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samedi 31 janvier 2026

Environnement : « La tentation du détricotage »



Dans le contexte actuel de montée des populismes climatosceptiques, alors que le président américain coupe les financements de la recherche, bannit des thématiques d’études et répète que le réchauffement climatique serait un « canular », le chef de l’Etat français a raison : les pays européens restent des refuges pour les scientifiques.

Mais l’Europe et la France, sous la pression d’extrêmes droites qui cherchent à instrumentaliser les colères d’une partie de la population contre les élites, ne sont pas à l’abri d’une dérive plus sournoise. La comparaison avec les Etats-Unis, flatteuse, ne saurait faire oublier les récents reculs environnementaux décidés au mépris de la vérité scientifique. Jeudi 29 janvier, une proposition de loi réautorisant la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures dans les outre-mer, « principales victimes de la bonne conscience écologique », a été votée au Sénat. L’initiative est venue d’un groupe centriste proche du gouvernement et contredit à la fois la loi Hulot de 2017, les engagements d’Emmanuel Macron et les avis des scientifiques qui préconisent d’arrêter tout nouveau forage pour limiter le changement climatique.

Si cette proposition de loi aura du mal à passer à l’Assemblée nationale, le gouvernement a, mardi, préféré reporter le vote de la loi simplification. En l’état, le texte revient sur les zones à faibles émissions et amoindrit les objectifs du zéro artificialisation net, des mesures ambitieuses de la loi Climat et résilience de 2021.

Et il aura suffi de quelques centaines de tracteurs dans les rues de Paris pour que soit annoncée une loi d’urgence agricole pour « enlever des boulets aux pieds des agriculteurs », selon les termes du ministère de l’agriculture. Au menu, de nouveaux affaiblissements des mesures de protection environnementale, par exemple sur le loup et la biodiversité, sans oublier un inquiétant « moratoire des décisions sur l’eau », suspendant l’ensemble des évolutions réglementaires en cours. Comme lors de la crise agricole de l’hiver 2024, le gouvernement a cédé à de nombreuses demandes des syndicats agricoles sans associer les scientifiques et les associations de défense de l’environnement.

Sur tous ces sujets, le gouvernement est soit trop faible pour imposer sa ligne, soit manque de courage, soit préfère les intérêts économiques aux enjeux écologiques… Il n’a en tout cas pas compris que l’époque a changé et que l’enjeu environnemental devient de plus en plus urgent. Si le malaise agricole et les différentes tensions provoquées par les mesures vertes méritent des réponses, il est plus que jamais nécessaire de mettre tous les acteurs autour de la table : les représentants des filières, les citoyens mais aussi la science.

lundi 15 décembre 2025

TERREUR ANTISÉMITE EN AUSTRALIE !



Vous entendez bien ? Pas une seule journée ne se passe sans qu'un crime contre un juif n'ait été accompli ! 80 ans après la SHOAH , nous pensions que cette frénésie d'abattre les juifs était éradiquée. Que nous vivrions en communion parfaite avec toutes les races. Les juifs occupant une place d'honneur après tous les massacres commis par les nazis. Soutenus, il faut malheureusement le dire, par des personnalités françaises de bon aloi.

Dont Louis-Ferdinand CÉLINE qui se déclara en 1935 violemment antisémite dès son premier roman. Mais le délit d' antisémitisme en France n'était pas encore reconnu. il bénéficia allègrement de cet avantage en écrivant de virulents pamphlets contre " cette race maudite" , entonnant le chant pourri de cette haine. Avec Hitler à la baguette.

CÉLINE a vécu comme un prince pendant l'occupation. Ses livres furent réédités et ils tombaient à pic pour creuser de nouvelles tombes anonymes lors de massacres de juifs opérés dans la clandestinité. Couvert d'honneurs par Pétain et les nazis, il eût le pressentiment dès 1943 qu'il valait mieux quitter le territoire et se mettre à l'abri avant la défaite allemande. Pour échapper aussi à la justice et ne pas être fusillé en 1945 . Comme le furent Brasillac et Rebatet, entr'autres. Il revint bien vivant en France en 1951, grâce à une loi d'amnistie qui rime bien avec amnésie ! Silence dans les rangs ! CÉLINE est innocent. Il a pourtant armé tous les antisémites, aussi bien les sans-grades que les " purificateurs " opérant dans les chambres à gaz...Mais il n'y a plus rien à dire ! CÉLINE ? C'est seulement de la littérature.. et, ce qui ne gâte rien... De la bonne littérature...

 

Vous vous rendez compte ! Ce type affreux, haineux ! qui aurait dû être fusillé en 1945 comme collaborateur en chef des Nazis et des Pétainistes, le voici épargné grâce à des multiples complicités dans les rouages de l'Etat Français.

Et hier, sur la chaîne 5, une émission lui était consacrée. Très objective. Mais la 3ème partie montrait comment il fait partie de notre paysage. 60 ans après sa mort, il redevient des nôtres. Lucchini le banalise. Le " voyage au bout de la nuit " est l'un des meilleurs romans de notre littérature. Pourtant on y découvre ça et là des traces d'antisémitisme...

