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mardi 23 juin 2026

« L’Humanité sur tous les fronts de l’information », la tribune de Fabien Gay.

 



Face à la concentration des médias, à la puissance des  plateformes et à la progression des récits d’extrême droite, « l’Humanité » engage une nouvelle étape de sa transformation et de sa révolution numérique. Son ambition : toujours mieux vous informer pour vous être toujours plus utile ; porter une voix et un regard communiste et populaire, à partir d’informations fiables et sourcées, indépendante des puissances  de l’argent.

Depuis plus de cent vingt ans, l’Humanité accompagne les combats du mouvement ouvrier, du monde du travail et de toutes celles et ceux qui luttent pour l’émancipation humaine et pour la paix. Notre journal, qui a traversé les tempêtes de l’histoire, a su se transformer tout en gardant son identité, ses valeurs, ses buts – informer nos lecteurs, leur donner matière à penser, leur permettre de comprendre le monde pour contribuer à le transformer.

Aujourd’hui, une nouvelle étape s’ouvre.

Elle découle d’une transformation profonde de la manière dont l’information est produite, diffusée et reçue. On ne s’informe plus seulement en ouvrant un journal ou en consultant un site : on découvre une actualité dans une vidéo, sur un réseau social, à travers un moteur de recherche, et de plus en plus par l’intelligence artificielle. Cela ébranle l’univers médiatique. La bataille de l’information est désormais celle de la vérité des faits face à la désinformation, à la manipulation par l’image, à la parole portée par des influenceurs plutôt que des experts.

Parallèlement, jamais l’information n’a circulé aussi vite, jamais les moyens de toucher de nouveaux publics n’ont été aussi nombreux. Dans un monde en mutation, les idées communistes, les idées de progrès social et humain ont besoin de médias capables de leur donner de la force, de l’écho, de la visibilité. Ces dernières années, l’Humanité s’est transformée en profondeur. Nous avons accru notre présence numérique, investi les réseaux sociaux, créé notre studio et développé une offre vidéo ainsi qu’une édition matinale. Et je veux ici partager avec vous un constat qui nous oblige et nous encourage à la fois : nos choix produisent de bons résultats !

En 2025, nos vidéos ont cumulé 350 millions de vues. Notre audience progresse, notre visibilité grandit, et nous avons retrouvé une place reconnue dans le débat public, notamment grâce à nos enquêtes, à nos révélations. Le nombre de nos abonnés, surtout numériques, continue d’augmenter. Et, en dépit d’un contexte difficile pour l’ensemble des éditeurs de presse papier, notre chiffre d’affaires repart légèrement à la hausse.

En décembre dernier, l’Humanité a atteint la 33e place du classement des sites d’actualité établi par l’Alliance des chiffres pour la presse et les médias (ACPM) en passant devant le JDD. Dans un monde où l’information est bollorisée, ce n’est pas rien ! Et tout cela, c’est grâce à vous ! C’est le fruit de vos lectures, de votre fidélité, de l’action des militants et des comités de diffusion de l’Humanité, partout en France, et du travail collectif de toute une rédaction.

Malgré ces réussites, il faut aussi regarder la réalité dans laquelle nous avançons. Comme tous les titres de la presse quotidienne nationale, l’Humanité est confrontée à des bouleversements profonds. Les habitudes de lecture changent vite, et la diffusion de la presse papier recule depuis plusieurs années, de façon quasi inexorable. Dans le même temps, les coûts de production augmentent fortement. Les tarifs postaux ont encore progressé de près de 8 % en début d’année. Le nombre de points de vente et de kiosques diminue, le prix du papier reste élevé et les aides publiques à la presse baissent d’année en année.

Tous les quotidiens nationaux sont confrontés à cette même réalité et adaptent la place accordée au papier. Nous faisons nous aussi ce choix.

Chaque jour, nous vous donnerons trois grands rendez-vous numériques.

Devenir pleinement un média 360° implique de repenser notre manière de produire et de présenter l’information. Cela ne veut pas dire céder à la course de vitesse ni publier davantage d’articles sans hiérarchiser l’information, sans prendre le temps de la vérifier, de la recouper. Cela veut dire être capable de vous informer lorsque l’actualité se produit, puis de vous apporter les explications, le recul et la profondeur nécessaires dans les heures qui suivent.

Notre journée éditoriale s’organisera prochainement autour de trois grands rendez-vous numériques. Le matin, vous retrouverez les informations importantes de la nuit et les premières clés pour comprendre la journée. À la mi-journée, nous ferons le point sur ce qui s’est produit et sur les enjeux qui se dessinent. En fin de journée, nous vous proposerons de prendre du recul avec nos analyses, nos enquêtes, nos entretiens. Et contrairement aux idées reçues, s’informer sur Internet ne constitue pas un abandon de la lecture.

