mardi 31 mars 2026

« Pas de débat démocratique sans débat scientifique », l’éditorial de Stéphane Sahuc.



Pour la seconde année, le mouvement Stand Up for Science a fait son printemps. Initié aux États-Unis et repris dans de nombreux pays, dont la France, il est le symptôme d’une inquiétude profonde : celle de voir la parole scientifique reléguée, contestée, instrumentalisée – parfois même disqualifiée – dans l’espace public. Car nous vivons un moment paradoxal. Jamais la science n’a été aussi présente dans nos vies – des crises sanitaires aux enjeux climatiques, des innovations technologiques aux politiques publiques – et, pourtant, jamais elle n’a autant été attaquée, fragilisée dans sa légitimité sociale.

Comparé à d’autres mouvements de chercheurs et d’universitaires, Stand Up for Science n’est pas seulement une demande de moyens, même si celle-ci est réelle et vitale. C’est un cri d’alerte adressé à la société. Une alerte sur la manière dont nos élites politiques, médiatiques et économiques traitent le savoir et la complexité. La science n’est pas une vérité figée.

Elle est un processus, une méthode, une élaboration faite d’hypothèses, de contradictions, de mises et remises en question. Et c’est précisément cela qui est attaqué par Trump et ses semblables. Ce qui est visé, c’est la possibilité, pour la science, de décrire le réel – présent ou passé – de manière indépendante.

Ce que défendent celles et ceux qui se lèvent pour la science, c’est cette possibilité-là : Celle d’une science qui ne soit pas entièrement subordonnée à la justification politique ou à l’intérêt économique. La possibilité d’un savoir qui conserve son autonomie de production et sa capacité à contester les idées reçues et les discours tout faits. Le mouvement Stand Up for Science pose une question essentielle : quelle place voulons-nous accorder au savoir et à la complexité dans nos sociétés ?

En fait, il ne s’agit pas simplement de « défendre la science ». Comme le dit dans nos colonnes Olivier Berné, astrophysicien et coanimateur du collectif Stand Up for Science France, il s’agit de « défendre notre capacité collective à décrire le réel et à débattre à partir de faits ». Donc de défendre les conditions indispensables à un débat public éclairé et contradictoire et, de ce fait, la démocratie.

 

Le chroniqueur de la « Tribune dimanche » a le cerveau gelé, le billet de Maurice Ulrich.



Guillaume Durand, qui eut naguère une certaine notoriété, est désormais chroniqueur dans la Tribune dimanche, où, nous dit-on, il « plante sa plume dans le cœur des politiques ». Cette semaine Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale.

Il raconte : « Mercredi dernier 9 heures du matin (…) le gravier crisse comme une neige de fin d’hiver. On se les gèle depuis la nuit ? J’ai froid, le cerveau gamberge »… On compatit, mais entre autres épisodes de son épopée, on lit ceci : « Je me suis un peu réchauffé en regardant les photos où elle saute en parachute ou passe vingt-quatre heures dans un sous-marin nucléaire. »

Une fois, aussi, pendant une manifestation, « elle a été touchée par une boule de neige ». Mais surtout, on en sait plus sur ses goûts musicaux. Indochine, McCartney et elle danse « avec Taylor Swift ». D’où le titre de la chronique : « Taylor Swift au perchoir ». Ne pouvant croire que Guillaume Durand se paye la tête de la présidente de l’Assemblée nationale, on pense qu’il n’avait pas le cerveau vraiment réchauffé.

 

lundi 30 mars 2026

« Le racisme crasse de CNews et de l'extrême droite », l’éditorial de Sébastien Crépel.



Les séquences de la télé de Bolloré où l’élection de Bally Bagayoko comme maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) a été comparée aux mœurs des tribus de singes ne doivent pas rester impunies. Les intervenants de CNews testent les limites de l’État de droit, mesurant ses failles à chaque provocation, repoussant toujours plus loin les frontières de l’intolérable.

Ces atteintes à notre humanité commune fonctionnent comme le nouveau territoire du dicible, une victoire supplémentaire qui sert ensuite d’étalon à l’extrême droite pour s’engouffrer dans la brèche. Derrière, Pascal Praud développe la théorie fumeuse et nauséabonde du « grand remplacement », en fantasmant une « victoire ethnique ou religieuse » à Saint-Denis.

La menace du RN n’est pas celle du grand soir électoral qui ferait d’un seul coup céder les digues. C’est l’histoire d’une acculturation progressive à ses idées, presque inconsciente, par touches, qui rend permissible ce qui était autrefois inacceptable. À Montargis (Loiret), des soutiens du RN vomissaient quotidiennement leur venin raciste sur Divine, leur voisine noire. Aujourd’hui, des « experts » reprennent leur rhétorique en direct.

