La pendule de l’entrée a cessé son balan, le carillon
ne sonne plus…J’ai voulu arrêter le temps, simplement l’arrêter pour ne plus
avoir à subir ses effets. Oh ! Pas pour lui, mais pour ceux qu’il aime, qui
autour de lui petit à petit déclinent et se vident de leur substance vitale.
Alors il a fermé sa porte à clef, baissé les volets, coupé le téléphone. Il a
éteint les lumières, débranché la radio. De toutes les pendules il a ôté les
piles. Il est resté seul à suspendre les heures. Les yeux fermés pour ne plus
voir, ne plus les voir, les voir souffrir. Non, il ne dort pas : il ne pense
pas. Depuis combien de jours est-il ainsi, impossible à le dire, il a arrêté le
temps. Et là, le chat gratte à la fenêtre, le chien pleure dans sa niche,
quelqu’un tambourine à la porte. Il ne veut pas répondre, il ne veut plus rien
voir. Des cris, des appels, mais pourquoi ne le laissent-ils pas oublier tout ?
Il ouvre les yeux... il fait noir, il entend, il entend la cloche de l’église
qui sonne midi... Le temps ? Le temps a continué sans lui ! Il a osé lui faire
ça ? Il ouvre portes et fenêtres, et il le voit en face de lui, sur le visage
buriné du facteur, le temps passé. Il a voulu arrêter le temps, il a filé sans
lui, il a voulu protéger ceux qu’il aime, les empêcher de vieillir et de
disparaître, en fait il n’a fait que se voiler les yeux, il n’a fait que les
abandonner, il les a laissés vieillir sans lui, il a dilapidé ces instants
qu’il aurait pu passer avec eux. Il a perdu ces précieuses minutes qui font que
le présent est à vivre de peur que demain n’arrive jamais. Personne ne peut
arrêter la vie ni suspendre le temps, il faut le vivre intensément pour que
chaque minute s’imprime au souvenir et que ces minutes gagnées sur la vie
soient multipliées par cent.
mercredi 20 mai 2026
Nouvelle : « Arrêter le temps ? »
vendredi 6 mars 2026
NOUVELLE « LA FILLE DE LA VIEILLE DAME » !
La vieille dame la reconnait mais ne sait plus
exactement pourquoi elle est là. Elle tremble et remâche inlassablement le
présent. Et le présent n'est rien s'il est détaché du passé, s'il ne parvient
plus à désirer l'avenir. Avec la vieille dame, il est un enfer de l'instant.
L'instant qui dit et redit l'angoisse. Sa fille vient souvent la voir. Elle lui
parle, l’a fait parler et parfois elle doit lutter contre l'endormissement. La
vieille dame se souvient qu'elle va en maison de retraite mardi et demande à sa
fille, toutes les dix minutes : et tout ça ? Désignant les objets et les
meubles qui garnissent son salon. Et, sa fille ne sait pas quoi répondre. Tout
ça, est accumulation qui nous donne l'impression d'être éternel. Tout ça. Pour
avoir souvent déménagé ces trois dernières années, pour avoir aidé la vieille
dame à vider une maison de famille, pour avoir trié les affaires des disparus,
la fille sait combien certaines choses deviennent poussière, vieillerie,
illusion... une fois sorties de leur contexte. Les objets n'existent qu'à
travers notre regard. Sinon les objets s'en foutent. Elle ne sait pas quoi dire
à la vieille dame. Elle sait le partage de l'héritage à venir, mais il ne la
concerne pas. La vieille dame lui donne une photo de son mari décédé avec dans
ses bras une de ses filles. Elle a toujours vu cette photo sur le mur du
bureau, mais la regarde pour la première fois. De la poussière sur son propre
passé. Puis elle quitte un moment l'appartement et va saluer la voisine de
palier chez qui elle s'attarde une demi-heure. Quand elle revient, la vieille
dame est paniquée. Elle attrape sa main, elle dit son prénom avec force. Sa
fille lui dit : calme-toi, calme-toi. Elle prend ses mains, ses bras. La
vieille dame ferme les yeux, sa tête tombe et sa fille pensait qu'elle allait
mourir. Elle se dit que c'est peut-être aussi bien. Elle voudrait que le drame
s'arrête. Elle se sent capable de recevoir sa mort. Mais les yeux s'ouvrent à
nouveau et la litanie des questions reprend : et tout ça ? Et tout ça ? Elle
serre ses mains, lui caresse les bras. Une bise avec les lèvres qui ne touchent
pas la joue. Alors, elle pense à la vieille dame qu’elle sera un jour, et à
celle qui voudra bien lui caresser la peau. En partant, elle revient sur ses
pas, et serre sur son cœur la photo sur laquelle son grand-père tient sa fille
dans ses bras.
