dimanche 28 juin 2026

1000 milliards de dollars c’est beaucoup, comment ? Le billet de Fabien Gay.

 


Le chiffre est tellement absurde qu’il en devient abstrait. Comme les distances astronomiques ou l’âge de l’univers, notre cerveau peine à le saisir. Pourtant, derrière ce nombre se cache désormais une fortune personnelle. Celle d’Elon Musk.

Dans les médias, l’annonce a été traitée comme une prouesse. Un exploit. Une nouvelle étape dans la conquête entrepreneuriale. En introduisant en bourse SpaceX, le milliardaire américain aurait franchi un seuil inédit dans l’histoire du capitalisme : devenir un « billionnaire », possesseur d’une fortune évaluée à plus de 1 000 milliards de dollars.


Mais mille milliards, c’est combien exactement ?

C’est l’équivalent de plus de 50 millions d’années de SMIC pour un travailleur. Ou bien faire 9 milliards de pleins d’essence ou de paniers de courses. 

Une somme qu’aucun être humain ne peut gagner par son seul travail.


Car derrière chaque milliard engrangé par Musk se trouvent des travailleurs, des ingénieurs, des manutentionnaires, des livreurs, des enseignants, des soignantes, des techniciens. Derrière chaque fortune colossale se trouve une accumulation de richesse produite collectivement mais appropriée par le plus petit nombre – voire par une seule personne.

Et qui investit dans ces empires financiers ? Les fonds de pension, les banques, les assurances, les fonds spéculatifs. Ils n’investissent pas pour la beauté du geste ni pour le progrès de l’humanité. Ils attendent un retour. Toujours plus élevé. Toujours plus rapide.


Le capitalisme contemporain ne se contente plus de produire des marchandises. Il produit de la valeur fictive. De l’argent qui engendre de l’argent. Des actions qui prennent de la valeur parce que d’autres pensent qu’elles en prendront davantage demain.

Cette spéculation géante s’invite dans notre quotidien. Elle fait grimper le prix des logements. Elle renchérit l’énergie. Elle pèse sur les matières premières agricoles. Elle transforme la terre, l’eau, les céréales et même les données personnelles en actifs financiers.


Pendant ce temps, ceux qui travaillent voient leur pouvoir d’achat stagner ou reculer.

La fortune de Musk n’est pas seulement financière. Elle est politique.

Après avoir été l’un des plus gros contributeurs de la campagne de Donald Trump, le patron de Tesla, SpaceX et X s’est imposé comme un acteur politique de courte durée. Son réseau social est devenu un terrain d’expérimentation idéologique où prospèrent désinformation, théories complotistes, discours racistes et xénophobes sous couvert de liberté d’expression absolue. Une idéologie qui a façonné et libéré la folie  MAGA de la dernière campagne de Trump. 


Loin d’être neutres, les plateformes numériques façonnent aujourd’hui le débat public. Les algorithmes sélectionnent ce qui sera vu, partagé ou oublié. Le pouvoir économique devient pouvoir culturel, puis pouvoir politique.

En France, plusieurs enquêtes ont été ouvertes concernant le fonctionnement de X, notamment sur la modération des contenus et certaines pratiques techniques. Derrière les promesses de transparence se dessine une concentration sans précédent du contrôle de l’information.

Et l’ambition de Musk ne s’arrête pas là.

Par exemple, avec son entreprise Neuralink, il rêve de connecter directement le cerveau humain à la machine, en intégrant des puces dans le corps humain. Avec ses projets de robotique et d’intelligence artificielle, il promet une « civilisation galactique ». Une nouvelle humanité augmentée, après avoir voulu conquérir l’espace. 

 

L’idée de créer un « homme nouveau » n’est pas neuve.

« Si le communisme ne devait pas conduire à la création d’un homme nouveau, il n’aurait aucun sens », disait Che Guevara.

Mais entre l’émancipation collective imaginée par les révolutionnaires et l’augmentation technologique pilotée par des multinationales privées, il existe un fossé immense.

Dans un cas, il s’agit de libérer l’être humain de l’exploitation.