Et cela fonctionne. Il y a douze ans, l’épouvantable jeu de mots d’un torchon confidentiel comme Minute comparant Christiane Taubira à un singe entraînait un tollé et une condamnation pénale de son directeur. La question de l’interdiction du titre était posée. Dorénavant, on cherche en vain l’indignation en rapport avec les horreurs proférées sur une chaîne d’info nationale. Que fait l’Arcom ?

L’animalisation est un vieux ressort du racisme biologique le plus crasse, qui sert à maintenir les privilèges en place. En 1960, Patrice Lumumba avait décrit en une formule choc l’accession des Congolais à la dignité par l’indépendance : « Nous ne sommes plus vos macaques ! »

En France, la déshumanisation d’une partie du peuple est à la base d’un projet de fracture de notre pays, fondé sur un racisme qui masque une prolétariophobie plus large, terreau de « l’union des droites ». Au fond, on reproche aux Dionysiens de voter pour faire société autrement. Le racisme est l’instrument pour tenir cette perspective à distance.

 

« Le pape Léon XIV en croisade contre l’IVG à Monaco », le billet de Maurice Ulrich.



Faute de s’adresser à Babylone la grande, le pape Léon XIV s’est plus modestement adressé au peuple du Rocher. Pourquoi Monaco où il a d’abord été reçu par le prince Albert II, la princesse Charlène et leurs charmants enfants ? Babylone la grande était la ville de l’étalage des richesses et des fausses religions, qui régnait sur les rois de la terre.

Le pape a peut-être choisi de s’entraîner sur sa miniature, quand bien même le prince avait annoncé qu’il venait à la rencontre « d’un peuple divers dans un pays où le catholicisme est la religion d’État et où il y a une vraie ferveur ». On croyait plutôt que c’était l’argent.

Toujours est-il que le chef spirituel des catholiques a invité comme il se doit à « mettre la richesse au service du droit et de la justice », mais aussi, dans la principauté où l’IVG est toujours illégale, à défendre et promouvoir chaque vie « de sa conception à sa fin naturelle ». C’était peut-être ça le message, pas seulement pour Monaco, urbi et orbi.

 

samedi 28 mars 2026

"Stigmatisations ", le bloc-notes de Jean-Emmanuel Ducoin.

 


NOIRS : Dans la longue série des rumeurs de haute intensité crapuleuse, il en est une, donc, qui aura marqué d’une tache brune l’après-premier-tour des élections municipales. Celle visant Bally Bagayoko, nouveau maire (LFI) de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), en dit long sur l’état de la France et des vieux réflexes si peu refoulés qu’ils resurgissent à la moindre occasion. Il aura suffi de quelques heures. Une victoire nette, incontestable, issue des urnes dès le premier tour – et déjà, le soupçon.

À Saint-Denis, l’élection n’a pas seulement changé une majorité municipale. Elle a déclenché autre chose. Un réflexe. Presque un automatisme. Celui qui consiste, dans notre pays, à interroger la légitimité de certains élus – non pas à partir de leurs actes, mais de ce qu’ils incarnent. Bally Bagayoko avait dit, afin d’honorer son illustre cité : « La ville des rois et du peuple vivant », expression du poète et journaliste communiste et dionysien Jean Marcenac, formulée dans l’Humanité après la Seconde Guerre mondiale.

La phrase référencée est devenue : « La ville des Noirs et du peuple vivant. » Cette fausse citation attribuée au nouveau maire de Saint-Denis fut ainsi relayée bien au-delà des sphères d’extrême droite sur des plateaux d’information par des journalistes, sans vérification en dépit d’une manipulation grossière. Saint-Denis : avec sa basilique, nécropole royale, et son identité populaire, qui rassemble environ 150 nationalités différentes issues des cinq continents.

Et Saint-Denis, à un degré de désinformation inouï, devient « la ville des Noirs ». La possible croyance à l’authenticité de cette phrase se veut révélatrice du préjugé consistant à enfermer les personnes racisées des quartiers populaires dans un cliché communautariste et revendicateur.

RÉFLEXES : « Ville de Noirs ». Une formule qui ne dit rien de la réalité sociale, mais tout de ceux qui la brandissent. Leur angoisse sourde : celle d’une France qui change, d’une sociologie qui échappe aux vieux schémas, d’un pouvoir local qui ne ressemble plus à ceux qui, un peu partout, en détenaient les clés. Bally Bagayoko n’est pas seulement un nouveau maire. Il est devenu, malgré lui ou peut-être à cause de cela, le révélateur d’un malaise plus profond.

Celui d’une bourgeoisie qui regarde les héritiers de l’immigration comme une anomalie politique. Comme une présence tolérée tant qu’elle reste à la marge, mais inquiétante dès lors qu’elle accède au centre. Car cette polémique n’a rien d’innocent. Elle recycle, sous une forme à peine maquillée, les vieux réflexes de relégation. Hier, on parlait de « banlieues difficiles ».

