dimanche 8 mars 2026

« L’égalité : un enjeu social et démocratique », la chronique de Maryse Dumas.



Ancré dans l’histoire depuis plus d’un siècle et pourtant toujours en adéquation avec les aspirations de son temps, le 8 mars accompagne depuis 116 ans le mouvement d’émancipation des femmes. Dénommé « Journée internationale de lutte pour les droits des femmes », il lui arrive souvent que l’un ou l’autre de ses qualificatifs passe à la trappe, le plus souvent celui de lutte. Cette dimension a même failli disparaître, avalée par la dimension institutionnelle donnée au 8 mars, par l’ONU d’abord, puis par la présidence Mitterrand. L’officialisation du 8 mars a eu pour effet d’élargir sa surface, ce qui est positif, mais aussi d’estomper son caractère subversif et de luttes, ce qui l’est moins. Fort heureusement, la CGT, le parti communiste et un certain nombre d’associations proches, dont le 8 mars est resté l’apanage quasi exclusif jusqu’aux années 1970, ont su ne pas céder aux sirènes institutionnelles.

Ainsi le 8 mars a-t-il permis chaque année à des générations successives de travailleuses d’exprimer leurs exigences : de la reconnaissance pleine et entière de leur droit au travail à l’égalité dans tous les domaines, en premier lieu professionnel jusqu’au mitan du XXe siècle, puis, à partir des années 1960, celles de leur droit à enfanter « si je veux quand je veux ». Enfin, l’exigence de liberté des femmes quant à leur corps a ouvert la phase actuelle de refus de toute violence sexiste et sexuelle. À chaque étape, les enjeux et les formes de mobilisations s’en sont trouvés infléchis ou enrichis. Depuis le début des années 2000, une nouvelle génération féministe rencontre le combat historique et donne de nouvelles couleurs à ce rendez-vous, en convergence, en particulier, avec la CGT. Ainsi, ces dernières années, et en 2026 aussi, les mobilisations de rues voient-elles défiler ensemble des organisations syndicales et des associations féministes. Ce qui était impensable quelques années auparavant.

Mais, rançon du succès, depuis 2019, l’association féminine (pas féministe) d’extrême droite Némésis perturbe les manifestations. Elle s’infiltre dans les cortèges syndicaux, voire veut en prendre la tête. Elle y déploie des mots d’ordre et pancartes à caractère raciste. Protégée par des militants, hommes, de groupuscules d’extrême droite, elle cherche à provoquer dans les manifestations des réactions violentes qui pourront lui servir à se victimiser sur les réseaux sociaux, voire au-delà, et à affaiblir le message à la fois féministe et internationaliste du 8 mars. Cette méthode a été récemment employée à Lyon. On en a vu l’épouvantable résultat. Pour ces raisons, la CGT, plusieurs syndicats et associations ont demandé en commun au ministre de l’Intérieur la dissolution de cette association.

Quoi qu’il en soit, la portée féministe du 8 mars n’en sera pas affaiblie. Hier comme aujourd’hui l’émancipation des femmes se joue autour de deux enjeux fondamentaux et étroitement liés l’un à l’autre : l’égalité et la liberté. Un troisième en est le trait d’union : la dignité. Or, même si d’immenses progrès ont été accomplis, aucun n’est ni complètement, ni définitivement acquis. C’est pourquoi il ne faut rien lâcher. La lutte contre les violences sexistes et sexuelles complète celle pour l’égalité professionnelle, elle ne s’y substitue pas. C’est ce que rappelle en substance le communiqué commun à toutes les organisations syndicales qui fait de l’enjeu d’égalité un enjeu social et démocratique de premier plan à porter ce 8 mars 2026.

vendredi 6 mars 2026

« Guerre en Iran : l’embrasement », l’éditorial de Fabien Gay ».



Depuis le 28 février, le monde assiste, impuissant et horrifié, à une nouvelle escalade guerrière menée conjointement par les États-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran. Les frappes ont semé la désolation à travers 24 provinces iraniennes : déjà des centaines de morts en Iran, des centaines de personnes blessées, et des victimes en Israël ainsi que dans les bases américaines du Golfe.