mardi 27 janvier 2026
« NOUVELLE " UNE PHOTO RETROUVÉE
Deux ombres se dessinent sous la lumière. Le long d’un
sentier de cailloux, la tête baissée, j’ai le bras tendu, main dans la main
avec ce petit homme au regard triste. Ce chemin de terre sèche mène à cette
maison perdue dans laquelle, nous avons vécu, quelques années avec ma petite
sœur.
Octobre 1944 est encore lisible au dos de la
photographie. Quand je la retourne, je vois mon grand-père paternel et moi. Lui
à la fin de sa vie. Moi, au début de la mienne. En 1944, il a 64 ans. J’ai,
un peu plus de cinq ans.
La lumière qui éclaire la photographie dessine une fin
de journée d’automne, au sortir de la guerre. Une belle après-midi aux couleurs
chaudes. Le grand-père qui était venu nous voir exceptionnellement, sans doute
nous avait-il proposé, une balade. Non loin de l’objectif, j’imagine maman qui
rattrape Liliane, mon aînée de deux ans.
De ce petit-être qu’il retient du bout des doigts, je
ne vois qu’un gamin maigrichon, affublé d’un short à bretelles, avec une
chemise à carreaux, délavée, avec un col hirondelle (en pointe). De grosses
chaussettes de laines portées dans des galoches, et un béret bien accroché sur
la tête. Quelques mèches blondes s’en échappent. Sans oublier la grande écharpe
qui fait trois fois le tour de mon cou. Grand-père tient ma petite main qui a
disparu sous la sienne. On ne peut que la deviner.
Lui, est tout en couleur sombre. De son manteau kaki à
ses chaussures noires. Sa casquette grise ombrageant à moitié ses yeux plissés.
Sous le manteau, on aperçoit une écharpe, tout aussi sombre que sa tenue. Il
n’a pas encore de canne, elle viendra sous peu…
Comme tous les hommes de ma famille, il n’est pas très
grand. Une taille moyenne, aurait - on dit en ces temps. Comme mon père, que je
n’ai pas connu, mais dont on aimait me rappeler le souvenir, il est très mince
et très fier. Son regard grave est baissé. Il contemple le chemin sinueux, si
attentif, trop attentif à notre marche, comme s’il voulait coordonner, le mieux
possible mes pas hésitants, à la cadence des siens. Il a sa main droite dans la
poche. Le poing gauche, qui me retient, qui me guide, porte une alliance au
majeur.
Ses yeux plissés par la lumière et la vieillesse
fixent les cailloux amoncelés sur notre chemin. Je m’attarde sur ce triste
regard de veuf inconsolable, que rien ne peut amoindrir.
Dans cette photographie, je tente de me représenter
l’homme qu’on m’a toujours décrit, tout en prestance. J’essaye de faire
correspondre son physique de jeune premier sur des clichés antérieurs à cet
homme qui marche, le regard vague et perdu, le visage crispé. Sur ces clichés,
bien trop vieillis, je les revois, tous les deux, assis dans leur modeste
demeure. Lui enfoncé dans un fauteuil, fumant sa pipe, elle toujours à ses
côtés, en train de lire, un demi-sourire sur son visage.
Mais cette image est maintenant balayée par cette
photographie où nous marchons, tous les deux. Par cette photographie, où,
malgré ma présence, une grande solitude emplit l’air. Si je suis là, à ses
côtés, il est déjà seul. Elle est déjà morte. Partie, deux ans auparavant.
