La victoire de l’AfD en Saxe et la perspective inquiétante des prochains scrutins
en Allemagne apportent une nouvelle preuve qu’une déferlante d’extrême droite
gagne le continent. Saluée par les félicitations enthousiastes d’une
internationale brune galvanisée, cette poussée n’est pas un avertissement
lointain, mais une menace imminente, particulièrement pour la France dans le
cadre de l’élection présidentielle. Et la réalité, à quelques mois de cette
échéance, c’est une profusion de candidatures à gauche.
L’enjeu pour
les forces de gauche est de transformer cet état de fait en atout. Comment
faire en sorte que non seulement l’une des candidatures puisse accéder au
second tour, mais qu’elle ait également une chance réelle de l’emporter ?
Si la pluralité des candidatures à gauche dégénère en guerre d’usure entre
elles, alors le pire est inévitable. Cette diversité pourrait-elle devenir une
mécanique capable de faire progresser tout le monde et peut-être le réservoir
de voix indispensable pour l’emporter ?
Le chemin est
étroit et périlleux. L’engagement de Fabien
Roussel de faire campagne sur ses
propositions, et pas contre les autres candidats de gauche, doit devenir une
règle partagée. L’agenda politique est aujourd’hui asphyxié par les obsessions
identitaires et austéritaires.
Pour fracasser
cette hégémonie réactionnaire, les forces de gauche dans
leur diversité vont devoir
imposer dans le débat la justice fiscale, les services publics, les salaires,
l’urgence climatique… Forcer, en quelque sorte, le débat à revenir sur le
terrain des réalités matérielles, pour que l’élection soit sur celui de la vie
des gens et du modèle de société. Et cela commence maintenant avec la
discussion sur le budget et la dette.
Ne pas faire
campagne contre les autres à gauche, ce n’est pas esquiver le débat avec eux.
C’est l’avoir sur des sujets de gauche. C’est refuser de se laisser piéger par
des formules définitives du type « jamais avec… ». C’est éviter de
céder à la tentation du chantage et de la pression, pour ne pas condamner des
portes qu’il faudra peut-être rouvrir. C’est refuser de laisser des blessures
rendre impossible la construction d’un espoir dont les prémices feront
peut-être jour à la Fête de l’Humanité