Aujourd’hui, on essentialise, on réduit une ville entière à une couleur de peau. Comme si la diversité était un problème en soi. Comme si la démocratie devait s’arrêter aux portes de certains quartiers. Comme si une partie de la population serait, par « nature », moins légitime à gouverner.

MIROIR : La peur de perdre un monopole symbolique sur le pouvoir. Mais la démocratie n’a rien d’un club privé. Elle n’appartient ni à une classe, ni à une histoire unique. Elle est, ou elle devrait être, l’expression de toutes les légitimités. L’élection de Bally Bagayoko dérange.

Non pour ce qu’elle serait, mais pour ce qu’elle symbolise : un déplacement du centre de gravité. Une redistribution des cartes. Une irruption de ceux qu’on préférait invisibles dans les lieux de décision. On pourra toujours habiller cette gêne de considérations techniques, de débats sur la gestion municipale. Le jeu démocratique, en somme. Mais quand surgissent des expressions comme « ville de Noirs », il ne s’agit plus de politique.

Mais d’un symptôme. Depuis deux siècles, les fantasmes accolés à la Seine-Saint-Denis ne se sont jamais réalisés. Les « apaches » n’ont pas déferlé sur la capitale, pas plus que les ouvriers ivrognes, les communistes hirsutes ou les moudjahidin embusqués dans les cités.

Mais ce département de tous les records (plus fort taux de pauvreté de France métropolitaine, plus forte proportion d’immigrés, etc.) continue de fonctionner comme un miroir grossissant des paniques contemporaines, témoignant de la constance d’une « prolophobie » qui dépasse l’origine, la nationalité ou la religion de ses habitants. La France populaire mérite un autre avenir que ces caricatures. Et la République aussi.

 

vendredi 27 mars 2026

« À Cuba, solidarité et résistance face aux menaces de Trump », l’éditorial de Marion d’Allard.



Washington a toujours mis la Grande Île au centre de son viseur. Mais Donald Trump a le doigt sur la détente. « Cuba vit ses dernières heures », menace ouvertement le locataire de la Maison-Blanche, applaudi par son exécrable secrétaire d’État Marco Rubio, tout à son obsession de voir tomber le castrisme et sa révolution. Désormais, l’éventualité d’une opération militaire n’est plus taboue.

Le kidnapping du président vénézuélien Nicolas Maduro a posé l’acte I d’une stratégie explicite : mettre l’Amérique latine sous le joug états-unien, en assortissant la doctrine Monroe d’un corollaire Trump qui ne souffre aucune mésinterprétation. « Nous défendrons activement et sans crainte les intérêts américains dans tout l’hémisphère occidental, détaille la stratégie de sécurité nationale. Nous serons prêts à prendre des mesures ciblées et décisives qui serviront concrètement les intérêts des États-Unis (…) et l’armée américaine est prête à (les) appliquer avec rapidité, puissance et précision. »

Étouffés économiquement, sous le coup d’un blocus pétrolier décrété par Washington en janvier, les Cubains voient leur quotidien devenir un enfer. De reportages en témoignages, les habitants de l’île, s’ils gardent chevillé au corps l’esprit de résistance qui les caractérise, décrivent des conditions de plus en plus difficiles, « pires » que celles de la période spéciale. L’inflation explose, les coupures d’électricité et les pénuries de carburant mettent à mal le système de santé, interrompent la circulation des ambulances, les écoles fonctionnent au ralenti, les ordures s’entassent sur les trottoirs.

Face à l’urgence, des quatre coins du monde, la solidarité internationale s’organise. En route vers Cuba, les premiers navires de la flottille « Notre Amérique », affrétés par plus de 140 organisations venant de 33 pays, accostent à La Havane. L’ONU, elle, a débloqué un plan d’aide de 94 millions de dollars destinés à maintenir le fonctionnement des services essentiels. Reste à la communauté internationale le devoir d’agir à la racine du mal : stopper l’impérialisme de Washington. Où qu’il se manifeste.

« La vision catholique de Vincent Bolloré »



Le service public, ce sont les milliardaires qui en parlent le mieux. Ce doit être ce que pensent certains membres de la commission parlementaire d’enquête sur l’audiovisuel, le cheval de croisade du député LR Charles Alloncle. Et parmi les milliardaires, qui mieux que Vincent Bolloré, à la tête de CNews, pour en témoigner ? Raison pour laquelle il en était l’invité en début de semaine. Et, malgré les procès injustes qui lui sont faits, a-t-il dit, il n’a rien contre l’audiovisuel public.

Il pense juste qu’il coûte de l’argent qui serait mieux employé « à aider les agriculteurs » ou à construire « plus de porte-avions » (?) et qu’il devrait être exclusivement financé par du mécénat. En quelque sorte du public privé. Sinon, il a réaffirmé devant les membres de la commission qui, peut-être, n’en demandaient pas tant, que sa profonde foi catholique le conduit « à l’empathie, à l’écoute et au pardon », comme pour Jean-Marc Morandini, maintenu à l’antenne après sa condamnation pour corruption de mineurs, à qui il a accordé « sa miséricorde ».

jeudi 26 mars 2026

« À droite, le respect républicain, ce n’est que pour les autres », l’éditorial de Sébastien Crépel.