Son regard fixe sur un ailleurs dont je ne ferai
jamais partie. Peut-être parce que je suis trop petit et lui trop vieux. Il n’y
a aucun égoïsme dans ce regard fuyant. L’affection est là, profonde, mais elle
ne suffit plus.
L’enfant qui se dessine sur le papier, éclairé par
cette lumière de fin d’après-midi, ne comprend pas encore ce mutisme des
grands, réponse à la douleur de l’absence. Ce visage émacié er ridé, encore
beau, porte en lui toute une histoire. Dans ses yeux perdus je retrouve le
récit de toute une vie : les belles années passées, la guerre, la mort de son
fils, mon père, leur petite maison, puis la solitude…
Il avait survécu à tout, sauf à son fils, puis à elle.
Il les rejoindra deux années plus tard.
Je n’ai aucun souvenir de cette marche. J’aurais aimé
vouloir avoir la force de retenir cet instant dans ma mémoire, avant qu’il ne
s’effile. Cette journée chatoyante a cependant survécu à nos deux mémoires.
Juste le temps d’une prise de vue dans l’angle d’un Kodak.
lundi 19 janvier 2026
« SCUPTEUR D’ÂME »
Savez-vous écouter un musicien ambulant ? Savez-vous remarquer le passant qui vous offre un sourire ? Savez-vous accepter l’humain qui vous tend la main
Il est là et il donne sans s’apercevoir ni chercher à voir, alors que les gens prennent avec nonchalance le bonheur qu’il leur offre du bout de doigts. Il est là et il est beau quand il leur raconte ses rêves, tellement beau que personne n’écoute alors qu’il suffit d’entendre. Il est là mais ailleurs en même temps, insaisissable puisqu’il est humain et musique à la fois ; il se fond dans ce décor qui ne lui convient pas et qui le cache si bien de ceux qui y évoluent comme si ce monde était le leur, personne ne le remarque, ou personne ne daigne le voir et pourtant il met son cœur à nu sous leurs yeux.
Alors ils se sentent obligés et c’est comme s’ils lui faisaient une fleur, ils descendent de leur piédestal pour lui faire une faveur, ils ont l’impression de donner et se voient grands, alors qu’ils ne sont rien devant lui, mais il ne leur dira pas. C’est une étoile tombée du ciel qui accepte ce qu’elle a de meilleur, et aux pauvres ingrats se voient toujours supérieurs ; leur vie se décline en une multitude de gris dont ils sont fiers, fiers, puisque ignorants des couleurs qui illustrent la sienne ; mais il est indulgent et poursuit la ritournelle.
Elle est là et elle se voit, entend et ressent, elle rêve avec lui et rejoint son monde, goûte aux couleurs de ses illusions et partage ses joies. Elle oublie sa peine et délaisse son chagrin, pendant un instant elle danse aussi et discerne le bonheur, il est si près, toujours à portée de main et elle s’aperçoit qu’ils sont bien aveugles. Elle se voit si petite et elle comprend qu’ils ne sont rien et qu’il est tout puisqu’il n’est pas seul, lui sait s’ouvrir et s’offrir quand ils ne savent même pas écouter et c’est là que se trouve toute la différence.
Elle est là et elle le voit, elle entend la musique de son âme, elle l’écoute avec le cœur et elle non plus n’est plus seule, elle ressent ses peines et ses chagrins qu’elle mêle aux siens, ils ne font plus qu’un, l’espace d’un instant, puisqu’elle a su recevoir ce qu’il a su donner. Et elle se fige au milieu de la rue, et elle sourit avec les yeux comme elle sourit avec la bouche, et elle rayonne du bonheur qu’elle a su apprécier, le bonheur que distribue un inconnu avec son violon.
Les gens passent sans s’arrêter, ils croient entendre de la musique, finalement c’est bien ça, quelques notes qui s’envolent et qui dansent, mais qui sont bien vite emportées par une foule de pensées bien plus importantes. Leur démarche est vive et régulière, ils sont musiques sans le savoir, métronomes qui martèlent le pavé de leur existence autrement importante, ils accordent quelques secondes de leur précieux temps à cet inconnu insignifiant, ils daignent lui accorder quelques secondes de leur attention. Ils sont magnanimes.
