mercredi 25 février 2026

« Un yacht de 550 millions d’euros pour Bernard Arnault », le billet de Maurice Ulrich.



Selon plusieurs sources concordantes, Bernard Arnault aurait commandé à un chantier naval néerlandais, Royal Van Lent, lequel appartient à son groupe LVMH, un yacht de 143 mètres. Il en avait déjà un, le Symphony, d’une centaine de mètres, mais sans doute ça faisait un peu « cheap ».

Le nouveau bâtiment avec neuf ponts, un héliport, une piscine à débordement, l’indispensable quoi, pourra accueillir 36 invités dans 18 chambres et devrait fonctionner avec un équipage d’au moins 80 personnes. Pour un coût estimé à 550 millions d’euros, ce sera le plus grand yacht du monde, devant celui de Jeff Bezos avec ses 127 mètres, ce qui tendrait à prouver que les milliardaires n’ont pas perdu le goût du jeu, comme dans les cours d’école, de savoir qui pissera le plus loin. 

En cas de mise en place, comme il l’avait redouté, d’une taxe Zucman ou autre, s’il est amené à quitter le navire comme le disait Sophie Binet, il pourra gagner avec le sien son île privée des Bahamas. En fait, c’est à vomir.

« L’antifascisme doit s’attaquer aux racines du mal », l’éditorial de Pierre-Henri Lab



On ne peut que se réjouir de l’écho rencontré par la tribune « Affirmer notre antifascisme : le devoir du moment », publiée dans nos colonnes par 180 romanciers, historiens, philosophes et sociologues. Le sursaut auquel ils appellent est indispensable. Il est salutaire de dénoncer l’abjecte inversion des rôles qui veut faire de la gauche une menace pour la République et la démocratie.

Cette manœuvre vise à achever la « dédiabolisation » de l’extrême droite alors que, dans son essence même, celle-ci n’a eu de cesse de vouloir détruire l’une et l’autre tout au long de son histoire, de l’affaire Dreyfus à la collaboration et à la guerre d’Algérie. Les menaces et les attaques du RN, de Reconquête, de leurs alliés et même de LR contre les libertés, les droits individuels et collectifs doivent être dénoncées et combattues.

Mais ce nécessaire sursaut n’est pas suffisant. L’antifascisme, s’il veut être efficace, doit s’attaquer aux racines du mal. Le RN et l’extrême droite prospèrent sur les ravages du capitalisme. Une insécurité sociale croissante frappe les travailleurs et travailleuses, les privés d’emploi, les retraités et la jeunesse. Ils sont de plus en plus nombreux à connaître la précarité, les salaires et les pensions indignes et à voir leurs droits au logement, à la santé ou à l’éducation systématiquement bafoués.

Ils subissent le mépris et la violence de classe du pouvoir qui, bien que plusieurs fois sanctionné dans les urnes, poursuit sa politique d’injustice sociale au profit de la bourgeoisie et des grandes multinationales. Conjugué à un système politique impuissant à satisfaire les besoins de la population, cela nourrit le désespoir, le repli sur soi et la perte de confiance dans la parole publique et les institutions qui font le lit de l’extrême droite.

Parvenir à remobiliser les milieux populaires dans les urnes et dans la vie sociale est incontournable pour qui prétend faire reculer le RN. Cela implique de se doter d’un projet politique qui donne la priorité à l’emploi, aux salaires et aux pensions ainsi qu’au redressement des services publics.

 

mardi 24 février 2026

« Manifestation de néofascistes : un choix politique », l’éditorial de Maurice Ulrich.



Oh, comme elle a dû être surprise, la préfète du Rhône et d’Auvergne Rhône-Alpes, qui a signalé sans tarder les saluts nazis et les insultes racistes de la manifestation de samedi. Est-ce qu’on n’attendait pas plutôt un rassemblement d’étudiants modèles, travailleurs, épris de spiritualité ? Allons donc, elle savait très bien à quoi s’en tenir et avait mis en garde. Depuis plusieurs années et sa prise de fonction, les alertes et les faits n’ont pas manqué concernant l’activité et les exactions des groupuscules extrémistes dans la région lyonnaise.