C’est par la complémentarité des modes d’information que le public construit son rapport à l’information. Nous le constatons avec une tendance croissante de nos abonnés numériques, qui s’engagent auprès de nous par la vidéo ou sur le site Internet. Enfin, nous allons maintenant travailler sept jours sur sept, avec des équipes qui se relaieront pour être encore plus réactives à l’actualité.

Une nouvelle application, lieu privilégié de notre relation quotidienne avec vous.

Dans les mois prochains, nous lancerons une nouvelle application sur mobile. Vous pourrez y retrouver les différentes éditions, suivre l’actualité en direct, regarder nos vidéos, écouter certains articles, conserver des contenus, et retrouver plus facilement un sujet, une enquête ou une archive. C’est à partir de cette application que nous allons déployer une nouvelle stratégie de conquête d’abonnés pour atteindre les 50 000 à l’horizon 2030.

Papier et numérique : donner à chacun sa pleine utilité.

Cette transformation ne signifie pas que l’Humanité tourne le dos au papier. Bien au contraire. Je connais votre attachement au quotidien et au magazine, et je le partage avec ce plaisir inégalé du papier feuilleté. Le papier offre un rapport particulier au temps, à la lecture et à la réflexion. À partir du 29 juin, le quotidien passera à 20 pages. Cette décision répond à une réalité économique, mais elle doit aussi nous conduire à être plus exigeants dans nos choix éditoriaux en complément du numérique.

Une pagination resserrée ne signifie pas une ambition amoindrie, mais une hiérarchie de l’information plus exigeante, une plus grande lisibilité et davantage de force dans chaque édition. L’Humanité Magazine continuera d’accueillir des récits, des reportages, des grands entretiens, des pages dédiées à la culture et au débat d’idées. Nos hors-séries rempliront toujours leur mission de transmission mémorielle et d’éducation populaire.

Notre offre numérique permettra de suivre l’actualité et d’accéder rapidement à toutes nos productions. Le quotidien imprimé continuera de proposer une lecture sélectionnée et cohérente de l’actualité la plus saillante, avec le regard propre de l’Humanité. Chaque support doit désormais remplir une fonction claire. Il ne s’agit donc pas de choisir entre le papier et le numérique, mais de donner à chacun sa pleine utilité.

Plus d’un siècle après sa création, l’Humanité, journal communiste, reste fidèle à l’ambition formulée par Jean Jaurès dans son éditorial fondateur du 18 avril 1904 : « C’est par des informations étendues et exactes que nous voudrions donner à toutes les intelligences libres le moyen de comprendre et de juger par elles-mêmes les événements du monde. » C’est cette mission qui guide chaque jour notre rédaction : enquêter, décrypter, révéler, donner la parole à celles et ceux qu’on entend trop peu ailleurs. Et, modestement mais obstinément, contribuer au pluralisme de l’information et au débat démocratique.

Tout cela poursuit un même objectif : donner plus de force à la voix singulière de l’Humanité

Nous continuerons à défendre une information indépendante des puissances d’argent, attentive au monde du travail, à l’analyse des rapports de force, aux inégalités sociales, aux enjeux écologiques et aux aspirations démocratiques de notre temps.

Depuis sa création, l’Humanité n’existe que grâce à vous : lecteurs, lectrices, abonnés, soutiens, militants, et toutes celles et ceux qui pensent que son traitement singulier de l’information est indispensable. Aujourd’hui encore, nous avons besoin de vous.

S’abonner, partager nos articles, faire découvrir le journal autour de soi, participer à nos événements, convaincre de nouveaux lecteurs : ce sont ces gestes concrets qui font vivre une presse libre, indépendante et combative. L’avenir de l’Humanité ne dépend pas seulement de choix technologiques. Il dépend d’un projet politique et collectif : faire vivre, dans le monde d’aujourd’hui, une voix indispensable au pluralisme et au progrès social.

Je vous propose que nous continuions ce chemin ensemble pour ouvrir une nouvelle page et continuer à faire vivre l’Humanité, dans le siècle à venir. Pour relever ce nouveau défi, nous lancerons dans les prochains jours une nouvelle souscription.

Je sais pouvoir compter sur votre soutien et votre fidélité !

 


 

jeudi 5 mars 2026

« L’Espagne de Pedro Sanchez, l’honneur de l’Europe »



Dans une Europe vassalisée et soumise aux États-Unis, au détriment de ses propres intérêts, un pays parvient néanmoins à sauver l’honneur du Vieux Continent : l’Espagne du Premier ministre Pedro Sanchez. Attaché aux valeurs ancestrales du peuple ibérique, le président du gouvernement socialiste refuse de courber l’échine et d’accepter la loi du plus fort, exigeant le respect des principes fondamentaux du droit international.

Face à la tragédie vécue par le peuple palestinien, martyrisé par la politique colonialiste et suprémaciste d’Israël, Pedro Sanchez, qui a reconnu l’État de Palestine en 2024 et a appelé « à mettre un terme au génocide à Gaza », a dénoncé la politique d’extermination de Netanyahou. Dans le reste de l’Europe, les dirigeants des principales puissances européennes apportent au contraire leur soutien à Tel Aviv, criminalisant et réprimant la solidarité de leurs peuples avec la cause de l’humanité.