Voilà. La réhabilitation est faite. Ses romans sont étudiés en terminale. Espérons que les profs disent deux ou trois mots sur son parcours douteux. Mais cela ne doit évidemment pas gêner l'écoute du Chef-d'œuvre...

Me concernant, jamais je n'oublierai les meurtres commis par les nazis et les fascistes Français. Avec CÉLINE comme idéologue.

 

vendredi 12 décembre 2025

Nicolas Sarkozy, de la rupture au reniement.



En plaidant, dans son « Journal d’un prisonnier », pour un « esprit de rassemblement le plus large possible, sans anathème et sans exclusive », l’ancien chef de l’Etat laisse entendre qu’une alliance avec l’extrême droite est inéluctable, rompant avec le testament politique de son ancien mentor Jacques Chirac.

Avant 2007, Nicolas Sarkozy s’était émancipé de Jacques Chirac, dont il briguait la succession, en brandissant un slogan : « La rupture ». Près de vingt ans après, c’est d’une autre rupture avec son ancien mentor, bien plus profonde, et plus grave, qu’il s’agit.

A l’Elysée, M. Chirac avait sanctuarisé le cordon sanitaire entre la droite et l’extrême droite. En 2002, il avait même refusé de débattre avec Jean-Marie Le Pen, arrivé au second tour de la présidentielle, afin de ne pas banaliser ses idées : « Face à l’intolérance et à la haine, il n’y a pas de transaction possible, pas de compromission possible, pas de débat possible. » En 2007, peu avant l’élection de M. Sarkozy, M. Chirac avait livré ce testament politique aux Français : « Ne composez jamais avec l’extrémisme [qui], dans notre histoire, a failli nous conduire à l’abîme. C’est un poison. » Plus tard, dans ses Mémoires, il jugeait que « l’extrême droite ne changera[it] jamais ».

M. Sarkozy pense l’inverse. Dans son livre Journal d’un prisonnier (Fayard), il n’a pas de mots assez aimables pour Marine Le Pen, ou pour le député du Rassemblement national (RN) Sébastien Chenu, qui ont partagé son indignation contre les juges. Il raconte une conversation avec Mme Le Pen, devant laquelle il s’engage à ne pas appeler à un front républicain, en cas de législatives anticipées, car le RN n’est « pas un danger pour la République ». Cet été, il avait déjà reçu Jordan Bardella, adoubant sans fard la supposée normalisation du parti d’extrême droite.

Son entourage jure que l’ex-président n’appelle pas à une union des droites et de l’extrême droite, dont le spectre hante le parti Les Républicains (LR), qui donne de plus en plus de signes de convergence idéologique avec le RN. Dans son livre, M. Sarkozy écrit que la solution ne réside pas dans une alliance d’appareils et rappelle qu’il a « beaucoup de divergences avec les dirigeants du RN ». Mais en actant la faiblesse de son ancienne famille politique, dont il dit qu’elle n’est pas en mesure d’incarner l’avenir, ni même de se qualifier au second tour de la présidentielle, en plaidant pour un « esprit de rassemblement le plus large possible, sans anathème et sans exclusive », il laisse entendre qu’une alliance avec l’extrême droite est inéluctable.

Paradoxalement, c’est le même raisonnement qui l’avait conduit à prêcher pour une alliance entre LR et le camp macroniste, dès 2018. Convaincu qu’Emmanuel Macron ne pourrait être réélu en 2022 sans l’appui de LR, il incitait la droite, trop affaiblie pour gagner, à entrer en coalition. Lui-même avait rallié le chef de l’Etat, délaissant dès le premier tour la candidate LR, Valérie Pécresse.

Trois ans plus tard, c’est avec les mêmes arguments qu’il semble prophétiser un renversement d’alliances, seul moyen selon lui de reconquérir le pouvoir perdu. Mais en faisant mine de l’aider, il prend le risque d’enterrer son ancienne famille politique qui, en s’alliant avec le RN, se ferait inévitablement absorber, comme le petit parti d’Eric Ciotti, l’Union des droites pour la République (UDR), l’a déjà été. Cronos dévorant ses enfants.

Dans cette volte-face inouïe, il est difficile de distinguer la part de ses intérêts d’affaires (M. Sarkozy est administrateur du groupe Lagardère, détenu par son ami Vincent Bolloré, fervent partisan de l’union des droites et de l’extrême droite) et celle de ses affects (il a été vexé d’avoir reçu peu de soutien des LR, quand Mme Le Pen a été si « courageuse » en le soutenant). Quelles que soient ses motivations, la rupture est devenue reniement des valeurs du parti, issu de la Résistance, dont il était le lointain héritier.

 

LA COLONISATION PROGRESSE INEXORABLEMENT !