Dans l’autre, de l’adapter à un système qui produit toujours plus d’inégalités.

Cette évolution s’accompagne d’une inquiétante convergence entre grandes fortunes et extrême-droite. 

Aux États-Unis comme en Europe, certains milliardaires soutiennent ouvertement des forces politiques réactionnaires. Ainsi, Elon Musk a montré son soutien à l’AfD en Allemagne et à Giorgia Meloni en Italie. 

 

En France, les liens entre grands groupes économiques, concentration médiatique et extrême droite deviennent chaque année plus visibles.

Antonio Gramsci écrivait : « Le fascisme est un mouvement social, il est l’expression organique de la classe possédante en lutte contre les exigences vitales de la classe travailleuse. »

Lorsque les inégalités atteignent des sommets historiques, lorsque quelques individus possèdent davantage que des dizaines de millions de travailleurs réunis, la démocratie elle-même se fragilise.

La question n’est donc pas de savoir si Elon Musk est un génie, un visionnaire ou un provocateur. La question est de savoir dans quel monde nous voulons vivre. Un monde où mille milliards de dollars peuvent s’accumuler dans les mains d’un seul homme tandis que des millions de personnes comptent chaque euro à la fin du mois ?

 

Ou un monde où les immenses richesses produites collectivement servent enfin l’intérêt général ?

Comme ses fusées, l’empire financier d’Elon Musk explosera-t-il en plein vol ?

samedi 27 juin 2026

« La canicule la plus fraîche du reste du siècle », l’éditorial de Sébastien Crépel.



Une hausse de température de 4 petits degrés Celsius : dit ainsi, cela ne semble pas insurmontable. C’est pourtant le défi du siècle. La France, comme la planète entière, se réchauffe. Mais plus vite et plus fort que le reste du monde. Le pire est à venir, à croire la géographe Magali Reghezza-Zitt.

« On est en train de vivre l’une des années les plus froides du reste de notre vie », résumait de manière saisissante, le 22 juin, sur France Inter, cette ancienne membre du Haut Conseil pour le climat. Réjouissons-nous que les canicules soient encore fraîches…

Quatre degrés supplémentaires, c’est une moyenne, selon un scénario de référence pour 2100 établi par Météo France à la demande du gouvernement. Mais ce chiffre recouvre une diversité de situations qui risque de rendre difficilement vivable notre pays, dont les structures sont adaptées à un climat dit « tempéré ».

Cette situation géographique optimale vantée dans les vieux manuels scolaires ne sera-t-elle plus qu’un souvenir dans dix, vingt ou cinquante ans ? En réalité, le climat a déjà changé et ne ressemble plus à la France « des genêts de Bretagne aux bruyères d’Ardèche » chère à Jean Ferrat. Deux degrés de plus, soit la moitié du réchauffement attendu d’ici à 2100, sont désormais notre quotidien. Et déjà, on suffoque. Les 42 ou 43 °C ont été franchis localement en début de semaine.

Quatre degrés de plus, cela signifie concrètement dix fois plus de jours de vagues de chaleur. Des pointes à 50 °C seront possibles vers 2050, peut-être avant, et courantes en 2100. Pour rappel, cette température n’a encore été atteinte en nul point de notre pays. Et on ne parle pas des pluies diluviennes ni des sécheresses saisonnières extrêmes. Les enfants qui naissent aujourd’hui devront vivre sous la mousson du Gard et la saison sèche de la Creuse.

C’est dire si l’adaptation au changement du climat est devenue aussi déterminante et urgente que la lutte contre ce dernier. Mais alors que les trajectoires climatiques sont fortement dépendantes du respect par les différents pays des accords internationaux, à l’instar de celui de Paris, le chantier de l’adaptation est d’abord une question nationale. Le temps presse : depuis 2021, les scénarios du réchauffement ont été revus à la hausse pour la France.

