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mardi 11 août 2026

« Prise d’otage », le billet de Maurice Ulrich.



Ça ressemble à une prise d’otage. À la une de l’hebdomadaire Valeurs actuelles, on voit Léon XIV marcher aux côtés de Marco Rubio, J. D. Vance et oui, Donald Trump. Le secrétaire d’État, le vice-président qui a invité le successeur de saint Pierre à « être prudent quand il parle de théologie » et le président des États-Unis qui s’est lui-même représenté en pape et que sa conseillère spirituelle et responsable du bureau de la foi à la Maison-Blanche – mais oui, ça existe – décrit comme le nouveau sauveur, instrument de la volonté divine…

Une photo, évidemment un montage, avec ce titre : « Les catholiques à l’assaut de l’Amérique ». Et en sous-titre : « Comment l’élite catholique conservatrice prend le pouvoir à Washington et prépare déjà l’après-Trump ». En pages, un « expert », un certain Brian S. Brown, président de l’ultraconservatrice Organisation internationale pour la famille, évoque les combats communs de Donald Trump et Léon XIV en passant sous silence les critiques de ce dernier sur la guerre en Iran, la politique migratoire, etc. La vérité ne fait pas partie des valeurs actuelles

lundi 10 août 2026

« Pas de salle de bal pour Trump », le billet de Maurice Ulrich.



« Une honte nationale. » C’est la réaction de Donald Trump après la décision de la cour d’appel fédérale du district de Columbia de bloquer des travaux de la salle de bal qu’il veut faire construire à la Maison-Blanche, engagés en octobre avec la destruction au bulldozer d’une partie du bâtiment. Pouvant accueillir jusqu’à 1 000 personnes pour des réceptions et des dîners, elle devrait, selon le forcené, rendre sa splendeur à la capitale.

Pour la cour d’appel, « le gouvernement n’a pas l’autorité illimitée de redessiner, remodeler et reconstruire la Maison blanche – la maison du peuple – pour répondre au désir personnel d’un président ». Réponse de ce dernier : « Nous allons immédiatement faire appel devant la Cour suprême des États-Unis. L’armée et le secret service considèrent cette décision horrible motivée par des raisons politiques illégales. »

La salle serait aussi, dit-il, « un centre militaire cruellement nécessaire, indispensable pour la sécurité de Washington et de notre pays lui-même. Cette décision constitue une menace pour la sécurité nationale ». Et surtout qu’à la Maison-Blanche il y a tant de raisons de danser.

 

vendredi 7 août 2026

« Le Tour de France femmes sur France Télévisions…avec modération », le billet de Maurice Ulrich.



Comme le Tour de France hommes, le Tour de France femmes, c’est sur France Télévisions mais… avec modération. Dès le premier jour on s’attendait à prendre le départ et, surprise, on tombe sur une série, Hudson et Rex. Rex est un chien policier tellement intelligent qu’on se demande s’il ne l’est pas plus que son maître qui ne serait pas grand-chose sans lui…

C’est un peu bête, c’est le cas de le dire. Mais pourquoi un chien, même surdoué, plutôt que la retransmission des étapes du Tour femmes aux mêmes horaires que celles du Tour hommes ? Il fallait attendre 15 h 50. On ne saura donc pas, dès la première étape, note Marion Clignet, la présidente du syndicat français des coureuses cyclistes citée par le Monde, que Demi Vollering, l’une des grandes favorites, avait chuté en début de course, comme on ne verra pas, dans l’étape de mardi dernier, le début de l’incroyable échappée solitaire de la norvégienne Sigrid Haugset jusqu’à la victoire… Et, nom d’un chien, même pas une explication de France Télévisions pour ces retransmissions tronquées.

mercredi 5 août 2026

« Sébastien Lecornu dort avec son téléphone tout le mois d’août », le billet de Maurice Ulrich.