Deux mois après le sommet de Charm El-Cheikh (Egypte), le 13 octobre, au cours duquel Donald Trump a annoncé une « paix durable » au Proche-Orient, le doute s’installe et pour de bonnes raisons. Le plan vanté par le président des Etats-Unis est en effet encalminé depuis la libération des derniers otages israéliens qui y étaient retenus et l’arrêt des bombardements massifs qui ont anéanti Gaza.

L’armée israélienne continue d’occuper la moitié d’un étroit territoire transformé en champ de ruines, où plus de 2 millions de Palestiniens survivent à grand-peine dans des conditions indignes. La bande de terre, à laquelle Israël interdit toujours l’accès libre à la presse, continue de monopoliser l’attention, au point de faire écran face à la terreur à bas bruit imposée en Cisjordanie par les colons israéliens extrémistes qui y sévissent, comme par une armée d’occupation en pleine dérive.

Le constat minutieusement dressé est implacable. Jamais le plus grand territoire palestinien n’a expérimenté un tel niveau de violence de la part d’Israël, enterré autant de morts, recensé autant de blessés, de prisonniers, souvent soumis aux mauvais traitements, et de destructions. L’attitude de l’armée, face aux exactions toujours plus nombreuses et toujours plus sanglantes des colons, traduit le poids grandissant des sionistes religieux parmi les officiers, dont une partie ont été formés dans des préparations militaires implantées au cœur de la Cisjordanie. En parallèle, la colonisation, qui tronçonne toujours plus ce territoire et transforme chaque déplacement en enfer pour les Palestiniens, progresse inexorablement. L’Autorité palestinienne, réduite au rang de supplétive de l’armée d’occupation, achève de s’y discréditer.

Cette inflexion remonte à avant les massacres du 7-Octobre perpétrés près de Gaza par les miliciens du Hamas, que l’organisation de défense des droits humains Amnesty International a qualifiés pour la première fois de « crimes contre l’humanité », jeudi 11 décembre. Elle a suivi l’arrivée, au sein de la coalition formée par Benyamin Nétanyahou, il y a trois ans, de deux partis d’extrême droite, suprémacistes et racistes. Leur objectif assumé est l’annexion de la Cisjordanie, voire le « transfert », c’est-à-dire, en droit humanitaire international, la déportation des Palestiniens qui y vivent. Mais cette politique de la terreur est également assumée par l’ensemble de la coalition au pouvoir. Et elle ne suscite guère de protestations de la part des partis qui se disent opposés à Benyamin Nétanyahou, alors que l’opinion publique israélienne, une fois de plus, regarde ailleurs.

jeudi 2 octobre 2025

Élection des vice-présidents de l’Assemblée : la Macronie préfère le RN au front républicain

 


À l’occasion de l’ouverture de la session ordinaire, les députés ont désigné leurs six vice-présidents. Par le biais d’un accord entre le camp gouvernemental et l’extrême droite, le parti de Marine Le Pen rafle deux postes. Une trahison du front républicain de juillet 2024.

Hélène Laporte (RN), élue vice-présidente avec son collègue Sébastien Chenu, se pavane fièrement : « C’est le début de la réparation d’une injustice. Ce qu’il s’est passé aux précédentes élections était immonde. Merci à nos collègues de nous faire confiance. »
Assise dans l’Hémicycle aux côtés de Jean-Philippe Tanguy, son fidèle lieutenant, Marine Le Pen tapote sa tablette avec ses doigts. Elle se recoiffe, sourit, et répète l’opération plusieurs fois. Elle sait l’heure des siens venue. Yaël Braun-Pivet prend la parole et annonce le verdict : l’extrême droite est de retour au bureau de l’Assemblée nationale. Et pas de n’importe quelle manière.

En foulant un tapis rouge dressé par les macronistes grâce à un accord conclu entre le Rassemblement national (RN) et le camp gouvernemental. Ce mercredi 1er octobre, à l’occasion de l’ouverture de la session ordinaire du Parlement, les députés ont désigné les six vice-présidents de leur chambre au prix d’un seul tour de scrutin. Résultat : deux sont membres du camp présidentiel, Marie-Agnès Poussier-Winsback (Horizons) et Christophe Blanchet (Modem), deux autres proviennent du Nouveau Front populaire (NFP), les insoumises Clémence Guetté et Nadège Abomangoli. Et les deux derniers sont issus… du RN de Marine Le Pen.

Formation qui avait perdu cet honneur après les élections législatives anticipées de 2024 et le vote d’une majorité de Français en faveur d’un barrage républicain. Aux Quatre-Colonnes, Hélène Laporte (RN), élue vice-présidente avec son collègue Sébastien Chenu, se pavane fièrement : « C’est le début de la réparation d’une injustice. Ce qu’il s’est passé aux précédentes élections était immonde. Merci à nos collègues de nous faire confiance. »

« Cette trahison de la Macronie est désolante »

Jusqu’au bout, avant l’ouverture du scrutin, la gauche a tout tenté pour empêcher ce dénouement. Notamment en proposant deux candidatures de plus que le nombre de postes à pourvoir, celles des écologistes Marie Pochon et Jérémie Iordanoff, pour obliger le camp gouvernemental à assumer, par le vote, son accord avec l’extrême droite. Mais aussi pour offrir aux macronistes gênés par cette alliance antirépublicaine la possibilité de choisir une autre voie. À en croire le résultat, ils sont bien peu.

