Températures
records, canicules à répétition, sécheresses intenses… Les dernières données de
l’observatoire européen Copernicus pointent, une nouvelle fois, des événements
météorologiques extrêmes et inquiétants. Les niveaux historiquement bas du Rhin
et du Danube ont déjà de graves conséquences écologiques, énergétiques et
économiques. Partout en Europe, éleveurs et agriculteurs constatent l’ampleur
de la bérézina. Le stress hydrique hypothèque productions et récoltes avec, à
la clé, de lourdes répercussions pour les consommateurs. Les
mega-incendies continuent de
ravager des territoires entiers en France et ailleurs. Et pourtant, le pire est
encore à venir si l’inaction perdure.
« El Niño n’est plus simplement à notre porte : il est entré dans
la maison et fait monter la température », a mis en garde fin juillet le secrétaire général des
Nations unies, Antonio Guterres. Le nouvel épisode du phénomène climatique
originaire du Pacifique équatorial qui agit sur les courants atmosphériques est
d’ores et déjà considéré comme l’un des plus intenses de ces dernières
décennies. L’impact de l’« enfant terrible » s’annonce planétaire et
dévastateur.
Le 5 août,
le Programme alimentaire mondial a avancé une sombre estimation : au moins
49 millions de personnes supplémentaires seraient susceptibles de plonger dans
la famine aiguë dans 45 pays
situés notamment en Amérique centrale et en Afrique australe, en raison des
inondations et des sécheresses. Ce n’est là qu’une des funestes dimensions du
dérèglement climatique à l’œuvre.
Pas un secteur
de la vie ni des activités humaines n’est épargné. C’est pourquoi tout commande
d’inverser les logiques à l’œuvre. « Davantage de charbon, de pétrole
et de gaz nous conduiront vers un avenir plus combustible », aime à
rappeler Antonio Guterres. N’en déplaisent aux capitalistes et autres
libertariens zélés qui refusent de regarder la réalité en face :
l’exploitation effrénée des ressources anéantit des populations, détruit des
écosystèmes et hypothèque jusqu’à l’idée même de futur. L’anticipation et
l’atténuation des impacts de la crise climatique doivent devenir les maîtres
mots de nouvelles politiques sociales, économiques et environnementales. Il n’y
a pas d’autre salut.






