jeudi 19 février 2026

« Une bataille pour la République », l’éditorial de Fabien Gay dans l’Humanité Magazine.



Les extrêmes droites se nourrissent des colères sociales, de l’abandon ressenti par des millions de nos concitoyens plongés dans la précarité, sur fond de désindustrialisation et de relégation territoriale. Loin d’y apporter des solutions de fond, l’extrême droite y répond par des discours racistes, imprégnés de haine et de division, qui sont désormais largement relayés pour séduire une partie de la population. Immigration, insécurité, identité : leurs obsessions simplistes et délétères prospèrent et intoxiquent le débat public. Tout ceci est le résultat d’une longue bataille idéologique, d’une banalisation politique mais aussi d’un déséquilibre profond dans la structuration de l’espace médiatique lié à la mainmise grandissante de puissances privées qui façonnent l’opinion à leur bon vouloir.

Cette évolution n’est pas étrangère au processus de concentration des médias, commencée dans les années 1980 sous l’influence de Robert Hersant, magnat de la presse d’extrême droite. D’autres empires sont nés dans son sillage. Celui de Vincent Bolloré est à ce titre emblématique : lignes éditoriales brutalement réorientées au gré de rachat de titres, journalistes écartés au profit d’éditorialistes idéologues, la mue du « JDD », d’Europe 1 ou de CNews en machine à fabriquer des polémiques permanentes a contribué à banaliser des idées autrefois marginales.

Cette mise au pas de l’information, devenue dépendante d’enjeux économiques et d’agendas politiques privés, étiole le pluralisme. Lorsque quelques groupes agissent en monopole et contrôlent une part croissante de l’édition et de la presse écrite et audiovisuelle – tout en s’attaquant à l’audiovisuel public –, c’est la vitalité même du débat démocratique qui se trouve fragilisée.

Cette réalité appelle une réponse politique : des parlementaires ont déposé une proposition de loi visant à limiter la concentration des médias, à renforcer les pouvoirs des autorités de régulation et à garantir l’indépendance des rédactions. Qui sera surpris que le RN et la droite aient annoncé voter contre ce texte, qui affaiblirait leur capacité de nuisance ? Cette riposte antifasciste ne se joue pas seulement dans l’Hémicycle. Elle se construit aussi dans les rédactions, dans les collectifs citoyens, dans les lieux d’éducation populaire. Ainsi, vous trouverez en kiosque le 23 février un hors-série porté par plusieurs médias indépendants, dont l’Humanité, intitulé « Combat ! Front commun contre l’extrême droite ».

C’est un acte fort. Loin d’un manifeste partisan, cette publication a été pensée comme un outil militant et démocratique mis à la disposition de chacun·e, à quelques semaines des élections municipales. Il contribuera à la lutte contre les extrêmes droites, en décryptant les mécanismes de banalisation, en démontant les contrevérités et en armant intellectuellement celles et ceux qui se refusent à la résignation. Car la bataille que nous menons contre les réactionnaires est avant tout culturelle : leurs idées rances ne gagnent pas seulement dans les urnes, elles avancent dans les esprits lorsqu’elles deviennent des évidences.

Cette lutte peut, et doit être gagnée ! Et la victoire s’arrachera en répondant aux besoins de justice fiscale et sociale, en réinvestissant les services publics, en redonnant du pouvoir aux salariés, en démocratisant la culture et en combattant fermement le racisme, l’antisémitisme et toute forme de discrimination. Autant d’ambitions que porte le communisme, notamment municipal ! La démocratie est fragile et suppose une information libre, diverse et affranchie des puissances de l’argent. Face à la montée de l’extrême-droite, défendre le pluralisme des médias n’est pas un combat corporatiste : c’est une bataille pour la République.

 

« C’est à l’extrême droite que la violence est consubstantielle », l’éditorial de Maurice Ulrich.



On ne peut se dissimuler la gravité des heures que nous vivons. L’extrême droite devient, avec la complaisance de la droite et de la Macronie, dont le premier ministre, la référence morale de la République.

Le président du Rassemblement national, Jordan Bardella, dans une conférence de presse, mercredi, a dénoncé « un climat de violence, minutieusement instauré depuis des années par une partie de la gauche dont l’outrance verbale et la stratégie permanente du chaos nourrissent désormais la violence physique dans nos rues ».

