Le Medef est passé
maître dans l’art de recycler les
vieilles recettes capitalistes
indigestes. Fort des concessions fiscales de la Macronie, voilà
qu’il se croit autorisé
à déterrer un funeste projet qu’une fronde historique
avait pourtant enseveli en 2006 : le « contrat première
embauche ».
Ce
dispositif défendu bec et ongles par Dominique de
Villepin réduisait les jeunes alors
confrontés à un chômage structurel à de la chair à canon pour le capital. Face
à la puissance des mobilisations, le premier ministre avait été contraint
de faire machine arrière.
Vingt ans plus
tard donc, et toute honte bue, l’organisation
patronale nous présente son frère jumeau,
un succédané de CDI pour les 18-25 ans qui pourrait « être
rompu sans motif pendant les premières années ». En résumé : zéro
devoir pour l’employeur, zéro droit pour le salarié.
Face
à la levée de boucliers des organisations de jeunesse, ou encore de la CGT qui fustige un « CPE XXL »,
Patrick Martin, le patron des patrons, jure qu’il ne
s’agit là que d’une proposition versée au débat. À un an de l’élection
présidentielle, cela ressemble davantage à un cahier des
charges qu’à une agora où le bien commun primerait sur les intérêts
privés.
En témoignent,
d’ailleurs, les autres « idées » sur la table qui sont, elles
aussi, de vieilles lunes libérales : la création d’un Smic
jeune ou encore l’allongement de la période d’essai.
L’emploi a été
et reste l’obsession du capitalisme qui mène une guerre sans relâche contre les
règles, les normes et les garanties collectives des salariés. Ce système exige
d’avoir les mains libres pour licencier, imposer la flexibilité et la précarité
afin de garantir une rentabilité maximale aux actionnaires. En France,
comme ailleurs, la jeunesse est devenue le laboratoire de l’affrontement
capital/travail.
Le grand
patronat rêve d’étendre le « CDI jeunes » à l’ensemble du salariat
dont les droits sont perçus comme autant de freins au profit. Ce dogme produit
déjà ses cohortes de travailleurs pauvres et ultraprécaires dévorés par
l’avidité des actionnaires. La copie du Medef est une horreur. Elle mérite de
finir aux oubliettes avec le CPE.

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