De la même manière, contrairement aux autres pays de l’Union européenne, l’Espagne a fermement condamné la guerre d’agression menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran, sans mandat des Nations unies et en violation flagrante de la légalité internationale. Pedro Sanchez a dénoncé une action unilatérale, aux conséquences dramatiques et imprévisibles pour la planète entière, et a lancé un appel à mettre fin aux hostilités et à retrouver le chemin de la diplomatie, rappelant que la violence ne pouvait jamais être la solution.

Par la même occasion, l’Espagne a formellement interdit à l’administration Trump d’utiliser les bases étasuniennes de Rota et Morón de la Frontera en Andalousie pour les opérations menées contre le peuple iranien. Privé de ces deux plateformes logistiques stratégiques, Washington s’est résolu à déplacer ses avions vers d’autres bases européennes.

De leur côté, la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, refusant de condamner la guerre d’agression, sont allés, dans un geste irresponsable, jusqu’à proposer leur aide pour stopper la riposte iranienne.

Trump n’a pas tardé à réagir en demandant au secrétaire au Trésor de « rompre toutes les transactions avec l’Espagne » et d’imposer de facto des sanctions économiques. Loin de se laisser intimider, Madrid a répondu avec la dignité qui caractérise les grandes nations : « Les États-Unis doivent se conformer au droit international et aux accords commerciaux. Nous disposons des ressources nécessaires pour contenir l’impact d’un potentiel embargo. »

 

dimanche 1 février 2026

MUNICIPALES - ROMAINVILLE : « résistance et innovation » (Robert Clément)



Toujours curieux de prendre connaissance des différents écrits sur la prochaine échéance municipale, une chose m’a frappé. Notre ville vivrait dans une bulle, une sorte d’îlot, imperméable aux nécessaires coopérations avec les villes voisines et les différentes collectivités. Imperméable aussi, au bruit du monde devenu un fracas permanent, avec ses violences et les multiples conflits qui voient périr des millions d’êtres humains. Qui n’a pas croisé, dans notre ville, des gens inquiets d’une « guerre à venir ». L’effet est très diffus, mais il y a une anxiété qu’on devine à chaque rencontre.

Alors qu’en novembre le chef d’État-Major des armées, Fabien Mandon, s’est vu offrir une tribune lors du congrès des maires, où, et en dehors de toute chaîne institutionnelle et démocratique, il a exhorté les foules à se préparer à la guerre. S’il est déjà grave qu’un général vienne renforcer une volonté militariste délétère, en présence d’élus locaux en plein débat sur la loi de finances 2026, n’est en rien anodine. En dehors du « sacrifice d’enfants », l’essentiel portait sur la nécessité de faire financer les infrastructures et personnels de l’armée par les communes et les territoires, avec en négatif, la nécessité d’embrigader le peuple dans un mythe national, comme si l’État régalien avait disparu, une mécanique bien connue en temps de crise.

Alors oui, attentifs aux préoccupations de nos concitoyens, j’estime qu’il est du devoir des élus locaux de porter « la culture de la paix ». Au-delà de la protestation contre la guerre, cultiver la paix c'est donc résister à l'air du temps en privilégiant en toutes circonstances, le dialogue, la prévention des conflits, la solidarité, le respect de l'autre, le travail de mémoire, le lien social. C’est faire de la politique, au sens le plus noble du terme. Comment peut-on se présenter à des élections en se déclarant apolitique ? Faire de la politique c’est simplement avoir des opinions, les exprimer et accepter de les confronter à d’autres points de vue. Se présenter à une élection municipale, c’est proposer à ses concitoyens de dialoguer, de partager un point de vue sur la manière de gérer la commune, sur les projets à développer. C’est tout le contraire de l’apolitisme.

Au fil de mes lectures, je mesure la difficulté de tous les « apolitiques » d’exprimer une opinion sérieuse et argumentée sur le social, l’habitat, la santé, l’éducation, la culture, le sport, les transports, la transition écologique…sans faire de politique. Il s’agit tout de même d’une drôle de posture, alors même que ces candidat-e-s postulent pour assumer une responsabilité politique en tant qu’élu-e-s. Ce sont elles et eux, faut-il le rappeler, qui font partie du collège des grands électeurs, chargé d’élire les sénatrices et les sénateurs. Leur vote est même obligatoire !

Aujourd’hui, je m’en félicite, il devient difficile de présenter aux suffrages des citoyens un projet écrit dans un bureau, par des techniciens et des experts, sous l’œil des candidat(es). Cette période est révolue. Le collectif de la liste de la gauche et de l’écologie, « Continuons Ensemble » qui est conduite par François DECHY a fait le choix d’ouvrir cette étape 2026 avec « la coopérative du projet pour Romainville ». Comme l’exprime le manifeste de lancement de cet espace « En nous rassemblant au sein d’une coopérative civique et politique nous voulons élaborer avec vous un projet d’avenir pour notre territoire si singulier. Nous le ferons en misant sur l’intelligence collective, sur l’apport des partis politiques, des corps intermédiaires, associations, syndicats, des citoyennes et des citoyens. » À cette heure plusieurs centaines de romainvilloises et de romainvillois s’y sont engagés.