Il ne faut pas s’y tromper. La France insoumise (LFI) était accusée mardi à l’Assemblée nationale d’avoir « du sang sur les mains » par le responsable des députés LR, Laurent Wauquiez, mais c’est toute la gauche qui est visée. Le quotidien l’Opinion n’hésitait pas, mercredi, à titrer en une sur son « silence coupable ».

On en voit les conséquences depuis le début de la semaine avec la multiplication des menaces contre des élus, des permanences de LFI attaquées, mais aussi du PCF et d’autres. Ce n’est pas nouveau. Car c’est à l’extrême droite que la violence est consubstantielle. Dans son livre les Tueurs d’extrême droite, paru en 2025, le journaliste Paul Conge recensait, pour la seule année 2022, cinq meurtres pouvant être attribués à ses membres.

Des militants fascistes et identitaires de toute l’Europe vont manifester samedi à Lyon. Sans doute se trouvera-t-il des plumes pour voir là l’expression d’une émotion légitime. Mais la naïveté n’est pas de mise.

Dans cette période où le néofascisme colore le pouvoir de la première puissance du monde et progresse en Europe même, l’extrême droite entend utiliser avec cynisme tous les leviers possibles pour tenter d’asseoir une hégémonie, y compris avec les groupes les plus radicaux, usant à la fois de la banalisation et de l’extrémisme. Le procès public intenté à LFI et qui s’étend à toute la gauche lui ouvre la voie.

« Les poseurs », le billet de Maurice Ulrich.



87 % des Françaises et Français sont pour le vote rapide d’une loi sur l’aide à mourir. Mais les belles âmes de droite et d’extrême droite n’en ont cure et un petit groupe de députés nous met en garde : « La courte majorité de députés favorables à la législation de l’euthanasie ne doit pas passer en force. »

Pour le député Alexandre Allegret-Pilot de la formation d’Éric Ciotti, « on se moque ouvertement des Français et c’est insupportable. Cette loi et les manœuvres qui l’entourent sont l’incarnation même du fanatisme »

Mais, preuve que le sujet est sérieux, le grand écrivain Michel Houellebecq en a débattu, nous dit le Figaro, avec le grand philosophe Alain Finkielkraut. C’est dire le niveau, au point qu’on ne peut relater ici un tel échange. Mais Michel Houellebecq nous avait donné déjà, dans une tribune datant un peu, un échantillon de sa pensée : « Je me vois très bien demander à mourir, juste dans l’espoir qu’on me dise mais non, mais non, reste avec nous. » Et il y en a des poseurs comme ça.

 

mercredi 18 février 2026

HUMAIN !



Humain, joyeusement humain, terriblement humain, délicieusement humain, désespérément humain, car malgré la violence sociale, malgré les turbulences climatiques, malgré l'errance des plus pauvres, malgré la main - mise des puissants, malgré la bêtise crasse de ceux qui se veulent l'élite, malgré la violence faite à ceux et celles dits différents, malgré, malgré, malgré, malgré ... il suffit d'un ciel offert, d'une musique poignante, d'un livre saisissant, d'un rire partagé, d'un baiser profond, d'un regard vrai, d'une main tendue, d'une blague bien sentie et tout devient vivable. Avec cette joie qui parfois me saisit. Cette joie qui me redresse la tête, m’ouvre les poumons et me rend un peu, beaucoup plus fort. Elle me met à hauteur de la vie. Je dois bien cela à ceux et celles qui se sont battus et se battent encore pour que notre horizon ne soit pas toujours bouché. Oui parfois furieusement, le bonheur me saisit malgré, malgré... Cette sensation que rien ne nous manque. Sensation furtive mais bien réelle. La vie. La vie, malgré, malgré. Et à mon tour, je peux me battre pour celles et ceux ...

« Mort de Quentin D. : qui sont ceux qui menacent la démocratie ? », l’éditorial de Stéphane Sahuc.



La mort de Quentin Deranque est une tragédie. Elle illustre l’absurdité absolue et le danger de théoriser l’affrontement physique et la violence comme des pratiques politiques légitimes en démocratie. Si quelques groupes d’individus se revendiquant de gauche ou révolutionnaires ont pu, dans l’histoire, recourir à la lutte armée, la glorification de l’usage de la force et de la violence en politique reste cependant un des fondamentaux idéologiques de l’extrême droite.