Et, malgré cela, l’intensité et la durée de la vague de chaleur qui a frappé en ce mois de juin ont encore surpris les prévisionnistes. Mais si la température s’emballe, le gouvernement, lui, freine brusquement toute ambition politique digne de ce nom. Crédits réduits pour la rénovation des bâtiments, « fonds vert » pour les collectivités passé de 2,5 milliards en 2024 à 850 millions d’euros cette année. L’austérité est l’alliée du réchauffement.

Jamais avare de diversion démagogique, le RN a lancé le débat sur la climatisation à tout-va comme réponse à tous nos maux, alors qu’elle ne peut être qu’une solution de secours pour une partie des plus fragiles dans les Ehpad, les écoles, les hôpitaux. Mais, pour cela, il faut débloquer des moyens, donc rompre avec l’austérité.

Où est le RN quand il faut l’exiger ? Et quid des millions de résidents du logement social, des travailleurs des métiers pénibles ? Surtout, la climatisation ne fait que déplacer la chaleur, donc le problème. Or, pendant ce temps, s’éteint doucement l’ambition de végétalisation des villes et des villages, de l’aménagement cyclable, de la rénovation des écoles, solutions bien plus durables et, finalement, plus efficaces.

L’austérité met en danger d’abord les plus vulnérables : eux n’ont ni climatiseur ni piscine à domicile pour se rafraîchir. Ils ne peuvent compter que sur le service public. La lutte pour l’adaptation est leur lutte, une lutte de classe.

jeudi 25 juin 2026

« Canicule : Face à l’inaction meurtrière, où est la colère ? », l’éditorial de Maud Vergnol.



Qui peut encore nier que notre humanité est face à la plus grande crise existentielle qu’elle ait jamais connue ? Combien faudra-t-il encore de canicules, d’inondations, de sécheresses, d’incendies monstres, de disparitions d’espèces et de territoires entiers pour que les dirigeants du monde comprennent que la bifurcation écologique n’est pas une option ?

C’est bien « l’affaire du siècle » dont on parle ici, nom choisi par la coalition qui avait fait condamner l’État français, en 2021, pour inaction climatique. La séquence politique provoquée par cette canicule de tous les records dit tout de l’impérieuse nécessité d’une révolution écologique et sociale.

Les guignols du RN, qui participent en ce moment même à un sommet « anti-climat » à Londres rassemblant la fine fleur internationale des climatosceptiques, nous vendent un pathétique « plan clim ». Les macronistes s’enferrent dans leur inaction meurtrière, sabrant encore récemment le Fonds vert, dispositif censé accompagner les collectivités dans leur transition écologique.

Droite et extrême droite partagent finalement un même discours porté exclusivement sur « l’adaptation » au dérèglement climatique. Un business juteux pour le capitalisme vert, alors que cela nécessiterait des investissements publics de grande ampleur. L’« adaptation », comme un aléa de la nature que l’on doit subir en serrant les dents, qui fait le deuil d’un frein à la dégradation accélérée du cadre écologique de la vie humaine.

À l’échelle de la France, la trajectoire climatique actuelle nous mène vers dix fois plus de jours de vagues de chaleur par an et les 50 °C dépassés, peut-être dès 2050 selon les prévisions du GIEC. Le gouvernement sait donc que ses renoncements engendreront plus de drames et de morts. Leur choix est criminel. Comme l’est la sauvegarde des intérêts économiques d’une minorité au détriment du respect des limites planétaires et de la majorité de l’humanité.

Quel plus beau débat politique à porter que celui-ci en cette année électorale ? Quel enjeu plus essentiel ? Aujourd’hui que le pays suffoque, chacun semble réaliser la bêtise abyssale des climatosceptiques. Mais où est la colère ? Le risque est grand qu’une fois l’été passé le sujet soit balayé par les obsessions de la bollosphère. Dans un moment où la gauche est raillée, jugée trop faible, les forces anticapitalistes sont pourtant les seules armées pour mener ce combat existentiel. Et elles peuvent le gagner.

 

mercredi 24 juin 2026

« Alerte sur les nouvelles menaces contre les droits des femmes et les LGBT », l’éditorial de Maurice Ulrich.



