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vendredi 20 mars 2026

POUR CÉLÉBRER LE PREMIER JOUR DU PRINTEMPS.

 


Les saisons sont essentielles, elles rythment nos vies, dans un élan immuable... Elles forment des cycles qui ponctuent nos vies comme le jour et la nuit qui se succèdent, elles sont des repères dans le temps...

"Voici donc les longs jours ! Voici le printemps !"

Un poème consacré au printemps, un poème où la nature personnifiée s'anime et devient une entité vivante, c'est un texte rempli de fraîcheur et d'animisme que nous offre, ici, Victor Hugo...

 

Des exclamations, qui révèlent bonheur et admiration, ouvrent le texte : l'énumération du premier vers restitue une sorte d'exaltation, devant le renouveau du printemps, la lumière est mise en valeur, associée à "l'amour" et au "délire".

Le poète se charge d'annoncer le printemps, par une formule réitérée : "voici les longs jours, voici le printemps !" Puis il déroule les mois, "mars, avril, mai, juin", en les caractérisant familièrement et simplement : "avril au doux sourire, Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis."

 

Ces mois du printemps deviennent des êtres vivants qui nous accompagnent de leur bienveillance.

Le décor est, ensuite, évoqué : des arbres, des peupliers semblent, eux aussi, s'animer pour offrir un cadre somptueux au poète : on les voit "se courber mollement comme de grandes palmes..."

 

Un oiseau vient compléter le tableau et assure un fond sonore à l'ensemble : "L'oiseau palpite, au fond des bois tièdes et calmes."

Et le poète perçoit tout le bonheur du monde dans cette renaissance : "Il semble que tout rit, et que les arbres verts sont joyeux d'être ensemble..."

Le champ lexical du bonheur apparaît : "tout rit, joyeux, quelque chose d'heureux, chanter..."

Les arbres deviennent même l'image du poète : "il semble... qu'ils se disent des vers..."

Le jour et le soir deviennent des entités vivantes, le jour apparaît "couronné d'une aube fraîche et tendre", et le soir se révèle "plein d'amour"...

Enfin, la nuit se met à l'unisson de la nature renaissante, puisqu'on y perçoit un chant de bonheur...

 

La simplicité de ce poème, la nature humanisée, emplie de vie traduisent une complicité entre l'homme et le monde qui l'entoure.

Des sensations visuelle, tactile, auditive viennent ponctuer le texte et nous font ressentir une forme d'harmonie : le vert des arbres, leurs grandes palmes, un chant heureux dans l'infini de la nuit...

 

Ce poème nous transmet une ivresse de bonheur et de tendresse : la nature se met à l'unisson de Victor Hugo, elle invite à l'amour, à la joie de vivre.

Victor Hugo nous fait, aussi, percevoir l'écoulement du temps, le jour, le soir, la nuit, les mois qui se succèdent, comme un bonheur à savourer.

Les sonorités contrastées de sifflantes "s" très douces et de gutturales "r" plus âpres traduisent à la fois un apaisement et une exaltation...

Voici le poème de Victor HUGO :

 

« PRINTEMPS »

« Voici donc les longs jours, lumière, amour, délire !

Voici le printemps ! Mars, avril au doux sourire,

Mai fleuri, juin brûlant, tous les beaux mois amis !

Les peupliers, au bord des fleuves endormis,

Se courbent mollement comme de grandes palmes ;

L'oiseau palpite au fond des bois tièdes et calmes ;

Il semble que tout rit, et que les arbres verts

Sont joyeux d'être ensemble et se disent des vers.

Le jour naît couronné d'une aube fraîche et tendre ;

Le soir est plein d'amour ; la nuit, on croit entendre,

A travers l'ombre immense et sous le ciel béni,

Quelque chose d'heureux, chanter dans l'infini ».

 

mercredi 4 mars 2026

Le 15 mars je me prononcerai pour la liste « continuons ensemble » conduite par François DECHY. Je vous invite à accompagner ce choix (Robert Clément) !



Depuis vendredi dernier, nous connaissons les candidat-e-s qui aspirent à devenir maire de Romainville. C’est le propre d’une compétition électorale. Au-delà d’une ambition louable et parfois démesurée, ce qui compte dans le choix que nous aurons à faire, ce sont les compétences, la connaissance de notre histoire, les capacités à assumer une fonction complexe et exigeante, le sérieux des propositions. C’est aussi le respect à la parole donnée, la sincérité, l’intégrité, le désintéressement et le sens du collectif. 

Dans mon précédent billet, prenant connaissance de divers écrits, j’écrivais que notre ville m’apparaissait vivre dans une bulle, une sorte d’îlot, imperméable au basculement du monde, devenu un fracas permanent, avec ses violences, ses guerres, avec les craintes, l’inquiétude et l’anxiété qu’elles suscitent dans les moments que nous vivons présentement. Imperméable, aussi, aux conséquences des politiques nationales sur les choix des collectivités locales.

Les propositions énoncées par certain-e-s candidat-e-s me conforte dans cette impression. À les lire, leur mise en œuvre ne dépendrait que de l’engagement de l’équipe qui serait élue le 22 mars. C’est trop simple. Les obstacles ne manqueront pas de se présenter et seule l’intervention de nos concitoyens permettra de les surmonter. Plus vite qu’on peut le penser, d’ailleurs. Ainsi, le premier ministre vient d’annoncer que la décentralisation serait bien un sujet du présent quinquennat. Qu’elle ferait l’objet de plusieurs projets de loi dont l’un porterait sur « la réforme de l’État, la décentralisation et la clarification d’un certain nombre de compétences ». Mais surtout Sébastien LECORNU ne cache pas ses intentions « La situation de nos finances publiques rend urgent de recentrer l’État sur certaines missions, il doit donc s’en remettre plus clairement à d’autres acteurs publics pour exercer certaines compétences, et de citer les transports, le logement et le médico-social ». Tout cela à 15 jours du premier tour !

