lundi 9 mars 2026

« Et si on bombardait des vers ? », l’éditorial de Maud Vergnol.



Imaginez la scène, presque irréelle : des avions traversant le ciel d’un pays en guerre pour y larguer… un poème. Elle a pourtant bel et bien existé. En 1943, les avions britanniques alliés laissent s’envoler au-dessus de la France occupée les vers de « Liberté », du poète communiste Paul Éluard. C’est le manuscrit de ce texte emblématique de la Résistance que nous avons décidé de republier aujourd’hui, en partenariat avec le Printemps des poètes, qui ouvre ses portes ce lundi. 

À l’heure où le Moyen-Orient s’embrase, où le peuple iranien affronte deux monstres, deux formes de fanatisme tout aussi dangereuses, que peut la poésie face à la sauvagerie guerrière ? Si les vers d’Éluard résonnent si sensiblement, c’est qu’ils rappellent avec la plus belle simplicité que la liberté ne se bombarde pas, ni ne s’exporte ; mais bien qu’elle se forge dans la conscience des peuples. 

Dans le courage des Iraniennes, prêtes à mourir pour clamer à la face du monde : « Femme, vie, liberté ». Pour ne pas laisser le silence s’installer, les mots flétrir dans l’obscurité de la censure. « Nous taillons le langage jusqu’à l’os, décrivait déjà Orwell dans 1984. Ne voyez-vous pas que le véritable but de la novlangue est de restreindre les limites de la pensée ? Oui, nous n’avons jamais autant eu besoin de la beauté et la complexité du langage. C’est tout le sens du journalisme que nous pratiquons ici : croire au pouvoir extraordinaire des mots plutôt qu’à celui des poings et des bombes. Des mots pour le dire, des mots pour résister, pour rêver, et se soulever. Pour s’élever contre ceux qui euphémisent et manipulent : « frappes », « opérations spéciales », « dommages collatéraux ». Contre ceux dont le champ lexical de la pensée est si pauvre qu’il tient en quelques mots écrits en capitales : « MAKE IRAN GREAT AGAIN ».

« Est-il encore possible d’écrire un poème ? Comment peut-on être à la fois à l’intérieur et à l’extérieur du réel, en même temps ? Comment peut-on à la fois contempler et s’engager ? » s’interrogeait en 2003 Mahmoud DarwichEt le grand poète palestinien d’avancer ceci : « Sans doute avons-nous besoin aujourd’hui de la poésie, plus que jamais. Afin de recouvrer notre capacité à poursuivre l’un des plus beaux rêves de l’humanité, celui de la liberté… »

« Quand le Figaro consacre une pleine page aux poèmes de Michel Houellebecq », le billet de Maurice Ulrich.



Un peu de poésie dans ce monde ? Combat toujours perdant, c’est le titre du recueil de poèmes, donc, que publie Michel Houellebecq. On ne parlera pas du romancier sensible au désarroi du mâle occidental ou évoquant, dans Soumission, l’islamisation de la France, de l’idéologue qui, dans un entretien avec Michel Onfray en 2022, évoquait « la perte de l’identité des Français », là encore menacés par « les musulmans », pas non plus du politique épris de Trump.

Non, il s’agit du poète, héritier, nous dit le Figaro qui consacre une pleine page à ce recueil, « de Baudelaire, Nerval, sans oublier Rimbaud avec ces vers qui semblent démarqués d’ Une saison en enfer : Allons ! il faut partir / et nettoyer la place / Libérer l’avenir / pour la nouvelle race ». Car déjà, « Ils sont là / parmi nous / et ils sont différents, / ils viennent d’un futur qui n’existera pas, / nos désirs et nos peurs les laissent indifférents / ils ne nous aiment pas ». Et pas gentils, en plus. Si c’était de la poésie, les tracts du RN seraient des chefs-d’œuvre.

 

dimanche 8 mars 2026

« L’égalité : un enjeu social et démocratique », la chronique de Maryse Dumas.