En 2023, le PCF lui adressait d’ailleurs une lettre ouverte à ce sujet. Les multiples messages échangés entre des groupes comme Némésis et des figures de la mouvance néonazie lyonnaise étaient bien connus, comme les diverses condamnations de ces mêmes figures pour des faits de violence.

Jordan Bardella lui-même n’ignorait pas l’état des lieux, qui avait appelé les élus et militants du RN à ne pas participer à cette marche. Ce qui, soit dit en passant, signifiait a contrario que nombre d’entre eux étaient susceptibles d’y aller et que, donc, les ponts ne sont pas rompus comme le prétend le président du RN.

Alors le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, était-il au courant ? On se doit de le supposer, sans quoi il aurait fait preuve d’une étonnante incompétence. C’est donc en connaissance de cause et en toute conscience qu’il a autorisé la manifestation publique d’une extrême droite ouvertement raciste, homophobe, avec à sa tête ses figures connues, rendant du même coup le RN « acceptable ».

Le ministre de l’Intérieur a-t-il décidé de son propre chef de cette opération sans précédent, ouvrant à une intronisation dans « l’arc républicain » et à quelles fins ? La question est également à poser au président de la République. Car il ne s’agit évidemment pas d’une erreur d’appréciation. En même temps que l’on assiste à un glissement de plus en plus évident des médias des milliardaires vers l’extrême droite, le choix politique stratégique de la classe au pouvoir est bien celui de la droite jusqu’à ses extrêmes, contre la gauche, quelles que soient ses divergences et sa diversité.

 

« Déontologie », le billet de Maurice Ulrich.

 


Nommée à la direction de la Cour des comptes par un décret présidentiel, un poste inamovible qu’elle pourrait occuper jusqu’à ses 68 ans, soit pendant vingt-huit années puisqu’elle en a 40, l’ex-ministre du Budget Amélie de Montchalin a pris ses fonctions lundi et devait rencontrer lemême jour le président du collègège de déontologie de la cour, Patrick Lefas. On se demande bien ce qu’ils ont pu se raconter.

Le collège lui-même, composé de cinq membres dont trois magistrats et deux personnalités, va passer en revue tous les dossiers qu’elle a eus à connaître à Bercy. « Elle est tout à fait consciente, a déclaré Patrick Lefas, des enjeux de conflits d’intérêts et entend s’y soumettre conformément aux règles en vigueur. » Très bien.

On ignore à ce stade toutefois ce qu’il en est de son mensonge avéré et de son déni concernant les quelque 13 000 millionnaires français ne payant pas d’impôts sur le revenu. La déontologie et le fait du prince ont sans doute des raisons que la raison ne connaît pas.

 

lundi 23 février 2026

« L’antifascisme diabolisé : une réécriture de l’histoire gravissime pour la démocratie », l’éditorial de Cathy Dos Santos.



Saluts nazis, vociférations homophobes et racistes : le défilé de Lyon, samedi, n’avait rien d’une marche blanche en hommage au militant ultranationaliste Quentin Deranque, battu à mort le 12 février. Tout transpirait la parade idéologique, avec, en tête de cortège, des figures bien connues de la galaxie néonazie et identitaire. Les consignes données aux manifestants n’y ont rien changé.

Une fois encore, les franges les plus radicales de l’extrême droite ont battu le pavé en toute impunité, le jour même où l’on commémorait les assassinats de Missak Manouchian et de ses camarades, fusillés par les nazis le 21 février 1944 au mont Valérien. La banalisation de l’appropriation de l’espace public par ces fanatiques fascistes est glaçante. Elle dit beaucoup des menaces qui pèsent sur la démocratie en France.