Par ailleurs, le projet de loi du gouvernement sur les polices municipales que vient d’adopter le Sénat, dessine un basculement silencieux : celui d’une police municipale appelée à devenir l’ombre portée de la police nationale, sans les mêmes garanties, sans les mêmes moyens financiers, mais avec des compétences toujours plus étendues. Ce glissement installe une confusion entre police nationale et police municipale : celle des missions, des responsabilités et du financement.

Enfin, cerise sur le gâteau, en dépit des affirmations du chef du gouvernement expliquant avoir préservé les collectivités locales, la loi de finances pour 2026 comporte en fait – au-delà des 2 milliards d’euros de prélèvements que l’exécutif reconnait – près de 5 milliards d’euros de coupes budgétaires, affectant les collectivités. La baisse des dotations aux collectivités territoriales n’a pas commencé avec Emmanuel Macron. Jamais les dotations de l’Etat n’ont autant fait parler d’elles que sous le quinquennat de François Hollande. Le candidat promettait de ne pas les baisser, il n’en a rien été. Si, en 2013, elles s’élevaient encore à 41,5 milliards d’euros, elles ont, au bout du mandat, fondu d’un quart, à 30,86 milliards d’euros.  

Dès ses premiers pas à l’Élysée, François Hollande renonçait à renégocier les traités européens. Il tourna aussi le dos à la gauche avec des réformes telles que celle sur l’ANI (accord national interprofessionnel), les retraites, le CICE, le projet de déchéance de nationalité, les lois Macron et El Khomri, toutes deux adoptées à coups de 49-3 face à une majorité socialiste récalcitrante. Faute de sattaquer aux injustices sociales, la ligne incarnée par les premiers ministres Manuel Valls et Bernard Cazeneuve a même été de mettre en avant des batailles identitaires. C’est une leçon qu’il convient de retenir pour ce scrutin municipal et à quelques encablures de 2027.

De ce point de vue les propos de Bernard Cazeneuve – président du mouvement « La Convention » qui soutient la liste du Parti socialiste à Romainville – ne sont guère rassurants. Il défend un positionnement de centre gauche et une union « progressiste » allant « au-delà du seul rassemblement de la gauche ». Selon lui, ce mouvement devrait s’inspirer du « gaullisme de la fin de la IVe République, autour dune certaine idée de la France ». Et puis, étonnante sortie de Bernard Cazeneuve, le 31 janvier sur France-Info, quelques jours avant sa venue à Romainville pour soutenir la liste du parti socialiste : « Je me déplace, dit-il, pour soutenir les maires socialistes sortants, ceux qui affrontent la droite. Partout où il y a des candidats de gauche sortants, je souhaite un soutien total » (sic).

« Depuis 2020, Romainville est à l’arrêt, notre ville décline faute de vision » nous dit la liste du parti socialiste ». De quelle vision parlons-nous ? Aucune ville d’Île de France n’a connu une telle évolution démographique. 13720 logements en 2020, 16881 en 2026. 30087 habitants en 2020, 37152 au 1er janvier 2026, selon l’Insee. Et ce sera 40.000 à l’horizon 2030, et sans doute plus tôt. Ce n’est pas un détail, et pourtant peu commenté. 

Nous sommes favorables, nous disait-on à une évolution maîtrisée de la population, 30.000 habitants à l’horizon 2030. Oui mais voilà, nous serons 40.000 à cette même date ! C’est ici que nous sommes « Gros-Jean comme devant ». Les nouveaux résidents sont évidemment les bienvenus, encore fallait-il qu’ils soient bien accueillis. Ce sont des classes supplémentaires à ouvrir, ce sont des équipements sportifs et culturels à construire, ce sont des structures nouvelles pour l’accueil de la petite enfance, c’est un troisième collège à construire aux Bas-Pays. Rien de tout cela n’a été pensé. Et aujourd’hui avec quel foncier et où ? Alors comment parler d’une vision sur le futur en matière d’aménagement et d’urbanisme.

Les biens immobiliers appartenant à la commune et cédés aux promoteurs immobiliers ont fait leur plus grand bonheur. Restaurant du personnel, atelier municipal, gymnase Vallès, foyer Croizat, salle Jean Lurçat, foyer Pierre KÉRAUTRET, espace Marcel PAUL, maison des associations, place de l’ancien marché, locaux rue Louise Dory, le Mille-Club, route de Montreuil, réserves foncières rue de la République et rue Jean-Jaurès, cité des Mares (pour 4,5 millions d’euros), centres de vacances d’Audierne, du Bosgouet, de Bourg-Achard. Ainsi, on pourra tourner les choses dans tous les sens, notre ville doit impérativement disposer de foncier pour faire ce qui n’a pas été fait et répondre ainsi aux multiples besoins qui n’ont fait l’objet d’aucune anticipation. L’équipe municipale élue en 2020 s’y est attelé et entend poursuivre cet engagement.

J’ai toujours pensé qu’une campagne électorale a un impérieux besoin de clarté, de transparence et de francs échanges. La démocratie a tout à y gagner. C’est pourquoi j’ai cru utile de livrer ma réflexion à la connaissance de chacun(e). Pour ma part c’est ce qui me conduit à  soutenir la « liste du plus large rassemblement de la gauche, des écologistes et des mouvements citoyens conduite par François DECHY, qui elle, allie réalisme et fidélité à ses valeurs ».

