Saluts nazis,
vociférations homophobes et racistes : le défilé de
Lyon, samedi, n’avait rien d’une marche blanche en hommage au militant ultranationaliste
Quentin Deranque, battu à mort le 12 février. Tout
transpirait la parade idéologique, avec, en tête de cortège, des figures
bien connues de la galaxie néonazie et identitaire.
Les consignes données aux manifestants n’y ont rien changé.
Une fois
encore, les franges les plus radicales de l’extrême droite ont battu le pavé en
toute impunité, le jour même où l’on commémorait les assassinats
de Missak Manouchian et de ses camarades, fusillés par les nazis le
21 février 1944 au mont Valérien. La banalisation de
l’appropriation de l’espace public par ces fanatiques fascistes est
glaçante. Elle dit beaucoup des menaces qui pèsent sur la démocratie en France.
Toute
la lumière doit être faite sur les circonstances du meurtre de
Quentin Deranque. Ses auteurs doivent être poursuivis, condamnés.
Cette exigence de justice propre à un État de droit ne
peut et ne doit souffrir aucune exception. L’indignation à géométrie
variable est une faute politique. Or, depuis une semaine, nous assistons à
l’instrumentalisation d’un drame qui, de facto, enveloppe d’un silence
assourdissant les victimes de crimes racistes.
Sébastien
Lecornu reproche à La France insoumise d’opposer les morts ; mais
c’est très exactement ce que font les plus
hautes autorités et les institutions de ce pays, en choisissant
d’ignorer délibérément les violences mortelles de l’extrême droite.
La manipulation ne s’arrête pas là. Elle conduit
à un invraisemblable renversement des rôles qui sert les
desseins du Rassemblement national.
L’antifascisme
est mis au ban, comme si le sens des combats d’hier
et la nécessaire clairvoyance d’aujourd’hui face au danger
étaient réductibles aux seuls agissements de la Jeune Garde
ou de tout autre mouvement. Cette réécriture de
l’histoire est gravissime. Elle sert à diaboliser la
gauche et à normaliser l’extrême droite. En criminalisant La
France insoumise et quiconque s’allie avec elle, le gouvernement offre une
virginité au RN et un blanc-seing à ses idées, à son projet. Ce
sordide calcul politicien est une hérésie, à l’heure où l’extrême droite
est aux portes du pouvoir.