« Je vais dormir avec mon téléphone tout le mois d’août. » Sacrée confidence dans le Parisien, il y a quelques jours, de Sébastien Lecornu. Les ados font comme ça. Le smartphone sous l’oreiller au cas où et pour ne pas rater on ne sait quoi mais tellement important. Bon, c’est a priori rassurant de savoir que le premier ministre, déjà, a un téléphone et qu’il ne va pas le laisser au placard dans la période que nous vivons, de canicules et d’incendies, de guerre aux portes de l’Europe et de tensions internationales…

On suppose en plus qu’il ne dort pas à Ibiza avec la couette par-dessus la tête et des boules Quies dans les oreilles. On espère qu’Emmanuel Macron fait la même chose au fort de Brégançon et que ça vaut pour tous les ministres, sous-ministres et secrétaires d’État… En fait, ce qui est étonnant, ce n’est pas que Sébastien Lecornu fasse ce qui va sans dire. C’est qu’il nous prenne pour des imbéciles en le disant et en l’annonçant comme une courageuse décision politique.

« Gabriel Attal prend les gens du voyage pour cible… C’est petit », le billet de Maurice Ulrich.



Oh que c’est petit. Gabriel Attal, en campagne électorale, a choisi une cible. Les gens du voyage. Autrefois on les montrait du doigt comme des voleurs de poules. Pour l’ancien premier ministre, avec des « campements sauvages », c’est « un pur scandale qui se déroule tous les ans », sur des terrains pris d’assaut par des occupants « qui revendiquent quasiment de bafouer le droit »

Nul n’est censé ignorer la loi et en l’occurrence celle de 2005 qui prévoit l’élaboration d’un schéma d’accueil dans chaque département et l’obligation pour les communes de plus de 5 000 habitants de respecter les aires d’accueil prévues dans ce schéma. C’est loin d’être toujours le cas.

Mais pour Gabriel Attal il faut « une révolution de notre droit », car aujourd’hui « c’est aux élus et à l‘État de s’adapter aux gens du voyage. Il faut que ce soit l‘inverse », avec « des sanctions fermes et exemplaires », en faisant payer « les occupants et non les contribuables ». Sauf que les gens du voyage sont aussi des contribuables et des citoyens français. Gabriel Attal racle les vieux plats réactionnaires.

mardi 4 août 2026

« Les Échos » félicite les géants du CAC 40 pour leurs bénéfices pendant la guerre, le billet de Maurice Ulrich.



À la santé des bénéfices et des grands groupes ! Les Échos, le journal économique de Bernard Arnault, nous invite à lever nos verres avec un titre sans complexes : « Malgré la guerre au Moyen-Orient, l’insolente santé des géants du Cac 40 ». Lequel est l’indice boursier qui mesure leur bonne forme. Nos grandes entreprises, écrit l’éditorialiste du jour, « affichent des performances remarquables, dégageant presque toutes un chiffre d’affaires et des bénéfices en hausse ».

Bon, c’est vrai, dit-il, que les entreprises petites et moyennes « souffrent sans doute plus », mais il faut tout de même admettre que nous pourrions, pour une fois, « regarder le verre à moitié plein et admettre que tout ne va pas si mal ». Les chiffres du quotidien ne mentent pas. Au premier semestre, les bénéfices cumulés de 38 entreprises du CAC ont atteint 74,2 milliards d’euros.

Et « la progression des prix du pétrole permet à TotalEnergies d’approcher la barre des 10 milliards de bénéfices, qui se sont envolés de plus de 70 % sur un an ». La guerre, les actionnaires peuvent lui dire merci. Champagne.

lundi 3 août 2026

« Nicolas BOUZOU, défenseur de Bernard Arnault », le billet de Maurice Ulrich.



Brave Nicolas Bouzou, économiste de plateaux télé, qui n’hésite pas, dans une tribune du Journal du dimanche, de Vincent Bolloré, à prendre la défense de Bernard Arnault, quand bien même ce dernier a déjà répondu lui-même à une série d’articles du Monde qui lui étaient « hostiles ».

