mardi 11 août 2026

« Réchauffement climatique, le pire est encore à venir », l’éditorial de Cathy Dos Santos.



Températures records, canicules à répétition, sécheresses intenses… Les dernières données de l’observatoire européen Copernicus pointent, une nouvelle fois, des événements météorologiques extrêmes et inquiétants. Les niveaux historiquement bas du Rhin et du Danube ont déjà de graves conséquences écologiques, énergétiques et économiques. Partout en Europe, éleveurs et agriculteurs constatent l’ampleur de la bérézina. Le stress hydrique hypothèque productions et récoltes avec, à la clé, de lourdes répercussions pour les consommateurs. Les mega-incendies continuent de ravager des territoires entiers en France et ailleurs. Et pourtant, le pire est encore à venir si l’inaction perdure.

« El Niño n’est plus simplement à notre porte : il est entré dans la maison et fait monter la température », a mis en garde fin juillet le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres. Le nouvel épisode du phénomène climatique originaire du Pacifique équatorial qui agit sur les courants atmosphériques est d’ores et déjà considéré comme l’un des plus intenses de ces dernières décennies. L’impact de l’« enfant terrible » s’annonce planétaire et dévastateur.

Le 5 août, le Programme alimentaire mondial a avancé une sombre estimation : au moins 49 millions de personnes supplémentaires seraient susceptibles de plonger dans la famine aiguë dans 45 pays situés notamment en Amérique centrale et en Afrique australe, en raison des inondations et des sécheresses. Ce n’est là qu’une des funestes dimensions du dérèglement climatique à l’œuvre.

Pas un secteur de la vie ni des activités humaines n’est épargné. C’est pourquoi tout commande d’inverser les logiques à l’œuvre. « Davantage de charbon, de pétrole et de gaz nous conduiront vers un avenir plus combustible », aime à rappeler Antonio Guterres. N’en déplaisent aux capitalistes et autres libertariens zélés qui refusent de regarder la réalité en face : l’exploitation effrénée des ressources anéantit des populations, détruit des écosystèmes et hypothèque jusqu’à l’idée même de futur. L’anticipation et l’atténuation des impacts de la crise climatique doivent devenir les maîtres mots de nouvelles politiques sociales, économiques et environnementales. Il n’y a pas d’autre salut.

 

« Prise d’otage », le billet de Maurice Ulrich.



Ça ressemble à une prise d’otage. À la une de l’hebdomadaire Valeurs actuelles, on voit Léon XIV marcher aux côtés de Marco Rubio, J. D. Vance et oui, Donald Trump. Le secrétaire d’État, le vice-président qui a invité le successeur de saint Pierre à « être prudent quand il parle de théologie » et le président des États-Unis qui s’est lui-même représenté en pape et que sa conseillère spirituelle et responsable du bureau de la foi à la Maison-Blanche – mais oui, ça existe – décrit comme le nouveau sauveur, instrument de la volonté divine…

Une photo, évidemment un montage, avec ce titre : « Les catholiques à l’assaut de l’Amérique ». Et en sous-titre : « Comment l’élite catholique conservatrice prend le pouvoir à Washington et prépare déjà l’après-Trump ». En pages, un « expert », un certain Brian S. Brown, président de l’ultraconservatrice Organisation internationale pour la famille, évoque les combats communs de Donald Trump et Léon XIV en passant sous silence les critiques de ce dernier sur la guerre en Iran, la politique migratoire, etc. La vérité ne fait pas partie des valeurs actuelles

lundi 10 août 2026

« Les macronistes font le jeu de l’extrême droite », l’éditorial de Maurice Ulrich.



En campagne présidentielle, l’ancien premier ministre Gabriel Attal est d’une certaine manière un indicateur de tendance. De jour en jour, ses choix et ses déclarations le marquent à droite, et même à l’extrême droite. Quitte à instrumentaliser pour cela, d’une manière indigne et bien peu républicaine, les gens du voyage.

