Toute la région
d’Hagondange a été appelée à défiler, ce jeudi matin, pour lutter contre la
fermeture de l’aciérie Novasco (ex-Ascometal) que pourrait prononcer dans trois
semaines le tribunal de commerce de Strasbourg. Quelque 700 participants ont
rallié l’usine pour rejoindre la mairie en scandant « Non non
non à la fermeture, l’État doit garantir le maintien des emplois ».
Marcher pour
entretenir l’espoir. C’est ce qu’ont entrepris, ce jeudi 4 septembre au
matin, tous les soutiens de l’aciérie Novasco qui croient dur comme fer que
l’acier a encore toute sa place à Hagondange et en Moselle. Cette
« marche citoyenne », au départ de l’usine, s’est voulue un
signal au tribunal de commerce de Strasbourg, qui clôt le lendemain le dépôt
d’éventuelles offres de reprise, avant de décider du futur du site le
25 septembre. « Non non non à la fermeture, l’État doit garantir le
maintien des emplois », ont scandé jusqu’à la mairie les quelque 700
manifestants.
Depuis son placement en redressement le
11 août dernier, l’ex-établissement Usinor, filialisé en 1985
sous le pavillon d’Ascometal, avant d’être rebaptisé Novasco l’an dernier,
traverse sa quatrième procédure judiciaire depuis 2014. Pour animer la flamme
de la mobilisation et chasser la lassitude ou les mauvaises nouvelles, les
formes de lutte se diversifient.
Une histoire de trahison
« Cette initiative va permettre à tous ceux qui nous entourent – nos
familles, mais aussi les riverains qui sont avec nous depuis que l’usine est à
l’arrêt, à la population, aux 3 500 emplois indirects qui dépendent de
Novasco, aux commerçants, aux élus et politiques, d’exprimer leur soutien, décrypte Yann Amadoro, secrétaire CGT du comité
social et économique (CSE). Leur message va s’adresser aux éventuels
repreneurs, au tribunal de commerce, à l’État. Il faut une solution pour éviter
la catastrophe pour la région, mais aussi pour la sidérurgie. Si on ferme, ce
serait la perte de savoir-faire, une aberration alors qu’on nous dit que la
filière électrique est l’avenir. L’acier que l’on produit sort de fours
électriques ! »
En juillet
2024, le fonds d’investissement britannique Greybull Capital avait participé à
la vente à la découpe du groupe sidérurgique Ascometal en récupérant un bloc
cohérent composé de l’aciérie d’Hagondange (450 salariés) et de trois sites
d’usinage et de parachèvement (310 salariés) à Custines (Meurthe-et-Moselle),
Saint-Étienne (Ain) et Leffrinckoucke (Nord). À peine un an plus tard, le
propriétaire plie les gaules. La faute à pas de chance : à un accident
lors d’une coulée en novembre 2024 causant sept semaines d’arrêt, au marché de
l’automobile à l’arrêt, mais aussi à un outil industriel jugé trop cher à
moderniser.
Pour Jacques
Maréchal, secrétaire départemental PCF de la Moselle, c’est surtout l’histoire
d’une trahison. « Si l’État a bien versé 75 des 85 millions pour
moderniser l’outil de production, Greybull n’a dépensé que 1,5 million sur
les 75 millions promis. L’État ne peut pas se comporter en porte-monnaie
et verser 211 milliards d’aides publiques aux entreprises sans exercer un
droit de contrôle. »
Pour les
syndicats de l’aciérie comme pour les partis de gauche, il n’est cependant pas
trop tard. La marche citoyenne pourrait déboucher sur un large comité de
défense, avec le soutien des collectivités locales. Demande est faite au préfet
d’user des 10 derniers millions que l’État doit verser pour maintenir Novasco à
flot.
De quoi se
donner de l’air et du temps pour conserver les savoir-faire et trouver un
repreneur solide ou, à défaut, imaginer une intervention publique. En terre
mosellane (4 000 emplois liés à la sidérurgie), des synergies pourraient
être trouvées avec le laminoir d’ArcelorMittal de Gandrange.

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