Les Babyloniens
sont les premiers à avoir développé une méthode de prévision des éclipses,
issue de leur observation du ciel sur des siècles. En astronomie comme en
droit, leur legs est immense. Ces avancées ne les ont pas empêchés de perdre
leur centralité en se faisant absorber par d’autres empires. Une éclipse, politique celle-là, qui prouve qu’un astre peut
continuer à exister tout en voyant sa langue diplomatique et son pouvoir de
structuration du monde occultés par l’ombre portée d’autres puissances. La
métaphore est osée, mais les Européens seraient bien inspirés de dépasser l’ère
de paralysie dans laquelle ils sont entrés.
Les derniers
développements ont le goût de la sidération. La crise de Ceuta a illustré à quel point les divisions politiques et
les assauts de l’extrême droite, sous le regard bienveillant de la Commission,
constituent une menace pour la solidarité communautaire. Mois après mois, le
droit, qui formait le langage commun, est démantelé. La guerre des frontières
entre États membres en est l’illustration. Même écrit sous la plume libérale,
le pacte vert constituait lui aussi un début de régulation. Il a subi les mêmes
assauts.
Les solutions
autoritaires et bellicistes pour tenter de dépasser les contradictions du
capitalisme ne sont pas surprenantes. Elles méritent d’être combattues tant
elles emportent avec elles la démocratie et les compromis sociaux. Même dans le
domaine de la défense, c’est le cadre intergouvernemental qui prévaut. Sur le
commerce, pourtant cœur du réacteur de l’Union, chacun négocie sa vassalisation
en direct avec Donald Trump ; hâtant la désindustrialisation, actant le retard
dans les projets structurants. Cette absence d’épine dorsale obère l’avenir.
Or, il ne
suffit pas de crier au déclin, fût-il civilisationnel, pour en sortir. L’unité
au service du développement des peuples, de l’harmonisation par le haut, avec
de nouveaux droits sociaux, sociétaux et environnementaux, le tout sous
contrôle démocratique et populaire, demeurent la seule issue.