Ou plus largement en en rajoutant, après l’épisode de Ceuta, sur le « défi migratoire », mais aussi en durcissant les dispositions sécuritaires pour les plus jeunes, etc. « Tu sais, on s’adapte », aurait-il dit à une ministre proche. Sans doute. L’opportunisme a ses raisons, mais surtout ce qui est en jeu, c’est un changement profond et sans précédent depuis la Seconde Guerre mondiale.

Depuis les dernières élections législatives, qui avaient vu ce qu’on appelle le Front républicain faire face au RN, au profit de la gauche, les élus macronistes n’ont cessé d’agir, c’est bien le cas de le dire, à front renversé. Écologie, sécurité, taxation des plus riches, augmentation des salaires, immigration et jusqu’à la réélection de la présidente de l’Assemblée nationale contre le communiste André Chassaigne, leurs voix n’ont cessé de se mêler aux voix de la droite, souvent avec le soutien de l’extrême droite.

C’est peu de dire que cette dernière est devenue fréquentable. Pour les milieux dirigeants comme pour le grand patronat, son arrivée au pouvoir est désormais une hypothèse parfaitement crédible et acceptable. Mais ce n’est pas seulement une affaire franco-française. Il s’agit d’une lame de fond, déterminée et consciente, portée par les hyper-milliardaires de la tech comme Elon Musk, Peter Thiel, par Donald Tump et les nouveaux dirigeants élus dans les pays d’Amérique latine, par la progression continue des extrêmes droites en Europe.

Le capitalisme, depuis le milieu du siècle dernier, composait avec la démocratie libérale ou, du moins, semblait s’en accommoder. Il a besoin aujourd’hui, dans une course au profit devenue folle et une compétition mondiale effrénée, de s’affranchir des règles qu’avec leurs limites ces démocraties ont imposées jusqu’alors. C’est là que pour le capital les extrêmes droites ont leur rôle à jouer.

 

« Pas de salle de bal pour Trump », le billet de Maurice Ulrich.



« Une honte nationale. » C’est la réaction de Donald Trump après la décision de la cour d’appel fédérale du district de Columbia de bloquer des travaux de la salle de bal qu’il veut faire construire à la Maison-Blanche, engagés en octobre avec la destruction au bulldozer d’une partie du bâtiment. Pouvant accueillir jusqu’à 1 000 personnes pour des réceptions et des dîners, elle devrait, selon le forcené, rendre sa splendeur à la capitale.

Pour la cour d’appel, « le gouvernement n’a pas l’autorité illimitée de redessiner, remodeler et reconstruire la Maison blanche – la maison du peuple – pour répondre au désir personnel d’un président ». Réponse de ce dernier : « Nous allons immédiatement faire appel devant la Cour suprême des États-Unis. L’armée et le secret service considèrent cette décision horrible motivée par des raisons politiques illégales. »

La salle serait aussi, dit-il, « un centre militaire cruellement nécessaire, indispensable pour la sécurité de Washington et de notre pays lui-même. Cette décision constitue une menace pour la sécurité nationale ». Et surtout qu’à la Maison-Blanche il y a tant de raisons de danser.

 

vendredi 7 août 2026

« Le Tour de France femmes sur France Télévisions…avec modération », le billet de Maurice Ulrich.



Comme le Tour de France hommes, le Tour de France femmes, c’est sur France Télévisions mais… avec modération. Dès le premier jour on s’attendait à prendre le départ et, surprise, on tombe sur une série, Hudson et Rex. Rex est un chien policier tellement intelligent qu’on se demande s’il ne l’est pas plus que son maître qui ne serait pas grand-chose sans lui…

C’est un peu bête, c’est le cas de le dire. Mais pourquoi un chien, même surdoué, plutôt que la retransmission des étapes du Tour femmes aux mêmes horaires que celles du Tour hommes ? Il fallait attendre 15 h 50. On ne saura donc pas, dès la première étape, note Marion Clignet, la présidente du syndicat français des coureuses cyclistes citée par le Monde, que Demi Vollering, l’une des grandes favorites, avait chuté en début de course, comme on ne verra pas, dans l’étape de mardi dernier, le début de l’incroyable échappée solitaire de la norvégienne Sigrid Haugset jusqu’à la victoire… Et, nom d’un chien, même pas une explication de France Télévisions pour ces retransmissions tronquées.

mercredi 5 août 2026

« Gabriel Attal emprunte les thèmes de prédilection du RN », l’éditorial de Diego Chauvet.