« Viva la muerte ! » hurlaient les franquistes en assassinant la République espagnole. « Comme lui (Quentin – NDLR), la lutte à mort nous rend joyeux », clament aujourd’hui des groupuscules fascistes pour qui la démocratie n’est qu’une « gueuse » à abattre.

Aujourd’hui, ces mêmes groupes promettent des « représailles », menacent de mort des élus de la République et instaurent un climat de peur à Lyon, au point que les militants de gauche, les homosexuels et les étrangers ne circulent plus sereinement une fois la nuit tombée.

Ils hésitent à s’afficher à raison. Déjà ces dernières années, les violences d’extrême droite en France se sont traduites par des dizaines d’agressions, certaines mortelles. À Lyon comme ailleurs, la responsabilité du ministre de l’Intérieur est claire : protéger les initiatives des organisations de gauche aujourd’hui menacées, garantir la sécurité des personnalités ciblées et leur permettre de s’exprimer librement, notamment dans le cadre de la campagne électorale en cours et sur tous les sujets de société qui animent le débat public.

Mais sur ces questions de sauvegarde du débat démocratique, le ministre de l’Intérieur garde un silence assourdissant. Comme de nombreux responsables de la majorité présidentielle, il se borne à accuser La France insoumise d’avoir seule une « responsabilité morale » dans le déferlement de violence.

Résultat, l’interdiction annoncée, dans les universités des meetings et conférences jugés « susceptibles d’enflammer les jeunes, de les pousser dans la rue et de provoquer des affrontements ». Une mesure qui tombe à point nommé pour censurer dans les facs toutes critiques : de la politique israélienne à la politique sociale du gouvernement en passant par la dénonciation des privilèges des plus riches.

 

« Patron-Président » : pour mieux servir les milieux d’affaires, la chronique de Patrick Le Hyaric.



Les grosses caisses de la fanfare du grand patronat français reprennent de plus en plus la rythmique autoritaire trumpiste.

À coups de sondages, de tribunes et d’interventions dans les médias, ils accréditent l’idée d’installer directement les puissances industrielles et financières au cœur de l’État et à l’Élysée pour que « La France soit mieux gérée ».

Grossier stratagème. Non pas pour mieux faire France, mais pour la défaire. Non pas pour mieux gérer l’État, mais pour détruire l’État social. Non pas pour la modernisation des services publics mais pour leur privatisation. Non pas pour améliorer la vie des gens, mais pour les enrôler dans l’austère économie de guerre.

Les « 100 familles » possédantes ne font plus confiance à Macron

Les rodomontades de Trump au sommet de Davos aiguisant la guerre intracapitaliste, encouragent le grand capital européen dans son exigence d’être débarrassé de toutes entraves à l’amélioration des taux de profits et à l’accumulation. L’Association française des entreprises privées (AFEP) – qui regroupe les 120 entreprises privées les plus importantes du pays – véritable bureau politique du capitalisme français, est à la manœuvre. Ce groupe des « 100 familles » possédantes ne fait plus confiance à M. Macron, à qui ils ne pardonnent pas la dissolution de l’Assemblée nationale le 9 juin 2024. Il cherche désormais à la fois une autre voix et une autre voie pour sécuriser leur domination. Pourtant, l’ancien président du MEDEF, M. Roux de Bézieux, ne cachait pas, en décembre 2024, dans un article de la revue Challenges, que ses comparses avaient été très bien servis. « C’est une période miraculeuse pour les entreprises, se réjouissait-il. On a baissé l’impôt sur les sociétés, supprimé l’ISF, réformé le Code du travail, déployé un plan de compétitivité… Les entreprises n’ont jamais été autant soutenues ».

L’inextinguible la soif d’accumulation du capital européen et français

L’Humanité et d’autres médias ont maintes fois documenté la manière dont les grandes entreprises ont bénéficié depuis 2017 de baisses massives d’impôts, de la suppression partielle de l’Impôt sur les grandes fortunes, de la transformation du CICE en allègement durable de cotisations, d’affaiblissements du droit du travail et de centaines de milliards d’euros de soutien public. Mais cela ne suffit pas à étancher la soif d’accumulation du capital européen et français.