Au plan municipal, ce sont les droits humains qui relient toutes les politiques publiques. Ils ne se limitent pas aux tribunaux internationaux ni aux crises diplomatiques. Ils se construisent ou se fragilisent dans les décisions locales et commencent à la mairie. C’est à la mairie que l’on déclare une naissance et que l’on obtient une identité administrative, condition première de l’action aux droits. C’est à l’échelle communale que l’on scolarise ses enfants, que l’on vote et que l’on participe à la vie démocratique locale. La commune est le premier échelon de la République et le premier espace d’effectivité des droits humains. Chaque politique locale – sociale, éducative, urbaine, tranquillité publique – traduit en pratique, des principes universels : dignité, égalité, non-discrimination, participation. Ces principes sont ceux d’engagements internationaux que la France a librement adoptés et que toutes les autorités publiques doivent mettre en œuvre.

La France est liée par la Déclaration des droits de l’Homme, les pactes internationaux et les conventions européennes, obligations qui s’imposent à l’ensemble des pouvoirs publics, y compris aux collectivités territoriales. Une mairie n’est pas seulement une administration de proximité : c’est une autorité publique responsable du respect, de la protection et de la promotion des droits humains du territoire, et au-delà, par son action de solidarité et de coopération au-delà des frontières. Les droits humains ne sont pas « internationaux » d’un côté et « locaux » de l’autre. Ils forment un continuum. Être maire, ce n’est pas seulement gérer un budget. C’est exercer une responsabilité politique et morale envers l’ensemble des habitant-e-s. Chaque délibération, chaque arbitrage budgétaire, chaque règlement municipal a une incidence sur les droits fondamentaux. Ainsi les élections municipales ne sont pas une simple élection de gestion. Elles sont un choix de société. Les droits humains sont le socle de la République. Et ce socle se construit, chaque jour, à la mairie. Telle est la raison pour laquelle je me félicite de trouver dans la liste « Continuons ensemble », c’est la seule, des propositions fortes pour la protection des droits humains sur notre territoire et une action de solidarité, de coopération au-delà des frontières.

C’est en restant fidèle aux engagements de l’élu que j’ai été durant de longues années, au citoyen attaché à l’avenir de sa ville où je réside depuis 62 ans, au vieil homme que je suis devenu, que le 15 mars je me prononcerai pour la liste « Continuons ensemble » conduite par François DECHY. Je vous invite à accompagner ce choix. « Croire en demain, c’est toujours avoir un projet, une idée à défendre. L’essentiel de la vie, c’est de faire son chemin sans jamais, un instant, le perdre de vue »

 

 

 

 

dimanche 4 janvier 2026

ET MACRON APPROUVA !



Nous pouvons remballer nos vœux de bonne année : 2026 ne s’annonce pas plus paisible que 2025. La capture du président du Venezuela par les forces spéciales américaines, dans la nuit du 2 au 3 janvier, à l’issue d’une opération militaire digne d’un film à grand spectacle est aussi, et peut-être même d’abord, un message envoyé au monde : tout chef d’Etat situé dans la sphère d’influence américaine, qui ne pliera pas devant les Etats-Unis, doit désormais se sentir menacé, peu importe les règles du droit international, a fortiori si son sol et ses côtes renferment des richesses. « Nous n’accepterons plus à la tête du Venezuela quelqu’un qui ne pense pas comme nous», a clamé samedi Donald Trump en détaillant les motifs et les objectifs du raid américain sur ce pays qui renferme les réserves de pétrole parmi les plus importantes au monde, précisant que les Etats-Unis allaient diriger le Venezuela jusqu’à ce qu’ils puissent «procéder à une transition sûre». Et surtout qu’ils allaient « vendre beaucoup de pétrole». « Nous allons tirer une grande richesse de ce sol, qui va revenir aux Vénézuéliens et à nous en guise de remboursement pour tout ce que nous avons fait», a déclaré le président américain en précisant que les compagnies pétrolières américaines allaient très rapidement s’implanter sur place. La paix et le business par la force, tel est le mantra de Donald Trump, et d’ailleurs son secrétaire à la défense, Pete Hegseth, l’a cyniquement formulé lors de la conférence de presse organisée à Mar-a-Lago, en Floride : « Dorénavant, ce sera la paix par la force, bienvenue en 2026

 

mercredi 24 décembre 2025

Le renoncement à la distribution postale de la presse, un danger pour la démocratie !



La presse est aujourd’hui plongée dans une profonde transformation sous l’effet du numérique. La hausse constante du nombre d’abonnements et des audiences en ligne témoigne de son adaptation réussie aux nouveaux usages. Cependant, une partie importante de des lecteurs reste attachée au journal papier, permettant notamment de financer les investissements nécessaires dans le numérique.

Cet équilibre fragile est aujourd’hui remis en cause par l’augmentation vertigineuse des coûts de distribution – et particulièrement par la perspective d’une augmentation brutale des tarifs postaux.

Le service public de distribution postale de la presse, institué par la loi, est en effet un rouage essentiel de la chaîne de l’information, qui permet de servir les lecteurs situés dans les zones les plus isolées.

Les conditions de cette mission sont aujourd’hui remises en cause : alors que la Poste et l’Etat s’étaient engagés à plafonner les augmentations tarifaires jusqu’en 2027, ils s’apprêtent aujourd’hui à revenir sur leur signature, en augmentant massivement le prix du transport postal.

Une telle décision remettrait en cause, pour nos concitoyens situés dans les zones les moins denses du territoire, la disponibilité de leur journal ou de leur magazine à un coût raisonnable.

