mercredi 29 avril 2026

« Empêcher le désastre : s’unir, agir », la chronique de Patrick Le Hyaric.


C’est souvent en douceur, avec des mots suaves que les  affidés  du grand capital préparent les basculements les plus violents.

En voici une nouvelle étape à prendre très au sérieux et avec gravité : Une inédite rencontre entre le bureau exécutif du syndicat du grand patronat,- le MEDEF- et le président du RN/FN, le 20 avril dernier.

Basculement historique, car depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le grand patronat se faisait fort – pour faire oublier de graves faits de collaboration avec le nazisme – de tenir l’extrême droite à distance, voire de la combattre.

Désormais, à l’approche de l’élection présidentielle, les dîners mondains et officiels se multiplient entre le grand patronat et l’extrême droite. En mars, Mme Le Pen déjeunait avec le président du Medef, avant la rencontre officielle du 20 avril précédée d’un dîner le 7 avril avec une quinzaine de dirigeants des plus grandes entreprises françaises.

Sur ce tapis brun  largement déployé en ce mois d’avril, marchent en parallèle de petites coalitions de la connivence votant un jour un rapport pour abattre l’audio-visuel public, un autre pour suggérer que l’on remette sur le tapis une loi amalgamant antisémitisme et dénonciation des crimes de guerres de l’extrême droite israélienne, alors que la veille on a sorti les couteaux aiguisés contre la journée internationale de lutte des travailleurs –le 1 mai- et le lendemain le hachoir gouvernemental  réduit  -sans consultation du parlement – les budgets sociaux de 6 milliards d’euros tout en augmentant les crédits militaires de un milliard pendant que les propos racistes, masculinistes, sexistes courent en liberté. Décidément le fond de l’air est brun ! Il est urgent de se lever ensemble !

Le long processus de rapprochement – MEDEF-RN- indique que les missionnaires du grand capital français sont non seulement prêts à collaborer avec l’extrême droite, mais qu’ils considèrent cette dernière comme la force la plus sûre, la plus déterminée, pour servir les intérêts des possédants et des puissances d’argent.

« On ne leur parle que d’économie, le reste ne nous regarde pas », clament les grands patrons après chaque rencontre, comme pour se justifier. Le programme raciste, xénophobe, autoritaire, anticonstitutionnel – avec la préférence nationale – est sans doute considéré comme un outil nécessaire à cette « économie » capitaliste qui a besoin de réduire encore les impôts de production, de bazarder les normes sur l’autel de la rentabilité, de maintenir un volant de chômage suffisant pour peser sur les salaires et laisser la précarité s’insinuer dans toutes les vies.

« Je ne suis pas de gauche, je n’ai pas l’entreprise honteuse », leur répond en écho, M. Bardella ajoutant : « Je crois dans la liberté d’entreprendre » qui devient, pour celles et ceux qui en doutaient, le pivot central de son projet présidentiel. Bien décryptés, ces mots signifient précisément que le RN/FN est une assurance-vie pour amplifier la liberté d’exploiter au sein d’un système où la propriété lucrative sera préservée, soutenue, garantie.

Joignant les actes à la parole, le président du RN/ FN et Mme Le Pen ont adressé une lettre d’amour aux représentants du grand capital pour leur annoncer la préparation d’une « ordonnance de simplification » afin de « lever les verrous normatifs pesant sur l’économie française ».

La préparation de la fusion des extrêmes droites avec le haut du panier des mandataires du grand capital est accélérée avec le recrutement au RN/FN de François Durvye jusque-là bras droit de M. Stérin. Sa mission : préparer le plan de destruction des normes sociales et écologiques inclus dans le projet du RN/ FN. Voilà qui réjouit les fonds financiers puisque la base de travail de ce conseiller en démolition sociale coïncide exactement avec les appétits voraces du système capitaliste en crise : réductions budgétaires massives, privatisations nouvelles, destruction de la sécurité sociale et retraite par capitalisation. Autant d’orientations massivement rejetées par les travailleurs et le peuple ces dernières années.

Voilà donc le dévoilement d’une force qui a fait du combat « antisystème » sa marque de fabrique pour camoufler sa servitude au grand capital exploiteur.