Toute la lumière doit être faite sur les circonstances du meurtre de Quentin Deranque. Ses auteurs doivent être poursuivis, condamnés. Cette exigence de justice propre à un État de droit ne peut et ne doit souffrir aucune exception. L’indignation à géométrie variable est une faute politique. Or, depuis une semaine, nous assistons à l’instrumentalisation d’un drame qui, de facto, enveloppe d’un silence assourdissant les victimes de crimes racistes.

Sébastien Lecornu reproche à La France insoumise d’opposer les morts ; mais c’est très exactement ce que font les plus hautes autorités et les institutions de ce pays, en choisissant d’ignorer délibérément les violences mortelles de l’extrême droite. La manipulation ne s’arrête pas là. Elle conduit à un invraisemblable renversement des rôles qui sert les desseins du Rassemblement national.

L’antifascisme est mis au ban, comme si le sens des combats d’hier et la nécessaire clairvoyance d’aujourd’hui face au danger étaient réductibles aux seuls agissements de la Jeune Garde ou de tout autre mouvement. Cette réécriture de l’histoire est gravissime. Elle sert à diaboliser la gauche et à normaliser l’extrême droite. En criminalisant La France insoumise et quiconque s’allie avec elle, le gouvernement offre une virginité au RN et un blanc-seing à ses idées, à son projet. Ce sordide calcul politicien est une hérésie, à l’heure où l’extrême droite est aux portes du pouvoir.

 

« Dans le Figaro, un éditorialiste en roue libre », le billet de Maurice Ulrich.



« De Marx à la Jeune Garde, deux siècles de justification de la violence par la gauche », titre dans le Figaro Jacques de Saint-Victor, écrivain et à l’occasion collaborateur d’Éric Zemmour. Et il met en évidence une phrase de Stefan Zweig dans son livre le Monde d’hier : « Peu à peu il devint impossible d’échanger avec quiconque une parole raisonnable. Les plus pacifiques, les plus débonnaires, étaient enivrés par des paroles de sang. »

Oui, mais le grand écrivain autrichien ne parle pas de la gauche mais de l’état de l’opinion à la veille de la Première Guerre mondiale… Jacques de Saint-Victor n’est pas à ça près car c’est, selon lui, en s’appuyant sur les insuffisances de la démocratie que « certains mouvements et penseurs radicaux ont pu créer une sorte de fascisme imaginaire justifiant à leurs yeux une violence extrême ».

« À un coup de sifflet les SA sautèrent des autos en un éclair, matraquèrent tous ceux qui leur faisaient obstacle »… Stefan Zweig, toujours dans le Monde d’hier, décrivant les inspirateurs, quelques années plus tard, des manifestants du week-end.

 

vendredi 20 février 2026

Elle s’appelle espérance !



Parlons d’une amie. Si c’était une plante, elle serait trèfle à 4 feuilles. Elle nous porte chance en nous faisant croire en notre bonne fortune. Si c’était un astre, elle serait soleil le jour, étoile la nuit car elle éclaire notre vie. Si c’était une qualité, elle serait l’optimisme. Si c’était un défaut, elle serait la naïveté. Elle veut changer le monde et croit qu’elle peut y arriver en persuadant tous ses amis d’y croire et d’agir. Si c’était un bâtiment, elle serait un phare qui nous guide dans les nuits de l’océan agité de notre existence, pour retrouver vite les lumières de la côte tout en prenant le risque de repartir en mer. Si c’était un lieu, elle serait l’extrémité sud du continent Africain entre deux océans l’Atlantique et l’Indien. Notre meilleure amie, peut-être l’avez-vous deviné, s’appelle Espérance. Elle nous permet de remplacer « jamais » par pourquoi pas !

 

« Un yacht de 550 millions d’euros pour Bernard Arnault », le billet de Maurice Ulrich.

Selon plusieurs sources concordantes, Bernard Arnault aurait commandé à un chantier naval néerlandais, Royal Van Lent, lequel appartient à...