Les coûts de distribution augmentent quand les volumes distribués baissent

Quelles sont les raisons d’un tel revirement ? La Poste prétend que les coûts de distribution de la presse auraient augmenté de 40 % en 2023, et ce alors même que les volumes distribués baissent continuellement ; que ces coûts seraient désormais « insupportables », alors qu’elle a réalisé 1,4 milliard d’euros de bénéfice l’année dernière…

Il est tentant de penser qu’il s’agit plutôt de faire peser sur les éditeurs les conséquences financières du recul des volumes du courrier postal. Si le coût des missions de service public n’est pas entièrement compensé, ce n’est pas aux éditeurs et aux lecteurs de presse d’y remédier.

Après la désertification des territoires en matière de commerces, d’infrastructures, de médecins, allons-nous assister à la fin de l’un des derniers services publics bénéficiant à tous les Français de façon égalitaire ? Ainsi, l’on aurait en France une Poste capable de livrer dans de bonnes conditions tous les colis, mais pas la presse ?

A l’approche d’échéances électorales importantes, et alors que la désinformation en ligne devient massive, affaiblir la distribution d’une information fiable et pluraliste est un danger pour notre démocratie, que les pouvoirs publics ne peuvent ignorer. L’étude publiée récemment par la Fondation Jean-Jaurès a encore mis en évidence le lien entre l’attachement aux valeurs démocratique, la participation électorale et l’accès aux médias.

L’Etat doit ici jouer son rôle et respecter sa signature en garantissant les conditions de la distribution postale.

 

1936-2026 : 80ème anniversaire du Front populaire



S'il y a une commémoration à ne pas manquer, c'est bien celle des 80 ans du Front populaire. A moins que l'oubli ne soit volontaire. Le Front populaire, une période où la gauche, socialiste en tête, osait des réformes audacieuses capables de mobiliser les forces vives du pays. La comparaison est sûrement trop cruelle. Dans un pays frappé de commémoritude aiguë, où l'on entretient les anniversaires comme on soigne des plantes vertes, cet événement ne devra pas passer inaperçu : les 80 ans du Front populaire. On ne peut pas passer par profits et pertes le bilan des mois qui virent l'arrivée de la gauche au pouvoir, les grandes grèves de mai et juin 1936, puis la signature des accords de Matignon. Ces derniers se sont soldés, excusez du peu, par l'instauration des congés payés, la création des allocations chômage, la semaine des 40 heures, la liberté syndicale, l'élection des délégués du personnel, la généralisation des conventions collectives, la scolarité obligatoire jusqu'à 14 ans (contre 10 auparavant), le droit à la retraite à 65 ans pour les travailleurs des mines, ou la création de l'Office national interprofessionnel du blé afin de soutenir les prix des denrées agricoles. Pour la première fois depuis la Commune de Paris, des hommes (et même des femmes, suprême nouveauté) non issus des couches dominantes ont accédé aux commandes de l'Etat…

vendredi 19 décembre 2025

« Une université forte n’est pas un coût, mais un investissement vital pour la souveraineté française »



Le débat sur la souveraineté technologique se concentre sur l’effort militaire, la production industrielle ou la sécurisation des approvisionnements. Pourtant, l’essentiel se joue dans les universités. Nous avons changé d’époque et le flux d’innovation s’est inversé. Aujourd’hui, l’intelligence artificielle, le quantique, les capteurs, les matériaux avancés proviennent majoritairement des laboratoires de recherche civils, en très large partie mixtes entre universités et organismes nationaux de recherche (ONR), et structurent la puissance technologique.

En effet, de nombreuses technologies reposent sur des fondements scientifiques développés par des laboratoires universitaires ou des fonds publics, tels que le laser, le GPS ou plus récemment le vaccin Oxford-AstraZeneca contre le Covid-19. Plus de 70 % des technologies dites duales – utiles à la fois à des fins civiles et militaires – émergent de la recherche ouverte. Dans le domaine stratégique du quantique, 80 % des publications scientifiques proviennent des universités. Et les budgets civils de la recherche et développement (R&D) en intelligence artificielle dépassent de très loin ceux des agences militaires.

La souveraineté technologique dépend donc directement de la vitalité scientifique du pays, de sa capacité à financer et à structurer la recherche fondamentale et interdisciplinaire au sein de nos universités et des ONR. Cette réalité rend les coupes budgétaires et les hausses de charges dans le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) non seulement préoccupantes, mais stratégiquement dangereuses.

Par stratégie

Ces coupes, répétées année après année, menacent directement la capacité de la France à rester une puissance scientifique et technologique, à l’heure où la compétition internationale est la plus forte sur des sujets fondamentaux pour l’avenir. Partout dans le monde, les nations qui investissent massivement dans leurs universités ne le font pas par générosité : elles le font par stratégie.

Il est clair que la puissance scientifique et technologique se construit d’abord dans l’enseignement supérieur. En témoignent les laboratoires d’excellence (Labex), promus par l’Etat il y a une quinzaine d’années : ils ont entraîné une hausse de près de 20 % de l’intensité de R&D privée dans les entreprises partenaires, selon une étude de l’Institut des politiques publiques (note n° 86, 2023).

De même, les évaluations internationales montrent que les universités Initiatives d’excellence (IDEX) enregistrent plus de 12 % de publications dans le top 10 % mondial et + 40 % de co-brevets. Ces dispositifs ne sont pas des labels symboliques, mais de véritables infrastructures de souveraineté.

Il faut aussi souligner un point crucial : le rôle des universités a déjà profondément changé. Elles ne sont plus seulement des lieux de formation, mais sont devenues des acteurs centraux de l’économie de l’innovation. Elles créent des start-up « deeptech », portent des plateformes technologiques, collaborent avec les industriels, structurent des écosystèmes où se rencontrent scientifiques, entrepreneurs et investisseurs. Elles développent des fonds de dotation et jouent un rôle de tiers de confiance pour orienter l’investissement privé vers les technologies de rupture. Elles contribuent même à l’éducation financière, condition indispensable pour mobiliser l’épargne nationale au service de l’innovation souveraine.