Comme aux États-Unis, les possédants veulent se protéger par une nouvelle mutation du capitalisme nécessitant une reconfiguration politique des forces conservatrices et réactionnaires, et une division accélérée des forces de gauche. La stigmatisation déchaînée du mouvement réformiste « La France insoumise », repeinte en parti « d’extrême gauche », vise en réalité à faciliter les passerelles entre droite et extrême droite, à en finir avec le « front républicain » pour, au bout du compte, empêcher tout projet de changement.

Le thème central de la bataille idéologique engagée lors des récentes discussions budgétaires avait cet objectif. À partir du gouffre de dettes qu’ils ont contribué à creuser, les forces conservatrices construisent un récit d’un confusionnisme abyssal dans lequel l’État social, la fonction publique et les services publics sont opposés à la « Francequi travaille ».

S’y ajoute un matraquage idéologique des plus humbles et des dépossédés, les poussant à accepter, comme une évidence, le sort qui leur est réservé, jusqu’à leur demander de se priver de leur capacité d’action politique.

– L’antiparlementarisme, complété d’un épandage industriel de propagande de discrédit de la politique, renforce l’extrémisation des droites et la normalisation de l’extrême droite compatible avec « les enjeux économiques ».

– Une cohorte d’experts, de journalistes, de cadres de la haute finance en lien avec les journaux économiques – Les Échos, Challenges et l’Opinion, détenus par B. Arnault – défilent en rang serré sur les écrans pour porter la bonne parole pro-business.

Qu’est-ce qui justifie, par exemple, que le rédacteur en chef des Échos, journal des milieux d’affaires, Dominique Seux ait droit chaque matin, depuis des années, à un éditorial économique sur France Inter ?

Des porte-voix, de la galaxie des droites extrémisées, en lien avec les cercles trumpistes, comme l’Institut Thomas More, la Fondation pour l’innovation politique, l’Institut Montaigne, l’Institut Sapiens, l’Ifrap et tant d’autres, présentés comme des « spécialistes », viennent débiter quotidiennement les mêmes thèses gonflées au mépris des classes populaires dans les grands médias.

– Un déluge d’enquêtes d’opinion biaisées valide le dénigrement des forces politiques, de la politique en général, afin d’accréditer la thèse selon laquelle la France serait mieux gérée si elle était dirigée directement par le grand patronat. À l’image des magnats de la Tech, de l’immobilier et du militarisme qui se sont emparés de la Maison Blanche.

Des questions de droite appelant des réponses de droite

C’est en ce sens que la très droitière Fondation pour l’Innovation Politique (Fondapol), associée au Cercle des Entrepreneurs Engagés, fondé par Hervé Novelli, ancien ministre de Nicolas Sarkozy et figure de la droite libérale favorable à la dérégulation et à la baisse des impôts, a commandé une enquête sur mesure à l’institut OpinionWay. Celle-ci a fait la une, le 1er février dernier, du journal La Tribune, propriété du multimilliardaire Rodolphe Saadé. Cette enquête a été bruyamment reprise par plusieurs médias, dont Le Figaro et Valeurs Actuelles. Et, pour cause. Elle accrédite l’idée que 58 % de nos compatriotes aspirent à l’élection d’un représentant du grand patronat à la présidence de la République. La conception de cette enquête est un modèle du genre. Des questions de droite appelant des réponses de droite. Ainsi, les sondés n’ont pas à répondre sur leurs préférences entre un représentant des possédants et un ouvrier. L’enquête organise l’enfermement dans de faux choix pour obtenir le résultat souhaité par le commanditaire. Ainsi, 69 % des personnes interrogées estiment que les gouvernements ne comprennent pas les entrepreneurs ; 82 % estiment que leur situation se dégrade à cause des impôts, 77 % pensent que la France irait mieux si l’on écoutait davantage les entrepreneurs.

L’inversion permanente des rôles pour cultiver l’aliénation

Aucune question évidemment sur la contribution des possédants au bien commun, sur la comparaison entre la rémunération des travailleurs et la folle distribution des dividendes. Aucune différenciation entre la petite entreprise sous-traitante, asphyxiée par les taux d’intérêt des emprunts, et la grande multinationale qui l’étouffe. Le travailleur-créateur de richesse est effacé au profit du capitaliste qui ferait soi-disant tourner l’économie.

