La mort d’un soldat français au
Liban, samedi, est le symptôme d’une
autre tragédie. Celle qui condamne les forces de l’ONU à l’impuissance dans ce
pays dévasté. Paris accuse le Hezbollah d’être à l’origine du décès du
militaire. Mais il n’est guère besoin d’attendre les conclusions de l’enquête
pour constater que la Finul (pour Force intérimaire des Nations unies au Liban)
est devenue la mission de paix la plus dangereuse au monde. Florian Montorio
est le 343e de ces hommes à succomber en opération, et la quatrième
victime cette année. Nulle part ailleurs dans le monde, les casques bleus ne
paient un aussi lourd tribut.
Créée en 1978,
entre autres motifs, pour confirmer le retrait israélien du sud du Liban, la
Finul est devenue une cible commode pour les acteurs d’un conflit qu’elle
dérange. La situation est si critique qu’Emmanuel Macron a appelé « les
autorités libanaises à tout mettre en œuvre pour garantir la sécurité des
soldats de la Finul ». On croit rêver. Rappelons que c’est la Finul
qui a pour rôle d’aider le pays à se libérer de l’occupation et de la guerre,
et non l’inverse.
Sinon, pourquoi
existe-t-elle ? Le détachement militaire de 10 000 hommes (dont 700
Français) n’a pas besoin du Liban pour assurer sa protection – son gouvernement
est déjà incapable d’assurer celle de son pays –, mais d’une diplomatie
internationale qui impose à tous le respect du mandat des forces de paix. Rien
ne justifie la mansuétude et le silence de la France devant les violations du
droit par Israël en particulier, dont les troupes, qui détruisent et occupent
illégalement le Liban, font feu de façon régulière sur le contingent hexagonal,
quand ils ne dirigent pas les canons de leurs chars contre les convois blancs
onusiens.
Certaines voix
en appellent au droit de réplique des soldats de l’ONU. Mais ce serait ajouter
à l’escalade et à la globalisation du conflit, à rebours des objectifs de la
Finul. C’est la faiblesse des chancelleries qui met en péril les casques bleus,
non celle de leur armement. Leur retrait programmé du Liban l’année prochaine
consacre la victoire diplomatique de Trump et de Netanyahou, lequel rêve d’agir
en toute impunité au pays du Cèdre, sans témoin gênant, comme à Gaza.