« Nous avons fait ce choix en cohérence avec les conditions de notre élection en 2024 : le refus pur et simple des électeurs du front républicain de voir le RN accéder aux responsabilités, martèle Marie Pochon. Cette trahison de la Macronie est désolante. Dans la pente glissante dans laquelle nous sommes, avec une extrême droite aux portes du pouvoir, nous devons tous être responsables. Et ne surtout pas sombrer dans l’acceptation de leur volonté de conquête. » Au final, le NFP, qui disposait de trois vice-présidents de l’Assemblée, perd donc un poste, puisque Jérémie Iordanoff, qui était sortant, n’a pas été soutenu par une Macronie qui lui a préféré une candidature RN.

À l’origine de cette élection, une femme : la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, soucieuse d’en finir avec une gauche devenue majoritaire dans son propre bureau au lendemain des législatives de 2024. Sur X, celle-ci s’est d’ailleurs adressée aux Français quelques heures avant l’échéance pour les convaincre du bon sens de sa position, non sans les infantiliser.

Allant jusqu’à oser une comparaison dépolitisant absolument l’enjeu de cette élection : « Le bureau, c’est un peu le syndic de copropriété. C’est comme si 174 copropriétaires étaient exclus de toutes les décisions concernant leur immeuble (le Modem, l’UDR et le RN n’ayant pas de représentants au sein du bureau – NDLR). Ça vous choque ? Moi aussi ! »

« Ce deal ne s’arrête pas qu’aux vice-présidences »

Selon elle, ouvrir grand les portes du RN répond à une nécessité : celle de respecter le « choix des Français ». « Simple, basique ! » ajoute-t-elle. Étonnamment, la Macronie se soucie bien moins du respect des équilibres électoraux lorsqu’il s’agit de nommer un premier ministre provenant de la force arrivée en tête aux dernières législatives : le NFP.

« Un an après les élections, Yaël Braun-Pivet trahit le barrage républicain en faisant élire deux députés RN au bureau de l’Assemblée nationale. Face à cette connivence nauséabonde, demandons sa démission ! » appelle Benjamin Lucas, député du groupe Écologiste et social, qui a lancé une pétition en ce sens à la suite du vote. « Cette trahison du pacte républicain qui nous a élus est un signal inquiétant », souffle Arthur Delaporte, porte-parole du groupe socialiste.

Plus inquiétant encore : ce compagnonnage pourrait n’en être qu’à ses premières heures. « Ce deal ne s’arrête pas qu’aux vice-présidences, assure Jérémie Iordanoff. Les Français doivent le savoir : le bloc central pactise avec le RN pour s’assurer une majorité de places en commissions. » Dont la présidence des Affaires économiques ou le poste de rapporteur général du budget, très prisés pour leur pouvoir de contrôle de l’action du gouvernement, et qui seront en jeu ce jeudi.

lundi 15 septembre 2025

Marco Rubio rencontre Benyamin Netanyahou : leur pacte pour semer le chaos au Moyen-Orient (Pierre BARBANCEY)



L’entente entre Israël et les États-Unis n’est pas seulement cordiale. C’est un véritable pacte pour semer le chaos au Moyen-Orient. Le chef de la diplomatie états-unienne est venu s’entendre avec le chef d’un gouvernement génocidaire tout en préservant ses excellentes relations avec Qatar malgré la récente attaque israélienne.

Le symbole ne pouvait être plus horrible. En déplacement en Israël, Marco Rubio, le secrétaire d’État états-unien, a expliqué que tant que le Hamas existera, « il n’y aura pas de paix dans la région, car ce ne sont pas des agents de paix. Ce sont des agents de la barbarie ». À ses côtés, Benyamin Netanyahou s’est réjoui : « Votre présence ici en Israël aujourd’hui est un message clair : l’Amérique est aux côtés d’Israël. Vous êtes à nos côtés face au terrorisme ».

En fait de barbarie et de terrorisme, les deux hommes en connaissent un rayon. Pratiquement au même moment où ils s’exprimaient devant la presse internationale (la même qui n’est pas autorisée à entrer dans la bande de Gaza), au moins 25 Palestiniens étaient tués dans l’enclave palestinienne, directement visés par des drones, et les bombardements continuaient à détruire les rares immeubles encore debout.

L’entente entre Israël et les États-Unis n’est pas seulement cordiale. C’est un véritable pacte pour semer le chaos au Moyen-Orient, Washington et Tel Aviv cherchant l’un et l’autre à mettre en place leur projet qui se complète, faisant ainsi de cette guerre la « première guerre conjointe » entre ces deux pays. Il ne s’agit plus simplement d’une aide directe américaine, mais d’une participation active.