Les municipales qui s’achèvent ont donné lieu à des scènes de liesse électorale oubliées dans des villes populaires depuis la montée de l’abstention. Des foules, en partie jeunes, ont fêté bruyamment la victoire de leurs candidats. Les vaincus y ont forcément le mauvais rôle, surtout quand ils sont chargés, comme maires sortants, d’annoncer leur défaite. Ils ont alors l’air d’aller à Canossa, mais certains savent mieux que d’autres perdre dans la dignité, laquelle se confond souvent avec l’humilité devant la volonté populaire, ce qui doit aussi inspirer les vainqueurs du jour.

Faut-il en revanche blâmer les électeurs de Saint-Denis et du Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, parce qu’ils se sont réjouis du départ d’édiles qui les ont méprisés jusqu’à la dernière heure de leur mandat ? Que les politiques qui les stigmatisent balaient d’abord devant leur porte : ils ne suivent pas toujours à la lettre les règles du respect républicain qu’ils prônent pour les autres, et en particulier le respect dû à leurs opposants.

Le pire outrage, en démocratie, n’est pas de huer le candidat démis dans les urnes. C’est de nier le résultat du suffrage universel. De quel droit des personnalités, membres d’une coalition électorale qui se maintient au gouvernement contre vents et marées alors qu’elle a été défaite par les électeurs depuis un an et huit mois, se permettent-elles de faire la leçon aux vainqueurs du scrutin de dimanche ?

Ces derniers, au moins, n’usurpent pas leur position. Les macronistes Yaël Braun-Pivet, Guillaume Kasbarian, Aurore Bergé ou encore Gabriel Attal, chef de Renaissance, le parti de la « majorité » au glorieux bilan de deux mairies de grande ville remportées à ces municipales, feraient bien de s’en souvenir, avant de fustiger leurs concitoyens de Seine-Saint-Denis.

Les élus de quelque bord que ce soit n’ont pas à subir de violences, ce point n’est pas discutable. Ils n’ont pas non plus à en infliger. Le reste relève de la liberté d’expression. Les propos du sénateur Thierry Meignen contre une journaliste, et plus largement contre ses opposants, en particulier communistes, tout au long de la mandature écoulée, n’appartiennent sûrement pas à cette dernière catégorie. Dommage qu’il n’y ait pas beaucoup de macronistes pour s’en indigner.

« Le prix de la guerre en Ukraine », le billet de Maurice Ulrich.



On dirait qu’on oublie un peu l’Ukraine. Ce serait dommage tout de même après quatre ans d’aide et de solidarité avec le pays agressé, dernier rempart avant le défilé des chars russes sur les Champs-Élysées. Surtout avec ce que cela nous coûte. Environ 1 euro par an pour chaque citoyenne ou citoyen européen. Même chose aux États-Unis à quelques centimes près. Pour les Ukrainiens, le coût de la guerre est un peu plus élevé.

1 300 euros par an et par personne avec un salaire moyen mensuel de très exactement 534 euros. Mais on va continuer à les aider. Le Fonds monétaire international pourrait accorder un nouveau prêt conséquent au pays, à la condition que soit adopté un paquet de réformes fiscales conséquent.

En particulier avec des hausses d’impôts pour les entreprises et aussi pour les ménages. Dans une situation un peu compliquée après quelques affaires de corruption touchant même des proches de la présidence, il semblerait que cette perspective soit assez impopulaire dans la population. C’est bien la peine d’aider les gens.

 

mercredi 25 mars 2026

« Union populaire internationale contre la guerre », la chronique de Patrick Le Hyaric.



À l’exception de l’Espagne, le mouvement contre la très dangereuse guerre au Moyen-Orient reste trop faible en Europe et au-delà.

Pourtant, jour après jour, la situation s’alourdit de périls, attisés par l’agression « américano-israélienne » – en violation d’une multitude de textes constitutifs du droit international – et par les répliques iraniennes, déversant leurs missiles et leurs drones, sur les intérêts américains dans les pays du Golfe. Cette stratégie iranienne, qui vise à pousser ces nations à intervenir auprès de Trump pour que cessent les bombardements sur l’Iran, blesse tout autant le droit international.

Un cran supplémentaire est franchi avec le blocage du détroit d’Ormuz et les bombardements sur des sites énergétiques et des laboratoires nucléaires iraniens. Toujours en violation du droit international.

Déjà une crise énergétique mondiale se répand avec de redoutables conséquences pour l’ensemble de l’activité économique mondiale, dans un contexte où déjà, les indicateurs dits de « croissance économique » restaient bloqués au plus bas.

