Des enfants humiliés,
frappés, abusés. Des parents
meurtris qui réclament justice. Et des collectivités locales qui semblent
dépassées. La multiplication des affaires de violences – physiques, verbales et
sexuelles – commises dans les structures périscolaires a dépassé depuis
longtemps le simple cadre du fait divers. Ces révélations en cascade, à Paris
et ailleurs, exposent au grand jour la fragilité de tout un secteur crucial
pour des millions de familles, mais tragiquement délaissé par les pouvoirs
publics. Certes, ces dizaines d’animateurs accusés de
brutalité, d’abus, parfois de viol, vont
devoir répondre de leurs actes individuels. Mais le procès de ces agressions
insupportables doit être aussi celui de la précarité systémique qui les a
rendues possibles.
C’est une
évidence : les conditions de travail dans le périscolaire déterminent les
conditions d’accueil et de sécurité des enfants. Dégrader les premières, c’est
dégrader les secondes. Or, depuis des décennies, ce milieu en marge de
l’éducation nationale, renvoyé à la seule responsabilité des communes, reste le
parent pauvre et méprisé du monde éducatif. Sous-effectifs chroniques, taux
d’encadrement des enfants vertigineux par rapport à l’école, paye dérisoire,
statut de vacataire, manque de formation…
La précarité
est devenue la norme dans cette profession qui passe, pourtant, près de
40 % de temps quotidien avec des enfants dont les besoins – psychologiques
et pédagogiques – ne s’envolent pas par magie en sortant de la classe.
Le périscolaire
a un vrai rôle à jouer dans la réussite des élèves. Encore faut-il lui en
donner les moyens. Et sortir de cette gestion aussi désinvolte que dangereuse à
tout point de vue. De la formation des animateurs à leur titularisation, en
passant par le renforcement des liens avec les enseignants, l’ensemble de la
profession nécessite un réel investissement de l’État et un pilotage politique
clair et ambitieux. Une urgence pour faire cesser toutes les maltraitances.