Donner le change

Dans ce contexte, le bombardement du Qatar par les Israéliens, la semaine dernière, fait désordre, mais apparaît comme nécessaire aux yeux de Rubio comme ceux de Netanyahou. Le problème est qu’au Qatar se trouve la plus grosse base militaire US de la région, devenue même le siège du Centcom, le commandement central.

Pour donner le change, Donald Trump s’est dit « pas content », son entourage a fait savoir qu’ils avaient été prévenus trop tard pour empêcher cette attaque. Personne n’est dupe, cette agression à Doha, qui a tué au moins cinq membres subalternes du Hamas et un agent des forces de sécurité qataries, avait pour but de mettre fin aux tentatives d’obtenir un cessez-le-feu entre Israël et le Hamas et la libération des otages. Elle survient également à un moment où de plus en plus de pays annoncent qu’ils vont reconnaître un État de Palestine. C’est le cas de la France. Pour Les États-Unis comme pour Israël, il convient, si ce n’est d’empêcher, en tout cas de limiter l’hémorragie par tous les moyens. Y compris des pressions économiques et des menaces de toute sorte.

À cet égard, le sommet conjoint de la Ligue arabe et de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) qui se tient ce lundi 15 septembre à Doha, est un véritable test pour les pays arabes. Y participent notamment les présidents palestinien, turc, iranien et égyptien ainsi que les Premiers ministres irakien et pakistanais, le roi de Jordanie et le prince héritier saoudien. Mais en réalité, il n’y a pas grand-chose à attendre de ce côté-là. Selon le projet de déclaration finale consulté par l’AFP, la cinquantaine de pays représentés devraient dénoncer l’attaque israélienne en soulignant qu’elle mettait en péril les efforts de normalisation des relations entre Israël et les pays arabes.

L’attaque israélienne et « la poursuite des pratiques agressives d’Israël, notamment les crimes de génocide, le nettoyage ethnique, la famine et le blocus, ainsi que les activités de colonisation et d’expansion minent les perspectives de paix et de coexistence pacifique dans la région », affirme le texte.

Le Conseil des droits de l’homme de l’Onu doit se réunir ce mardi 16 septembre en urgence suite à deux demandes officielles soumises par le Pakistan, au nom des États membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI), et par le Koweït, au nom du Conseil de coopération des États arabes du Golfe.

lundi 8 septembre 2025

Vote de confiance : nouveau premier ministre, dissolution, article 16… quels scénarios après l’auto-sabordage de François Bayrou ?



En décidant d’accélérer sa chute par la convocation d’un vote de confiance ce lundi 8 septembre, le premier ministre choisit de faire basculer le pays dans une nouvelle crise de régime. Pour en sortir, Emmanuel Macron envisage toutes les pistes.

Le glas et celui qui le fait retentir. Lundi 25 août, le premier ministre, François Bayrou, convoque la presse pour aborder la question épineuse du budget. Depuis plusieurs mois, le montant des coupes annoncées pour 2026 (43,8 milliards d’euros) provoque colère et protestation. Les premières victimes de son « plan » sont connues : services publics et prestations sociales. Les plus riches, eux, tout comme les grandes entreprises, pourtant bénéficiaires de 211 milliards d’aides publiques par an, sont épargnés. Encore. D’où les mobilisations annoncées pour le mois de septembre, par l’intersyndicale et le mouvement « Bloquons tout ».

Certains que les Français n’ont pas compris ses orientations, pourtant « frappées du coin du bon sens », comme il le répète en privé à chacun de ses interlocuteurs, François Bayrou s’emploie donc ce jour à un nouvel exercice de pédagogie teinté d’alarmisme. La mine grave, face à la caméra, il lance : « Notre pays est en danger parce que nous sommes au bord du surendettement. Depuis vingt ans, chaque heure de chaque jour et de chaque nuit a augmenté la dette de 12 millions d’euros supplémentaires. » Alors, il faut raser tous azimuts et tant pis pour les mécontents. « La France, ce n’est pas ceux qui veulent l’abattre par le désordre, c’est ceux qui veulent la construire par le courage et la générosité », précise-t-il encore. Capisci ?

Reste que les vents contraires sont forts, très forts. Dans la rue, mais aussi à l’Assemblée nationale où la gauche prépare une motion de censure prévue pour la fin du mois et qui a de fortes chances de provoquer la chute de son gouvernement. Il lui faut donc réagir, se dit-il, redevenir le maître du temps. « J’ai demandé au président de la République – et il a accepté – de convoquer le Parlement en session extraordinaire le lundi 8 septembre, annonce-t-il alors. J’engagerai, ce jour-là, la responsabilité du gouvernement sur une déclaration de politique générale, conformément à l’article 49, alinéa premier, de notre Constitution. » Si elle n’est pas votée par une majorité absolue des suffrages exprimés, le premier ministre devra démissionner, et le pays tout entier retombera dans le chaos le plus total.