Et les plus généreux s’avancent et laissent tomber quelques ronds métalliques qui tintent quand leur chute se termine dans une boîte tout aussi métallique, une offrande à l’image du cœur de ces automates. Ils sont bien grands ces passants, ils ont fait une bonne action, ils ont à peine entendu et ils ont donné, ils sont bien bons et il leur est redevable, ce violoniste qui n’a apparemment rien de mieux à faire.
Sculpteur d’âme, sculpteur de cœur, de
chagrin…toujours la même ritournelle, pourtant cette fois, ils étaient deux à
voir le monde en couleur.
mercredi 24 décembre 2025
QU’UN HUMAIN !
Tu n’es pas ce rocher qui résiste aux tempêtes, perdu
dans les embruns, renaissant aussitôt. Tu
n’es pas ce roseau qui sait courber la tête et se relève prêt pour un nouvel
assaut. Tu n’es pas ce galet que les vagues entraînent et qui indifférent se
répand au rivage. Tu n’es pas cette dune que les grands vents malmènent et qui
se reconstruit après chaque passage. Tu n’es pas ce bateau amarré à la grève qui
tangue et qui gémit mais ne sombre jamais. Tu n’es pas cet oiseau dans le jour
qui s’achève inconscient de demain et de sa destinée. Tu n’es qu’un humain
connaissant ses faiblesses. Tu ne t’effondres pas au moindre coup du sort. Tu
penses et tu agis empli d’une grande sagesse en ne te résignant pas à la loi du
plus fort.
mardi 9 décembre 2025
VIEUX À SA FAÇON !
Vieux
tel un parchemin qu’on lit avec respect en parfumant ses mains à la senteur des
pages, il sera un tiroir délivrant ses secrets à quelque aventureux découvrant
des images. Un jour, il le sait bien, un jour il sera vieux, mais pas vieux
comme ça, pas comme tout le monde, vieux comme un olivier le long d’un chemin
creux ou comme une statue narguant encore le monde. Il sera vieux un jour comme
sont ces demeures que patinent les ans, qui se couvrent de vie, de tous ces
cris d’enfants et de ces pluies qui pleurent, de ces milliers d’appels qui
réchauffent les nuits. Ou bien il deviendra ce vase un peu fêlé qu’on pose dans
un coin et qu’on ne voit plus guère, mais que, l’heure venue, on n’ose pas
jeter, en témoin d’aujourd’hui de ce que fut hier. Un jour il sera vieux comme
un disque d’avant, celui qui tousse un peu mais poursuit ses rengaines, celui
dont on se dit « tiens, c’était le bon temps », les vieilles tricotant des
chaussettes de laine. Voilà, il sera vieux mais juste à sa façon, pas comme un
arbre mort, un chêne qu’on abat. Et l’hiver, les frimas, la neige et ses
flocons peuvent bien arriver, il ne les verrait pas.
dimanche 7 décembre 2025
MAIN DANS LA MAIN !
Des nuages obscurs le cachant de leurs
ombres, s'empressent de filer pour ne point le fâcher, rejoignant au-delà la
masse déjà sombre des stratus hésitants jouant à chat perché. Filtrant le
feuillage le soleil est dentelle, poudre d'or volage dansant dans l'air du
temps, maquillage soyeux tant prisé de nos belles, légères caresses sublimant
les galants. Lorsque trop agités ils verseront leurs larmes, la terre en
attente frissonnera d'émoi, l'astre d'or rutilant dardant toutes ses armes fera
jaillir les fleurs, réveillant les sous-bois. Alors main dans la main,
tendrement sous les branches, nous allions nous aimer, nous griser de serments,
de l'enivrante odeur de l'aubépine blanche, dans le crépuscule aux éclats
rougissants.
mardi 2 décembre 2025
CONFIDENCES À SA PLUME !