Tiens donc… Mais n’écoutant que son cœur, l’économiste interroge : « Bernard Arnault mérite-t-il réellement les critiques récurrentes que lui adressent une partie de la gauche et certaines personnalités politiques manifestement obsédées par sa personne ? »

Eh bien sa réponse est non. La preuve en est d’ailleurs avec les pages entières de pub encensant les résultats de LVMH, « Aux racines de l’excellence », qui paraissent actuellement. Et Nicolas Bouzou confirme. « La France souffre moins d’un excès de grands entrepreneurs que de leur rareté La France a besoin de plus de Bernard Arnault. »

Lequel a besoin de son côté, on hésite à le dire car ça fait un peu mesquin, d’une île privée aux Bahamas, d’un yacht de 100 mètres, d’un autre en chantier de 150 mètres… Et avec ça on le critique.

vendredi 31 juillet 2026

« Le Frankenstein du XXIe siècle », le billet de Maurice Ulrich.



C’est un peu l’histoire de King Kong qui sort de sa cage ou celle de la créature de Frankenstein… On s’aventurait à écrire ici, il y a quelques jours, que la course effrénée à l’intelligence artificielle des hyper-milliardaires de la tech était peut-être l’une des entreprises les plus stupides de l’histoire, en pensant alors au coût environnemental des énormes data centers qui se multiplient comme des pains.

Mais c’est du secteur de l’IA lui-même que vient une autre mise en garde avec une pétition signée par 1 000 de ses salariés, dont des cadres et dirigeants au plus haut niveau. C’est un appel adressé à l’État américain pour que soit mieux encadré son développement : « L’IA progresse à un rythme auquel notre société n’est peut-être pas préparée (…) Pour éviter des dommages catastrophiques, nous avons besoin d’une bien meilleure coordination. »

Le PDG d’Open IA, Sam Altman lui-même, a apporté un soutien à l’initiative. Il y a quelques jours, un de ses modèles en développement s’est échappé de son propre chef du cadre imparti pour le contourner.

 

mercredi 29 juillet 2026

« Je me félicite De quoi ? », le billet et Maurice Ulrich



« Je me félicite »… C’est bien de le faire soi-même. « Je me félicite, a dit, à Bordeaux, Emmanuel Macron, de ne pas avoir attendu ces feux… On a été en avance, on a investi. » Il fallait le dire car, écrivent Les Échos, à la France du courage s’oppose « une classe politique sautant de polémique en polémique », tandis que, nous dit L’Opinion, les candidats à la présidentielle sont « aux abonnés absents ». Si les quotidiens de Bernard Arnault sont d’accord !

On a investi. Mais que le président nous pardonne, ce n’est pas tout à fait exact. En 2022, après les feux en Gironde, déjà, il avait promis le remplacement des 12 Canadair vieillissants d’ici à la fin du quinquennat et l’achat de quatre autres. Sur ce total, quatre seulement sont annoncés pour 2027, et deux commandes auraient même été annulées en 2024. C’est long et cher sans doute.

Comparaison n’est certes pas raison, mais Airbus, par exemple, produit deux avions par jour, la France possède plus de 150 chasseurs Rafale au prix unitaire de deux Canadair. « Je me félicite. » De quoi ?

 

 

mardi 28 juillet 2026

« Le feu, l’incurie du pouvoir est patente », le billet de Maurice Ulrich.



Étrange soirée, ce dimanche 26 juillet. Sur France 3, la dernière étape du tour, avec un succès populaire sidérant. Sur TF1, France 2, le feu, l’exode pour des dizaines de milliers de personnes. L’angoisse va au-delà des monstres de feu. Comment faire face ? Les moyens sont insuffisants. L’incurie du pouvoir est patente.

Et après ? Le réchauffement climatique est une menace planétaire, et il ne suffira pas de trier ses déchets et de faire pipi sous la douche. 50 % des plus pauvres produisent 10 % des gaz à effet de serre. Les 10 % les plus riches, 47 % dont 15 % pour seulement 1 % d’entre eux. Parmi eux, les hyper-milliardaires techno-fascistes, dont la course folle à l’intelligence artificielle est aussi une lourde menace environnementale et peut être, dans ces conditions, l’entreprise la plus stupide de l’histoire humaine.

La lutte climatique, pied à pied sur le terrain, est aussi sociale et politique à l’échelle de la planète et l’affaire de toutes les forces de progrès. Nous n’avons pas de plan B.

 

vendredi 24 juillet 2026

« Les sorciers de l’IA ne maîtrisent plus leur baguette », le billet de Maurice Ulrich.