« Le 8, ta tête sur le billot et tu sauves la mienne le 10 »

Ce pari, seule une poignée de personnes en ont été avisées. Si les membres de son cabinet ont appris la nouvelle quelques dizaines de minutes avant son intervention, le président de la République, Emmanuel Macron, a été mis dans la confidence quatre jours auparavant lors d’un rendez-vous au fort de Brégançon. Loin de trouver cette idée folle, il s’est montré « séduit » par l’idée de ne pas « se laisser subir », nous dit-on dans son entourage.

« Ils ont conclu un deal, confie à l’Humanité l’un de ses anciens conseillers, resté proche de son clan. Le président lui a dit en substance : « Très bien. Le 8, c’est ta tête sur le billot et tu sauves la mienne le 10 » ». Quel intérêt peut cependant y trouver le maire de Pau ? « C’est un illuminé, il croit encore en son destin présidentiel !, poursuit notre homme de l’ombre. Son plan est clair. Il annonce la catastrophe économique, se fait éjecter pour cela, l’apocalypse arrive, et peu avant 2027 il revient. Il est certain que les Français salueront celui qui avait tout vu comme étant leur sauveur. »

Dans son camp, celui du Modem, parti qu’il a fondé, on fait bloc autour du berger. En réunion de groupe, peu de temps après sa conférence de presse, les éloges fusent, nous rapporte-t-on. « Courageux », « audacieux », « responsables »… C’est vite acté : tous voteront la confiance. Mais plutôt que l’expression de véritables convictions, il s’agit surtout de ne pas se mettre à dos les bons soldats du maire de Pau : Jean-Paul Mattei et Marc Fesneau. Cela pourrait coûter leur poste à certains, d’autant qu’une dissolution est bien vite arrivée. Mais en privé, anonymement, l’embarras est assumé.

« C’est un choix absurde, se désole un membre du groupe. S’il avait voulu faire les choses bien, il aurait consulté les groupes bien en amont, aurait amendé ses intentions, réfléchi à taxer (même au minimum) les plus grandes fortunes. Et je suis certain que la motion de censure n’aurait pas été adoptée, même avec un 49.3. Au lieu de ça, il se jette dans le ravin et le pays avec. Sa mission était pourtant connue : tout faire pour permettre un minimum de stabilité jusqu’en 2027. » « Il s’est certainement rendu compte que le costume était trop grand pour lui. C’est un abandon de poste masqué en suicide héroïque », renchérit un autre, très remonté.

« Connaissant son ego, le départ en Mendès France pour revenir en homme de la situation dans un an et demi, ce n’est pas impossible, se désole une figure du parti. Avant d’être nommé premier ministre, il assumait ses intentions présidentielles au détour d’un bon mot en se comparant à Joe Biden. Certes vieux, mais élu président, disait-il ». Dès lors, ils sont quelques-uns à le surnommer « François Biden ». Mais pas seulement pour ses ambitions présidentielles. Depuis son déni de l’affaire Bétharram, ses propos sur une prétendue « submersion migratoire », ou encore la présentation publique prétendument humoristique de son prédécesseur, Michel Barnier, en « parrain mafieux très présentable », les membres de sa famille sont de plus en plus nombreux à confier leur gêne face au « désastre Bayrou ».

Un premier ministre NFP ou du socle commun ?

La fin de François Bayrou à Matignon apparaissant comme définitive, la question de la suite se pose. Quelle voie choisira Emmanuel Macron pour le pays ? Nommer un nouveau premier ministre du socle commun ? Un membre du Nouveau Front populaire (NFP), force arrivée en tête lors des dernières législatives qui revendique sa légitimité à gouverner ? « Ce n’est pas au moment où la France est le plus à droite depuis vingt ans qu’un gouvernement de gauche pourra réussir, tranche François Patriat, sénateur Renaissance de Côte-d’Or et proche d’Emmanuel Macron. Nommer un premier ministre de gauche, c’est se couper de la droite et donc affaiblir un socle commun qui n’a pas besoin de ça. Même Bernard Cazeneuve ferait fuir Bruno Retailleau. Et le RN ne resterait pas non plus sans réaction, la France insoumise aussi… »

Dans l’entourage d’Emmanuel Macron, toutes les personnes interrogées sont du même avis. La tendance est donc à un nouveau locataire de Matignon de la minorité présidentielle. Mais qui ? Sébastien Lecornu ? « Une évidence. » Julien Denormandie ? « La grosse cote. » Bruno Retailleau ? « L’inimitié avec le président est trop grande », souffle-t-on encore dans sa garde rapprochée. Et de dégainer l’infatigable carte : « Une personnalité issue de la société civile n’est pas à exclure ».

Dans les couloirs de l’Élysée, on ose même rêver d’un « capitaine d’industrie » qui viendrait « remettre de l’ordre » dans la boîte France. Pourquoi pas Xavier Niel, milliardaire fondateur d’Iliad, et soutien énamouré de la première heure d’Emmanuel Macron ? « Sexy mais peu probable », répond un visiteur régulier de l’Élysée. C’est oublier quelqu’un, selon François Patriat : François Bayrou. « Oui, qui vous dit que le président acceptera sa démission ? Peut-être lui dira-t-il : « Non, continuez votre travail sur le budget, nous verrons après. » De Gaulle l’a bien fait avec Pompidou », imagine-t-il.