En poursuivant ma navigation sur la toile je constate qu’est lancée une course à l’échalote de celle, de celui qui sera le plus « à l’écoute ». On promet de la « proximité » et du « localisme » à toutes les sauces. « Et on ne s’en cache pas : idées de droite, idées de gauche, l’important c’est d’avoir des idées pour Romainville. » Pour d’autres, « leur parti c’est Romainville. » Voilà comment on tente de masquer que les politiques nationales n’auraient aucune influence sur les choix de gestion des communes et des autres collectivités.

Plutôt que de s’en tenir à l’écume des choses, au superficiel et aux banalités, comme j’ai pu le lire, je prends pour ma part, le parti d’exprimer ce qui me paraît être l’essentiel pour assurer l’avenir de Romainville. Il n’y a pas de parois étanches entre les politiques nationales et les choix de gestion d’une commune. L’État se désengageant, ce sont des collectivités locales qui se trouvent toujours plus sollicitées. Au bout du compte, ce sont évidemment les populations qui en font les frais. J’en reviens à mes lectures, afin d’illustrer mon propos !

« Agir pour l’écologie », nous disent des candidats. Sauf que, Le « fonds vert » créé pour aider les collectivités territoriales à accélérer la transition écologique et à s’adapter au changement climatique en sort encore plus amputé qu’en 2025 où il s’élevait à 1,15 milliard d’euros. En 2026, il obtient seulement 837 millions qui peuvent s’étaler sur plusieurs années. L’objectif était de stabiliser le fonds vert à 2,5 milliards d’euros.

« La santé priorité municipale », nous disent des candidats. Mais pas un seul mot sur l’hôpital André Grégoire, malade de l’austérité, surendetté, manquant crûment de personnel avec des urgences débordées. En 2020, on applaudissait les personnels hospitaliers, aujourd’hui le pouvoir politique les ignore. Pour faire vivre notre hôpital nous avons un urgent besoin de l’action conjointe des personnels, du corps médical, des habitants et des élu-e-s.

« Développer la pratique sportive », nous disent des candidats. Oui, mais il faut tout dire. Les deux millions d’associations de notre pays, leurs 18 millions de salariés sont une richesse majeure de notre société. Dans le sport, la culture, auprès des personnes âgées ou des personnes en situation de handicap, pour nos enfants, pour la solidarité, pour l’éducation populaire, le rôle des associations est essentiel et unique en Europe. Elles sont pourtant en grave danger. 186.000 emplois sont menacés et des associations vont disparaître en raison des politiques de rigueur dures et injustes qui s’appliquent. Un plan d’urgence est aujourd’hui indispensable pour sauver les associations et redonner vie au projet républicain.

« Plus de moyens pour l’éducation », nous disent des candidats. D’accord, mais le Projet de loi de finances pour 2026, prévoyait des suppressions des postes d’enseignants titulaires. Le coup de rabot est plus important que prévu. Les écoles primaires publiques perdront 2229 « moyens d’enseignement ». Les collèges et lycées plus de 1800. Dans le premier degré, c’est moins cent quarante postes pour l’Académie de Créteil. Par ailleurs en Seine-Saint-Denis, des élèves ont perdu des dizaines d’heures de cours depuis la rentrée, faute d’enseignants. Au lycée Liberté, dans notre ville, les professeurs se sont mis en grève au mois de novembre à cause de la multiplication des non-remplacements des professeurs absents Dans ce lycée il n’y avait plus d’infirmière ni d’assistante sociale alors qu’il s’agit d’un établissement professionnel avec des élèves en grande difficulté. Par ailleurs, il manquait un proviseur adjoint depuis des mois. Dans ces domaines, comme dans bien d’autres, notre ville doit faire face à ses responsabilités. Elle le fait. Cependant elle ne pourra jamais pallier à celles d’un État qui se désengage des siennes.

Année après année, l’État fait les poches des collectivités territoriales. Le budget 2026 ne fait que prolonger cette descente aux enfers, alors que les collectivités territoriales sont en première ligne pour faire vivre la démocratie, assurer la continuité des services publics de proximité, porter l’investissement local et accompagner la transition écologique. Me rappelant l’expérience qui fut la mienne durant mes trois mandats de 1980 à 1998, je me souviens que la levée de l’impôt local était constituée par quatre taxes, la taxe d’habitation, la taxe professionnelle, le foncier bâti et le foncier non bâti. Les taxes d’habitation et professionnelle ont été supprimées et remplacées par des dotations d’État loin d’être totalement compensées.