Ancré dans l’histoire depuis plus d’un siècle et pourtant toujours en adéquation avec les aspirations de son temps, le 8 mars accompagne depuis 116 ans le mouvement d’émancipation des femmes. Dénommé « Journée internationale de lutte pour les droits des femmes », il lui arrive souvent que l’un ou l’autre de ses qualificatifs passe à la trappe, le plus souvent celui de lutte. Cette dimension a même failli disparaître, avalée par la dimension institutionnelle donnée au 8 mars, par l’ONU d’abord, puis par la présidence Mitterrand. L’officialisation du 8 mars a eu pour effet d’élargir sa surface, ce qui est positif, mais aussi d’estomper son caractère subversif et de luttes, ce qui l’est moins. Fort heureusement, la CGT, le parti communiste et un certain nombre d’associations proches, dont le 8 mars est resté l’apanage quasi exclusif jusqu’aux années 1970, ont su ne pas céder aux sirènes institutionnelles.

Ainsi le 8 mars a-t-il permis chaque année à des générations successives de travailleuses d’exprimer leurs exigences : de la reconnaissance pleine et entière de leur droit au travail à l’égalité dans tous les domaines, en premier lieu professionnel jusqu’au mitan du XXe siècle, puis, à partir des années 1960, celles de leur droit à enfanter « si je veux quand je veux ». Enfin, l’exigence de liberté des femmes quant à leur corps a ouvert la phase actuelle de refus de toute violence sexiste et sexuelle. À chaque étape, les enjeux et les formes de mobilisations s’en sont trouvés infléchis ou enrichis. Depuis le début des années 2000, une nouvelle génération féministe rencontre le combat historique et donne de nouvelles couleurs à ce rendez-vous, en convergence, en particulier, avec la CGT. Ainsi, ces dernières années, et en 2026 aussi, les mobilisations de rues voient-elles défiler ensemble des organisations syndicales et des associations féministes. Ce qui était impensable quelques années auparavant.

Mais, rançon du succès, depuis 2019, l’association féminine (pas féministe) d’extrême droite Némésis perturbe les manifestations. Elle s’infiltre dans les cortèges syndicaux, voire veut en prendre la tête. Elle y déploie des mots d’ordre et pancartes à caractère raciste. Protégée par des militants, hommes, de groupuscules d’extrême droite, elle cherche à provoquer dans les manifestations des réactions violentes qui pourront lui servir à se victimiser sur les réseaux sociaux, voire au-delà, et à affaiblir le message à la fois féministe et internationaliste du 8 mars. Cette méthode a été récemment employée à Lyon. On en a vu l’épouvantable résultat. Pour ces raisons, la CGT, plusieurs syndicats et associations ont demandé en commun au ministre de l’Intérieur la dissolution de cette association.

Quoi qu’il en soit, la portée féministe du 8 mars n’en sera pas affaiblie. Hier comme aujourd’hui l’émancipation des femmes se joue autour de deux enjeux fondamentaux et étroitement liés l’un à l’autre : l’égalité et la liberté. Un troisième en est le trait d’union : la dignité. Or, même si d’immenses progrès ont été accomplis, aucun n’est ni complètement, ni définitivement acquis. C’est pourquoi il ne faut rien lâcher. La lutte contre les violences sexistes et sexuelles complète celle pour l’égalité professionnelle, elle ne s’y substitue pas. C’est ce que rappelle en substance le communiqué commun à toutes les organisations syndicales qui fait de l’enjeu d’égalité un enjeu social et démocratique de premier plan à porter ce 8 mars 2026.

vendredi 6 mars 2026

« Guerre en Iran : l’embrasement », l’éditorial de Fabien Gay ».



Depuis le 28 février, le monde assiste, impuissant et horrifié, à une nouvelle escalade guerrière menée conjointement par les États-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran. Les frappes ont semé la désolation à travers 24 provinces iraniennes : déjà des centaines de morts en Iran, des centaines de personnes blessées, et des victimes en Israël ainsi que dans les bases américaines du Golfe.

