mardi 3 février 2026

« CDI jeune » du Medef : zéro devoir pour l’employeur, zéro droit pour le salarié, l’éditorial de Cathy Dos Santos.



Le Medef est passé maître dans l’art de recycler les vieilles recettes capitalistes indigestes. Fort des concessions fiscales de la Macronie, voilà qu’il se croit autorisé à déterrer un funeste projet qu’une fronde historique avait pourtant enseveli en 2006 : le « contrat première embauche ». 

Ce dispositif défendu bec et ongles par Dominique de Villepin réduisait les jeunes alors confrontés à un chômage structurel à de la chair à canon pour le capital. Face à la puissance des mobilisations, le premier ministre avait été contraint de faire machine arrière.

Vingt ans plus tard donc, et toute honte bue, l’organisation patronale nous présente son frère jumeau, un succédané de CDI pour les 18-25 ans qui pourrait « être rompu sans motif pendant les premières années ». En résumé : zéro devoir pour l’employeur, zéro droit pour le salarié.

Face à la levée de boucliers des organisations de jeunesse, ou encore de la CGT qui fustige un « CPE XXL », Patrick Martin, le patron des patrons, jure qu’il ne s’agit là que d’une proposition versée au débat. À un an de l’élection présidentielle, cela ressemble davantage à un cahier des charges qu’à une agora où le bien commun primerait sur les intérêts privés. 

En témoignent, d’ailleurs, les autres « idées » sur la table qui sont, elles aussi, de vieilles lunes libérales : la création d’un Smic jeune ou encore l’allongement de la période d’essai.

L’emploi a été et reste l’obsession du capitalisme qui mène une guerre sans relâche contre les règles, les normes et les garanties collectives des salariés. Ce système exige d’avoir les mains libres pour licencier, imposer la flexibilité et la précarité afin de garantir une rentabilité maximale aux actionnaires. En France, comme ailleurs, la jeunesse est devenue le laboratoire de l’affrontement capital/travail.

Le grand patronat rêve d’étendre le « CDI jeunes » à l’ensemble du salariat dont les droits sont perçus comme autant de freins au profit. Ce dogme produit déjà ses cohortes de travailleurs pauvres et ultraprécaires dévorés par l’avidité des actionnaires. La copie du Medef est une horreur. Elle mérite de finir aux oubliettes avec le CPE.

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« CDI jeune » du Medef : zéro devoir pour l’employeur, zéro droit pour le salarié, l’éditorial de Cathy Dos Santos.

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