L’hiver envahi les lieux avec le froid et le tonnerre,
les oiseaux se cachent sous la terne lueur lunaire qui n’entend plus leur doux
et agréable ramage, ils se dissimulent tremblants sous leur ramage. La foudre
se manifeste criante comme un putois et les fortes pluies immergent les rues et
les toits. Le silence de la nuit cède place à l’orage, au froid le vent
entraîne des nuages qui pleurent d’effroi. Toute la ville est enveloppée de
cette brume dense, les gens sont paisibles malgré la froidure intense. Près de
la cheminée, leurs rires éclatent très haut, dans leur domicile ils vont dormir
bien au chaud. Au coin de la rue déserte, sous les rafales de la pluie s’abrite
un homme près d’un mur sans faire de bruit. De ses yeux dégouline le chagrin,
il veut un peu de feu pour réchauffer ses mains gelées et ses pieds tous bleus.
Pourtant, il demeure sur un sol glacé, inondé de pluie, le vent n’épargne son
corps qui s’affaibli, Il s’ennuie, gémissant, il se souvient de ces enfants
affectionnés. Dans son village, il leur a promis gâteaux et crustacés, il est
arrivé en ville, de certitudes son visage rayonnait. Ses anciens amis lui ont
parlé de la richesse tant rêvée, ils l’ont abandonné au virage de la grande
cité. Dérobant le peu d’argent qu’il possédait avec sa dignité, pourra-t-il
supporter ce vent qui s’infiltre dans sa peau et l’eau diluvienne qui coule
comme un ruisseau.
Libre-arbitre, le blog de Robert Clément
lundi 16 février 2026
HIVER !
dimanche 15 février 2026
« Mort de Quentin D. à Lyon : refuser que la violence dicte sa loi », l’éditorial de Rosa Moussaoui.
La mort de
Quentin, un étudiant de 23 ans passé à tabac jeudi après-midi dans le
7e arrondissement de Lyon, est inexcusable. Les images filmées par un riverain rue
Victor-Lagrange laissent entrevoir, au cours des affrontements
survenus entre antifascistes et militants d’extrême droite, un
déchaînement de violence odieux – des personnes à terre, rouées de
coups, un corps inanimé abandonné sur le bitume.
Le militant
identitaire a été pris en charge par les secours vers
19 h 40, à 1,5 kilomètre de là, dans le 5e arrondissement. Loin,
donc, de la conférence donnée à Sciences-Po par Rima Hassan. L’enquête ouverte par le parquet pour coups
mortels aggravés devra établir les responsabilités, faire toute la lumière
sur les circonstances, la chronologie et la géographie de ce drame.
Dans l’attente
de ses conclusions, une pensée s’impose : aucune vie ne mérite d’être
ainsi brutalement interrompue. L’indispensable combat contre les
idées de haine propagées par les forces fascistes n’autorise en rien la mise à mort d’un
jeune homme.
Et
l’affrontement politique avec l’extrême droite implique une rupture
sans ambiguïté avec sa rhétorique de guerre civile, sa logique
d’escalade, ses penchants virilistes, ses méthodes criminelles qui,
dans la plus grande indifférence, ont coûté la vie à au
moins 11 personnes depuis 2022 – des meurtres à
caractère raciste, pour
l’essentiel. Son projet, c’est la loi du plus fort. Ses
mots creusent des sillons : la mort s’y engouffre comme l’eau à
la saison des crues. La combattre, tenir le fil de l’égalité, c’est
refuser que la violence dicte sa loi.
La mort de
Quentin donne lieu, sans surprise, à une cynique exploitation politique. De
Marine Le Pen à Gérald Darmanin, on instruit déjà le procès
de « l’ultragauche assassine ». Leur but : parachever la banalisation de
l’extrême droite en
désignant à la vindicte toutes celles, tous ceux qui lui
résistent. Empêcher que ce piège ne se referme commande de refuser les
voies sans issue. Seul un mouvement ample, populaire, organisé peut aujourd’hui
faire refluer les courants identitaires, ultranationalistes et xénophobes prêts
à mettre le feu au pays pour s’emparer du pouvoir.
« Orwell imaginait-il à quel point il avait raison ? », le billet de Maurice Ulrich.
« La
liberté c’est l’esclavage », etc. La vision de l’inversion des
valeurs de George Orwell dans 1984 est comme jamais dans l’actualité.
Instagram et YouTube comparaissent depuis quelques jours devant un tribunal de
Los Angeles à la suite de la plainte d’une jeune Californienne les rendant
responsables de son addiction aux réseaux sociaux et de sa dépression. Des
centaines de plaintes semblables sont en cours aux États-Unis mais c’est la
première fois qu’un jury est appelé à se prononcer.