J’en ai fait un poème de tous ces mots perdus,
phrases que l’on essaime à chaque coin de rue. Ces petits chants d’amour, ces
cruels cris de haine, ces rimes en toujours sur les joies et les peines. Ces
phrases déchirées pour la poubelle un
soir, ou qu’on a égarées, ou qu’on ne veut plus voir. Ces vers de trois fois
rien, ces lignes inutiles sur
petit calepin, en gestes malhabiles. Ces
deux petites fleurs sur une page triste, et ces élans du cœur écrits à
l’improviste. Ces visions de la nuit qu’on oublie à l’aurore, cet air qui nous
poursuit quand on le croyait mort. Ce parfum qui navigue sur la vague des
lettres, qui entame une gigue et sort par la fenêtre. Ces serments si peureux
qu’on les écrit, tremblant, qui finissent au feu ou aux ailes du vent. Ces sourires
de joie, qu’on confie à sa plume, ce fantôme, là-bas, disparu dans la brume. De
tous ces mots perdus j’en ai fait la moisson, partis puis revenus, le temps
d’une chanson.
dimanche 30 novembre 2025
TAMBOURS DU MÉPRIS !
Ils
te tendent la main, de l’amour ils en crèvent, Ils ne savent plus rien
d’aujourd’hui et demain, comme des barques nues échouées sur la grève, ils ont
le corps bois mort et le cœur qui a faim. Ils fleurissent les champs, les pavés
des villages, myosotis desséchés par le soleil des jours, fatigués mais
contraints aux sinistres voyages, quête de liberté en incertain parcours. Ils
n’ont pour tout repos que le temps que leur donnent ceux qui ont tout gagné,
ceux qui n’ont rien compris, et puis comme un fracas dans leur tête résonnent les
clairons du rejet, les tambours du mépris. La route, droite devant, épouse leur
misère, et à leurs pas pressés propose ses cailloux, la peur leur sert d’abri
et se poursuit la guerre face à ce noir destin qui les a mis en joue. La dame
noire un jour arrêtera l’errance, pour une croix de bois plantée sous
l’olivier, personne ne verra la pauvre âme en partance, comme sur le présent,
un voile de fumée.
samedi 29 novembre 2025
L’HIVER DE LA VIE
La saison de la fin, moment des petits pas, crépuscule
du chemin qui mène vers l’au-delà Crépuscule de la vie peut emporter jeunesse. Atteint
de maladie faite pour la vieillesse. Les hivers sont doux sans avoir de
longueur, il finit en seigneur, son regard dans le flou. Dans l’hiver de la vie,
nous croisons des sourires des enfants réunis, ils vont vers l’avenir. Dans
l’hiver de la vie il nous faut avancer sans penser au passé, vivons ces jours
fleuris ! L’hiver n’est pas froid, on rencontre la joie, le poète sans rancœur fait
rimer son humeur. La dernière saison où l’on perd la raison, on ne vit plus
d’espoir on va dire au revoir. Le printemps fut présent, elle fut belle
jeunesse avançant en chantant avec son allégresse. À ceux que l’hiver garde
encore dans ce monde, restez ces hommes fiers à l’âme vagabonde.
mercredi 26 novembre 2025
TENDRE LA MAIN !
Si
nous pouvions enfin mieux écouter les autres, porter plus d’attention à leurs
maux, leurs ennuis, en nous souciant bien plus de ce qu’ils nous ont dit…sans
paraître endosser l’habit du bon apôtre, leur montrer qu’on les aime et qu’on
les apprécie. Si nous nous efforcions de laisser notre cœur se tourner vers
autrui – indicible douceur ! Pour montrer qu’on est là, et qu’est enfin finie
l’énorme solitude où s’abîme sa vie. Si nous faisions un geste : un câlin, un
baiser, en prenant dans nos bras cet intrus étranger, seul au bord du chemin,
et dont la seule envie est de pouvoir enfin s’arrêter et se dire qu’il est
malgré ses maux vraiment un être humain qu’aiment d’autres Humains ! Si lui
tendre la main pouvait le rassurer, lui éviter le pire. Ce n’est pourtant pas
dur de former une chaîne, en nous tenant les mains pour mieux nous apprécier !
