Le
31 juillet 1914, Jean Jaurès était assassiné. Ses combats, d’une brûlante
actualité, sont notre héritage. L’existence et le développement de
« L’Humanité » en tant que journal libre et indépendant des
puissances de l’argent sont un enjeu fondamental.
À la terrasse
du Café du Croissant, le 31 juillet 1914, Jean Jaurès est assassiné. Trois
jours plus tard, l’Europe s’embrase. Ce jour, comme chaque année, le journal l’Humanité
rend hommage à son fondateur. Son assassin pensait faire taire une voix. Mais
ce qu’il voulait faire disparaître, c’était bien davantage : la conviction
que les peuples peuvent choisir un autre avenir que celui qu’on leur présente
comme inévitable.
Cent douze ans
plus tard, les fatalistes ont changé de visage, mais portent toujours le même
discours : il n’y aurait pas d’alternative. Il faudrait accepter la guerre. Accepter les inégalités. Accepter la montée de
l’extrême droite. Accepter l’uniformisation de la pensée et de l’information au
profit des tenants du capital. Plus d’un siècle nous sépare de ce soir de
juillet. Et pourtant, il suffit d’ouvrir un journal, d’écouter les
informations, de regarder le monde tel qu’il est pour comprendre que les
questions posées par Jaurès n’ont rien perdu de leur actualité.
Jean Jaurès,
toute sa vie, a refusé la résignation. Ce refus s’est transformé en une lutte,
qui demeure notre héritage. Il faisait déjà le constat que la presse était
détenue par la bourgeoisie. Plus que jamais, ce combat est d’une cruelle
actualité. La concentration des médias dans les mains de multimillionnaires
réactionnaires est un
désastre pour notre démocratie et un danger pour le pluralisme de la presse.
L’équilibre, la nuance, la confrontation d’idées et les faits sont effacés au
profit de la désinformation et de l’émotion. Le pluralisme de la presse est
pourtant consubstantiel de la démocratie et doit être garanti. Il n’existe pas
de démocratie complète sans citoyens éclairés. La presse a donc un rôle majeur
à jouer, et sa liberté doit être assurée par l’État, sans souffrir d’aucune
pression.
Dans ce
contexte, et depuis sa création par Jaurès, notre existence et notre
développement en tant que journal libre et indépendant des puissances de
l’argent sont un enjeu fondamental. Dans son sillon, notre but est donc de
poursuivre et d’amplifier la bataille des idées, préalable à toute victoire
électorale durable, de lutter contre une guerre idéologique et culturelle menée
par l’extrême droite.
Les politiques
ultralibérales de ces dernières années ont fragilisé les
fondements de notre société, ont abîmé la
classe ouvrière et populaire, lasse de subir, de perdre des droits sous le coup
des attaques des libéraux. Nous vivons un point de bascule, un point de
rupture. Tout le combat politique de Jaurès visait l’avènement d’une république
sociale et du pacifisme. Deux concepts inextricables, qui s’alimentent, deux
objectifs toujours à atteindre et d’une lucide actualité.
En ce jour
d’hommage, nous célébrons, nous nous remémorons et nous préparons l’avenir.
Afin que vive l’Humanité, je vous remercie chaleureusement pour vos
soutiens à cette souscription pour faire de la prochaine Fête de l’Humanité une
grande réussite.