L’improbable piste de l’article 16

Une autre solution est plus envisageable : dissoudre (à nouveau) l’Assemblée nationale. « Si tout le monde le lui demande, il ne va surtout pas le faire », glisse l’un de ses conseillers, qui écarte également toute possibilité de démissionner. « Une dissolution immédiate serait incomprise. Avant cela, il faut mener un travail de pédagogie pour démontrer qu’il n’y a pas d’autre solution », abonde François Patriat.

À la suite de la conférence de presse de François Bayrou, interrogé sur l’organisation éventuelle de nouvelles législatives, l’Élysée a vaguement communiqué ne pas vouloir « se priver d’un pouvoir constitutionnel ». Pour l’un de ses anciens conseillers officieux, cette déclaration, même floue, doit être lue entre les lignes. « À l’automne 2023, le président a consulté de façon informelle des constitutionnalistes pour savoir si le blocage budgétaire pouvait justifier l’utilisation de l’article 16 de la Constitution », nous informe-t-il.

Une disposition qui permet au président de voir ses pouvoirs temporairement étendus, jusqu’à pouvoir prendre des mesures qui relèvent de la compétence exclusive du Parlement sans le consulter, au motif que « l’exécution des engagements de la France est menacée d’une manière grave et immédiate ». « Ce serait le pire des choix, il n’y aurait pas mieux pour mettre tout le monde dans la rue et provoquer les conditions d’une démission inévitable, mais je sais que c’est une option sur la table », ajoute-t-il. Un illuminé en cache parfois un autre.

 

jeudi 4 septembre 2025

Novasco : à Hagondange, une marche citoyenne pour entretenir la flamme de l’acier.



Toute la région d’Hagondange a été appelée à défiler, ce jeudi matin, pour lutter contre la fermeture de l’aciérie Novasco (ex-Ascometal) que pourrait prononcer dans trois semaines le tribunal de commerce de Strasbourg. Quelque 700 participants ont rallié l’usine pour rejoindre la mairie en scandant « Non non non à la fermeture, l’État doit garantir le maintien des emplois ».

Marcher pour entretenir l’espoir. C’est ce qu’ont entrepris, ce jeudi 4 septembre au matin, tous les soutiens de l’aciérie Novasco qui croient dur comme fer que l’acier a encore toute sa place à Hagondange et en Moselle. Cette « marche citoyenne », au départ de l’usine, s’est voulue un signal au tribunal de commerce de Strasbourg, qui clôt le lendemain le dépôt d’éventuelles offres de reprise, avant de décider du futur du site le 25 septembre. « Non non non à la fermeture, l’État doit garantir le maintien des emplois », ont scandé jusqu’à la mairie les quelque 700 manifestants.

Depuis son placement en redressement le 11 août dernier, l’ex-établissement Usinor, filialisé en 1985 sous le pavillon d’Ascometal, avant d’être rebaptisé Novasco l’an dernier, traverse sa quatrième procédure judiciaire depuis 2014. Pour animer la flamme de la mobilisation et chasser la lassitude ou les mauvaises nouvelles, les formes de lutte se diversifient.

Une histoire de trahison

« Cette initiative va permettre à tous ceux qui nous entourent – nos familles, mais aussi les riverains qui sont avec nous depuis que l’usine est à l’arrêt, à la population, aux 3 500 emplois indirects qui dépendent de Novasco, aux commerçants, aux élus et politiques, d’exprimer leur soutien, décrypte Yann Amadoro, secrétaire CGT du comité social et économique (CSE). Leur message va s’adresser aux éventuels repreneurs, au tribunal de commerce, à l’État. Il faut une solution pour éviter la catastrophe pour la région, mais aussi pour la sidérurgie. Si on ferme, ce serait la perte de savoir-faire, une aberration alors qu’on nous dit que la filière électrique est l’avenir. L’acier que l’on produit sort de fours électriques ! »

En juillet 2024, le fonds d’investissement britannique Greybull Capital avait participé à la vente à la découpe du groupe sidérurgique Ascometal en récupérant un bloc cohérent composé de l’aciérie d’Hagondange (450 salariés) et de trois sites d’usinage et de parachèvement (310 salariés) à Custines (Meurthe-et-Moselle), Saint-Étienne (Ain) et Leffrinckoucke (Nord). À peine un an plus tard, le propriétaire plie les gaules. La faute à pas de chance : à un accident lors d’une coulée en novembre 2024 causant sept semaines d’arrêt, au marché de l’automobile à l’arrêt, mais aussi à un outil industriel jugé trop cher à moderniser.

