre, elle lui permet de réaffirmer un plein soutien à Rabat, un allié stratégique dans la région depuis le premier mandat de Trump avec la signature des accords d’Abraham et la reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental illégalement occupé.

Ces tragiques événements ravivent un contentieux diplomatique lourd entre Madrid et Rabat, dans lequel se sont engouffrés les États-Unis et Israël. Les premiers lorgnent depuis des années les immenses richesses naturelles dont regorge le Sahara occidental. Le second est l’un des principaux pourvoyeurs de technologies sécuritaires et d’espionnage : logiciel Pegasus, construction du mur dans les territoires occupés par le Maroc, etc. C’est pourquoi on peut difficilement croire que le royaume chérifien n’était pas au courant du mouvement migratoire qui s’organisait sur son sol. Ce que les renseignements espagnols ont depuis confirmé.

Tout à leur partition géopolitique, républicains et dirigeants israéliens promeuvent un changement de statut de Ceuta et Melilla, l’ambassadeur d’Israël à l’ONU allant jusqu’à qualifier la première d’« enclave coloniale ». Comme si Israël était autorisé à faire la leçon ! Mohammed VI, qui ambitionne de voir ces territoires passer sous drapeau marocain, n’en demandait pas tant, malgré l’image déplorable renvoyée par le royaume. Les calculs et les manipulations des uns et des autres ne peuvent occulter les raisons profondes de l’exode des jeunes Marocains : le chômage, la misère et le manque d’avenir, conséquences de politiques injustes, inégalitaires et répressives.

 

« Les Échos » félicite les géants du CAC 40 pour leurs bénéfices pendant la guerre, le billet de Maurice Ulrich.



À la santé des bénéfices et des grands groupes ! Les Échos, le journal économique de Bernard Arnault, nous invite à lever nos verres avec un titre sans complexes : « Malgré la guerre au Moyen-Orient, l’insolente santé des géants du Cac 40 ». Lequel est l’indice boursier qui mesure leur bonne forme. Nos grandes entreprises, écrit l’éditorialiste du jour, « affichent des performances remarquables, dégageant presque toutes un chiffre d’affaires et des bénéfices en hausse ».

Bon, c’est vrai, dit-il, que les entreprises petites et moyennes « souffrent sans doute plus », mais il faut tout de même admettre que nous pourrions, pour une fois, « regarder le verre à moitié plein et admettre que tout ne va pas si mal ». Les chiffres du quotidien ne mentent pas. Au premier semestre, les bénéfices cumulés de 38 entreprises du CAC ont atteint 74,2 milliards d’euros.

Et « la progression des prix du pétrole permet à TotalEnergies d’approcher la barre des 10 milliards de bénéfices, qui se sont envolés de plus de 70 % sur un an ». La guerre, les actionnaires peuvent lui dire merci. Champagne.

lundi 3 août 2026

« Fifa : une fin de règne pour Gianni Infantino ? », l’éditorial de Lionel Venturini



Il n’y aura pas de prolongations. Présenté le 28 juillet, le projet du président de la Fifa de marchandiser encore un peu plus le football n’a pas résisté à la fronde des puissantes confédérations. L’UEFA, qui menaçait de boycotter les compétitions de la Fifa, a été rejointe dans son refus du projet par la Concacaf (Amérique du Nord, Amérique centrale et des Caraïbes) et la confédération asiatique.

En quelques jours, Gianni Infantino a dû remballer sa promesse de verser 20 millions de dollars supplémentaires à chacune des 211 fédérations membres de la Fifa, via une brochette d’investisseurs privés au sein d’une nouvelle société créée à cet effet. Un camouflet pour celui qui se voyait bien, à la fin de son dernier mandat, en 2031, en briguer la direction générale et multiplier des émoluments déjà confortables.

Ce projet était entouré de soupçons de conflit d’intérêts et de clientélisme à quelques mois seulement de l’élection à la présidence de la Fifa, prévue en mars 2027, avec pour l’heure un seul candidat déclaré, Infantino. Parmi les investisseurs mis dans la confidence se trouvait Joshua Kushner, chargé d’attirer des fonds souverains. Il est le frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump, milliardaire-président spécialiste du détournement d’affaires publiques au profit de business plans cyniques, comme le projet de Riviera du Proche-Orient à Gaza.

Face au tollé, et après le départ de son plus proche conseiller, Carlos Cordeiro, démissionnaire et « catégoriquement », dit-il, opposé au projet de l’instance mondiale de privatiser le ballon rond, Infantino n’avait d’autre choix pour sauver sa tête. L’UEFA et la Concacaf évoquent ouvertement désormais un changement de gouvernance. Pour rebondir, le patron de la Fifa accélère sa proposition d’une Coupe du monde à 64 équipes dès 2030, qui peut séduire certaines fédérations mais pourrait empêcher une nouvelle Coupe du monde en Afrique par exemple, faute d’infrastructures adaptées. Le but, toujours le même : tenir les futures compétitions là où coule l’argent roi.

 

« Nicolas BOUZOU, défenseur de Bernard Arnault », le billet de Maurice Ulrich.



Brave Nicolas Bouzou, économiste de plateaux télé, qui n’hésite pas, dans une tribune du Journal du dimanche, de Vincent Bolloré, à prendre la défense de Bernard Arnault, quand bien même ce dernier a déjà répondu lui-même à une série d’articles du Monde qui lui étaient « hostiles ».

Tiens donc… Mais n’écoutant que son cœur, l’économiste interroge : « Bernard Arnault mérite-t-il réellement les critiques récurrentes que lui adressent une partie de la gauche et certaines personnalités politiques manifestement obsédées par sa personne ? »

Eh bien sa réponse est non. La preuve en est d’ailleurs avec les pages entières de pub encensant les résultats de LVMH, « Aux racines de l’excellence », qui paraissent actuellement. Et Nicolas Bouzou confirme. « La France souffre moins d’un excès de grands entrepreneurs que de leur rareté La France a besoin de plus de Bernard Arnault. »

Lequel a besoin de son côté, on hésite à le dire car ça fait un peu mesquin, d’une île privée aux Bahamas, d’un yacht de 100 mètres, d’un autre en chantier de 150 mètres… Et avec ça on le critique.

« Les flammes révèlent celles et ceux qui tiennent le pays », la chronique de Patrick Le Hyaric

Comme aux heures sombres et pénibles de la pandémie de Covid-19, une puissante lumière transperce les fumées noires qui polluent et obscur...