lundi 16 mars 2026

« Municipales 2026 : Contre l'extrême droite Unir toutes les forces de gauche », l’éditorial de Sébastien Crépel.



Sauf décision élyséenne surprise les élections municipales sont le dernier rendez-vous avec le suffrage universel direct avant la présidentielle de 2027. C’est dire si leurs résultats sont lourds de sens pour l’avenir, même si, avec des dizaines de milliers de scrutins locaux, il est toujours difficile ou hasardeux de déceler des lignes de force comme dans une élection nationale.

La participation la plus faible enregistrée à ces élections, hors pandémie de Covid de 2020, donne toutefois la mesure de la crise démocratique qui s’approfondit dangereusement. Moins de six électeurs sur dix se sont déplacés, dimanche. Il était trop tôt, à 23 heures, pour jauger défintivement la percée de l’extrême droite, qui a investi cette élection comme jamais en nombre de listes et de candidats. Mais elle est en position de disputer, dimanche prochain, des villes importantes comme Nice, Toulon, voire Marseille et Nîmes, au coude-à-coude avec la gauche unie, ou encore Montargis, Vierzon et Aubagne.

Si, selon des résultats partiels, la gauche semble bien résister dans des villes qu’elle dirige, à l’instar de Paris, Lille, Nantes ou Poitiers, enlever des mairies à la droite pourrait être plus difficile qu’espéré, comme au Havre, où Édouard Philippe est arrivé en tête. Cette résistance de la gauche tient à la préférence donnée aux listes d’union par les électeurs. Quant à LFI, qui a fait souvent cavalier seul, elle ne parvient pas à franchir les 10 ou 12 % dans de nombreuses villes, exceptées Saint-Denis, Roubaix, Lille ou Toulouse. 

Des maires de gauche ont ainsi été élus ou réélus dès le premier tour, comme le communiste Fabien Roussel à Saint-Amand-les-Eaux et plusieurs de ses camarades à Allonnes, Avion, Tarnos, Dieppe, Gennevilliers, Port-de-Bouc ou Mitry-Mory. Une prouesse, dans un contexte où le « cordon sanitaire » contre le RN a été consciencieusement miné par LR et les macronistes. Depuis des semaines, la gauche, LFI en tête, est diabolisée, ses forces divisées, tandis que le RN et Reconquête sont admis à la table du banquet républicain. Raison de plus pour dresser un rempart solide en unissant toutes les forces de gauche encore en lice au second tour.

 

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