Températures
record, chaleurs extrêmes, canicules inédites… Les qualificatifs s’accumulent
pour qualifier ces épisodes météorologiques hors normes qui s’enchaînent. Ici,
le thermomètre explose ; là-bas, l’eau se tarit ; ailleurs, des
pluies dantesques dévastent villes et champs. La crise climatique globale est
le miroir grossissant d’un système capitaliste
qui surexploite les énergies fossiles, accélère la dégradation des écosystèmes et dope les pollutions. Les
personnes vulnérables et les pays pauvres sont les premières victimes d’une
course au profit inhumaine et destructrice.
Tous les
clignotants ont viré à l’écarlate et pourtant, l’inertie prime. Pire, on
cherche à culpabiliser les citoyens qui devraient être les principaux garants
de la préservation de la planète. En la matière, la palme du cynisme revient à
l’ancienne première ministre Élisabeth Borne, qui s’est crue autorisée à
pointer un manque d’engagement des jeunes dans la lutte contre le réchauffement
climatique, comme si les conclusions audacieuses de la Convention citoyenne sur
le climat n’avaient pas été superbement
torpillées par les gouvernements d’Emmanuel Macron.
Pas un mot sur
les grandes multinationales prédatrices qui vampirisent les sols, les mers et
les océans au mépris de l’environnement, des droits sociaux des travailleurs,
des droits humains en général. Rien ou si peu sur l’irresponsabilité des États.
L’absence de
politiques ciblées à même d’atténuer les effets du réchauffement climatique
tue. Combien de morts faudra-t-il encore pour que les autorités se décident à
agir ? En 2021, la France a été
condamnée pour son inaction et le
non-respect de ses obligations. Une inaction coupable qui hypothèque la vie,
l’avenir. Les conséquences sont
pourtant terribles sur les plans
humain, environnemental et sanitaire, mais également économique.
Sur ce dernier
point, les conclusions des travaux du jeune économiste Adrien Bilal sont
effarantes. Si rien n’est entrepris pour inverser les logiques à l’œuvre, il
pourrait en coûter jusqu’à 50 % du PIB mondial d’ici à 2100. Aux antipodes
des paroles creuses et dans un contexte où les climatosceptiques se sentent
pousser des ailes, la crise climatique exige des actes forts, courageux, à
l’échelle nationale et internationale.