C’est le bilan provisoire d’une agression dont l’unique but est de contraindre la soumission d’un peuple souverain aux appétits voraces de l’impérialisme états-unien, notamment via l’assassinat du guide suprême du régime, l’ayatollah Ali Khamenei, dans un acte de décapitation politique qui viole toutes les normes du droit international. Nous assistons au retour du concept fallacieux de « guerre préventive », comme en Irak en 2003 ou en Libye en 2011, dont la rhétorique du « Nous avons le droit de nous défendre » est inchangée. Une seule certitude : son illégalité et le désastre qui en résultera.

La mort d’Ali Khamenei, au pouvoir depuis trente-sept ans, marque un tournant brutal. Nul ne pleure ce théocrate sanguinaire, responsable d’immenses souffrances infligées à son peuple : emprisonnements massifs, répression sanglante des manifestations et de toute voix contestataire, négation totale des libertés aux femmes, exécutions sommaires.

Nos pensées vont en cet instant à Narges Mohammadi, prix Nobel de la paix 2023, toujours emprisonnée, et au souvenir de Mahsa Amini, assassinée par le régime, dont la mort a déclenché le vaste mouvement « Femme, vie, liberté », que nous n’avons jamais cessé de soutenir. Tuer un chef d’État par bombardement n’est cependant pas un acte de justice, mais un acte de guerre qui ouvre la porte à l’escalade, aux représailles et à un chaos généralisé.

Ce qui s’est passé n’est pas une « libération » spontanée du peuple iranien, dont l’avenir ou les aspirations à la liberté et la démocratie n’ont jamais été le sujet de Trump. C’est une opération militaire massive et illégale, menée par les États-Unis et par Israël – deux puissances qui ont elles-mêmes un lourd bilan en matière de violations des droits humains et d’ingérences sanglantes dans la région (Irak, Gaza, Liban, Syrie…). Elle laissera des plaies béantes qui nourriront la haine et la rancœur, terreau d’idéologies terroristes. Cette offensive, baptisée cyniquement « Roaring Lion », qui ose appeler le peuple iranien à « reprendre » son pays, n’est rien d’autre qu’une guerre de domination et d’annexion déguisée.

Trump, ce cow-boy d’un capitalisme sans limites, promet de « raser » les missiles iraniens et d’anéantir sa marine. Sous prétexte de « menace existentielle » (programmes nucléaire et balistique iraniens), Washington et Tel-Aviv ne cherchent qu’à démanteler un État qui n’est pas dans leur zone d’influence.

Du Nil au golfe Persique, c’est bien la même logique impérialiste qui est à l’œuvre. Cette guerre est un prolongement direct du génocide en cours à Gaza, où Israël, avec le soutien inconditionnel des États-Unis, bombarde impunément un peuple assiégé depuis des décennies, continue son entreprise d’apartheid et de colonisation en Cisjordanie, d’annexion de Jérusalem-Est, et de génocide à Gaza. L’Iran va riposter, et comme toujours, ce sont les populations civiles qui paieront le prix fort. Qui en profitera vraiment ? Les mêmes qui vendent des armes, qui spéculent sur le pétrole et qui rêvent d’un Moyen-Orient sous tutelle occidentale.

Quelle hypocrisie des grandes puissances ! Ceux qui poussaient des cris d’orfraie lorsque Trump a brandi la menace sur le Groenland tout en applaudissant l’ingérence américaine au Venezuela restent bien silencieux sur cette nouvelle agression. Ce « deux poids, deux mesures » est insupportable. Il n’y a pas un « bon » impérialisme lorsqu’il s’attaque à l’Iran et un « mauvais » lorsqu’il menace les intérêts européens.

Il n’y a qu’un seul et même impérialisme états-unien. Il ne cherche qu’à soumettre par la voie militaire ou par le déploiement d’ingérence électorale pour s’assurer d’avoir des dirigeants dociles pouvant être intégrés à la grande alliance néofascisante qui se réunit désormais sous le label fallacieux de « Conseil de la paix ».

La France et l’Union européenne, muettes ou complaisantes, doivent rompre avec cette soumission atlantiste. La France a certes demandé une réunion d’urgence du Conseil de sécurité, et condamné l’escalade militaire au Moyen-Orient. Mais pensons-nous vraiment que cela suffise ?