Aujourd’hui les communes ne lèvent qu’un seul impôt : la taxe foncière. Elles ne bénéficient donc plus d’aucune autonomie financière, contrairement à ce que prescrit l’article 72 de la constitution. Je ne prétends pas qu’être maire à mon époque était un long fleuve tranquille. J’ose cependant l’affirmer, avec la sécheresse des mots qui m’est parfois reprochée, la fonction de premier magistrat d’une commune est bien plus difficile à exercer aujourd’hui. Au-delà de la crise financière, d’autres considérations doivent être prises en compte. Les conditions d’exercice d’un mandat de l’élu local se sont incontestablement transformées sous l’effet de la décentralisation, des mutations socio-territoriales et des transformations de l’action publique.  Sur tous les sujets les élus locaux font des choix. Ils ne sont pas juste des gestionnaires, ils proposent une vision. Tout ce que peuvent faire les élus municipaux se rapporte d’une manière ou d’une autre au service public. Or, trop souvent, le sujet est abordé de manière trop dépolitisée. Parce que le service public intègre à la fois la vie des gens très concrète et une vision de la société.

Dans chaque domaine l’élu est appelé à prendre des décisions structurantes, politiques, souvent encadrées par des règles juridiques strictes. La fonction d’élu municipal ne s’improvise pas. Si la démocratie locale repose sur l’engagement des femmes et d’hommes au service de l’intérêt général, elle exige des compétences de plus en plus pointues. On ne dirige pas une ville le nez sur le guidon. C’est prévoir, c’est avoir une vision sur le futur durant un mandat de sept années, et au-delà. Voilà, entre autres, l’une des principales raisons qui me conduisent à considérer, dans ces temps bouleversés, que c’est l’équipe réunie autour de François DECHY, dont font partie mes camarades Sofia DAUVERGNE, Tony LAÏDI et de bien d’autres ami-e-s, qui est la plus à même de relever les nombreux défis auxquels notre ville est confrontée. Une ville qui dans les désordres du monde, continuera à « organiser les résistances et cultiver les solutions pour le jour d’après, une ville où chaque personne a le droit de vivre, de s’exprimer, d’exister, pleinement, librement, dignement »

« Une manière commode de faire la connaissance d'une ville est de chercher comment on y travaille, comment on y aime et comment on y meurt ».

Albert Camus

mardi 30 décembre 2025

L’ANNÉE 2025 VUE PAR L’HUMANITÉ



Condamnations de Sarkozy et Le Pen, valse des gouvernements… 2025 : rétrospective d’une année politique hors normes Entre paralysie des institutions, débats fiscaux et feuilletons judiciaires, les douze mois qui s’achèvent ont constitué le cru amer d’une France entre abattement et ébullition, sous le feu mourant d’une Macronie en fin de règne.

En se souhaitant une bonne année dans les premiers jours de 2025, espérait-on vraiment que ce cru-là serait meilleur que le précédent, marqué par le séisme provoqué par la dissolution de l’Assemblée et le refus de respecter le verdict des urnes ? Un an plus tard, nous en subissons encore les répliques. En témoigne notre palmarès d’une nouvelle année dingue, triste cirque d’un système institutionnel à bout de souffle.

La Ve République, bien que moribonde, produit toujours ses effets. Même privée de majorité, même divisée, même en fin de règne, la Macronie résiste. Quand elle perd, elle gagne – surtout quand le Parti socialiste décide de lui offrir une béquille pour lui permettre de présenter des budgets parmi les plus mortifères de ces dernières décennies.

Impasse politique, crise budgétaire, déni de démocratie… Le fruit pourrit sur pied et l’extrême droite attend qu’il lui tombe tout cru dans la gueule. Certes, Marine Le Pen, condamnée, inéligible, devra peut-être remiser au placard ses rêves élyséens, mais son grand remplaçant Jordan Bardella, chouchou des médias y compris libéraux, est sur les rangs. Et les exemples de ses petits copains triomphants partout dans le monde, de Santiago à Tel-Aviv en passant par Rome, fournissent le carburant.

Tout aussi spectaculaire que celle de François Bayrou, l’explosion en vol de la fragile union du Nouveau Front populaire est l’autre enseignement de l’année. La gauche s’est écharpée sur l’attitude à adopter face à la comédie des gouvernements macronistes sans cesse renommés, avec, en fond, 2027 et la course à l’Élysée. Au point de ne pas prendre la mesure de ses zones de force : même éparpillée, elle a su mettre à l’agenda la taxe Zucman, le séparatisme des ultra-riches et les grandes boîtes gavées d’argent public.

Confirmation à chaque reportage, les Français sont usés de ce spectacle. Usés mais pas apathiques. Si l’antidote définitif au poison du « il n’y a pas d’alternative » n’a pas encore été trouvé, 2025 a été une année de luttes – du succès inattendu de la pétition sur la loi Duplomb à la digne colère des salariés d’Arcelor, en passant par les cortèges pour la paix à Gaza, dans lesquels on croise de plus en plus de visages jeunes. La clé pour débloquer traîne quelque part par là, dans ce pays qui bout et attend le poing serré 2026, dernière année pleine de la décennie Macron.