La faiblesse du mouvement des peuples, des mouvements populaires et anti-guerres, dans nos pays, est à rechercher dans la difficulté d’articuler refus de cette guerre du duo maléfique américano-israélien et soutien au peuple, aux jeunes, aux femmes, aux travailleurs iraniens, en quête d’une perspective de libération et d’émancipation contre l’impitoyable et criminelle théocratie islamique.

Les narrations médiatiques de cette agression et les récits confusionnistes sur la réalité du droit international renforcent les volontés de stériliser tout mouvement populaire en faveur du droit et contre la guerre.

La féroce répression des mollahs contre les citoyennes et citoyens iraniens se poursuit sous le déluge de fer et de feu américano-israélien. Le mouvement prérévolutionnaire engagé depuis des mois est ainsi étouffé sur l’autel des intérêts supérieurs de l’imperium. La guerre menée par Israël et les États-Unis n’est en rien une guerre de libération du peuple Iranien, pas plus que les ripostes iraniennes ne sont une résistance anti-impérialiste pour l’émancipation populaire. Le peuple iranien est pris en otage, sa souveraineté politique totalement entravée.

Du reste les discours éructés par la Maison Blanche et par les cercles fascisant du pouvoir de Tel – Aviv, appelant au renversement de la dictature de Téhéran, couvent une multitude de dangers dont le peuple iranien n’est pas dupe. Il est certain qu’en matière de démocratie, il y a mieux que l’écrasement de Gaza ou la chasse aux migrants de Minneapolis, et les tirs à balles réelles sur les opposants dans la rue.

Le peuple Iranien mesure la duplicité du chef de l’imperium engagé depuis le début de cette année dans un cycle criminel d’agressions, du Nigeria au Venezuela, du Groenland à Cuba jusqu’à la Perse, tout en livrant des armes américaines à son sous-traitant régional, pour écraser la Palestine et faire, -selon la formule d’un ministre israélien-, de « la banlieue sud de Beyrouth un nouveau Khan Younes ». C’est-à-dire de l’écraser comme à Gaza.

Pour tromper le monde et paralyser les mouvements populaires, les torrents de déclarations erratiques, parfois contradictoires de Trump jouent sur une ambiguïté permanente, pour camoufler la cohérence de la nouvelle doctrine impériale. Au lieu du concept de « changement de régime » utilisé autrefois par les néoconservateurs américains, il s’agit maintenant de viser « le changement de comportement d’un régime ». À partir de là, on peut, au choix, emprisonner les dirigeants d’un pays comme au Venezuela ou les assassiner comme en Iran.

Il y a là plus qu’une nuance ! Il s’agit d’acheter, ou de faire éclore un changement d’options du personnel politique depuis l’intérieur de l’État. Trump a expliqué qu’il peut envisager de coopérer avec des « dirigeants religieux » s’ils sont évidemment favorables aux intérêts américains.

Le premier de ces « intérêts » étant le pétrole. Expliquant après coup les raisons de la guerre en Irak, l’ancien président de la Réserve fédérale américaine, M. Greenspan avouait dans ses mémoires : « Il est politiquement gênant de reconnaître ce que tout le monde sait : la guerre en Irak est largement une question de pétrole ». Il en est de même avec cette guerre : le pétrole et le contrôle du Moyen-Orient. Deux objectifs qui n’en font qu’un. L’économiste et géographe David Harveyla très bien expliqué : « Quiconque contrôle le Moyen-Orient, contrôle le robinet du pétrole mondial et quiconque contrôle le robinet du pétrole mondial peut contrôler l’économie mondiale ».

Le capitalisme Nord-américain compte se relancer en faisant main basse sur les robinets de pétrole du Golfe permettant de contrarier les demandes et besoins de La Chine. La mise en place de co-entreprises entre des mastodontes du numérique et de l’intelligence artificielle américaines avec les pétromonarchies du Golfe pour construire des centres de données très énergivores, en captant d’énormes masses de capitaux et une énergie bon marché dans ces États, renforce encore le grand capital Nord-américain dans cette guerre. Les 3 000 milliards de dollars d’actifs issus du pétrole détenus par les fonds souverains des États du Golfe l’intéressent au plus haut point.

Ainsi, les mandataires du grand capital international justifient cette guerre en faisant croire qu’il s’agit de libérer le peuple iranien du joug des mollahs, alors qu’il s’agit de reconfigurer le Moyen-Orient à leur guise, s’accaparer les ressources en hydrocarbures, détruire la possibilité d’un État pour les Palestiniens, fragmenter le Liban, mais aussi la Syrie et l’Iran après la Libye et l’Irak.

L’onde de choc se répand d’ores et déjà dans le monde entier avec le renchérissement du prix de l’énergie qui risque de pousser des centaines de millions de familles populaires supplémentaires dans les difficultés financières, la misère et la pauvreté, tandis que les accords de Paris sur la réduction de la consommation d’hydrocarbures continuent d’être violés au détriment du climat et de la biodiversité. Il est curieux que les commentaires politiciens d’après élections municipales n’abordent aucunement ces cruciaux enjeux pour la vie quotidienne de l’immense majorité de nos concitoyens.