Nous assistons à la mort des Nations unies et à l’enterrement du droit international au profit de la loi du plus fort, et d’un nouvel affrontement entre hyperpuissances qui ne seront jamais rassasiées dans leur volonté de domination mondiale. Si nous continuons à laisser Trump et ses alliés imposer leurs volontés, nous n’aurons plus aucun levier pour sanctionner des régimes qui violent les droits humains, et Poutine aura un boulevard pour prolonger sa guerre en Ukraine, comme Erdogan pour écraser le peuple kurde, comme il en rêve depuis fort longtemps.

Cette guerre n’est pas seulement une tragédie pour l’Iran, dont le peuple – déjà éprouvé par un pouvoir répressif multipliant les meurtres et exécutions – paie le prix du sang.

L’embrasement de toute la région ne semble être qu’une question de jours alors que les frappes iraniennes sur Israël, les Émirats arabes unis et les bases américaines risquent de conduire à une conflagration mondiale. Trois soldats américains tués, des civils innocents fauchés à Beit Shemesh : voilà les fruits empoisonnés d’une politique belliciste qui sert les intérêts des multinationales de l’armement et du pétrole, au détriment des peuples.

Face à cette nouvelle escalade impérialiste, nous devons réaffirmer notre opposition à la guerre et notre solidarité avec les peuples opprimés, qu’ils soient iraniens, palestiniens, libanais ou yéménites. La vraie espérance, c’est celle d’une transition démocratique interne, portée par les Iraniens eux-mêmes – les femmes, les jeunes, les ouvriers et ouvrières, les syndicalistes – et non par des bombes larguées depuis des F-35 ou des drones Reaper.

Pour l’Iran, nous ne souhaitons ni la survie du régime des mollahs ou de leurs successeurs cléricaux autoproclamés, ni le retour du chah ou d’une monarchie restaurée sous Reza Pahlavi. Ces options, qu’elles soient théocratiques ou monarchiques, sont rejetées par celles ceux qui luttent pour un Iran libre, laïque et vraiment démocratique, sans tutelle extérieure ni nostalgie d’un passé autoritaire.

 

NOUVELLE « LA FILLE DE LA VIEILLE DAME » !



La vieille dame la reconnait mais ne sait plus exactement pourquoi elle est là. Elle tremble et remâche inlassablement le présent. Et le présent n'est rien s'il est détaché du passé, s'il ne parvient plus à désirer l'avenir. Avec la vieille dame, il est un enfer de l'instant. L'instant qui dit et redit l'angoisse. Sa fille vient souvent la voir. Elle lui parle, l’a fait parler et parfois elle doit lutter contre l'endormissement. La vieille dame se souvient qu'elle va en maison de retraite mardi et demande à sa fille, toutes les dix minutes : et tout ça ? Désignant les objets et les meubles qui garnissent son salon. Et, sa fille ne sait pas quoi répondre. Tout ça, est accumulation qui nous donne l'impression d'être éternel. Tout ça. Pour avoir souvent déménagé ces trois dernières années, pour avoir aidé la vieille dame à vider une maison de famille, pour avoir trié les affaires des disparus, la fille sait combien certaines choses deviennent poussière, vieillerie, illusion... une fois sorties de leur contexte. Les objets n'existent qu'à travers notre regard. Sinon les objets s'en foutent. Elle ne sait pas quoi dire à la vieille dame. Elle sait le partage de l'héritage à venir, mais il ne la concerne pas. La vieille dame lui donne une photo de son mari décédé avec dans ses bras une de ses filles. Elle a toujours vu cette photo sur le mur du bureau, mais la regarde pour la première fois. De la poussière sur son propre passé. Puis elle quitte un moment l'appartement et va saluer la voisine de palier chez qui elle s'attarde une demi-heure. Quand elle revient, la vieille dame est paniquée. Elle attrape sa main, elle dit son prénom avec force. Sa fille lui dit : calme-toi, calme-toi. Elle prend ses mains, ses bras. La vieille dame ferme les yeux, sa tête tombe et sa fille pensait qu'elle allait mourir. Elle se dit que c'est peut-être aussi bien. Elle voudrait que le drame s'arrête. Elle se sent capable de recevoir sa mort. Mais les yeux s'ouvrent à nouveau et la litanie des questions reprend : et tout ça ? Et tout ça ? Elle serre ses mains, lui caresse les bras. Une bise avec les lèvres qui ne touchent pas la joue. Alors, elle pense à la vieille dame qu’elle sera un jour, et à celle qui voudra bien lui caresser la peau. En partant, elle revient sur ses pas, et serre sur son cœur la photo sur laquelle son grand-père tient sa fille dans ses bras.