En France et
dans d’autres pays européens, les débats sur
l’interdiction des réseaux aux moins de 15 ans se poursuivent. En Espagne il est également question
de pénaliser les géants de la tech qui laissent publier des messages haineux ou
illégaux sur ces réseaux. Réaction immédiate d’Elon Musk, visant le premier
ministre Pedro Sanchez : « Un malhonnête, un tyran et traître
au peuple d’Espagne, un fasciste totalitaire. » Le parti d’extrême
droite Vox lui fait écho, accusant le gouvernement de mettre en place des lois
liberticides. Orwell imaginait-il à quel point il avait raison ?
VIEILLIR !
Il attend tristement que passe le temps près de la vieille
horloge qui égrène les ans. La vie s’est écoulée, une vie bien remplie. Il
occupe ses mains, laisse errer son esprit. La maison silencieuse, lui fait
froid dans le cœur, il y manque les rires des enfants du bonheur, et le pas de
cette femme à qui il a donné ses vingt ans, son amour, ses meilleures années.
Il s’en va à pas lents, il est vite essoufflé. Les années ont usé l’homme fier,
qu’il était. Son cœur et son esprit sont brisés à jamais depuis que s’est
éloigné l’être cher qu’il aimait. Hier est déjà si loin, demain est incertain.
À l’aube de sa vie, on ne sait son destin… La jeunesse s’enfuit plus vite qu’on
ne le croit, à chacun de tenir sur son chemin de croix. Vieillir c’est
apprendre chaque jour à mourir. Le rêve de chacun, c’est de ne pas souffrir…
S’échapper doucement sur la pointe des pieds, s’endormir brusquement…ne plus se
réveiller. Tous ces vieux que l’on croise avec dans le regard la tristesse
résignée d’une vie de hasard. Tous ces vieux qui regardent au-delà du passé,
sans projet d’avenir, leur présent s’écouler.
vendredi 13 février 2026
« Messianisme(s) », le bloc-notes de Jean-Emmanuel Ducoin.
Mortifère « La colonisation au nom du Messie » :
ainsi titrait en une le journal la Croix, cette semaine, pour évoquer
l’expansion sans fin de la colonisation en Cisjordanie, précisant : « En
Israël, les sionistes extrémistes s’appuient sur des prétextes religieux pour
justifier leur expansion territoriale. » Accusera-t-on le groupe
Bayard et la congrégation des Augustins de l’Assomption, actionnaire principal,
d’antisémitisme ?
Dans un silence
médiatique mondial assez assourdissant, la situation des Palestiniens est
passée au second rang, au mieux. Gaza, toujours martyrisée. Et la Cisjordanie,
encore et encore sous le joug des fanatiques. Dans un éditorial cinglant, que
le bloc-noteur ne renierait pas, la Croix précise que « la
tentation d’habiller de foi religieuse l’hubris de la guerre est loin d’être
nouvelle », rappelant les siècles passés peu glorieux de notre
histoire humaine, citant cette actualité mortifère : « Le
phénomène touche encore tous les continents et toutes les religions. C’est le
cas du messianisme des colons israéliens, mais aussi des tentations trumpistes
de légitimer la violence en se dépeignant comme tenants d’un ordre instauré par
Dieu, ou encore de la rhétorique poutinienne justifiant l’invasion de
l’Ukraine, ou de l’appel à une « guerre des civilisations » par Éric
Zemmour au nom d’un christianisme synonyme, pour lui, de défense de
l’Occident. »
La colonisation meurtrière de la Cisjordanie, au nom de Dieu…
Lâche Souvenons-nous de ce « rappel
indispensable de l’incompatibilité entre la frénésie et la fureur de la guerre
et la foi des croyants ». Ainsi, nommons les choses par leur nom. Ce
qui se déroule en Cisjordanie n’est pas un « conflit », ni une
« dispute territoriale complexe », ni un « malentendu
millénaire » entre deux peuples. Il s’agit d’une colonisation brutale,
idéologique, raciale et religieuse, menée par un État qui a décidé que le droit
international était optionnel et que Dieu pouvait servir de notaire.
La Cisjordanie
n’est pas uniquement occupée : elle est dévorée. Lentement,
méthodiquement, cyniquement. Colonie après colonie, colline après colline,
olivier après olivier. Une entreprise de prédation qui avance sous protection
militaire, financée par l’État israélien, justifiée par un messianisme délirant
et bénie par une communauté internationale lâche jusqu’à l’indécence. Un projet
politique clair : rendre impossible toute existence palestinienne viable.
