Sauf décision élyséenne surprise les élections municipales sont le dernier rendez-vous avec le suffrage universel direct avant la présidentielle de 2027. C’est dire si leurs résultats sont lourds de sens pour l’avenir, même si, avec des dizaines de milliers de scrutins locaux, il est toujours difficile ou hasardeux de déceler des lignes de force comme dans une élection nationale.
La participation la plus
faible enregistrée à ces élections, hors pandémie de Covid de 2020, donne toutefois la mesure de
la crise démocratique qui s’approfondit dangereusement. Moins de six
électeurs sur dix se sont déplacés, dimanche. Il était trop tôt, à 23 heures,
pour jauger défintivement la percée de l’extrême droite, qui a investi cette élection
comme jamais en nombre de listes et de candidats. Mais elle
est en position de disputer, dimanche prochain, des
villes importantes comme Nice, Toulon, voire Marseille et Nîmes,
au coude-à-coude avec la gauche unie, ou encore Montargis, Vierzon et
Aubagne.
Si, selon des
résultats partiels, la gauche semble bien
résister dans des villes qu’elle dirige, à l’instar de
Paris, Lille, Nantes ou Poitiers, enlever des mairies à la
droite pourrait être plus difficile qu’espéré, comme au Havre, où Édouard
Philippe est arrivé en tête. Cette résistance de la gauche tient
à la préférence donnée aux listes d’union par les
électeurs. Quant à LFI, qui a fait souvent cavalier seul, elle ne parvient
pas à franchir les 10 ou 12 % dans de nombreuses villes,
exceptées Saint-Denis, Roubaix, Lille ou Toulouse.
Des maires de
gauche ont ainsi été élus ou réélus dès le premier tour, comme le
communiste Fabien Roussel à Saint-Amand-les-Eaux et plusieurs de ses
camarades à Allonnes, Avion, Tarnos, Dieppe, Gennevilliers,
Port-de-Bouc ou Mitry-Mory. Une prouesse, dans un contexte où le
« cordon sanitaire » contre le RN a été consciencieusement miné
par LR et les macronistes. Depuis des semaines, la gauche, LFI en tête,
est diabolisée, ses forces
divisées, tandis que le RN et Reconquête sont admis à la table du
banquet républicain. Raison de plus pour dresser un rempart
solide en unissant toutes les forces de gauche encore en lice au
second tour.

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