Voilà aussi mis à nu, l’esprit de la classe des possédants, qui, menacée par les contradictions mêmes du système capitaliste en crise de longue durée, considère les taux de profits insuffisants, et l’accumulation trop peu rapide.

À la fois dernier rempart de la haute bourgeoisie et symptôme morbide de la crise d’hégémonie du capitalisme, la bascule de fascisation trouve sa source dans l’amplification des choix néolibéraux au service de ce même capital lucratif, entamés à la fin des années 1980, accélérés encore à la suite de la crise financière de 2008, contre les conquis sociaux jusqu’à remettre en cause ce que certains baptisent « le compromis social ». C’est dans ce contexte que les partis mandataires des intérêts de la bourgeoisie dans leurs différentes variantes – libéraux-conservateurs et sociaux-libéraux – se succédant au pouvoir en lien avec le haut encadrement étatique pour organiser un consentement majoritaire à l’ordre capitaliste, sont aussi en crise si profonde que la disparition les guette.

Agissant comme prolongateur d’une assurance vie, le  macronisme aura été une tentative d’unir le bloc bourgeois, mais sa base populaire a toujours été minoritaire. Et les puissantes luttes sociales de ces dernières années ont amplifié encore la crise d’hégémonie capitaliste. Faute de relais politiques et de traductions politiques suffisantes, l’alternative progressiste de pouvoir et de politique n’a pu se frayer un chemin d’espoir pour barrer la route au processus de droitisation des politiques et de fascisation. L’échec des tentatives unitaires avec la NUPES puis le nouveau Front populaire aura dégouté, démobilisé nombre de citoyens à la recherche d’issue transformatrice à la crise d’un système économique et politique en déconfiture.

C’est dans ce contexte que les extrêmes droites se présentent comme une force de remplacement des anciens commis du capital jugé plus efficaces par ce dernier car plus radicaux, plus déterminée. Du reste, ces forces ont grandi sur les blessures humaines et les dégâts sociaux entassés au fil des alternances – sans changement fondamental de leur vie – de forces politiques au pouvoir : insécurité de vie, précarité, inégalités sociales galopantes, destructions des services publics à la ville comme à la campagne, affaiblissement de l’école et de l’université, austérité pour les familles populaires alors que les actionnaires se gavent de dividendes, perte de souveraineté industrielle et agricole. La fiction du « changement » n’a fait qu’alimenter les déceptions, les colères et les ressentiments que récolte aujourd’hui l’extrême droite.

Les processus de fascisation se déploient toujours sur fond de mensonges, de stigmatisation « de l’autre », de racisme et de démagogie illimitée. Il détourne les colères, parle « peuple » et du peuple, brandit la rupture pour en réalité mieux consolider le capitalisme industriel et financier qui a l’impératif besoin aujourd’hui d’une mutation sous domination numérique et militaire et de se débarrasser de la démocratie.

 Le grand patronat œuvre désormais ouvertement à ce projet. Les leçons des alliances entre grand capital et fascisme dans l’Italie de 1922 ; de l’Allemagne de 1933, du Chili en 1973 devraient faire réfléchir. Les politiques de Milei en Argentine et de Trump aux États-Unis et ailleurs aussi.

Le conseiller économique de M. Trump, M. Miran est très clair : « Le capitalisme est bien plus important que la démocratie. Je ne suis moi-même pas un fervent partisan de la démocratie ».

Le danger est là. La digue républicaine cède sous nos yeux.

L’extrême droite, marginale en 1981, s’est frayé un chemin bordé de connivences politiciennes, enrobées de mépris des élites, minée par la désindustrialisation, de saccage des vies à la ville comme à la campagne. Puis, de bonnes âmes respectables l’ont déclarée fréquentable, posant, paraît-il de bonnes questions. Voici qu’une grande partie de la haute bourgeoisie la décrète capable de gouverner pour restaurer « l’ordre » de soumettre encore plus le travail, de construire pour un temps une unité nationale autour du capital.

