Washington a
toujours mis la Grande Île au centre de son viseur. Mais Donald Trump a le
doigt sur la détente. « Cuba vit ses dernières heures », menace ouvertement le
locataire de la Maison-Blanche, applaudi par son exécrable secrétaire d’État Marco Rubio, tout à son obsession
de voir tomber le castrisme et sa révolution. Désormais, l’éventualité d’une
opération militaire n’est plus taboue.
Le kidnapping
du président vénézuélien
Nicolas Maduro a posé
l’acte I d’une stratégie explicite : mettre l’Amérique latine sous le
joug états-unien, en assortissant la doctrine Monroe d’un corollaire Trump qui
ne souffre aucune mésinterprétation. « Nous défendrons activement et
sans crainte les intérêts américains dans tout l’hémisphère occidental,
détaille la stratégie de sécurité nationale. Nous serons prêts à prendre des
mesures ciblées et décisives qui serviront concrètement les intérêts des
États-Unis (…) et l’armée américaine est prête à (les) appliquer avec rapidité,
puissance et précision. »
Étouffés
économiquement, sous le coup d’un blocus pétrolier décrété par Washington en janvier,
les Cubains voient leur quotidien devenir un enfer. De reportages en
témoignages, les habitants de l’île, s’ils gardent chevillé au corps l’esprit
de résistance qui les caractérise, décrivent des conditions de plus en plus
difficiles, « pires » que celles de la période spéciale. L’inflation
explose, les coupures d’électricité et les pénuries de carburant mettent à mal
le système de santé, interrompent la circulation des ambulances, les écoles
fonctionnent au ralenti, les ordures s’entassent sur les trottoirs.
Face à
l’urgence, des quatre coins du monde, la solidarité internationale s’organise.
En route vers Cuba, les premiers navires de la flottille
« Notre Amérique », affrétés par plus de 140 organisations venant de 33 pays, accostent à
La Havane. L’ONU, elle, a débloqué un plan d’aide de 94 millions de
dollars destinés à maintenir le fonctionnement des services essentiels. Reste à
la communauté internationale le devoir d’agir à la racine du mal : stopper
l’impérialisme de Washington. Où qu’il se manifeste.

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