Benyamin
Netanyahou savait. Les révélations des journalistes Shlomi Eldar et Ruth Yuval,
publiées par le journal Haaretz et développées dans le livre d’enquête Otages :
843 jours d’abandon, ont provoqué en Israël un séisme. Quand il niait avoir
reçu le moindre avertissement avant les
sanglantes attaques du 7-Octobre, Benyamin Netanyahou mentait. Le premier ministre israélien aurait en fait
été informé dix jours auparavant par le dirigeant des Émirats arabes unis,
Mohammed Ben Zayed, d’une attaque imminente et de grande envergure planifiée
par Yahya Sinouar, le chef du Hamas dans la bande de Gaza. Et il n’aurait rien
fait de ce renseignement. Devant la tuerie annoncée, il se serait tu.
Le génocide perpétré à
Gaza fait peser de lourds crimes de guerre et des crimes
contre l’humanité sur Benyamin Netanyahou, cible d’un mandat d’arrêt de la Cour
pénale internationale. On le savait peu soucieux du sort des 251 otages,
maintenus en captivité sous l’avalanche de bombes déversée par l’armée
israélienne sur l’enclave palestinienne. Cette enquête éclaire d’une lumière
nouvelle le périmètre de ses responsabilités : il lui sera difficile
désormais de s’exonérer du massacre perpétré le 7 octobre 2023, au cours
duquel 1 195 personnes, dont 828 civils, ont été tuées, et des milliers
d’autres blessés.
Son rôle est
plus sordide encore, lorsqu’on songe à sa complaisance à l’endroit du Hamas,
dont il a facilité et même encouragé le financement, et aux efforts qu’il
déploie depuis son arrivée aux responsabilités pour bloquer toute issue
diplomatique au Proche-Orient. L’anéantissement de Gaza et l’annexion de facto
de la Cisjordanie sciemment livrée au terrorisme des colons ne
suffisaient pas à cet incendiaire et à sa coalition d’intégristes, de
millénaristes et d’extrémistes, qui ont mis toute la région à feu et à sang, de
Beyrouth à Téhéran.
Le choc du
7-Octobre avait stoppé net l’immense vague de contestation contre la réforme
judiciaire d’un Benyamin Netanyahou cerné par les affaires de corruption. Ces
révélations ouvrent une grave crise politique ; elles viennent percuter
les élections législatives du 27 octobre. Le chef du Likoud, qui écarte
avec dédain les appels à sa démission, devra rendre des comptes.