C’est le bilan provisoire d’une agression dont l’unique but est de contraindre la soumission d’un peuple souverain aux appétits voraces de l’impérialisme états-unien, notamment via l’assassinat du guide suprême du régime, l’ayatollah Ali Khamenei, dans un acte de décapitation politique qui viole toutes les normes du droit international. Nous assistons au retour du concept fallacieux de « guerre préventive », comme en Irak en 2003 ou en Libye en 2011, dont la rhétorique du « Nous avons le droit de nous défendre » est inchangée. Une seule certitude : son illégalité et le désastre qui en résultera.

La mort d’Ali Khamenei, au pouvoir depuis trente-sept ans, marque un tournant brutal. Nul ne pleure ce théocrate sanguinaire, responsable d’immenses souffrances infligées à son peuple : emprisonnements massifs, répression sanglante des manifestations et de toute voix contestataire, négation totale des libertés aux femmes, exécutions sommaires.

Nos pensées vont en cet instant à Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023, toujours emprisonnée, et au souvenir de Mahsa Amini, assassinée par le régime, dont la mort a déclenché le vaste mouvement « Femme, vie, liberté », que nous n’avons jamais cessé de soutenir. Tuer un chef d’État par bombardement n’est cependant pas un acte de justice, mais un acte de guerre qui ouvre la porte à l’escalade, aux représailles et à un chaos généralisé.

Ce qui s’est passé n’est pas une « libération » spontanée du peuple iranien, dont l’avenir ou les aspirations à la liberté et la démocratie n’ont jamais été le sujet de Trump. C’est une opération militaire massive et illégale, menée par les États-Unis et par Israël – deux puissances qui ont elles-mêmes un lourd bilan en matière de violations des droits humains et d’ingérences sanglantes dans la région (Irak, Gaza, Liban, Syrie…). Elle laissera des plaies béantes qui nourriront la haine et la rancœur, terreau d’idéologies terroristes. Cette offensive, baptisée cyniquement « Roaring Lion », qui ose appeler le peuple iranien à « reprendre » son pays, n’est rien d’autre qu’une guerre de domination et d’annexion déguisée.

Trump, ce cow-boy d’un capitalisme sans limites, promet de « raser » les missiles iraniens et d’anéantir sa marine. Sous prétexte de « menace existentielle » (programmes nucléaire et balistique iraniens), Washington et Tel-Aviv ne cherchent qu’à démanteler un État qui n’est pas dans leur zone d’influence.

Du Nil au golfe Persique, c’est bien la même logique impérialiste qui est à l’œuvre. Cette guerre est un prolongement direct du génocide en cours à Gaza, où Israël, avec le soutien inconditionnel des États-Unis, bombarde impunément un peuple assiégé depuis des décennies, continue son entreprise d’apartheid et de colonisation en Cisjordanie, d’annexion de Jérusalem-Est, et de génocide à Gaza. L’Iran va riposter, et comme toujours, ce sont les populations civiles qui paieront le prix fort. Qui en profitera vraiment ? Les mêmes qui vendent des armes, qui spéculent sur le pétrole et qui rêvent d’un Moyen-Orient sous tutelle occidentale.

Quelle hypocrisie des grandes puissances ! Ceux qui poussaient des cris d’orfraie lorsque Trump a brandi la menace sur le Groenland tout en applaudissant l’ingérence américaine au Venezuela restent bien silencieux sur cette nouvelle agression. Ce « deux poids, deux mesures » est insupportable. Il n’y a pas un « bon » impérialisme lorsqu’il s’attaque à l’Iran et un « mauvais » lorsqu’il menace les intérêts européens.

Il n’y a qu’un seul et même impérialisme états-unien. Il ne cherche qu’à soumettre par la voie militaire ou par le déploiement d’ingérence électorale pour s’assurer d’avoir des dirigeants dociles pouvant être intégrés à la grande alliance néofascisante qui se réunit désormais sous le label fallacieux de « Conseil de la paix ».

La France et l’Union européenne, muettes ou complaisantes, doivent rompre avec cette soumission atlantiste. La France a certes demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, et condamné l’escalade militaire au Moyen-Orient. Mais pensons-nous vraiment que cela suffise ?