Le crétin américain bodybuildé qui s’est baptisé Clavicular, militant masculiniste et viriliste à tel point qu’il s’est arrangé la mâchoire à coups de marteau pour la rendre carrée, néofasciste pour compléter le tableau, a fait un bide dimanche à Paris. Décidé à prouver que les femmes ne pouvaient lui résister, il s’est fait rembarrer sèchement ou avec des quolibets par celles qu’il a voulu embrasser. Sa conclusion : « Elles doivent être lesbiennes. »

C’est à la fois effrayant et pathétique, une misérable vision du monde, mais qui illustre jusqu’à l’absurde et au comble du ridicule ce que révèle le rapport d’Amnesty International que nous évoquons ici même, alertant sur les nouvelles menaces pesant aussi bien sur les droits des femmes et des LGBT+ dans le monde. Ce n’est pas une menace fantôme.

La multiplication des agressions homophobes dans les bars, en particulier à Paris, en est l’une des expressions on ne peut plus concrètes, mais la réalité est plus vaste. On retrouve dans le rapport d’Amnesty le nom de Pierre-Édouard Stérin, la fondation anti-IVG Jérôme Lejeune, les collectifs Némésis ou Parents vigilants, etc. L’extrême droite est à la manœuvre, encouragée par une vague similaire dans nombre de pays et singulièrement aux États-Unis avec Donald Trump et le mouvement Maga.

Nombre de ces mouvements se réclament de la religion, de la morale, de la famille, du rejet du « communautarisme ». En réalité, il s’agit de renouveler sur l’ensemble de la société, sur les institutions et les personnes, la domination du patriarcat blanc sur les corps et les esprits.

C’est aujourd’hui une des dimensions de la lutte pour l’émancipation humaine : l’oppression des femmes, la stigmatisation des différences, les discriminations participent de la mise au pas des peuples et de l’étouffement des libertés par un capitalisme qui a décidé de s’affranchir de la démocratie. À quelques jours de la Pride, où cette dimension politique était déjà très présente l’an passé, l’alerte lancée par Amnesty et que nous relayons ici doit être entendue.

« Alerte sur les nouvelles menaces contre les droits des femmes et les LGBT », l’éditorial de Maurice Ulrich.



Le crétin américain bodybuildé qui s’est baptisé Clavicular, militant masculiniste et viriliste à tel point qu’il s’est arrangé la mâchoire à coups de marteau pour la rendre carrée, néofasciste pour compléter le tableau, a fait un bide dimanche à Paris. Décidé à prouver que les femmes ne pouvaient lui résister, il s’est fait rembarrer sèchement ou avec des quolibets par celles qu’il a voulu embrasser. Sa conclusion : « Elles doivent être lesbiennes. »

C’est à la fois effrayant et pathétique, une misérable vision du monde, mais qui illustre jusqu’à l’absurde et au comble du ridicule ce que révèle le rapport d’Amnesty International que nous évoquons ici même, alertant sur les nouvelles menaces pesant aussi bien sur les droits des femmes et des LGBT+ dans le monde. Ce n’est pas une menace fantôme.

La multiplication des agressions homophobes dans les bars, en particulier à Paris, en est l’une des expressions on ne peut plus concrètes, mais la réalité est plus vaste. On retrouve dans le rapport d’Amnesty le nom de Pierre-Édouard Stérin, la fondation anti-IVG Jérôme Lejeune, les collectifs Némésis ou Parents vigilants, etc. L’extrême droite est à la manœuvre, encouragée par une vague similaire dans nombre de pays et singulièrement aux États-Unis avec Donald Trump et le mouvement Maga.

Nombre de ces mouvements se réclament de la religion, de la morale, de la famille, du rejet du « communautarisme ». En réalité, il s’agit de renouveler sur l’ensemble de la société, sur les institutions et les personnes, la domination du patriarcat blanc sur les corps et les esprits.

C’est aujourd’hui une des dimensions de la lutte pour l’émancipation humaine : l’oppression des femmes, la stigmatisation des différences, les discriminations participent de la mise au pas des peuples et de l’étouffement des libertés par un capitalisme qui a décidé de s’affranchir de la démocratie. À quelques jours de la Pride, où cette dimension politique était déjà très présente l’an passé, l’alerte lancée par Amnesty et que nous relayons ici doit être entendue.