C’est l’inversion permanente des rôles pour cultiver l’aliénation. On fait croire que le capitaliste donne du travail alors qu’il exploite la force de travail que le salarié est contraint de lui vendre aux conditions de la rentabilité du capital fixe et du capital financier.

– Pour consolider l’ensemble, on a jamais tant vu et tant entendu le gouverneur de la banque de France, François Villeroy de Galhau, et le directeur général de la banque publique d’investissement (BPI), Nicolas Dufourq, qui ont – en haut lieu- l’autorisation de sortir de leur rôle pour délivrer la bonne parole, au nom de la réduction de la dette. Leur mission est d’épandre le pâle vernis de la « raison » du savoir, de la bonne gestion ; pour faire accepter une super austérité et le démantèlement de tous les conquis sociaux en vue de la prochaine élection présidentielle. Le président de la BPI ne cesse de marteler depuis des semaines sur le ton du sachant le futur programme : « Le coût trop élevé de notre modèle social, l’impératif de la retraite à 65 ans, l’augmentation du reste à charge de l’assurance-maladie, la réduction du nombre de fonctionnaires »… « L’année 2026 est l’année où l’on doit essayer de peser sur l’opinion pour recentrer l’imaginaire collectif », clame-t-il. Pour solidifier cette propagande, d’autres « sachant » sont mobilisés, à l’image de Patrick Artus, membre du cercle des économistes et conseiller économique d’Ossiam, qui a publié dans Le Monde du 14 février une tribune aux allures d’un manifeste antisocial. Comme ses comparses, il détecte cinq urgences : « L’introduction d’une part de capitalisation dans le système des retraites ; le passage d’une logique de protection de l’emploi à celle d’une protection des personnes et des compétences ; la réforme du système éducatif ; le transfert d’une partie des cotisations sociales vers la TVA ; une réorganisation en profondeur du secteur public ». Tout un programme pour mettre définitivement à bas l’État social construit au fil des luttes sociales et de conquis communistes et de gauche.

On est loin ici des discours de « compromis nécessaires », aussi creux que mielleux. Ainsi, ils préparent une campagne électorale présidentielle pour provoquer une nouvelle bascule du capitalisme français. L’économie est placée au-dessus des lois et des droits, car il n’y aurait qu’une seule politique possible. Or, le problème principal est précisément l’économie capitaliste. Non seulement, elle fait entrer le monde dans la crise économique, la crise sociale, la crise écologique accentuée par le militarisme mais elle menace désormais d’anéantir la vie sur terre.

À l’opposé de la thèse du « président patron » les réponses pour l’intérêt humain et environnemental appellent la prise en main par les citoyens et les travailleurs d’un processus communiste de dépassement de ce système, jusqu’à l’abolir, pour porter un nouveau projet de civilisation. C’est dire l’ampleur de la bataille idéologique et politique à mener et les efforts à déployer pour unir l’immense majorité de celles et de ceux qui n’ont strictement aucun intérêt à élire un « patron-président » et tout à craindre de la nouvelle alliance des sphères du capital et de l’extrême droite. Ce que vit le peuple américain nous sommes d’agir vite.

 

« Quand un groupe financier promet la lune… », le billet de Maurice Ulrich.



Simple ! Avec des affiches dans le métro parisien, le groupe financier international IG (pour Investors Gold Index) nous le dit : « Soyez moins concernés par la réforme des retraites » ou « Dans dix ans, on vous entendra moins crier : Taxez les riches ». Et que faire ? Investir, ou mieux, spéculer sur le marché des CFD (contracts for difference) qui ne sont pas des actions mais des opportunités ouvertes sur les marchés entre l’ouverture d’une position à la Bourse et sa fermeture.

On n’y comprend rien mais le groupe IG peut tout nous expliquer en confiance avec près de 400 000 clients dans le monde et l’accès à 17 000 marchés quand bien même il a été condamné, en 2018, par l’Autorité des marchés financiers à une très grosse amende en raison de multiples manquements et que 72 % de ses clients auraient plus perdu que gagné. « Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt », mais quand IG nous promet la lune, c’est prudent de voir dans quoi on le met… ou pas.

 

« Une bataille pour la République », l’éditorial de Fabien Gay dans l’Humanité Magazine.

Les extrêmes droites se nourrissent des colères sociales, de l’abandon ressenti par des millions de nos concitoyens plongés dans la précar...