 

« 8 mars : le silence radio d’Aurore Bergé », l’éditorial de Cédric Clérin.



Au moins, cette année, nous ne pourrons pas dénoncer l’hypocrisie d’Aurore Bergé. À l’approche de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, c’est silence radio du côté de la ministre de tutelle. Sur ce sujet en tout cas, puisqu’on l’a beaucoup entendue instrumentaliser l’antisémitisme et appeler à des barrages républicains avec les héritiers de Jean-Marie Le Pen.

Si c’est pour manier le même genre d’oxymore politique et d’en appeler au renfort des masculinistes pour faire avancer les droits des femmes, mieux vaut en effet le silence. Sur le front des inégalités femmes-hommes, si les choses ont avancé dans les têtes, il y a pourtant beaucoup à faire tant la réalité bouge lentement.

Au travail, l’égalité est encore un horizon lointain. En 2024, dans le privé, le revenu salarial moyen des femmes était inférieur de 22 % à celui des hommes ; même à temps plein comparable, l’écart est encore de 14 %. Et la trappe du temps partiel continue d’aspirer les carrières : une femme en emploi sur quatre y est cantonnée, contre bien moins d’hommes. L’inégalité est aussi violence.

Toujours en 2024, police et gendarmerie ont enregistré 272 400 victimes de violences par partenaire ou ex-partenaire, 107 féminicides et 270 tentatives au sein du couple. Des chiffres effrayants. Pas suffisant pour le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, qui, faute de moyens, projette de réduire au maximum les durées des audiences des procès pour viol ainsi que la possibilité de recours à des témoins et des experts. Décidément, le garde des Sceaux n’est jamais à court d’idées à contresens de l’histoire.

Un nouvel exemple de la force qu’il faut aux mobilisations féministes pour faire bouger les archaïsmes. D’autant qu’elles sont désormais confrontées à ces mouvements nationalistes semeurs de haine, comme Némésis, qui tentent de les miner de l’intérieur. Leur véritable rôle ayant été mis à jour, notamment dans ces colonnes, elles ont renoncé à défiler avec les vraies porteuses de progrès. Sans ministres inconséquents, ni impostures identitaires, associations, syndicats et citoyens marcheront dimanche main dans la main pour que l’égalité cesse d’être une promesse et devienne une règle.

 

« Mais qu’est-ce qu’un nazi ? le billet de Maurice Ulrich ».



Figure de la galaxie Bolloré, Christine Kelly, qui sans doute a fait quelques études, a dû sécher les cours d’histoire, qui écrit dans le Journal du dimanche, « mais qu’est-ce qu’un nazi. Je n’ai toujours pas entendu de définition compréhensible à ce jour ».

Allons, un peu de rattrapage. Un nazi, c’est un criminel contre l’humanité condamné comme tel à Nuremberg en 1946. Un nazi, c’est un acteur ou un complice de l’extermination de six millions de personnes, juives mais aussi tziganes, homosexuelles, politiques.

Des nazis, ce sont les tortionnaires de Jean Moulin, de Missak Manouchian et des 21 fusillés de l’Affiche rouge… Un nazi, c’est un officier SS, on l’écrivait il y a deux jours, qui arrête 71 enfants de 4 à 13 ans pour les enfermer dans un train à destination d’Auschwitz…

Ça vous revient, peut-être ? Un manifestant qui fait un salut nazi, c’est quelqu’un qui connaît cela et le revendique. Alors madame Kelly, ou vous êtes d’une stupidité et d’une ignorance crasses, ou quoi ? Vous ne savez toujours pas ?