Nous assistons à la mort des Nations unies et à l’enterrement du droit international au profit de la loi du plus fort, et d’un nouvel affrontement entre hyperpuissances qui ne seront jamais rassasiées dans leur volonté de domination mondiale. Si nous continuons à laisser Trump et ses alliés imposer leurs volontés, nous n’aurons plus aucun levier pour sanctionner des régimes qui violent les droits humains, et Poutine aura un boulevard pour prolonger sa guerre en Ukraine, comme Erdogan pour écraser le peuple kurde, comme il en rêve depuis fort longtemps.

Cette guerre n’est pas seulement une tragédie pour l’Iran, dont le peuple – déjà éprouvé par un pouvoir répressif multipliant les meurtres et exécutions – paie le prix du sang.

L’embrasement de toute la région ne semble être qu’une question de jours alors que les frappes iraniennes sur Israël, les Émirats arabes unis et les bases américaines risquent de conduire à une conflagration mondiale. Trois soldats américains tués, des civils innocents fauchés à Beit Shemesh : voilà les fruits empoisonnés d’une politique belliciste qui sert les intérêts des multinationales de l’armement et du pétrole, au détriment des peuples.

Face à cette nouvelle escalade impérialiste, nous devons réaffirmer notre opposition à la guerre et notre solidarité avec les peuples opprimés, qu’ils soient iraniens, palestiniens, libanais ou yéménites. La vraie espérance, c’est celle d’une transition démocratique interne, portée par les Iraniens eux-mêmes – les femmes, les jeunes, les ouvriers et ouvrières, les syndicalistes – et non par des bombes larguées depuis des F-35 ou des drones Reaper.

Pour l’Iran, nous ne souhaitons ni la survie du régime des mollahs ou de leurs successeurs cléricaux autoproclamés, ni le retour du chah ou d’une monarchie restaurée sous Reza Pahlavi. Ces options, qu’elles soient théocratiques ou monarchiques, sont rejetées par celles ceux qui luttent pour un Iran libre, laïque et vraiment démocratique, sans tutelle extérieure ni nostalgie d’un passé autoritaire.

 

NOUVELLE « LA FILLE DE LA VIEILLE DAME » !



La vieille dame la reconnait mais ne sait plus exactement pourquoi elle est là. Elle tremble et remâche inlassablement le présent. Et le présent n'est rien s'il est détaché du passé, s'il ne parvient plus à désirer l'avenir. Avec la vieille dame, il est un enfer de l'instant. L'instant qui dit et redit l'angoisse. Sa fille vient souvent la voir. Elle lui parle, l’a fait parler et parfois elle doit lutter contre l'endormissement. La vieille dame se souvient qu'elle va en maison de retraite mardi et demande à sa fille, toutes les dix minutes : et tout ça ? Désignant les objets et les meubles qui garnissent son salon. Et, sa fille ne sait pas quoi répondre. Tout ça, est accumulation qui nous donne l'impression d'être éternel. Tout ça. Pour avoir souvent déménagé ces trois dernières années, pour avoir aidé la vieille dame à vider une maison de famille, pour avoir trié les affaires des disparus, la fille sait combien certaines choses deviennent poussière, vieillerie, illusion... une fois sorties de leur contexte. Les objets n'existent qu'à travers notre regard. Sinon les objets s'en foutent. Elle ne sait pas quoi dire à la vieille dame. Elle sait le partage de l'héritage à venir, mais il ne la concerne pas. La vieille dame lui donne une photo de son mari décédé avec dans ses bras une de ses filles. Elle a toujours vu cette photo sur le mur du bureau, mais la regarde pour la première fois. De la poussière sur son propre passé. Puis elle quitte un moment l'appartement et va saluer la voisine de palier chez qui elle s'attarde une demi-heure. Quand elle revient, la vieille dame est paniquée. Elle attrape sa main, elle dit son prénom avec force. Sa fille lui dit : calme-toi, calme-toi. Elle prend ses mains, ses bras. La vieille dame ferme les yeux, sa tête tombe et sa fille pensait qu'elle allait mourir. Elle se dit que c'est peut-être aussi bien. Elle voudrait que le drame s'arrête. Elle se sent capable de recevoir sa mort. Mais les yeux s'ouvrent à nouveau et la litanie des questions reprend : et tout ça ? Et tout ça ? Elle serre ses mains, lui caresse les bras. Une bise avec les lèvres qui ne touchent pas la joue. Alors, elle pense à la vieille dame qu’elle sera un jour, et à celle qui voudra bien lui caresser la peau. En partant, elle revient sur ses pas, et serre sur son cœur la photo sur laquelle son grand-père tient sa fille dans ses bras.

