Il suffit
parfois de quelques kilomètres de mer pour faire vaciller le quotidien de
millions de vies à travers la planète. Le détroit d’Ormuz, étroit
passage entre deux golfes, est devenu ces dernières semaines l’un des centres
de gravité du monde, notamment depuis l’attaque américaine en Iran, le
28 février, menaçant la stabilité régionale. Dans le même temps, au Liban,
les bombardements israéliens
illustrent une nouvelle fois l’engrenage meurtrier à l’œuvre dans la
région, au mépris du droit international et des populations civiles, tout en
alimentant une instabilité généralisée qui fait peser de nouveaux risques sur
les routes énergétiques et contribue directement à la flambée des prix que
subissent les peuples.
La gestion trumpienne à
coups d’ultimatum, de rapport de force, de menace a débouché sur un accord de
cessez-le-feu qui n’en a que le nom et sur un blocus du détroit. Ce qui se
joue dans cette zone stratégique n’est pas seulement une affaire diplomatique
ou militaire. C’est une affaire commerciale et financière : dès que le
bruit des armes se rapproche des routes du pétrole, les prix s’envolent.
Carburant, chauffage, électricité, transport, alimentation, tous les secteurs du quotidien sont
touchés. Et, une fois encore, ce sont les mêmes qui paient un lourd
tribut : les ménages populaires, les travailleurs, les retraités.
En France, des
millions de personnes n’ont pas d’autre choix que de se déplacer en voiture
personnelle pour aller travailler. Il est urgent de bloquer les prix à la
pompe, de rendre transparentes les marges et d’abaisser la TVA pour éviter ce
hold-up à la pompe à essence. D’autres dépendent du fioul ou du gaz pour se
chauffer. Pour eux, l’énergie n’est pas un luxe. C’est une nécessité vitale.
Pourtant, elle est traitée comme une marchandise parmi d’autres, soumise aux
caprices des marchés.
Tout ce que
cette crise révèle, c’est l’abandon d’un bien commun essentiel, l’énergie, aux
logiques du marché. Et ce choix politique nous rend aujourd’hui vulnérables aux
crises, aux conflits, aux spéculations. La crise actuelle est, à bien des
égards, plus grave que le premier choc pétrolier. La dépendance énergétique s’est
accrue, les marchés ont été dérégulés et la financiarisation amplifie chaque
tension en crise globale immédiate.
Et derrière la
flambée des prix se dresse un discours culpabilisateur où l’on demande aux
citoyens de « s’adapter », de « faire des efforts »,
pendant que les logiques financières, elles, restent intactes. Les compagnies
pétrolières ont réalisé, en quelques semaines, des surprofits colossaux et ont
caché d’ores et déjà une partie de leur pactole dans des paradis
fiscaux. Cette crise énergétique est une crise tout autant économique,
sociale que démocratique.
Il est temps de
rompre avec cette logique et de faire de l’énergie un bien commun, en sortant
de la dépendance aux marchés spéculatifs, en nationalisant, en investissant
massivement dans la transition écologique, en garantissant des prix
accessibles. Alors que nous célébrons en ce mois d’avril 2026 les
80 ans de la nationalisation d’Électricité de France, un choix historique
qui avait précisément fait de l’énergie un pilier du service public et de la
souveraineté nationale, porté par le ministre communiste Marcel Paul, il est
temps de refaire vivre cette idée novatrice ! Créons le Groupe énergie de
France en nationalisant TotalEnergies et Engie aux côtés d’EDF. Au-delà des factures,
ce qui se joue aujourd’hui entre les deux golfes, ce sont des vies humaines
qui rappellent que la priorité absolue doit être la protection des populations et la promotion de
la paix.