Et si nous nous écoutions ! Si à force d’amour nous détruisions la haine.
mercredi 19 novembre 2025
RENOUVEAU
Aujourd'hui, journée froide et embrumée. Le soleil
n'est pas là pour nous réchauffer le cœur, je regarde la nature et les arbres
déplumés. Je songe à un renouveau nous offrant un peu de bonheur. Je me mets à
rêver d'un monde empli d'humanité, où les humains vont parcourir un long
chemin. Ensemble nous formerons la grande chaîne de l'amitié. Doux est notre
regard quand nous nous tenons la main. Merveilleux rêve pour commencer cette
journée. Mais bientôt la tristesse s'installe en moi. Je lis, je découvre des
horreurs, des insanités. Mes yeux se voilent, l'angoisse monte en moi. Comment
espérer la paix dans ce monde déboussolé. Quand près de nous vivent des chiens
enragés. L'homme n'a-t-il pas un peu de classe ou de fierté. Pour se conduire
en humain, en être soi-disant évolué. Pourquoi cette haine de l'autre, de sa
différence ? Pourquoi profiter d'un écran qui nous rend invisibles ? De quel
droit peut-on manquer de respect et de décence. L'internaute serait-il devenu
un fauve imprévisible ? La journée s'achèvera avec un poids sur le cœur. La
douceur du soir auprès des êtres aimés refermera cette plaie pour quelques
heures. Demain sera un nouvel espoir, peut-être une belle journée.
dimanche 16 novembre 2025
PROMENADE
Le petit vieux d'un pas tranquille déambulait de par
la ville. Il parcourait, bon an, mal an, tous les quartiers environnants. Avec
sa canne et son chapeau toujours fiché dessus son crâne, on aurait cru quelque
vieux beau allant revoir sa courtisane. Lorsque le temps le permettait, il
s'arrêtait dans le grand parc pour donner quelques graines aux oiseaux qui
pépiaient. Là, tout près du lac, il regardait passer famille de canards et
cygnes majestueux. C'est le sourire aux lèvres qu'il repartait joyeux finir sa
promenade et au café Baulieu boire une limonade. Et puis, un jour d'hiver, on
ne vit plus le petit vieux.
vendredi 14 novembre 2025
Bonté !
Si vous aimez ce très beau mot, si vous avez la chance
de le posséder, alors, vous êtes vraiment à envier, si on ne vous prend pas
pour un sot. Cette qualité est là dans votre cœur, elle y a planté sa très
belle demeure, votre visage resplendit, elle transparaît, la belle lumière de
votre esprit apparaît. La bonté est éclatante et très douce, elle nous permet
d'aimer sans compter, mais déguisée ou fausse, elle fait pleurer, alors, la
fausseté vous donne la frousse. La bonté ne veut pas dire naïveté, légèreté ou
manque de fermeté. La bonté vous rend souvent sensible, bafouée, rejetée, votre
vie est pénible.
jeudi 13 novembre 2025
SOUFFRANCES
Il y a un jour où soudain ton esprit s'éveille, et où
ta conscience sort d'un profond sommeil. Tu ne saurais expliquer un tel
bouleversement, mais tu as décidé d'adopter un autre comportement. Ton regard
sur le monde ne fut alors plus le même, et c'est avec horreur que tu perçois
toute cette haine. Un monde fragilisé, qui progressivement part en fumée, et où
l'on a fini par oublier, ce que signifie le respect. Toutes ces souffrances qui
sont ainsi infligées à ces innocents qui ne l'ont pourtant pas mérité. Ces
bourreaux que l'on appelle semblables, te semblent dorénavant bien misérables. Et
tu souhaiterais les voir punis pour les atrocités qu'ils ont commises. Seulement
tout le monde n'entend pas, l 'existence des injustices que tu perçois. Et
cette douleur face à cette insouciance, t'amène à faire preuve de plus de
vigilance. Mais ton cœur ne peut se résoudre à abandonner toutes les victimes
de cette inquiétante société. Et même si cet engagement sera éprouvant tu as
décidé d'agir avec acharnement pour qu'un jour puisse se produire le changement
mardi 11 novembre 2025
SAVOIR
Savoir attendre sans vouloir tout comprendre. Savoir
hurler sans pour autant se résigner. Savoir
pleurer sans pour cela désespérer. Essayer d’avancer pour ne pas retomber. Essayer
d’oublier pour ne pas se noyer. Essayer d’espérer pour ne pas renoncer. Laisser
couler son cœur comme s’ouvre une fleur. Laisser sortir son âme comme s’élève
une flamme. Laisser renaître la vie comme pousse l’épi. Regarder l’horizon pour
une autre dimension. Attendre un navire pour un nouvel avenir. Guetter
l’espérance pour une autre naissance.