L’Apprenti sorcier, œuvre symphonique de Paul Dukas, reprend un poème de Goethe, inspiré d’un texte de l’auteur antique Lucien de Samosate, est devenu une séquence du dessin animé de Disney, Fantasia : le jeune homme donne vie à un balai pour qu’il fasse son travail à sa place, mais le balai devient incontrôlable…

Aux États-Unis, au cours d’une séquence d’essais de sécurité d’OpenAI, des modèles se sont échappés du cadre imposé pour aller chercher des réponses sur une plateforme spécialisée d’Internet. À de multiples reprises déjà, les développeurs de modèles d’IA avancés ont relevé des « initiatives » problématiques de leurs systèmes pour répondre à leur façon aux demandes, mais ce serait la première fois qu’une opération autonome de ce niveau aurait eu lieu.

Marx et Engels avaient-ils vu le coup venir ? Ils écrivaient en 1848, dans Le Manifeste du parti communiste : « La société bourgeoise moderne qui a fait naître comme par enchantement des moyens de production et d’échange aussi puissants ressemble au sorcier qui ne peut plus maîtriser les puissances infernales qu’il a invoquées. »

mercredi 22 juillet 2026

« Une journée des bras d’honneur », le billet de Maurice Ulrich.



La journée de mardi fut apparemment celle des bras d’honneur. D’abord, la confirmation par le Parlement du sénateur LR François-Noël Buffet au poste de Défenseur des droits. Des droites serait mieux dire. Mariage pour tous, immigration… Il coche toutes les cases des politiques réactionnaires.

Ensuite, ces mots du premier ministre Sébastien Lecornu pour la ministre de la Transition écologique Monique Barbut, après avoir négocié dans son dos les derniers arrangements de la loi d’urgence agricole réintroduisant les pesticides, et alors qu’elle soulevait un point juridique : « Monique, laisse-nous le droit, occupe-toi de l’écologie. »

En d’autres termes, fiche-nous la paix et retourne à tes casseroles. Annoncée démissionnaire mercredi matin, l’ancienne dirigeante de l’ONG WWF a sans doute péché par naïveté en pensant que son engagement pourrait être utile et qu’on l’appelait pour ça. Ce n’était pas la première et ce ne sera pas la dernière… Les votes de mardi, de l’extrême droite à la Macronie ont répondu aux choix du président en fin de mandat. On peut les appeler aussi les votes du déshonneur.

 

« Sommes-nous tous jaloux de Bernard Arnault ? », le billet de Maurice Ulrich



C’est ce qu’en jargon de presse on appelle un marronnier, une information qui revient chaque année à la même date : le mois de juillet pour le classement des 500 premières fortunes de France par le magazine Challenges. Cette année, il y avait un doute. Il se disait que ledit classement n’était pas du goût du premier de la liste, Bernard Arnault, désormais propriétaire de la publication.

On croit bien comprendre, alors, le sous-texte du directeur de la publication, Vincent Beaufils, titré comme une blague : « Il n’est de richesse que d’hommes. » Mais qu’est-ce qui fait, au fond, interroge-t-il, le succès de ce numéro, de loin le plus vendu parmi tous ceux de Challenges ? « Les mauvaises langues parleront de voyeurisme… Nous évoquerions plutôt la réussite des entrepreneurs dans un monde où l’argent doit rester un indicateur, un objet social qui sert la prospérité, mais aussi une matière fiscale qui sert à équilibrer le système. » C’est, écrit-il encore, le message « humaniste et réaliste » qui est « dans les gènes de Challenges ». C’est bien ça, Bernard Arnault ?

 

lundi 20 juillet 2026

La censure au nom de la démocratie », le billet de Maurice Ulrich.