Le danger est là. Il est fait de banalisation, d’appels à essayer tout de même comme on essaierait une nouvelle voiture ou un chemisier. Or, on n’essaie jamais le poison. On l’écarte, on le repousse, on l’éloigne.

Le danger est là : celui de la légitimation ou de la croyance en la fatalité de la victoire.

Face à ce danger, l’impératif absolu est de l’empêcher. Le moyen est de s’attacher à construire le mouvement populaire majoritaire qu’appelle plus ou moins confusément une large partie de nos concitoyens, notamment la jeunesse dans sa diversité. Il nécessite rencontres, explications sur les dangers et ses irréversibilités possibles, projets anticapitalistes et post-capitalistes. Le laisser faire aujourd’hui peut conduire au pire demain.

Il y a urgence à se mettre à la disposition de l’unité pour construire un bloc progressiste et démocratique bien loin des actuelles courses de petits chevaux présidentiels qui ne font qu’aggraver la crise démocratique.

 Les divisions du camp progressiste – encouragées par toutes les variétés de droite et du capital- doublé du venin des vaines polémiques ne sont ni une force, ni une richesse, ni un gage d’efficacité : elles dessinent le sombre visage de la défaite.

Ne l’acceptons pas. L’union et l’action populaire doivent être la priorité de l’indispensable offensive progressiste. Ne contemplons pas les yeux humides le basculement, combattons-le.

Patrick Le Hyaric

28 avril 2026

 

« Le manifeste de Palantir : la brutalité triomphante », l’éditorial de Cathy Dos Santos.



Palantir est un effroyable concentré de traque liberticide et d’entreprise de mort. Une sorte de Big Brother au bras armé capable de pulvériser n’importe quelle cible, partout dans le monde, au nom d’un dangereux suprémacisme. En deux décennies, ce mastodonte états-unien de la Silicon Valley, spécialisé dans le traitement de données, s’est transformé grâce au financement de la CIA en un empire tentaculaire, au lendemain des attaques du 11 septembre 2001.

Le combat contre le terrorisme a propulsé Palantir jusqu’au plus haut sommet de l’État de la première puissance mondiale. L’entreprise se trouve désormais au carrefour de toutes les données nationales. Elle n’est plus seulement le prestataire du gouvernement, des services de renseignements, des forces armées ou encore de la police, elle s’arroge une part prépondérante de ses fonctions régaliennes. Elle s’est taillé une place de choix dans le grand complexe militaro-industriel qui dicte le tempo politique.

Avec son manifeste « La République technologique », le patron de Palantir, Alexander Karp, entend redessiner le monde à sa main. Il n’est plus seulement le promoteur de son arsenal de surveillance ; il se fait le chantre d’une doctrine fascisante au service de la guerre. Il reprend à son compte la fumeuse théorie du choc des civilisations, qui opposerait, selon lui, des cultures et des « sous-cultures » désignées comme « médiocres voire, pire encore, régressives et nuisibles ».

La démocratie et le pluralisme sont à ses yeux des entraves à la conflictualité inhérente aux rapports de domination. Sa philosophie de la brutalité triomphante prédit un nouvel âge de la guerre. Selon ses mots, « une ère de dissuasion, l’ère atomique, touche à sa fin. Une nouvelle ère de dissuasion fondée sur l’IA est sur le point de commencer ».

Cette ère a déjà commencé, des rues de Minneapolis, où la police de l’immigration, la tristement célèbre ICE, traque sans pitié les étrangers, jusqu’aux théâtres de guerre, où les cibles sont choisies par l’intelligence artificielle. Le monde que promet Karp est monstrueux, digne des dystopies les plus obscures.

 

L'Espagne veut régulariser 500 000 sans-papiers : quand François-Xavier Bellamy se prend pour Charles Martel, le billet de Maurice Ulrich



« Il faut isoler le gouvernement socialiste espagnol pour le faire renoncer à son projet. » Député européen, vice-président des « Républicains », François-Xavier Bellamy appelle à la mobilisation générale face à sa décision annoncée de régulariser 500 000 étrangers : « Nous avons obtenu que le Parlement européen en débatte en session plénière pour exprimer notre opposition. Des élus de tous nos pays ont rappelé les conséquences que ce choix aura pour toute l’Europe. »

La submersion migratoire, le grand remplacement ? Ou bien le risque d’être amené à suivre l’exemple espagnol et de devoir accorder des droits sociaux et des salaires décents à ceux que la situation permet d’exploiter sans freins ? Mais François-Xavier Bellamy s’angoisse un peu vite, face à la perspective, terrifiante telle qu’il la redoute, d’une invasion d’immigrés sans foi ni loi.