Former plus de chercheurs, d’ingénieurs, d’économistes

Affaiblir les universités, c’est remettre en cause mécaniquement l’ensemble de la chaîne de souveraineté : la recherche, l’innovation, la formation, la capacité à définir les normes, les standards et les usages des technologies critiques. Contrairement à une idée reçue, la souveraineté technologique, ne commence ni dans les arsenaux, ni dans les usines, mais dans les laboratoires, dans les bibliothèques, dans les salles de cours, nourrie par la liberté et la créativité des enseignants-chercheurs et des chercheurs.

Lire aussi | Article réservé à nos abonnés « La crise profonde de l’enseignement supérieur et de la recherche ne se résoudra pas en opposant leurs acteurs »

Il n’y aura pas non plus de souveraineté industrielle sans souveraineté éducative. « La croissance économique de long terme de la France deviendra nulle sans transformation du système éducatif », a récemment souligné l’économiste Patrick Artus dans sa chronique au Monde du 22 novembre. La stagnation de la productivité depuis 2010, la dégradation rapide du capital humain, la baisse du niveau scolaire, notamment en mathématiques et en compréhension écrite, ainsi que les pénuries croissantes de compétences dans les domaines technologiques risquent de nous conduire vers une croissance potentielle proche de zéro.

mardi 16 décembre 2025

Les fêtes de fin d'année, un laboratoire des résistances



Ah, les fêtes ! Ce moment où les rôles se figent comme dans un tableau du temps pas si jadis que cela. Les petits garçons reçoivent essentiellement des camions de pompiers, des Lego, des places de foot, des jeux d’aventure. Les petites filles ? Des Barbie, des poupées, des déguisements de princesse, du maquillage…

Les hommes discutent de travail ou de politique au salon ; les femmes débarrassent la table en parlant des enfants. Comme le raconte cette femme, Éléonore, dans une interview : « Noël dernier, nous sommes quelques cousines à ne pas nous être levées à la fin du dîner et nous avons attendu que les garçons fassent leur part. Ça a mené à une conversation intéressante ! » Traduction : elles se sont rebellées en restant assises. Efficace ? Absolument.

Ces gestes peuvent paraître dérisoires face aux enjeux monumentaux de certains pays. Aussi, quelqu’un risque de vous répondre : « Et les Afghanes, alors ? » Bien sûr, cette personne se garde bien de se mobiliser d’une quelconque manière pour elles. En réalité, elle cherche juste à vous empêcher de parler.

Puisque la totalité des droits civiques sont confisqués là-bas, l’exigence d’une égalité réelle, pleine et entière ici serait superfétatoire. Rien de très original car cette méthode fonctionne toujours de la même manière : par la minoration des violences sexistes et sexuelles en France, en comparant notre situation à des contextes où les droits des femmes sont inexistants.

Alors voici quelques idées pour prouver facilement et rapidement que les droits des femmes en France ne sont pas appliqués correctement. Il est certes théoriquement interdit de violer ou d’agresser mais 94 % des plaintes pour viol sont classées sans suite, et 86 % de celles pour agressions sexuelles aussi. Non, ce ne sont pas les chiffres de féministes hystériques, mais ceux issus du logiciel Cassiopée utilisé par les services de justice.

Non, les classements ne sont pas provoqués par le prétendu mensonge des femmes – qui n’est quasiment jamais rapporté –, mais parce que le budget de la justice est insuffisant pour pouvoir mener des enquêtes efficaces. Autre exemple, en théorie aussi, la liberté d’avorter est inscrite dans la Constitution, mais dans la pratique, le Planning familial alerte sur le fait qu’une femme sur 4 ait à changer de département pour un avortement.

Nous pourrions continuer la liste longtemps mais l’idée générale est la suivante : nos revendications et gestes du quotidien ne sont pas inutiles, ils bousculent les habitudes et font réfléchir aux stéréotypes. Ce sont les stéréotypes sexistes qui permettent aux violences d’exister. Chaque femme qui reprend sa place ouvre la voie à la suivante. Chaque microrésistance normalise l’égalité entre les femmes et les hommes et nous fait avancer vers une société moins clivante.

lundi 24 novembre 2025

LE LYCÉE À ROMAINVILLE. PARLONS-EN ! (Robert Clément)



Après avoir pris connaissance de certains commentaires sur l’implantation du lycée d’enseignement général à Romainville, je me permets d’apporter quelques précisions sur ce dossier essentiel pour l’avenir des futurs lycéens de notre ville. Depuis maintenant une trentaine d’années toutes les formations politiques se sont retrouvées pour soutenir cette demande. En 2001 puis en 2007, les majorités municipales d’alors l’avaient inscrit dans leur programme. Ce n’est qu’en 2008, puis en 2014, que son implantation dans le quartier des Bas Pays est inscrite dans les programmes de la majorité municipale, plus précisément sur le site BIOCITECH dans la Zac de l’horloge.

Cependant, en 2020, dans le programme de la liste « Romainville Unie », conduite par Philippe GUBLIELMI, avec lequel, au-delà de nos approches politiques parfois différentes, j’ai toujours entretenu des rapports cordiaux, voici ce qu’on peut y lire « ŒUVRER À L’OUVERTURE D’UN TROISIÈME COLLÈGE AUX BAS-PAYS ». « AGIR POUR L’OUVERTURE D’UN LYCÉE D’ENSEIGNEMENT GÉNÉRAL ». JE NOTE DONC QU’EN 2020, IL N’EST PLUS QUESTION DE SON IMPLANTATION DANS LES BAS-PAYS.