 

« Fusées », le billet de Maurice Ulrich.



Les fusées d’Elon Musk ne fonctionnent pas à tous les coups. Cinq échecs sur douze essais, tout de même, en trois ans. Mars, ce n’est pas gagné. Pourtant, l’introduction en Bourse le 12 juin de sa société SpaceX, outre qu’elle faisait de lui le premier humain à la tête d’une fortune de plus de 1 000 milliards de dollars, avait suscité un véritable enthousiasme chez les investisseurs. Le titre avait bondi de 40 % en quelques jours, portant la valeur de l’entreprise à 2 900 milliards.

Un décollage de fusée, et une retombée moins spectaculaire mais bien réelle avec une perte de 900 milliards… Au point qu’on se demande même si cet argent existe. Avec les promesses de la conquête spatiale et de l’intelligence artificielle pour Musk et les géants de la tech, la Bourse est à la fois un territoire des illusions et de la spéculation.

Les sommes astronomiques en jeu existent et n’existent pas. Les fusées de Musk sont des fusées de papier du capitalisme et aussi de vraies fusées. Mais pour aller où, vraiment ?

mardi 23 juin 2026

« Une Amérique latine dominée par l’extrême droite, l’éditorial de Cathy Dos Santos



La victoire d’Abelardo de la Espriella – sur le fil du rasoir et entachée d’irrégularités – est un coup de semonce. L’avènement de l’extrême droite en Colombie met brutalement fin à l’expérience inédite de la gauche, qui, malgré des écueils et bien des limites, a promu des réformes propres à bousculer l’ordre oligarchique autoritaire qui avait jusqu’alors prévalu. Durant son mandat, Gustavo Petro s’est attelé à faire vivre de fragiles accords de paix, malgré la détermination des paramilitaires et des cartels, et de De la Espriella lui-même, à les faire voler en éclats.

Le triomphe de cet avocat millionnaire, associé à de sulfureux personnages de l’uribisme et du paramilitarisme, suscite à juste titre des inquiétudes. Le « Tigre », comme il aime à se surnommer, a multiplié les intimidations contre le candidat de la gauche, Ivan Cepeda, et contre les formations portant l’histoire de ce que la Cour interaméricaine des droits humains a reconnu comme un génocide des militants de l’Union patriotique.

La présidentielle colombienne confirme l’inquiétant virage pris en Amérique latine, après le cycle électoral des années 2000 qui avait consacré la gauche et le centre gauche. Le basculement à droite et à l’extrême droite dessine un paysage continental digne des années de plomb des dictatures militaires. Un nostalgique de Pinochet au Chili, un libertarien « fou » en Argentine, un « dictateur cool » au Salvador, et partout ailleurs, à quelques exceptions près, des présidents ultraconservateurs obsédés par les questions sécuritaires et migratoires.

Ces adeptes de la « main dure » appliquent un agenda néolibéral dévastateur pour les classes moyennes et populaires. On observe ces mêmes phénomènes en Europe et aux États-Unis. Nationalisme, libertarianisme, technofascisme cohabitent au sein d’une internationale brune qui cherche à annihiler la moindre alternative au capitalisme.

Donald Trump se frotte les mains. Il voit en Abelardo de la Espriella un allié stratégique dans sa reconquête coloniale de l’Amérique latine. La Colombie est une tour de guet dominant un hémisphère Sud regorgeant de matières premières. Mais sur ce continent, rien n’est jamais écrit d’avance. En Bolivie, Rodrigo Paz, élu il y a un an avec le slogan « Le capitalisme pour tous », essuie depuis sept semaines une révolte populaire qui n’a pas dit son dernier mot.

1000 milliards de dollars c’est beaucoup, comment ? Le billet de Fabien Gay.

  Le chiffre est tellement absurde qu’il en devient abstrait. Comme les distances astronomiques ou l’âge de l’univers, notre cerveau peine à...