La déchéance de
la Macronie est un puits sans fonds. Déjà forte d’un palmarès antisocial,
marqué du sceau de 49.3 à répétition, la voilà prête à enterrer
le 1er mai. Après la
réforme des retraites et les ordonnances travail, le camp présidentiel prend
une fois encore pour cible les travailleurs, ceux-là mêmes qui n’arrivent plus
à faire face à l’explosion des prix des produits de première nécessité, aux
factures du gaz et de l’électricité, au braquage à la pompe qu’ils subissent à
chaque passage dans une station-service.
La minorité
présidentielle refuse d’augmenter les salaires, de bloquer les prix du
carburant, de réduire la TVA. Obséquieuse devant le capital dont elle devance
les fantasmes, elle préfère démolir un jour férié, chômé mais rémunéré, arraché
au prix du sang et de hautes luttes nationales et internationales.
Aux basses
œuvres, on retrouve Gabriel Attal qui ne sait plus
à quel saint se vouer – sauf au
saint patronat – pour faire parler de lui. Le voilà à l’initiative d’une
proposition de loi, d’une pétition et d’une pathétique vidéo où on le voit
expliquer le bien-fondé de sa démarche réclamée, dit-il, par les fleuristes et
les boulangers. La liberté d’entreprendre a bon dos.
Dans les faits,
cette loi concernerait la quasi-totalité des commerces et le monde de la
culture. Elle a surtout pour finalité de servir les intérêts de la grande
distribution qui en sera la première bénéficiaire.
Avec raison,
les syndicats dénoncent tous les coups bas qui visent à banaliser le travail le
1er mai. La session parlementaire
du 10 avril est d’ailleurs une honte absolue. En guise de discussion, les députés macronistes,
avec le soutien de la droite et du Rassemblement national, ont déposé une
motion de rejet sur leur propre texte, pour court-circuiter le débat et
s’assurer d’une adoption dans les plus brefs délais. Face au tollé, le
gouvernement rétropédale et assure qu’il n’y aura pas de passage en force.
On jugera sur
pièce. Le groupe GDR a, quant à lui, soumis à ses partenaires de gauche une
motion de censure qu’il déposera ce lundi, afin de respecter la Journée
internationale des travailleurs et des travailleuses. Un conquis mondial,
symbole vivant de la lutte des classes.