Faut-il voir dans ce changement un lien avec la cession de BIOCITECH à FIMINCO ? Peu importe. Je partage les propositions énoncées dans le projet de « Romainville Unie ». Récemment le Département indiquait « Seuls deux nouveaux établissements devraient donc sortir de terre dans les prochaines années. Le premier est prévu dans le nouveau quartier des Docks à Saint-Ouen. Le second, à Romainville, car on a sur ce secteur une vraie situation de tension. » « Le Département précise encore, qu’il prévoit à l’horizon 2030-2032 une augmentation du nombre d’élèves équivalent de douze à quinze classes ». C’est donc bien dans le quartier des Bas-Pays que ce collège devra voir le jour. Ce qui implique la recherche du foncier disponible pour l’accueillir, ce qui n’est pas une mince affaire.

Quant au lycée, pour ma part, j’ai toujours pensé qu’il devait être implanté en cœur de ville. La friche PANOTEL, rue de BENFLEET aurait été un bon choix. Cependant, une fois encore, priorité a été donnée à la promotion immobilière. Je ferme cette parenthèse pour revenir au programme de « Romainville Unie », qui était aussi celui des candidat-e-s socialistes à cette élection municipale de mars 2026. Comment est-il possible de soutenir tout et son contraire ? En 2020, dans le projet qui était aussi le leur, il n’est plus question de l’implantation du lycée aux Bas-Pays, mais voilà que ces mêmes candidat-e-s, proclament aujourd’hui que la commune y disposait d’un espace réservé, et qu’il aurait été abandonné par François DECHY.

Ce foncier de BIOCITECH appartenait depuis 2014 à la banque des territoires, filiale de la Caisse des Dépôts et Consignations. C’est au début de l’année 2020 qu’elle décide de vendre la majorité du capital de BIOCITECH au groupe FIMINCO, promoteur immobilier et commercial, pour 25 millions d’euros. Cette cession, initiée quelques semaines avant les élections municipales et concrétisée quelques jours avant l’installation de la nouvelle équipe municipale de Romainville et de la nouvelle gouvernance d’Est Ensemble, interroge fortement.

D’autant qu’en novembre 2022, FIMINCO revend le foncier BIOCITECH, acquis pour 25 millions d’euros, à des groupes privés « OXFORD PROPERTIES », filiale d'investissement et de gestion immobilière du fonds de retraite canadien « OMERS » et à la société française de gestion d'investissement spécialisée dans le recyclage urbain NOVAXIA, pour la coquette somme de 117 millions d’euros, sans y avoir apporté la moindre plus-value. FIMINCO aura fait son beurre, tandis que notre ville paie les pots cassés.

Alors que la région avait, en 2017, inscrit le lycée de Romainville dans son programme pluriannuel, c’est à cette époque et dans les années qui ont suivi que la négociation aurait dû s’engager avec la Caisse des dépôts pour acquérir ce foncier. Il n’en a rien été. On ne nous fera donc pas croire qu’en six mois, on obtiendrait du nouveau propriétaire, un fonds de pension canadien, ce que l’on n’a pas fait pendant six ans avec le groupe public qu’est la Caisse des Dépôts et Consignations.  

Qu’on le veuille ou non, si nous estimons que le lycée est une priorité absolue, pour ma part, je le crois, alors il n’existe qu’un seul foncier de 11 000 m2 disponible, c’est celui du terrain GUIMIER. Qui pourrait imaginer un seul instant que si une autre solution avait été possible, elle n’aurait pas été retenue par l’équipe municipale, comme si un tel choix était fait de gaité de cœur. Je souhaite que la raison l’emporte et que les meilleures solutions puissent être trouvées en privilégiant un échange respectueux et apaisé entre parents d’élèves, sportifs et élu-e-s, dans l’intérêt de nos jeunes. Jeter de l’huile sur le feu, tergiverser, opposer les uns aux autres, tout cela ne peut mener qu’à l’impasse.

Je termine par un clin d’œil « En 1995, dans le programme d’actions municipales de la liste composée des candidat-e-s du Parti socialiste, des Verts et du Parti communiste nous écrivions ceci : « Le suivi d’un enseignement général oblige les lycéens à se déplacer à Noisy-le Sec ou Rosny-sous-Bois. Bagnolet qui connaît une situation similaire à la nôtre, possède des terrains. Un lycée pour deux villes ? C’est possible ». En 1997, ce projet avait été discuté avec la ville de Bagnolet. Par la suite, cette idée sera abandonnée. Dommage, car en 2009 un lycée d’enseignement général sortira de terre à Bagnolet. C’est de l’histoire, mais c’est toujours bon de la connaître.

jeudi 20 novembre 2025

MUNICIPALES « CE QUE JE VEUX VOUS DIRE » (Robert Clément)

 