En 732, Charles Martel, on le disait dans nos livres d’histoire, a bien arrêté les Arabes à Poitiers. Ou alors, il faut en effet intervenir avant. Isoler le gouvernement espagnol et, si ça ne suffit pas, utiliser la méthode Trump. Bombarder Madrid, ou peut-être Guernica.

 

mardi 28 avril 2026

« La France dans une impasse carcérale », l’éditorial de Rosa Moussaoui.



Promiscuité, violence, insalubrité : le comité européen pour la prévention de la torture évoque dans un récent rapport, à propos des prisons françaises, un « entrepôt humain » où la dignité est mise en pièces, où tous les droits sont suspendus. Les surveillants à bout de souffle, en sous-effectif, qui ont bloqué lundi les entrées de centres pénitentiaires, ne posent pas d’autre diagnostic. Les derniers chiffres de la chancellerie sont effarants : 87 126 détenus pour moins de 63 500 places, soit un taux d’occupation de 137,5 %, qui grimpe même à 168 % dans les maisons d’arrêt, où sont enfermées les personnes purgeant de courtes peines ou les prévenus en détention provisoire – donc présumés innocents. En Europe, seules la Slovénie et Chypre font pire.

Des milliers de détenus dorment sur des matelas à même le sol, parfois dévorés par les punaises, dans des cellules prévues pour une personne, envahies de cafards. On ne punit plus : on stocke des corps. Ce n’est plus un dysfonctionnement, c’est un régime. Cette crise humanitaire ne tient pas à une simple lacune immobilière que résoudraient par miracle les « prisons modulaires » de Gérald Darmanin. Tant que l’incarcération restera l’horizon indépassable d’une justice pénale placée sous la pression des surenchères sécuritaires, elle malmènera ceux qu’elle enferme comme ceux qu’elle emploie.

Non, l’incarcération de masse ne protège en rien la société. C’est même, comme chacun sait, la pire école du crime. Près des deux tiers des personnes sorties de prison récidivent dans les cinq ans qui suivent. Plus d’un tiers dès la première année. Chez les plus jeunes, elle fixe durablement des parcours de relégation. La prison n’est pas une nécessité, c’est un choix politique. Elle est l’aveu d’échec d’une société qui a renoncé à prévenir, à réparer, à affronter les causes sociales des violences qu’elle réprime : inégalités, exclusion, racisme systémique, abandon scolaire.

C’est la mise sous le boisseau de ce qu’on ne veut plus voir. Un vestige des temps de barbarie. Il est temps de sortir de l’impasse carcérale pour penser des alternatives à la prison. Des pistes existent du côté de la réparation des préjudices, du soin, de l’éducation, du travail d’intérêt général, de la justice restaurative. Il n’y a pas de prison à visage humain. L’avenir, c’est son abolition.

 

lundi 27 avril 2026

« Du lourd », le billet de Maurice Ulrich.



La nouvelle devrait rassurer toutes celles et tous ceux qui s’inquiétaient, depuis une bonne semaine, de la santé de l’édition française, après le départ de plus de 200 auteurs des éditions Grasset, détenues par Vincent Bolloré, à la suite de l’éviction de leur PDG, Olivier Nora. Fayard, du groupe Hachette, également détenu par Vincent Bolloré, va accueillir une nouvelle autrice, déjà remarquée pour sa robe jaune : Sarah Knafo.

On croit savoir que son ouvrage portera sur des questions économiques de fond, dans la ligne du mouvement Reconquête, dont elle est la vice-présidente, aux côtés du président et fondateur de ce parti, Éric Zemmour, lequel est également son compagnon mais cela ne nous regarde pas.