 

jeudi 5 mars 2026

« L’Espagne de Pedro Sanchez, l’honneur de l’Europe »



Dans une Europe vassalisée et soumise aux États-Unis, au détriment de ses propres intérêts, un pays parvient néanmoins à sauver l’honneur du Vieux Continent : l’Espagne du Premier ministre Pedro Sanchez. Attaché aux valeurs ancestrales du peuple ibérique, le président du gouvernement socialiste refuse de courber l’échine et d’accepter la loi du plus fort, exigeant le respect des principes fondamentaux du droit international.

Face à la tragédie vécue par le peuple palestinien, martyrisé par la politique colonialiste et suprémaciste d’Israël, Pedro Sanchez, qui a reconnu l’État de Palestine en 2024 et a appelé « à mettre un terme au génocide à Gaza », a dénoncé la politique d’extermination de Netanyahou. Dans le reste de l’Europe, les dirigeants des principales puissances européennes apportent au contraire leur soutien à Tel Aviv, criminalisant et réprimant la solidarité de leurs peuples avec la cause de l’humanité.

De la même manière, contrairement aux autres pays de l’Union européenne, l’Espagne a fermement condamné la guerre d’agression menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, sans mandat des Nations unies et en violation flagrante de la légalité internationale. Pedro Sanchez a dénoncé une action unilatérale, aux conséquences dramatiques et imprévisibles pour la planète entière, et a lancé un appel à mettre fin aux hostilités et à retrouver le chemin de la diplomatie, rappelant que la violence ne pouvait jamais être la solution.

Par la même occasion, l’Espagne a formellement interdit à l’administration Trump d’utiliser les bases étasuniennes de Rota et Morón de la Frontera en Andalousie pour les opérations menées contre le peuple iranien. Privé de ces deux plateformes logistiques stratégiques, Washington s’est résolu à déplacer ses avions vers d’autres bases européennes.

De leur côté, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, refusant de condamner la guerre d’agression, sont allés, dans un geste irresponsable, jusqu’à proposer leur aide pour stopper la riposte iranienne.

Trump n’a pas tardé à réagir en demandant au secrétaire au Trésor de « rompre toutes les transactions avec l’Espagne » et d’imposer de facto des sanctions économiques. Loin de se laisser intimider, Madrid a répondu avec la dignité qui caractérise les grandes nations : « Les États-Unis doivent se conformer au droit international et aux accords commerciaux. Nous disposons des ressources nécessaires pour contenir l’impact d’un potentiel embargo. »

 

mercredi 4 mars 2026

Le 15 mars je me prononcerai pour la liste « continuons ensemble » conduite par François DECHY. Je vous invite à accompagner ce choix (Robert Clément) !



Depuis vendredi dernier, nous connaissons les candidat-e-s qui aspirent à devenir maire de Romainville. C’est le propre d’une compétition électorale. Au-delà d’une ambition louable et parfois démesurée, ce qui compte dans le choix que nous aurons à faire, ce sont les compétences, la connaissance de notre histoire, les capacités à assumer une fonction complexe et exigeante, le sérieux des propositions. C’est aussi le respect à la parole donnée, la sincérité, l’intégrité, le désintéressement et le sens du collectif. 

Dans mon précédent billet, prenant connaissance de divers écrits, j’écrivais que notre ville m’apparaissait vivre dans une bulle, une sorte d’îlot, imperméable au basculement du monde, devenu un fracas permanent, avec ses violences, ses guerres, avec les craintes, l’inquiétude et l’anxiété qu’elles suscitent dans les moments que nous vivons présentement. Imperméable, aussi, aux conséquences des politiques nationales sur les choix des collectivités locales.

Les propositions énoncées par certain-e-s candidat-e-s me conforte dans cette impression. À les lire, leur mise en œuvre ne dépendrait que de l’engagement de l’équipe qui serait élue le 22 mars. C’est trop simple. Les obstacles ne manqueront pas de se présenter et seule l’intervention de nos concitoyens permettra de les surmonter. Plus vite qu’on peut le penser, d’ailleurs. Ainsi, le premier ministre vient d’annoncer que la décentralisation serait bien un sujet du présent quinquennat. Qu’elle ferait l’objet de plusieurs projets de loi dont l’un porterait sur « la réforme de l’État, la décentralisation et la clarification d’un certain nombre de compétences ». Mais surtout Sébastien LECORNU ne cache pas ses intentions « La situation de nos finances publiques rend urgent de recentrer l’État sur certaines missions, il doit donc s’en remettre plus clairement à d’autres acteurs publics pour exercer certaines compétences, et de citer les transports, le logement et le médico-social ». Tout cela à 15 jours du premier tour !