Les 15 et 22 mars, les citoyen.nes de notre ville voteront pour élire leur Conseil Municipal. Avec un regard attentif et toujours engagé, je lis et découvre sur la toile les propos et commentaires des éventuels « candidat.es. » J’ai pris connaissance de la déclaration de la majorité de gauche, écologiste et citoyenne. Elle appelle, je cite : « toutes les forces du Nouveau Front Populaire, toutes les citoyennes et tous les citoyens qui se reconnaissent dans les valeurs de gauche et de l’écologie à se joindre à nous pour construire ensemble notre avenir ». À l’heure où je jette ces quelques lignes sur le papier, je constate que le Parti socialiste et la France Insoumise ont fait le choix de partir en solo, en présentant leurs propres listes. Je le regrette. Il n’est évidemment nullement dans mes intentions de remettre en cause le droit de chacune de ces formations à assouvir leurs ambitions. Pas davantage de sombrer à leur égard dans une intolérance qui m’a toujours été étrangère. Pour moi le débat politique n’est pas une guerre. Il est incompatible avec l’irrespect et toute atteinte à la dignité humaine. Pour autant je revendique le droit à la critique, à l’exigence de clarté. Je m’autorise donc à donner mon point de vue sur l’élection municipale…et ses suites. Comment, très sincèrement, peut-on faire l’impasse sur les échéances électorales qui auront lieu un peu plus d’un an après le scrutin municipal ? Ouvrons les yeux. Le Rassemblement national, n’est pas seulement, comme je l’entends parfois, aux portes du pouvoir, il a déjà un pied à l’Élysée. Cette perspective est désormais banalisée ou considérée comme une fatalité. Au-delà du feuilleton auquel nous assistons chaque jour, prenons la mesure de la recomposition politique en cours et de la fusion idéologique entre l’extrême-droite et la droite « dite républicaine ». Quand messieurs Retailleau et Wauquiez répètent à l’envi que l’obstacle à ce rapprochement, c’est le programme économique du Rassemblement national jugé trop à gauche. Quand « Horizons », le parti d’Édouard Philippe et « les Républicains » joignent leurs voix à celles du Rassemblement national pour mettre un terme aux accords de 1968 entre la France et l’Algérie, c’est que toutes les digues ont sauté. Il n’y a plus idéologiquement de différences. Pour garantir leurs privilèges et leurs profits, les milliardaires et le grand patronat sont prêts à un « deal » avec le Rassemblement national. Le débat parlementaire sur le budget en a d’ailleurs donné la mesure. Au diapason des dirigeants de la tech, obsédés par la réduction des dépenses de l’État, le RN s’est employé à caresser les plus fortunés : du veto à la taxe Zucman, à l’impôt sur les holdings et à la hausse de la contribution de solidarité sur les hauts revenus, la connivence est limpide. Ainsi se dessinerait les contours d’une société d’enfoncement dans les discriminations, les privations, la précarité, la souffrance au travail, une société brutale et autoritaire, d’atteintes aux libertés de la presse, de remise en cause de l’action contre le dérèglement climatique, de chasse aux migrants, aux jeunes, à celles et ceux qui contestent et qui créent. Nous sommes à un moment de bascule. Toutes celles et ceux attachés aux valeurs de gauche et progressistes ont le devoir de refuser ce scénario du pire. Chacune, chacun, doit se hisser à la hauteur des enjeux et prendre ses responsabilités. Il y a urgence. Une gauche divisée, dispersée, un peu partout en France aux élections municipales est le pire des signaux que nous puissions adresser à celles et ceux qui veulent éviter le pire en 2027. Pour battre l’extrême droite et la droite, il n’existe qu’une seule alternative : « Construire un rassemblement durable de toute la gauche et des écologistes ouvert aux mouvements citoyens et à tous les démocrates, qui pourra devenir majoritaire ». Pour la présidentielle, mais également pour les législatives. La multiplication de candidatures de la gauche et des écologistes, ce serait la défaite assurée. Disant cela, je ne crois pas m’éloigner des défis que nous pose le prochain scrutin municipal. Au contraire. Romainville, ce n’est pas l’enfermement dans des égoïsmes sociaux, les volets fermés du « chacun pour soi ».  La vie dans notre ville, foyer « naturel » de démocratie, c’est l’emploi, l’écologie, l’habitat, l’école, la culture, les activités physiques et sportives, la sécurité publique. Romainville, c’est de la diversité, de la mobilité, de l’hospitalité, de la rencontre, de la solidarité, de la tolérance, respectueuse des droits de tous. Quelles que soient les approches que peuvent en avoir les différentes formations de gauche et les écologistes, elles ont ces valeurs en partage. C’est ce bien commun que l’extrême droite s’efforcerait de faire voler en éclats. Réduire la dépense publique par la mise en place de la priorité nationale, réserver les allocations familiales aux seuls français, suppression du droit du sol, collectivités territoriales au régime sec, fin des financements croisés, l’eau, ce bien commun et la sécurité restant du seul ressort de la commune. Voilà le programme ! Ne vaut-il pas mieux être unis et rassemblés pour y faire front ? Au nom des valeurs et des combats qui jalonnent ma longue vie de militant et d’élu, je ne saurais me résoudre à ce funeste scénario. Je n’ignore pas les différences qui existent entre les forces de gauche et écologistes. N’est-ce pas en les respectant qu’elles ont su se rassembler lors de la création du Nouveau Front Populaire ? Mais d’autres tentations, telles la volonté hégémonique ou l’obsession de s’affirmer pour s’affirmer ont toujours conduit à l’échec. Un échec qui signifierait un avenir ravageur pour celles et ceux qui gardent espoir et qui clament, comme à la fête de l’Humanité, leur volonté d’union et de rassemblement ! Depuis 2020, la majorité municipale sortante a conduit des politiques ambitieuses avec une gestion rigoureuse et une réduction de la dette. « Qu’il s’agisse d’éducation, de culture, d’urbanisme, de végétalisation, d’insertion sociale et professionnelle, du réarmement du service public, de renforcement de l’accès aux droits, du développement du pouvoir d’agir des citoyens et des associations, ou de la révolution du modèle des cantines scolaires, des avancées collectives au service des habitantes et des habitants, des plus jeunes aux plus âgés. » Dans tout bilan il y a les aspects positifs, les succès collectifs, mais aussi les déceptions. Les miennes, en son temps, je les ai assumées. Il y a toujours les regrets, auxquels il faut penser sans amertume, mais avec humilité et lucidité. Un comportement qui devrait être celui de tout élu ayant assumé, dans les mandats précédents, la responsabilité de conseiller municipal ou d’adjoint au maire. Rome ne s’est pas faite en un jour, Romainville non plus. Sans revenir sur certains vestiges qui attestent de l’influence romaine sur notre commune, à l’abolition des privilèges qui priva le marquis de Ségur de sa seigneurie, ou encore à la perte du Bois de Romainville, dont les 2000 habitants font sécession en 1867 pour créer la commune des Lilas, je tiens seulement à préciser que l’histoire de notre ville n’a pas commencé en 2001, et elle ne s’est pas arrêtée en 2020. Comme je l’ai souvent écrit, « une histoire faite d’ombres et de lumières. »

 

 

 

 

vendredi 3 octobre 2025

VOTE DU BUDGET : MON POINT DE VUE !