Dans sa recherche de domination du monde, Washington a besoin du désordre mondial, de la violation permanente de la charte de L’ONU, du pompage des richesses créent par le travail en Europe comme au Moyen-Orient ou en Amérique Latine pour combler ses déficits et alimenter son complexe militaro-industriel.

Il y a urgence pour l’Union européenne à sortir du suivisme, même tacite, des visées et des analyses élaborées dans les couloirs de la Maison Blanche. Les peuples doivent se faire entendre pour y parvenir. Ils doivent refuser la guerre et son corollaire : « l’économie de guerre ».

De nouvelles cures d’austérité se préparent. En trois semaines de guerre contre l’Iran, les États-Unis ont consommé plus d’armes que la totalité de celles qu’ils ont livrées à l’Ukraine depuis 2022. Les « énergies sociales » se manifestent. Le peuple ukrainien résiste. Les peuples iraniens souffrent et aspirent à la liberté sans les bombes. L’impérialisme étasunien n’enraye pas son propre déclin. Les grands pays de l’OTAN refusent pour l’instant de s’engager dans cette aventure. Une cassure a dû se produire avec les menaces d’agression contre le Groenland, le Canada ou l’Union européenne. Celle-ci n’est pas réparée. Et le discours de Trump aux capitalistes européens lors du Forum de Davos ne produit pas les effets escomptés. Ceci ne fera que renforcer les contradictions internes du capitalisme qui ne le rendent encore que plus dangereux dans sa mise au pas des travailleurs et des peuples. Raison de plus, d’agir sur ces contradictions afin de porter haut le drapeau de la paix, des libertés, de la justice sociale et écologique.

Quand les risques accrus de dérapage et de basculements vers une guerre mondiale – qui serait la fuite en avant devant des contradictions devenues insolubles – il est urgent, décisif, crucial de se mêler des affaires du monde.

Un mouvement populaire en Europe, combinant la défense des conquis sociaux et le « pouvoir de vivre mieux » et le combat contre les guerres, doit rejoindre et renforcer, le mouvement des femmes, des étudiants et des travailleurs iraniens, soutenir l’opposition à Trump aux États-Unis et son mouvement de défense des libertés publiques, du pouvoir d’achat populaire, des droits des migrants. Le 28 mars sera une nouvelle journée anti-Trump aux États-Unis.

Combat pour la paix et pour le respect du droit international, luttes sociales et écologiques, s’imbriquent, s’épaulent, se mêlent pour porter l’émancipation et un nouvel internationalisme en actes.

C’est un large mouvement des peuples, aux États-Unis comme en Europe, dans les pays arabes comme en Amérique Latine ou en Afrique, contre toutes les guerres à commencer par les guerres en Ukraine et au Moyen-Orient, qui peut écarter les risques d’une guerre mondiale.

Dans notre pays, à cause de sa constitution et de son régime présidentialiste, l’immensité des enjeux nous confèrent une grande responsabilité.

Contrer les projets trumpiens ou Poutiniens appelle à combattre l’arrivée au pouvoir d’une union des droites autour du rassemblement national dont on a vu les prémisses lors des élections municipales. À l’opposé, la construction d’une union populaire pour le progrès social, écologique, démocratique et un internationalisme appuyé sur le droit international et la paix, constituerait un puissant souffle progressiste pour d’autres peuples. Telle devrait être la tâche de l’heure.

 

« Au Moyen-Orient, les lignes de front s’enchevêtrent », l’éditorial de Rosa Moussaoui.



Qui peut encore accorder le moindre crédit à la parole de Donald Trump ? Le président des États-Unis est coutumier des ultimatums périmés, des négociations pulvérisées par les opérations militaires, des volte-face aux effets aussi fulgurants que lucratifs sur les marchés boursiers.

Officiellement, il rechercherait les voies d’une désescalade, un mois après le déclenchement au Moyen-Orient d’une guerre israélo-américaine qui ébranle l’économie mondiale et meurtrit les peuples de la région sans faire vaciller le régime des mollahs. Hier encore, il menaçait de raser les infrastructures énergétiques de l’Iran pour forcer la réouverture du détroit d’Ormuz. Il a soudain changé de ton : le voilà qui prétend vouloir renouer avec la diplomatie, et même qui se flatte de « discussions productives ».

À Téhéran, on dément l’existence de tels pourparlers. Des émissaires turcs, égyptiens, pakistanais ont beau s’affairer : les bombes pleuvent toujours et l’armée américaine déploie ses marines et ses navires d’assaut amphibies en vue d’une possible attaque terrestre – peut-être limitée aux côtes iraniennes ou à l’île de Kharg, plaque tournante de l’exportation de pétrole contre laquelle Donald Trump, alors jeune requin de l’immobilier, promettait, en 1988, de mener « une attaque dévastatrice ».