Par ailleurs, le projet de loi du gouvernement sur les polices municipales que vient d’adopter le Sénat, dessine un basculement silencieux : celui d’une police municipale appelée à devenir l’ombre portée de la police nationale, sans les mêmes garanties, sans les mêmes moyens financiers, mais avec des compétences toujours plus étendues. Ce glissement installe une confusion entre police nationale et police municipale : celle des missions, des responsabilités et du financement.

Enfin, cerise sur le gâteau, en dépit des affirmations du chef du gouvernement expliquant avoir préservé les collectivités locales, la loi de finances pour 2026 comporte en fait – au-delà des 2 milliards d’euros de prélèvements que l’exécutif reconnait – près de 5 milliards d’euros de coupes budgétaires, affectant les collectivités. La baisse des dotations aux collectivités territoriales n’a pas commencé avec Emmanuel Macron. Jamais les dotations de l’Etat n’ont autant fait parler d’elles que sous le quinquennat de François Hollande. Le candidat promettait de ne pas les baisser, il n’en a rien été. Si, en 2013, elles s’élevaient encore à 41,5 milliards d’euros, elles ont, au bout du mandat, fondu d’un quart, à 30,86 milliards d’euros.  

Dès ses premiers pas à l’Élysée, François Hollande renonçait à renégocier les traités européens. Il tourna aussi le dos à la gauche avec des réformes telles que celle sur l’ANI (accord national interprofessionnel), les retraites, le CICE, le projet de déchéance de nationalité, les lois Macron et El Khomri, toutes deux adoptées à coups de 49-3 face à une majorité socialiste récalcitrante. Faute de sattaquer aux injustices sociales, la ligne incarnée par les premiers ministres Manuel Valls et Bernard Cazeneuve a même été de mettre en avant des batailles identitaires. C’est une leçon qu’il convient de retenir pour ce scrutin municipal et à quelques encablures de 2027.

De ce point de vue les propos de Bernard Cazeneuve – président du mouvement « La Convention » qui soutient la liste du Parti socialiste à Romainville – ne sont guère rassurants. Il défend un positionnement de centre gauche et une union « progressiste » allant « au-delà du seul rassemblement de la gauche ». Selon lui, ce mouvement devrait s’inspirer du « gaullisme de la fin de la IVe République, autour dune certaine idée de la France ». Et puis, étonnante sortie de Bernard Cazeneuve, le 31 janvier sur France-Info, quelques jours avant sa venue à Romainville pour soutenir la liste du parti socialiste : « Je me déplace, dit-il, pour soutenir les maires socialistes sortants, ceux qui affrontent la droite. Partout où il y a des candidats de gauche sortants, je souhaite un soutien total » (sic).

« Depuis 2020, Romainville est à l’arrêt, notre ville décline faute de vision » nous dit la liste du parti socialiste ». De quelle vision parlons-nous ? Aucune ville d’Île de France n’a connu une telle évolution démographique. 13720 logements en 2020, 16881 en 2026. 30087 habitants en 2020, 37152 au 1er janvier 2026, selon l’Insee. Et ce sera 40.000 à l’horizon 2030, et sans doute plus tôt. Ce n’est pas un détail, et pourtant peu commenté. 

Nous sommes favorables, nous disait-on à une évolution maîtrisée de la population, 30.000 habitants à l’horizon 2030. Oui mais voilà, nous serons 40.000 à cette même date ! C’est ici que nous sommes « Gros-Jean comme devant ». Les nouveaux résidents sont évidemment les bienvenus, encore fallait-il qu’ils soient bien accueillis. Ce sont des classes supplémentaires à ouvrir, ce sont des équipements sportifs et culturels à construire, ce sont des structures nouvelles pour l’accueil de la petite enfance, c’est un troisième collège à construire aux Bas-Pays. Rien de tout cela n’a été pensé. Et aujourd’hui avec quel foncier et où ? Alors comment parler d’une vision sur le futur en matière d’aménagement et d’urbanisme.