Les délinquants de l’année : Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen défrayent la chronique judiciaire

 

À votre droite, un ancien président de la République condamné à cinq ans de prison ferme pour association de malfaiteurs dans l’affaire des financements libyens de la campagne présidentielle de 2007. À votre extrême droite, une patronne du RN déclarée inéligible pour détournement de fonds publics dans le dossier des assistants parlementaires européens.

Point commun : Nicolas Sarkozy et Marine Le Pen ont tous deux défrayé la chronique judiciaire, en 2025, et vomi leur détestation des magistrats, des « juges rouges » et de l’État de droit, appuyés à chaque fois par les médias Bolloré. Savoureux de voir cet écosystème d’habitude en croisade contre le « laxisme » de la justice s’émouvoir de peines « trop sévères ». Peine perdue.

Nicolas Sarkozy n’a pas échappé à la prison, même s’il a surtout mieux transformé son court séjour carcéral (vingt jours) en succès d’édition et en cirque médiatique. Quant à Marine Le Pen, elle a tenté de faire oublier que son parti a tapé dans la caisse européenne, en jouant le refrain du scandale démocratique. Sans convaincre au-delà de ses rangs, et pour cause : Jordan Bardella parti à l’échauffement, le RN aura bien un candidat en 2027, même si la patronne est recondamnée en appel début 2026.

 La comédie de l’année : la valse des gouvernements

L’année 2025 n’égale pas l’année 2024 et ses quatre premiers ministres différents (un record depuis quatre-vingt-dix ans tout de même) mais elle nous a offert le gouvernement le plus court de l’histoire de la République. Il ne s’est écoulé que quatorze heures entre la nomination des ministres du cabinet Lecornu I, le 5 octobre, et sa démission, le 6 au matin.

Entre-temps, un tweet de Bruno Retailleau, mécontent de la composition du gouvernement (où revenait Bruno Le Maire aux armées) et laissant planer le doute sur le maintien de la participation de LR. Une farce, d’autant que Sébastien Lecornu avait mis près d’un mois (là aussi, un record) pour nommer un gouvernement en tout point similaire à celui de François Bayrou… lui-même quasiment identique à celui de Michel Barnier, censuré en décembre 2024.

En faisant de nouveau appel à des ministres dits de la « société civile » – autrement dit, non élus –, Lecornu II a au moins un peu rebrassé le casting, de toute façon largement interchangeable. Car s’il y a bien une cohérence entre la totalité des gouvernements nommés depuis la dissolution, c’est qu’ils ne sont là que pour appliquer la même politique : celle du président et ce malgré la défaite de son camp et donc la perte de sa majorité à l’Assemblée. Ce refus du verdict des urnes étant la cause principale de l’instabilité.

Les oubliés de l’année : à Mayotte, les sinistrés de Chido

Mayotte vivait déjà la pauvreté, les tours d’eau hebdomadaires, les écoles surchargées et la délinquance. Le 14 décembre 2024, le cyclone Chido venait raser le peu que possédaient les Mahorais. Depuis maintenant plus d’un an, ces derniers n’ont pas vu un seul euro de l’État, et survivent dans une précarité encore pire.

Sur place, les habitants, qui se sont battus depuis 1841 pour demeurer Français, parfois au prix du sang, sont épuisés du traitement colonial que leur réservent les différents gouvernements d’Emmanuel Macron. Cerise sur le ghetto, le président de la République osait lancer lors de sa visite sur l’île, quelques jours seulement après la catastrophe qui a vraisemblablement fait plusieurs centaines de morts : « Si ce n’était pas la France, vous seriez dix mille fois plus dans la merde !

L’avancée de l’année : le consentement inscrit dans la loi sur le viol

Le 23 octobre, les députés ont définitivement adopté la nouvelle définition du viol dans le Code pénal en y introduisant la notion de consentement. Désormais, « constitue une agression sexuelle tout acte sexuel non consenti commis sur la personne d’autrui ou sur la personne de l’auteur ».

La notion de consentement étant elle-même définie comme devant être « libre et éclairée, spécifique, préalable et révocable ». Ce succès féministe est aussi une victoire parlementaire, fruit d’un travail de concertation avec les partis, les associations, les expertes de plus de deux ans, porté par l’écologiste Marie-Charlotte Garin et la macroniste Véronique Riotton.

Au passage, le texte a aussi servi de révélateur : il a été adopté à l’unanimité de LFI à LR. Seule l’extrême droite s’y est opposée.

La révélation de l’année : les 211 milliards d’aides aux entreprises

N’y voyez aucune flagornerie. Ce n’est pas parce que c’est (aussi) le directeur de l’Humanité (et qu’on veut une augmentation) que l’on salue ici les conclusions du sénateur communiste Fabien Gay en tant que rapporteur de la commission d’enquête parlementaire sur les aides publiques versées aux grandes entreprises.