Diversion ? Pendant que la Maison-Blanche orchestre ses coups de théâtre, Israël laisse libre cours à ses desseins expansionnistes au Liban, en Syrie et en Palestine, où Benyamin Netanyahou et son gouvernement de fanatiques cherchent à précipiter un basculement décisif.

En Cisjordanie, la décision d’accélérer le processus d’enregistrement foncier ouvre la voie à un mouvement massif de dépossession, de spoliation des terres des Palestiniens, chaque jour exposés aux attaques violentes et coordonnées des colons, aux expulsions, aux transferts forcés. À l’ombre de la guerre en Iran, l’occupation devient annexion. Dans la croisade qui embrase le Moyen-Orient, les lignes de front s’enchevêtrent. Avec elles, c’est tout l’édifice du droit international que Donald Trump et Benyamin Netanyahou sont décidés à réduire en cendres.

mardi 24 mars 2026

« Après les municipales, remettre le changement à l’ordre du jour », l’éditorial de Stéphane Sahuc.



Depuis dimanche soir, la France se trouve dans un paysage politique inédit. Jamais autant de forces politiques ne se sont retrouvées à gérer des villes d’importance. Des bascules à gauche attendues n’ont pas eu lieu, tandis que certaines villes, que l’on pensait acquises, ont au contraire viré à droite. Rien n’est simple, et c’est précisément pour cela qu’il faudrait prendre le temps de comprendre. Au lieu de quoi on disqualifie. Ici on réduit des candidatures à des handicaps, là on accuse une stratégie de rabougrir l’espace commun.

De fil en aiguille, depuis plusieurs mois, les mots prononcés, les jugements définitifs et les anathèmes creusent des fossés de plus en plus profonds, non seulement entre les formations politiques, mais également entre leurs militants. Heureusement, les électeurs de gauche, souvent, déjouent ces logiques de séparation. Les reports de voix, dans de nombreuses communes, témoignent d’une intuition persistante : celle que l’essentiel se joue ailleurs que dans les frontières dressées entre les organisations.

Mais dans la fracturation politique d’aujourd’hui se dessinent déjà les campagnes de demain. Si rien ne change à gauche, la prochaine séquence électorale sera moins marquée par un débat sur les attentes des classes populaires et des salariés – en matière d’emploi, de logement, de santé ou d’éducation – que par un affrontement entre deux gauches annoncées comme irréconciliables. Les principaux bénéficiaires de cette situation sont la droite et l’extrême droite.

Elles n’ont même plus besoin de combattre frontalement : il leur suffit d’attiser les divisions, de caricaturer, de diaboliser – pendant que, de l’autre côté, on s’emploie trop souvent à leur faciliter la tâche en s’appliquant à cliver encore et encore.

Rien n’est pourtant joué. Mais à une condition : sortir de la logique des mises en cause réciproques pour rouvrir un espace de débat. Revenir aux questions qui importent, aux transformations à engager, aux chemins concrets pour y parvenir. Refaire de la politique une matière où s’élabore du commun. Bref, remettre le changement et l’espoir à l’ordre du jour.

lundi 23 mars 2026

« Municipales 2026 : l’accession au pouvoir de l’extrême droite n’a rien d’inéluctable », l’éditorial de Maud Vergnol.



On respire un peu mieux ce soir. Le climat suffocant de cette campagne électorale n’aura pas vu déferler la vague brune qu’on pouvait redouter il y a encore quelques semaines. L’extrême droite, qui espérait faire de ce scrutin un tremplin pour la présidentielle, ne réalise pas la percée spectaculaire espérée, ni à Marseille, ni même à Toulon, chez la protégée de Marine Le Pen.

Mais le Rassemblement national (RN) consolide incontestablement son ancrage local et, dans le même mouvement, son entreprise de normalisation. Ses édiles ont été confortablement réélus, et le parti de Jordan Bardella a raflé de nombreuses villes moyennes. La fusion des droites a commencé dans les urnes, et le front républicain – le vrai – semble désormais bien fébrile, après des mois de confusionnisme dans le débat public visant à banaliser le RN. Son électorat n’a pas hésité à glisser des bulletins « Les Républicains » (LR) pour déloger la gauche de ses bastions, comme ceux du parti socialiste à Tulle ou à Clermont-Ferrand, qui bascule à droite pour la première fois depuis la Libération.

Mais la France montre à nouveau que l’accession au pouvoir de l’extrême droite n’a rien d’inéluctable, qu’avec l’unité populaire derrière des candidats de rassemblement et de vrais projets de transformation sociale la gauche peut lui barrer la route. En dépit du retour du discours mortifère des « deux gauches irréconciliables », les forces progressistes ont su retrouver le chemin de l’union pour enrayer cette vague brune.