Pour Jacques Maréchal, secrétaire départemental PCF de la Moselle, c’est surtout l’histoire d’une trahison. « Si l’État a bien versé 75 des 85 millions pour moderniser l’outil de production, Greybull n’a dépensé que 1,5 million sur les 75 millions promis. L’État ne peut pas se comporter en porte-monnaie et verser 211 milliards d’aides publiques aux entreprises sans exercer un droit de contrôle. »

Pour les syndicats de l’aciérie comme pour les partis de gauche, il n’est cependant pas trop tard. La marche citoyenne pourrait déboucher sur un large comité de défense, avec le soutien des collectivités locales. Demande est faite au préfet d’user des 10 derniers millions que l’État doit verser pour maintenir Novasco à flot.

De quoi se donner de l’air et du temps pour conserver les savoir-faire et trouver un repreneur solide ou, à défaut, imaginer une intervention publique. En terre mosellane (4 000 emplois liés à la sidérurgie), des synergies pourraient être trouvées avec le laminoir d’ArcelorMittal de Gandrange.

« Un scandale national » : au moins un prof manquant à la rentrée dans plus de la moitié des collèges et lycées, selon le Snes-FSU



Selon une enquête du Snes-FSU, révélé par France-info ce jeudi 4 septembre, plus de la moitié des collèges et lycées ont fait leur rentrée avec au moins un professeur manquant. Le principal syndicat du secondaire juge le chiffre de 2 500 enseignants manquants avancé par Élisabeth Borne « vraisemblablement sous-estimés ». Trois quarts des établissements comptaient même une équipe incomplète, si on ajoute les autres membres du personnel.

Si toutes les académies sont concernées, le syndicat relève des disparités : « Dans l’académie d’Aix-Marseille, il manque au moins un professeur dans 41 % des collèges et des lycées, 72 % pour l’académie de Créteil et près de 75 % pour l’académie de Lyon ».

« L’équivalent de 2 500 professeurs » ont fait défaut à la rentrée selon la ministre de l’Éducation nationale qui assurait, sur RTL le 1er septembre, que « les rectorats sont mobilisés depuis des semaines pour qu’il y ait un prof devant chaque élève. Ça sera le cas, on a 99,9 % des postes qui sont pourvus dans le premier degré, quasiment pas de postes non pourvus dans le second degré ». Mais « les chiffres annoncés par Élisabeth Borne lundi sont vraisemblablement sous-estimés », assure le Snes-FSU qui a réalisé une enquête, révélé par franceinfo ce jeudi 4 septembre. Le principal syndicat du second degré relève au moins un professeur manquant dans 55 % des collèges et lycées. « Cela représente en moyenne 1 professeur manquant dans chaque collège et lycée publics », précise-t-il.

Trois quarts des établissements (73 %) comptaient même une équipe incomplète, si on ajoute les autres membres du personnel. Il manquait ainsi à l’appel le jour de la rentrée au moins un conseiller principal d’éducation (CPE) dans 8,8 % des établissements, un psychologue de l’Éducation nationale (PsyEN) dans 13,2 %, un accompagnant d’élève en situation de handicap (AESH) dans 12,2 %, un assistant d’éducation (AED) dans 11,1 %. « À l’heure où la jeunesse va mal, qu’elle grandit dans un monde où la complexité est croissante, où elle a besoin de plus d’adultes, le manque de personnels d’enseignement, AESH, d’éducation ou d’orientation est désastreux », estime le syndicat.

« Crise de recrutement et manque de remplaçants »

« Ce qui devrait être considéré par toutes et tous comme un scandale national se poursuit : des dizaines de milliers d’élèves ont commencé l’année sans professeur, y compris dans des classes à examen, et vont perdre des heures de cours. La 7e puissance économique mondiale est incapable d’assurer la rentrée, et la suite de l’année scolaire, avec le nombre de personnels attendus et nécessaires », constate le Snes-FSU. Si toutes les académies sont concernées, le syndicat relève des disparités : « Dans l’académie d’Aix-Marseille, il manque au moins un professeur dans 41 % des collèges et des lycées, et si ce chiffre est de 29,1 % pour l’académie de Dijon, il monte à 72 % pour l’académie de Créteil et près de 75 % pour l’académie de Lyon ».

La situation est loin de s’être améliorée par rapport à l’an passé où la même enquête avait relevé au moins 1 professeur manquant dans 56 % des collèges et des lycées. En cause, selon le syndicat : « La crise de recrutement mais aussi au manque de remplaçants ». « Des absences prévisibles et connues des services (des congés longue maladie) ne sont pas remplacées », ajoute-t-il.

Face au projet de budget de François Bayrou qui annonce, dans ce contexte de pénurie, une nouvelle dégradation de la situation avec des suppressions de postes ou le gel du point d’indice, le Snes-FSU appelle à la mobilisation : « actions locales et intersyndicales le 10 septembre, grève interprofessionnelle le 18 septembre ! »

 

« Canicule : Face à l’inaction meurtrière, où est la colère ? », l’éditorial de Maud Vergnol.

Qui peut encore nier que notre humanité est face à la plus grande crise existentielle qu’elle ait jamais connue ? Combien faudra-t-il enco...