On espère quand même des révélations sur sa campagne des municipales à Paris… Et Fayard, c’est du lourd, avec des auteurs comme Jordan Bardella pour Ce que je cherche et Ce que veulent les Français, Nicolas Sarkozy pour le Journal d’un prisonnier, Éric Ciotti pour Je ne regrette rien, Marion Maréchal, Nicolas Dupont-Aignan, le cardinal Sarah, Mathieu Bock-Côté, Ivan Rioufol… on ne sait que choisir.

 

dimanche 26 avril 2026

« La violence politique au cœur de la démocratie américaine », l’éditorial de Sébastien Crépel.



La présidence de Donald Trump se résumera peut-être, pour les historiens, à un moment de violence exacerbée. Violence qu’elle produit, dans une contemporanéité inédite, aux quatre coins de la planète, à rebours de toutes les promesses de non-interventionnisme : au Yémen, en Somalie, en Syrie, au Venezuela, en Iran, sans compter les menaces sur Cuba ou le Groenland. Aux États-Unis, cette violence prend le visage de la terrible milice ICE.

Violence dont la présidence Trump est le produit, aussi. N’oublions pas que les électeurs ont voté en toute connaissance de cause pour un chef d’État qui a appelé à prendre d’assaut le Congrès états-unien, en 2021, en réponse à sa défaite dans les urnes. La négation de la démocratie se trouve donc paradoxalement à la source de la seconde élection de Donald Trump. Violence que cette présidence subit en retour, enfin, avec la troisième tentative d’assassinat du milliardaire en deux ans – un record –, ce samedi, à Washington, après Butler, en Pennsylvanie, et West Palm Beach, en Floride, en 2024.

Depuis qu’ont résonné les tirs en plein dîner des correspondants de presse de la Maison-Blanche, on s’interroge : comment se fait-il que la violence, qui ne devrait pas avoir sa place en démocratie, s’est trouvée dans le trumpisme une légitimation électorale ?

Cet oxymore, ce mariage contre nature entre démocratie et violence est une marque reconnaissable des fascismes. « Le fascisme n’est pas le contraire de la démocratie, mais son évolution par temps de crise », disait Bertolt Brecht. La violence appelle la violence : pour intolérable et inexcusable que soit l’attentat contre Donald Trump, qui est aussi un attentat contre le suffrage universel, il est le reflet, le sous-produit de son époque. Celle où la force remplace le droit, conformément au nouveau paradigme en vigueur sous la présidence Trump.

Tant qu’existent des voies démocratiques, la contre-violence demeurera une réponse sans issue à la violence des fascismes aux États-Unis et en Europe, sous peine de hâter leur triomphe avec celui de leurs méthodes. La résolution de la crise dont parle Brecht appelle des moyens démocratiques, pour une fin démocratique.

 

« Quand des États américains instaurent des taxes sur les hauts revenus », le billet de Maurice Ulrich.



Le petit État du Maine, aux États-Unis, est plus connu pour les cabanes à homards de son littoral que pour ses millionnaires. Cependant, il y en a, moins nombreux que les crustacés décapodes, c’est entendu, mais suffisamment tout de même pour que son gouvernement démocrate ait décidé d’instaurer une taxe de 2 % sur les revenus annuels supérieurs à 1 million de dollars.

Le Maine rejoint ainsi, commente un article du supplément du Wall Street Journal publié chez nous par l’Opinion, la liste des États démocrates qui étudient où ont déjà adapté de telles taxes sur les hauts revenus, à l’image de celui de Washington, qui indique vouloir « rééquilibrer un système injuste », ou encore celui du Massachusetts…

Ce n’est pas du goût de tous, mais certains des contribuables concernés approuvent. L’un d’eux a même publié une tribune pour saluer cette initiative, soulignant la nécessité de financer les services publics. Autre résident de l’État, Stephen King, oui, le Stephen King, est d’accord lui aussi… En pensée, on leur serre la pince. Chez nous, ils marchent à reculons.

 

« Empêcher le désastre : s’unir, agir », la chronique de Patrick Le Hyaric.

C’est souvent en douceur, avec des mots suaves que les   affidés   du  grand  capital  préparent  les basculements les plus violents. En v...