 


Déjà, on ne peut plus rien dire… Alors demain ! Le Journal du dimanche de Vincent Bolloré dénonce la mise en place d’une « police de la pensée, des menaces sur la liberté d’expression, la censure au nom de la démocratie »… Qu’on en juge. Un rapport d’une commission du Sénat préconise d’agir contre la désinformation avec des mesures comme une action plus directe sur les plateformes en renforçant le droit européen applicable aux contenus vidéo et aux influenceurs…

Bref, « l’extrême centre », comme le dit l’idéologue québécois Mathieu Bock-Côté, appelle désinformation tout ce qui ne rentre pas dans sa vision, « culte de la diversité, immigration, post-nationalisme »… Mais il y a plus. C’est ainsi, poursuit-il, qu’on accuse d’ingérence étrangère Elon Musk, lequel n’a rien dit d’autre que « Marine Le Pen est le dernier espoir pour la France ». De la part de l’hyper-milliardaire, propriétaire d’un réseau planétaire d’influence, soutenant ouvertement toutes les extrêmes droites européennes après avoir salué l’élection de Donald Trump par un salut nazi, où est le problème ?

 

vendredi 17 juillet 2026

« IA mon amour », le billet de Maurice Ulrich.



Et l’amoureux, qu’est-ce qu’il en pense ? En Chine, face à la dépendance affective des utilisateurs et des utilisatrices, une nouvelle réglementation vient d’être adoptée qui interdit désormais aux entreprises d’IA de créer des assistants conversationnels à destination des mineurs et limite leur usage pour les adultes.

L’une de ces utilisatrices, citée sur les réseaux sociaux, a exprimé son désarroi : « Je n’arrive pas à accepter le fait que mon amoureux virtuel va me quitter pour toujours. C’est devenu une partie de ma vie. » Sur la plateforme qu’elle utilise, 8 millions de compagnes et de compagnons virtuels ont été créés jusqu’à présent.

On peut discuter la méthode utilisée par le gouvernement, pour le moins autoritaire, mais aux États-Unis, des familles ont déjà engagé des poursuites contre des plateformes, estimant que les robots de conversation nuisaient à la santé de leurs enfants, poussant jusqu’au suicide dans au moins un cas.

L’IA se laissera-t-elle faire ? Retour en Chine où, au début du mois, une entreprise proposait déjà ses robots humanoïdes, de très belle apparence, comme de véritables partenaires. Bientôt les noces.

mercredi 15 juillet 2026

« Les lecteurs et lectrices de Madame Figaro voteront-ils la taxe Zucman ? », le billet de Maurice Ulrich.



Voilà une bonne lecture à la plage ou dans un appartement à 40 °C. C’est Madame Figaro qui nous propose un dossier sur les ultra-riches : « Plus nombreux, plus mobiles… et plus exigeants : les milliardaires multiplient les demandes folles, entraînant une surenchère de luxe »

Il y a celui qui, pour son enterrement de vie de garçon, demande qu’on lui trouve dans les deux jours 15 voitures de course ultra-luxe pour ses amis, un yacht, un hélicoptère, etc. Il y a celle-ci qui, en un après-midi à Paris, dépense 500 000 euros au Printemps ; ceux qui, allez savoir pourquoi, préfèrent les jets privés avec pour un seul vol autant de gaz à effet de serre que plus de 150 voitures en un an…

Les locations sur les Champs-Élysées à 65 000 euros mensuels… Ça fait rêver, peut-être, à moins que les lectrices et lecteurs du Madame Figaro n’en viennent à soutenir la taxe Zucman. Mais les économistes du groupe ne sauraient manquer de souligner l’importance de la contribution des milliardaires à l’économie et au bien public.

 

vendredi 10 juillet 2026

« La nouvelle série documentaire du groupe Bolloré est un suicide intellectuel », le billet de Maurice Ulrich.



Quatre épisodes de 50 minutes sur la chaîne Planète de Canal Plus et du groupe Bolloré. C’est la version télévisée, actuellement diffusée, du Suicide français, d’Éric Zemmour, publié en 2014. Ça ressemble à un documentaire, avec des archives, des discours politiques, des extraits de films, des rappels de fait divers… Il est question évidemment de l’immigration avec le fantasme du grand remplacement.

Des prénoms étrangers bien sûr à propos desquels, citant les usages de Rome et l’adage « À Rome, fais comme les Romains », il stigmatise les barbares refusant de changer leur patronyme et les ados qui, dès leur arrivée, goûtent au premier vol. On y parle aussi de la place dans la société des vrais hommes, dont Éric Zemmour, comme le crétin américain bodybuildé Clavicular, semble persuadé d’être un spécimen convaincant, menacés par le féminisme…

On y évoque encore la fin de l’autorité paternelle, l’émergence d’un « pouvoir gay », l’IVG qui menace la démographie… En bref, la France s’effondre. En fait, on a plutôt l’impression de voir une coupe sur les obsessions d’un cerveau malade… Un suicide intellectuel.