Transformer un peuple en variable d’ajustement géopolitique… puis feindre
l’étonnement quand il résiste.
Mascarade De fait, les
colons israéliens sont l’avant-garde d’un projet d’extrême droite théologico-nationaliste,
persuadée que la Bible autorise le vol, l’humiliation, la violence et le
meurtre. Ils cassent des crânes au nom de Dieu, incendient des villages au nom
de la promesse, tirent sur des civils au nom de la rédemption. Et quand ils
tuent, l’impunité est quasi totale. Voilà la vérité nue. Cette religion-là est
une contrefaçon. Un simulacre de foi transformé en idéologie suprémaciste, où
l’élection divine sert à hiérarchiser les vies humaines. Où le Palestinien
n’est plus un voisin, ni même un ennemi, mais un intrus métaphysique.
On ne négocie
pas avec un intrus : on l’efface. Pendant ce temps-là, l’État israélien
joue la comédie, condamne vaguement « les violences de colons »
comme on s’excuse d’un dégât collatéral, tout en armant, protégeant et légalisant
leur présence. Il parle de démocratie pendant qu’il administre un régime de
ségrégation territoriale. Il invoque l’histoire tragique du peuple juif –
réelle, immense, indiscutable – pour justifier une injustice. Et, procédé
odieux, la mémoire devient un bouclier moral contre toute possibilité de
critique. Quant à ce que nous nommons encore « l’Occident », il
applaudit ou détourne les yeux, selon les cas. Les États-Unis arrosent de
milliards, l’Europe publie des communiqués creux, la France soupire et passe à
autre chose. Hypocrisie structurelle.
On proclame
l’illégalité des colonies tout en commerçant avec elles, on défend le droit
tout en acceptant sa violation permanente. Mascarade. La colonisation n’est pas
une dérive, mais une stratégie. Le messianisme n’est pas une excentricité, mais
un carburant politique. Et la religion, ainsi instrumentalisée, devient l’une
des formes les plus obscènes du pouvoir – parce qu’elle prétend être
incontestable. Comment construire un à-venir juste sur une terre volée, surtout
au nom de Dieu ?
LES MAUVAIS TEMPS
Juillet quarante-quatre, il y avait du bleu dans ces baisers mouillés sur le quai d’une gare, dans ces mains se joignant pour profiter d’un feu, ces cris sortant des rues, qui se voulaient d’espoir. Il y avait des jeux dans la cour de l’école, des gamins se battant pour des billes volées qui écoutaient, craintifs, du maître les paroles, réprimande sévère aux poussins égarés. Il y avait le ciel aussi beau qu’aujourd’hui sans le bruit, la fureur, la fumée des usines, quelques nuages blancs comme une fantaisie, le parfum du jasmin au jardin des voisines. Il y avait son cœur, oubliant d’être sage, qui battait comme un fou et sans se retenir, puis il y avait toi, sa main sur ton corsage, et lisant de ses yeux des pages d’avenir. Et tous ces braves gens qui vous regardaient faire, sans doute un peu jaloux, tellement impatients de voir vos deux printemps, vos deux âmes légères ne faire qu’un soleil chassant le mauvais temps. Mais sont venus la peur, le fracas et les armes, costumés vert de gris, aveuglés d’idéal, coulent sous le vieux pont et son sang et tes larmes, tu as mis quelques fleurs sur le bord du canal.
LE LIVRE
Le livre comme une ouverture sur le monde pour un
formidable appétit de connaissance., Un livre comme refuge de ce monde qui veut
gommer toute conscience. Le livre,
expression de nos différences, nos rêves, nos imaginaires variés. Le livre pour
dire ce qui nous rassemble comme un reflet de l’humanité. Le livre comme image
de la réalité pour savoir et comprendre. Le livre pour fuir la réalité de ce
monde qui nous oppresse. Le livre, objet magique qui donne l’accès à un monde
infini à l’univers de tous les possibles, qui ressemble à la vie. Malheureux,
l’exclu du livre, même s’il ne le sait pas. Tant qu’il n’ouvrira pas un livre, malheureux,
toujours il sera.
HIVER !
L’hiver envahi les lieux avec le froid et le tonnerre, les oiseaux se cachent sous la terne lueur lunaire qui n’entend plus leur doux et a...
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Toujours curieux de prendre connaissance des différents écrits sur la prochaine échéance municipale, une chose m’a frappé. Notre ville viv...
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Après avoir pris connaissance de certains commentaires sur l’implantation du lycée d’enseignement général à Romainville, je me permets d’...





