Plus personne
ne peut jouer les dupes. Les violences infligées à
Marwan Barghouti au fond de sa
geôle israélienne, le génocide à Gaza, l’étranglement de la Cisjordanie, tout
comme les bombardements dans le sud du Liban, ne sont en rien une réponse
effrénée du gouvernement israélien à une menace sécuritaire.
Chacune de ces
agressions, méthodiques, assumées, poursuit une même visée expansionniste que
Benyamin Netanyahou et ses ministres d’extrême droite ne prennent même plus la
peine de dissimuler. Et qui rend, de fait, impossible toute constitution d’un
État palestinien voisin.
Jouant de la
terreur et de la complicité – active ou passive – des puissances occidentales,
le pouvoir israélien, en violation flagrante du droit international, tente de
remodeler la géographie et la démographie de toute cette région. En
Cisjordanie, le « plan décisif » de Bezalel Smotrich prévoit
d’expulser 80 % de la population palestinienne et d’ouvrir grande la voie
à une colonisation déjà bien entamée.
La même
ambition anime les dirigeants israéliens pour Gaza, en ruines, et au Liban du
Sud, dévasté, où Tel-Aviv veut instaurer jusqu’au fleuve Litani une « zone
tampon » qu’il rêve peuplée de colons. Quant à l’humiliation infligée à
Marwan Barghouti, elle n’a d’autre but que de tuer l’espoir que représente le
« Mandela palestinien », apprécié et consensuel, pièce maîtresse
d’une alternative politique crédible.
Cette stratégie
mortifère a des conséquences dévastatrices. Plus de 73 000 morts ont été
dénombrés à Gaza depuis le 7 octobre 2023. Et près de 1 300, déjà, au
Liban, après un mois de bombardements. Mais à côté des cadavres, c’est aussi
tout espoir de paix qui est enterré chaque jour. Les souffrances et le
déplacement forcé de centaines de milliers d’exilés nourrissent la résistance
et les haines futures.
Benyamin
Netanyahou, enivré par la toute-puissance militaire et l’impunité que lui
offrent Washington et bien d’autres, semble aveuglé par ses rêves
colonisateurs. Mais ce qu’il promet au peuple d’Israël, c’est tout le contraire
de la sécurité. Il est du devoir de chaque État de le dire clairement, de
sortir de cette ambiguïté coupable et de ne plus jouer les pousse-au-crime.