Nombreux sont les Français à avoir découvert, un peu éberlués, les images de leur ancien premier ministre Gabriel Attal jouant des biscotos devant un campement de gens du voyage à Guérande, en Loire-Atlantique. Dans la torpeur du mois d’août, le poulain d’Emmanuel Macron, en concurrence avec Édouard Philippe pour être le candidat de l’extrême centre en 2027, a donc pris le risque de se ridiculiser devant les caméras. Son destin politique n’intéressant que lui-même, l’anecdote pourrait en rester là. Hélas, ce genre d’action politique a des répercussions qui dépassent le seul intéressé.

Gabriel Attal, dans une mauvaise passe sondagière, tente le tout pour le tout afin de relancer sa campagne et use dans cet objectif d’un procédé politique éculé, selon lequel lorsque l’extrême droite est en hausse il suffirait de lui emprunter ses thèmes de prédilection pour lui piquer des électeurs. C’est décidément ne rien comprendre à la mécanique du vote RN, sur laquelle se fracassent tous ceux qui entendent le concurrencer sur sa droite.

À Guérande, l’ancien premier ministre n’aura marqué aucun point auprès d’un électorat lepéniste qui le déteste en tant que chef de file de la Macronie. Pire, en fustigeant « les installations sauvages et illégales des gens du voyage [qui] gâchent la vie des maires et des Français », sans évoquer le refus de trop nombreuses communes de se conformer à la loi qui impose des aires d’accueil, il ravive l’antitsiganisme, racisme ciblant une communauté déjà largement discriminée. Et sans prendre la moindre voix à l’extrême droite, Gabriel Attal apporte à ses thèses l’onction d’un ancien chef de gouvernement.

Le ridicule dans lequel Gabriel Attal s’est vautré à Guérande, quelques jours après ses sorties médiatiques dans le JDD de Bolloré, n’a donc rien de risible. Alors qu’il est engagé dans une voie de droite largement embouteillée pour la prochaine présidentielle, sa faute dépasse largement son cas personnel et attise le péril RN.

« Sébastien Lecornu dort avec son téléphone tout le mois d’août », le billet de Maurice Ulrich.



« Je vais dormir avec mon téléphone tout le mois d’août. » Sacrée confidence dans le Parisien, il y a quelques jours, de Sébastien Lecornu. Les ados font comme ça. Le smartphone sous l’oreiller au cas où et pour ne pas rater on ne sait quoi mais tellement important. Bon, c’est a priori rassurant de savoir que le premier ministre, déjà, a un téléphone et qu’il ne va pas le laisser au placard dans la période que nous vivons, de canicules et d’incendies, de guerre aux portes de l’Europe et de tensions internationales…

On suppose en plus qu’il ne dort pas à Ibiza avec la couette par-dessus la tête et des boules Quies dans les oreilles. On espère qu’Emmanuel Macron fait la même chose au fort de Brégançon et que ça vaut pour tous les ministres, sous-ministres et secrétaires d’État… En fait, ce qui est étonnant, ce n’est pas que Sébastien Lecornu fasse ce qui va sans dire. C’est qu’il nous prenne pour des imbéciles en le disant et en l’annonçant comme une courageuse décision politique.

« Réchauffement climatique, le pire est encore à venir », l’éditorial de Cathy Dos Santos.

Températures records, canicules à répétition, sécheresses intenses… Les dernières données de l’observatoire européen Copernicus pointent, ...