Non, c’est parce qu’elle a fait œuvre d’intérêt général, en mettant en lumière le montant ahurissant – 211 milliards d’euros en 2023 – des aides attribuées via diverses subventions, prêts, crédits d’impôts et niches fiscales. Un chiffre que le citoyen a pu découvrir en même temps que les fonctionnaires de Bercy, dont on a appris qu’ils ne disposent pas d’outil de suivi de ces montants.

Montant versé, qui plus est, sans contrepartie, à l’heure où l’on réclame aux services publics de se serrer drastiquement la ceinture. Certains groupes ont touché de l’argent public et fermé des usines. C’est le cas de Michelin. Pressé par la commission d’enquête, l’industriel a fini par rembourser 4,3 millions d’euros. À qui le tour ?

L’échec de l’année : François Bayrou, pour l’ensemble de son œuvre

François Bayrou pourra toujours s’enorgueillir d’avoir réussi à faire passer un budget après la censure de Michel Barnier en décembre 2024. Il a, en réalité, surtout profité de passer après ce dernier, et de la volonté du PS d’en finir moyennant trois francs six sous. Pour le reste, le passage du Palois à Matignon restera probablement comme l’un des plus chaotiques, des plus br

Sur le fond, François Bayrou a échoué à rallier la population à son obsession : la dette. Le 15 juillet 2025, il présente une potion budgétaire amère incluant une augmentation du temps de travail à salaire égal avec la suppression de deux jours fériés… entre autres. Il échouera de la même manière à gagner la confiance des députés, appelés à approuver son discours alarmiste.

Sur la forme, son auto-embourbement dans l’affaire des violences de Bétharram – qu’il a prise par-dessus la jambe dès le premier jour – a symbolisé la déconnexion d’un homme politique qui a fait ses gammes dans les années 1970. Un monde où régnaient des barons qui avaient rarement à rendre compte de leurs actes passés.

L’événement sous-estimé : la partielle du Tarn-et-Garonne

En plein drama gouvernemental début octobre, la législative partielle dans la première circonscription du Tarn-et-Garonne (Montauban) est presque passée inaperçue. Elle a pourtant été l’occasion pour le patron de la droite dite républicaine, Bruno Retailleau, de faire un nouveau pas en direction de l’extrême droite.

À quelques jours du second tour entre une candidate PS et son adversaire ciottiste, allié du RN, l’ex-ministre de l’Intérieur a appelé à ne « pas (donner) une voix pour la gauche ». Une rupture pour la droite par rapport au « ni-ni » (ni gauche ni Front national) de l’époque sarkozyste, elle-même en rupture avec la politique du cordon sanitaire des années Chirac à l’Élysée. Pierre-Henri Carbonnel (UDR) l’a finalement emporté.

L’« union des droites » (en fait de la droite avec l’extrême droite) progresse dans les têtes et dans les actes, en témoigne l’appel en ce sens de Nicolas Sarkozy à peine sorti de prison.

La complicité de l’année : Bardella et Netanyahou main dans la main

L’expression est éculée et, pourtant, elle reste diablement pertinente : « Les ennemis de mes ennemis sont mes amis. » Et même s’ils ont longtemps été des ennemis. Mais la haine des Arabes et des musulmans efface tous les contentieux entre le gouvernement israélien d’extrême droite et l’extrême droite française.

Fin mars, le président du RN, Jordan Bardella, successeur en ligne directe de l’antisémite notoire Jean-Marie Le Pen, est invité à Jérusalem sur fond de génocide à Gaza. Dédiabolisation ultime : l’eurodéputé participe à un colloque sur la lutte contre l’antisémitisme avec tout le gratin des néofascistes du monde entier.

Raout où le journal l’Humanité est, lui, indésirable. Il ne faudrait pas raconter de trop près ce mariage islamophobe, présenté comme une défense de la prétendue « civilisation judéo-chrétienne », entre ceux qui revendiquent abusivement de parler au nom de tous les juifs et ceux qui sont les héritiers des Waffen-SS et du maréchal Pétain.

La grossière opération de blanchissement vise à faire sauter « le verrou de l’antisémitisme » qui freine l’arrivée du RN au pouvoir, selon ses cadres, et à renvoyer le stigmate à la gauche, coupable de soutenir les Palestiniens. Un crachat sur l’histoire.

La personnalité de l’année : Amine Kessaci contre la « narcocratie »

Il aurait préféré ne pas apparaître dans notre palmarès, ou alors seulement pour son livre Marseille, essuie tes larmes (le Bruit du monde). C’est avec tristesse que nous proclamons Amine Kessaci personnalité de l’année, lui qui a vu son deuxième frère – Mehdi – être abattu à Marseille, le 13 novembre, par des narcotrafiquants.