Les biens immobiliers appartenant à la commune et cédés aux promoteurs immobiliers ont fait leur plus grand bonheur. Restaurant du personnel, atelier municipal, gymnase Vallès, foyer Croizat, salle Jean Lurçat, foyer Pierre KÉRAUTRET, espace Marcel PAUL, maison des associations, place de l’ancien marché, locaux rue Louise Dory, le Mille-Club, route de Montreuil, réserves foncières rue de la République et rue Jean-Jaurès, cité des Mares (pour 4,5 millions d’euros), centres de vacances d’Audierne, du Bosgouet, de Bourg-Achard. Ainsi, on pourra tourner les choses dans tous les sens, notre ville doit impérativement disposer de foncier pour faire ce qui n’a pas été fait et répondre ainsi aux multiples besoins qui n’ont fait l’objet d’aucune anticipation. L’équipe municipale élue en 2020 s’y est attelé et entend poursuivre cet engagement.

J’ai toujours pensé qu’une campagne électorale a un impérieux besoin de clarté, de transparence et de francs échanges. La démocratie a tout à y gagner. C’est pourquoi j’ai cru utile de livrer ma réflexion à la connaissance de chacun(e). Pour ma part c’est ce qui me conduit à  soutenir la « liste du plus large rassemblement de la gauche, des écologistes et des mouvements citoyens conduite par François DECHY, qui elle, allie réalisme et fidélité à ses valeurs ».

Au plan municipal, ce sont les droits humains qui relient toutes les politiques publiques. Ils ne se limitent pas aux tribunaux internationaux ni aux crises diplomatiques. Ils se construisent ou se fragilisent dans les décisions locales et commencent à la mairie. C’est à la mairie que l’on déclare une naissance et que l’on obtient une identité administrative, condition première de l’action aux droits. C’est à l’échelle communale que l’on scolarise ses enfants, que l’on vote et que l’on participe à la vie démocratique locale. La commune est le premier échelon de la République et le premier espace d’effectivité des droits humains. Chaque politique locale – sociale, éducative, urbaine, tranquillité publique – traduit en pratique, des principes universels : dignité, égalité, non-discrimination, participation. Ces principes sont ceux d’engagements internationaux que la France a librement adoptés et que toutes les autorités publiques doivent mettre en œuvre.

La France est liée par la Déclaration des droits de l’Homme, les pactes internationaux et les conventions européennes, obligations qui s’imposent à l’ensemble des pouvoirs publics, y compris aux collectivités territoriales. Une mairie n’est pas seulement une administration de proximité : c’est une autorité publique responsable du respect, de la protection et de la promotion des droits humains du territoire, et au-delà, par son action de solidarité et de coopération au-delà des frontières. Les droits humains ne sont pas « internationaux » d’un côté et « locaux » de l’autre. Ils forment un continuum. Être maire, ce n’est pas seulement gérer un budget. C’est exercer une responsabilité politique et morale envers l’ensemble des habitant-e-s. Chaque délibération, chaque arbitrage budgétaire, chaque règlement municipal a une incidence sur les droits fondamentaux. Ainsi les élections municipales ne sont pas une simple élection de gestion. Elles sont un choix de société. Les droits humains sont le socle de la République. Et ce socle se construit, chaque jour, à la mairie. Telle est la raison pour laquelle je me félicite de trouver dans la liste « Continuons ensemble », c’est la seule, des propositions fortes pour la protection des droits humains sur notre territoire et une action de solidarité, de coopération au-delà des frontières.

C’est en restant fidèle aux engagements de l’élu que j’ai été durant de longues années, au citoyen attaché à l’avenir de sa ville où je réside depuis 62 ans, au vieil homme que je suis devenu, que le 15 mars je me prononcerai pour la liste « Continuons ensemble » conduite par François DECHY. Je vous invite à accompagner ce choix. « Croire en demain, c’est toujours avoir un projet, une idée à défendre. L’essentiel de la vie, c’est de faire son chemin sans jamais, un instant, le perdre de vue »

 

 

 

 

« L’égalité : un enjeu social et démocratique », la chronique de Maryse Dumas.

Ancré dans l’histoire depuis plus d’un siècle et pourtant toujours en adéquation avec les aspirations de son temps, le 8 mars accompagne d...