« On peut se dire « déçu » après l’entrevue avec le premier ministre ». « On peut considérer comme une avancée son renoncement au 49/3 ». « On peut trouver « raide » de censurer à priori le gouvernement. » « On peut estimer nécessaire que le parlement fasse son boulot ». Cependant, pour ma part, je constate qu’il n’y a pas rupture sur le fond. La copie de LECORNU ressemble comme deux gouttes d’eau à celle de BAYROU. Nous y retrouvons la fameuse année blanche. Nous y retrouvons toujours les 2,3 milliards d’euros d’économies sur les franchises médicales, le gel des prestations sociales à hauteur de 2,5 milliards. Le premier ministre souhaite un débat en excluant ceux sur la réforme des retraites et sur la taxe Zucman. Il semble s’être engagé à une taxe sur les patrimoines. Mais dans quelles conditions et à quelle hauteur ? La semaine prochaine Sébastien LECORNU devrait présenter mardi prochain, sa déclaration de politique générale devant l’Assemblée. C’est à ce moment là que nous pourrons vérifier qu’il n’a toujours pas renoncé à exclure un vote sur la réforme des retraites. Si tel est le cas, il appartiendra alors au groupe GDR de se positionner, comme le feront les trois autres groupes du NFP. En ayant à l’esprit que d’autres outils restent entre les mains du gouvernement pour orienter les débats budgétaires à sa convenance. L’article 40 qui permet de rendre irrecevables des propositions. L’article 44-3 sur le vote bloqué qui permet à l’exécutif d’écarter certains amendements au moment de mettre au vote un article de loi, et même la possibilité « si le Parlement ne s’est pas prononcé dans un délai de 70 jours » de mettre en vigueur ce budget en vigueur par voie d’ordonnance. Par ailleurs, je le dis franchement : Ne soyons pas aveugles. Durant des semaines, le RN n’a cessé de pousser des cris d’orfraie pour exiger une dissolution. Et puis, silence ! Et pour cause hier, avec son soutien du RN, le socle commun récupère toutes les commissions excepté les finances. Les partis de gauche et Liot ont perdu jeudi la tête de trois commissions suite à l’accord entre les soutiens du gouvernement et le parti d’extrême droite pour les postes clés à l’Assemblée. Qui peut jurer qu’un pacte n’ait pas été passé avec le bloc central pour faire voter un budget avec l’abstention des députés du RN.  Pour ma part je ne suis pas dupe du jeu qui semble se jouer entre la droite et l’extrême droite, rendant une copie d’un budget encore plus injuste que celui présenté par François Bayrou et heureusement censuré.

lundi 29 septembre 2025

Hégémonie et suicide politique !

 


Deux élections partielles ont eu lieu ce dimanche. À Paris, où Michel Barnier a été élu dans une circonscription des beaux quartiers de la rive gauche, réputée imperdable pour la droiteLa candidate socialiste qui était celle du Nouveau Front Populaire en 2024, l’était à nouveau. Avec une abstention de 75 %, la gauche rassemblée recule de 6%. La seconde partielle avait lieu dans la 5ème circonscription de électeurs de l’étranger. L’abstention s’élève à 83%. En 2024, le Nouveau Front populaire avait présenté un candidat insoumis. Cette fois outre la candidature de la France insoumise, nous comptions celles du Parti socialiste et de Place publique. La droite arrive en tête et la candidate de la FI arrive en seconde position. Elles seront opposées la semaine prochaine. Pourtant, il s’en est fallu de peu pour que ce soit le RN, arrivé troisième qui soit opposé à la droite. Ce même dimanche à l’occasion de la rentrée politique de Carole DELGA, nombre des présents, toujours au nom de l’union, se sont évertués à enterrer le Nouveau Front Populaire. Et puis voilà que ces entreprises de division s’invitent à l’occasion des prochaines municipales. Un peu partout naissent des « associations », jurant la main sur le cœur que les élections municipales ne sont en rien politiques et appelant à dépasser les clivages droite-gauche. Il y a celles et ceux, qui, intoxiqué-e-s par le pouvoir, rêvent de devenir « calife à la place du calife ». Cela se traduit par l’arrogance, la démesure, l’orgueil, une prétention insolente et une bonne dose de mégalomanie. De ce point de vue, en naviguant sur la toile romainvilloise, j’ai pu remarquer que notre ville n’est pas en reste Promettant évidemment d’être au seul service de l’intérêt général. Une vision totalement déconnectée de la situation politique nationale et tous les risques qu’elle comporte pour la vie de nos concitoyen-nes. Il est temps, pour les formations de la gauche et de l’écologie de se reprendre. Elles ont une lourde responsabilité, à un an des élections présidentielles avec l’extrême droite et la droite extrême aux portes du pouvoir.

« Canicule : Face à l’inaction meurtrière, où est la colère ? », l’éditorial de Maud Vergnol.

Qui peut encore nier que notre humanité est face à la plus grande crise existentielle qu’elle ait jamais connue ? Combien faudra-t-il enco...