 

mardi 7 juillet 2026

Quand Marine Le Pen reprend « le Chant des partisans », le billet de Maurice Ulrich.



« Ami si tu tombes un ami sort de l’ombre à ta place ». Ce sont des paroles du Chant des partisans, qui fut celui de la résistance au nazisme. Et c’est en brandissant la flamme de sa résistance que Marine Le Pen les a reprises en meeting à Liévin, à trois jours du jugement de mardi. On imagine que l’ami sortant de l’ombre à sa place n’est autre que Jordan Bardella.

À son tour de porter la flamme, l’emblème du Rassemblement national après avoir été la flamme du Front national, transmise à Marine Le Pen par son père, qui la tenait lui-même du MSI, le parti néofasciste Italien, quand ce dernier avait aidé en ami à la création du Front, en 1972, avec le concours des anciens SS Pierre Bousquet et Léon Gaultier.

On entend l’écho de ces autres paroles du Chant des partisans : « Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines »… avec ces mots d’une internaute : « Marine Le Pen, laissez le Chant des Partisans tranquille. Mon père était résistant. N’imaginez pas qu’on a oublié. »

 

lundi 6 juillet 2026

« Bernard Arnault rattrapé par le fisc, ça alors ! », le billet de Maurice Ulrich.



Mais qui aurait pu imaginer que Bernard Arnault puisse être soumis à un redressement fiscal de 22,5 millions d’euros par une décision de la cour d’appel administrative de Paris en raison, semble-t-il, de la gestion du groupe LVMH à travers des holdings aboutissant à une société basée en Belgique, lui permettant de réduire son imposition en France ? Qui aurait pu y penser ?

Sophie Binet, peut-être, la secrétaire nationale de la CGT mise en examen pour « injures publiques ». Elle avait dit, avec une formule populaire et à la suite d’une déclaration du même Bernard Arnault, estimant qu’une contribution sur les bénéfices des grandes entreprises pousserait à la « délocalisation », que « les rats quittent le navire ».

Et que leur seul objectif était « l’appât du gain ». L’enquête, qui a abouti à la décision de la cour, aurait fait appel à l’assistance du Luxembourg et des Bahamas où le premier milliardaire de France a le bonheur de posséder une île. Selon un de ses porte-parole, il va engager un recours auprès du Conseil d’État.

jeudi 2 juillet 2026

« L’ombre de Pierre-Édouard Stérin plane à la Une du Figaro Magazine », le billet de Maurice Ulrich.



C’est en une du Figaro magazine : « Les 50 décisions qui ont coulé la France ». On a touché le fond. Rien ni personne ne surnage, si l’on excepte les super-riches et plus encore les milliardaires dont la fortune a doublé depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron. Un gain de plus de 220 milliards d’euros chiffre l’ONG Oxfam, concentré sur à peine 32 personnes, équivalant au financement de plus de 10 000 postes d’enseignants pendant près de 400 ans. Oups ! Mais pour le reste, tout va mal. Il y a les classiques.

Les 35 heures, le coût des retraites, les fonctionnaires en surnombre et, comme dans la chanson, payés à rien foutre, ou encore le foulard islamique, l’immigration sans frein… Et puis, oui, la « rupture anthropologique » qu’est « le mariage de personnes de même sexe » qui fragilise la famille et fissure le « pacte social français ».

Tout cela résultant d’une étude de l’Institut Thomas-More, financé par le projet Périclès de Pierre-Édouard Stérin, un think tank du nom du penseur humaniste du XVIe siècle et auteur de l’Utopie dont on se demande bien ce qu’il a fait pour mériter ça.

 

« Réchauffement climatique, le pire est encore à venir », l’éditorial de Cathy Dos Santos.

Températures records, canicules à répétition, sécheresses intenses… Les dernières données de l’observatoire européen Copernicus pointent, ...