 

« 8 mars : le silence radio d’Aurore Bergé », l’éditorial de Cédric Clérin.



Au moins, cette année, nous ne pourrons pas dénoncer l’hypocrisie d’Aurore Bergé. À l’approche de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, c’est silence radio du côté de la ministre de tutelle. Sur ce sujet en tout cas, puisqu’on l’a beaucoup entendue instrumentaliser l’antisémitisme et appeler à des barrages républicains avec les héritiers de Jean-Marie Le Pen.

Si c’est pour manier le même genre d’oxymore politique et d’en appeler au renfort des masculinistes pour faire avancer les droits des femmes, mieux vaut en effet le silence. Sur le front des inégalités femmes-hommes, si les choses ont avancé dans les têtes, il y a pourtant beaucoup à faire tant la réalité bouge lentement.

Au travail, l’égalité est encore un horizon lointain. En 2024, dans le privé, le revenu salarial moyen des femmes était inférieur de 22 % à celui des hommes ; même à temps plein comparable, l’écart est encore de 14 %. Et la trappe du temps partiel continue d’aspirer les carrières : une femme en emploi sur quatre y est cantonnée, contre bien moins d’hommes. L’inégalité est aussi violence.

Toujours en 2024, police et gendarmerie ont enregistré 272 400 victimes de violences par partenaire ou ex-partenaire, 107 féminicides et 270 tentatives au sein du couple. Des chiffres effrayants. Pas suffisant pour le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui, faute de moyens, projette de réduire au maximum les durées des audiences des procès pour viol ainsi que la possibilité de recours à des témoins et des experts. Décidément, le garde des Sceaux n’est jamais à court d’idées à contresens de l’histoire.

Un nouvel exemple de la force qu’il faut aux mobilisations féministes pour faire bouger les archaïsmes. D’autant qu’elles sont désormais confrontées à ces mouvements nationalistes semeurs de haine, comme Némésis, qui tentent de les miner de l’intérieur. Leur véritable rôle ayant été mis à jour, notamment dans ces colonnes, elles ont renoncé à défiler avec les vraies porteuses de progrès. Sans ministres inconséquents, ni impostures identitaires, associations, syndicats et citoyens marcheront dimanche main dans la main pour que l’égalité cesse d’être une promesse et devienne une règle.

 

« Mais qu’est-ce qu’un nazi ? le billet de Maurice Ulrich ».



Figure de la galaxie Bolloré, Christine Kelly, qui sans doute a fait quelques études, a dû sécher les cours d’histoire, qui écrit dans le Journal du dimanche, « mais qu’est-ce qu’un nazi. Je n’ai toujours pas entendu de définition compréhensible à ce jour ».

Allons, un peu de rattrapage. Un nazi, c’est un criminel contre l’humanité condamné comme tel à Nuremberg en 1946. Un nazi, c’est un acteur ou un complice de l’extermination de six millions de personnes, juives mais aussi tziganes, homosexuelles, politiques.

Des nazis, ce sont les tortionnaires de Jean Moulin, de Missak Manouchian et des 21 fusillés de l’Affiche rouge… Un nazi, c’est un officier SS, on l’écrivait il y a deux jours, qui arrête 71 enfants de 4 à 13 ans pour les enfermer dans un train à destination d’Auschwitz…

Ça vous revient, peut-être ? Un manifestant qui fait un salut nazi, c’est quelqu’un qui connaît cela et le revendique. Alors madame Kelly, ou vous êtes d’une stupidité et d’une ignorance crasses, ou quoi ? Vous ne savez toujours pas ?

 

« Et si on bombardait des vers ? », l’éditorial de Maud Vergnol.

Imaginez la scène, presque irréelle : des avions traversant le ciel d’un pays en guerre pour y larguer… un poème. Elle a pourtant bel et b...