Militant antidrogue depuis 2020, le fondateur de l’association Conscience n’a pas voulu se taire malgré la douleur et les menaces. Et il y avait d’ailleurs plus de politique dans ses interventions que dans beaucoup de prises de parole d’élus. Pour autant, il appelle à l’aide. « Les responsables politiques qui ont le pouvoir de changer les choses doivent reprendre le flambeau », martèle-t-il, forçant le respect.

Dignement, il a parlé, répété, rabâché à longueur d’interviews. Du haut de ses 22 ans, Amine Kessaci continue de se tenir droit face à la « narcocratie » qui étend son « pouvoir sur nos vies » et endeuille tant de familles, dont la sienne. Il n’est plus seul pour mener ce combat qui dépasse les clivages politiques. Du moins, espérons-le.

 

La surprise de l’année : la gauche mène la danse

À force de la voir jouer en défense, on avait presque oublié que la gauche était capable d’être offensive. Oui, la gauche peut imposer ses thèmes dans un débat politico-médiatique d’ordinaire saturé par l’islamophobie, la xénophobie et les discours sécuritaires. La preuve avec la taxe Zucman et la pétition contre la loi Duplomb.

Deux initiatives de la société civile que la gauche institutionnelle, divisée et en mal d’incarnation, a su investir pour mener la bataille culturelle. Dans l’apathie du début de l’été, Éléonore Pattery, étudiante de 23 ans, dépose sur le site de l’Assemblée une pétition intitulée « Non à la loi Duplomb – Pour la santé, la sécurité, l’intelligence collective ». « Aujourd’hui, je suis seule à écrire mais non seule à le penser », note-t-elle.

À raison : 2 131 000 personnes signent son texte. Une victoire politique mais pas législative car la représentation nationale débattra, le 7 janvier, de la loi Duplomb mais ne revotera pas. Le raz-de-marée populaire est similaire pour la taxe Zucman, du nom de l’économiste Gabriel Zucman qui veut imposer à 2 % les patrimoines supérieurs à 100 millions d’euros. 85 % des Français y sont favorables mais pas une majorité de députés, qui préfèrent défendre les ultra-riches.

Le figurant de l’année : Emmanuel Macron

Le 31 décembre 2024, le président de la République promettait une révolution en Macronie : consulter le peuple. « L’espérance, la prospérité et la paix du quart du siècle à venir dépendent de nos choix d’aujourd’hui, observait-il. C’est pour cela qu’en 2025, je vous demanderai de trancher certains sujets déterminants. »

Les naïfs qui y ont cru ont dû être bien déçus : 365 jours sont passés et aucun référendum n’est advenu. Dans une année marquée par l’instabilité politique qu’il a lui-même provoquée, le président a même disparu par intermittence. La bataille politique s’étant déportée au Parlement, Emmanuel Macron n’est plus tout à fait maître des horloges, regardant ses ministres tomber comme des dominos.

Mais, magie de la Ve République, le chef de l’État a tenu, malgré les appels à sa démission et les chutes des gouvernements. Atteignant son plus faible niveau de confiance depuis son élection selon différents sondages, il s’est par la suite replié sur la défense et l’international, pré carré de l’Élysée, pour tenter de signaler encore sa présence, annonçant ici la création d’un nouveau service militaire, là la construction d’un futur porte-avions. Accordons-lui au moins ceci : la reconnaissance (trop tardive) de l’État de Palestine.

La régression de l’année : l’industrie en lambeaux

Depuis bien des années, le constat d’une France en déclin industriel tout comme l’urgence d’un sursaut font consensus. Récemment, le 11 décembre, le tribunal de Nanterre prononçait la liquidation du groupe Brandt. 750 emplois et autant de vies sont en suspens.

Quelques jours plus tard, les services de l’État validaient le plan social d’ArcelorMittal, supprimant 608 postes, en particulier sur les sites de Dunkerque (Nord) et Florange (Moselle). Cette hémorragie a malheureusement connu d’autres épisodes plus tôt dans l’année. En novembre, c’était le groupe d’aciérie Novasco qui annonçait la liquidation de la majorité de ses sites français. Un couperet parmi d’autres, tant les fermetures se sont multipliées.

Dans le secteur de la métallurgie, donc, mais aussi dans celui de l’automobile (Michelin, Forvia, Valeo), de l’agroalimentaire (Teisseire, Blédina, Ynsect) ou de la verrerie (O-I Glass). Selon la CGT, 483 plans de suppressions d’emplois, dont 364 concernent des sites industriels, ont été décidés entre septembre 2023 et décembre 2025. Au total, ce sont plus de 107 000 emplois qui auraient été touchés, dont près de la moitié pour la seule industrie, laquelle ne représente plus que 10,6 % du PIB.

 

« Canicule : Face à l’inaction meurtrière, où est la colère ? », l’éditorial de Maud Vergnol.

Qui peut encore nier que notre humanité est face à la plus grande crise existentielle qu’elle ait jamais connue ? Combien faudra-t-il enco...