Si elle n’y résiste pas uniformément, avec des échecs sévères, la gauche conserve les trois plus grandes villes du pays, et dirigera 8 des 10 plus grandes cités, infligeant une cinglante défaite à Rachida Dati dans la capitale et à François Bayrou à Pau. Elle réalise aussi de belles conquêtes, comme à Roubaix, Amiens, Saint-Étienne et Nîmes, où le communiste Vincent Bouget ravit la ville à la droite.

Ces municipales, dernière marche avant les scrutins décisifs de 2027, dessinent un paysage politique fragmenté, avec des dynamiques électorales bien plus complexes que ce que révèle le scrutin dans les grandes métropoles. Elles scellent surtout une fatigue démocratique aussi dramatique que décisive, avec une abstention qui atteint encore 43 %, témoignant s’il le fallait encore de l’éloignement durable entre une partie des citoyens et des institutions politiques, jugées déconnectées de leurs souffrances et impuissantes à changer leur vie. Il reste un an pour les convaincre du contraire.

vendredi 20 mars 2026

POUR CÉLÉBRER LE PREMIER JOUR DU PRINTEMPS.

 


Les saisons sont essentielles, elles rythment nos vies, dans un élan immuable... Elles forment des cycles qui ponctuent nos vies comme le jour et la nuit qui se succèdent, elles sont des repères dans le temps...

"Voici donc les longs jours ! Voici le printemps !"

Un poème consacré au printemps, un poème où la nature personnifiée s'anime et devient une entité vivante, c'est un texte rempli de fraîcheur et d'animisme que nous offre, ici, Victor Hugo...

 

Des exclamations, qui révèlent bonheur et admiration, ouvrent le texte : l'énumération du premier vers restitue une sorte d'exaltation, devant le renouveau du printemps, la lumière est mise en valeur, associée à "l'amour" et au "délire".

Le poète se charge d'annoncer le printemps, par une formule réitérée : "voici les longs jours, voici le printemps !" Puis il déroule les mois, "mars, avril, mai, juin", en les caractérisant familièrement et simplement : "avril au doux sourire, Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis."

 

Ces mois du printemps deviennent des êtres vivants qui nous accompagnent de leur bienveillance.

Le décor est, ensuite, évoqué : des arbres, des peupliers semblent, eux aussi, s'animer pour offrir un cadre somptueux au poète : on les voit "se courber mollement comme de grandes palmes..."

 

Un oiseau vient compléter le tableau et assure un fond sonore à l'ensemble : "L'oiseau palpite, au fond des bois tièdes et calmes."

Et le poète perçoit tout le bonheur du monde dans cette renaissance : "Il semble que tout rit, et que les arbres verts sont joyeux d'être ensemble..."

Le champ lexical du bonheur apparaît : "tout rit, joyeux, quelque chose d'heureux, chanter..."

Les arbres deviennent même l'image du poète : "il semble... qu'ils se disent des vers..."

Le jour et le soir deviennent des entités vivantes, le jour apparaît "couronné d'une aube fraîche et tendre", et le soir se révèle "plein d'amour"...

Enfin, la nuit se met à l'unisson de la nature renaissante, puisqu'on y perçoit un chant de bonheur...

 

La simplicité de ce poème, la nature humanisée, emplie de vie traduisent une complicité entre l'homme et le monde qui l'entoure.

Des sensations visuelle, tactile, auditive viennent ponctuer le texte et nous font ressentir une forme d'harmonie : le vert des arbres, leurs grandes palmes, un chant heureux dans l'infini de la nuit...

 

Ce poème nous transmet une ivresse de bonheur et de tendresse : la nature se met à l'unisson de Victor Hugo, elle invite à l'amour, à la joie de vivre.

Victor Hugo nous fait, aussi, percevoir l'écoulement du temps, le jour, le soir, la nuit, les mois qui se succèdent, comme un bonheur à savourer.

Les sonorités contrastées de sifflantes "s" très douces et de gutturales "r" plus âpres traduisent à la fois un apaisement et une exaltation...

Voici le poème de Victor HUGO :

 

« PRINTEMPS »

« Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !

Voici le printemps ! Mars, avril au doux sourire,

Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !

Les peupliers, au bord des fleuves endormis,

Se courbent mollement comme de grandes palmes ;

L'oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;

Il semble que tout rit, et que les arbres verts

Sont joyeux d'être ensemble et se disent des vers.

Le jour naît couronné d'une aube fraîche et tendre ;

Le soir est plein d'amour ; la nuit, on croit entendre,

A travers l'ombre immense et sous le ciel béni,

Quelque chose d'heureux, chanter dans l'infini ».

 

« Pourquoi le quinquennat d’Emmanuel Macron incarne l’imposture écologique », l’éditorial de Marion d’Allard.

En peinture comme en politique, le vernis n’a jamais fait l’œuvre. Au crépuscule d’un second quinquennat chaotique, la réalité des faits a...