lundi 10 novembre 2025
LES VIEUX
On les voit souvent passer arrivant au bout de
l’allée, par petite groupes ou deux par deux, à pas très lents, parlant entre
eux. Ils rient, lisent ou tricotent à l’ombre d’un solide chêne, qui a bien
l’âge de l’un d’eux, et qui se porte on ne peut mieux. On se remémore ses
souvenirs, on se souvient de tout, des guerres, d’un conjoint trop tôt disparu,
des enfants qu’on n’a jamais eus, d’un voyage ou d’une croisière. On aborde
aussi l’avenir : Si le destin nous le propose pour nous il ne sera pas rose, maison
de retraite, hôpital, rien que des choses très banales, résignés, mais non
consentants, on devient sage en vieillissant. Lorsqu’ils parlent de politique, chacun
y va de sa réplique, gesticulant, le verbe haut, ils attirent tous les badauds.
Mais que vienne un nuage bas, ou la menace d’un grand vent, vite ils se lèvent
de leur banc laissant en plan leurs pugilats, reprenant
livres et cabas se séparent en pressant le pas ; Mais demain, s’il fait beau
temps, ils reviendront l’après-midi ils s’assiéront sous la rotonde de leur bel
arbre rajeuni : Ils referont encore le monde quand on est vieux, par temps de
pluie.
dimanche 9 novembre 2025
LE VIEUX PEINTRE
Assis dans le fauteuil
de son vieil atelier, il vient à petits-pas y passer sa journée. Devant
son chevalet à regret délaissé, il
peint de beaux tableaux jamais réalisés. Car
l’horloge du temps ne l‘a pas épargné. Ses
yeux qui savaient voir, sont aveugles à jamais. Ses
mains tremblent aujourd’hui, ne pouvant obéir aux
images qu’autrefois il leur faisait sentir. Il
pense à ses tableaux qu’il avait exposés, aux
prix et aux médailles qu’on lui a décernés ; Il
pleure sur tous ceux restés dans sa mémoire, il n’a pas eu le temps de peindre
leur histoire. Les
pinceaux, ses fusains semblent l’attendre en vain. Ils
ont fait dans ses mains de bien jolis dessins. Ses
tubes desséchés et ses pots mal fermés, restés
là sur sa table se savent abandonnés. Le
vieux peintre, immobile, doucement se souvient. Une
vie bien remplie, un fabuleux destin. On
ne peut arrêter le cours du temps qui file, et
qui fait qu’à présent il se sent inutile. Des
visages le hantent, visages dessinés, ou
visages de ces femmes qu’il avait cru aimer. Des
regrets quelquefois qui viennent l’assaillir. Il
est si difficile d’accepter de vieillir.
mardi 9 septembre 2025
LA PLUIE !
Il y a plusieurs sortes de pluie : fragiles,
lourdes, froides ou chaudes, douces ou acérées. Rares sont celles et ceux
d’entre nous, aimant la pluie. Tant qu’à faire, il y a celles qu’on préfère.
Celles de la fin mai et celles de septembre. Les pluies tièdes, les pluies
lourdes sous lesquelles il fait bon marcher, car elles savent vous accompagner
et vous rendre le monde plus visible, plus présent. À la fin du mois de mai,
avec les premières chaleurs, la pluie exaspère le parfum des fleurs et des
feuilles nouvelles. Elle participe au bouillonnement de la vie, et sa chaleur
réveille au sortir de l’hiver tout ce qui était endormi. Elle se manifeste par
de grosses gouttes qui éclatent en menus soleils. Lourdes et chaudes, les
pluies de l’automne paraissent verser sur les vignes et les bois toute la
chaleur emmagasinée pendant les longs mois d’été. Une chaleur qui vient du ciel
et des nuages, accumulée par les beaux jours, les courtes nuits, et qui donne à
cette pluie une épaisseur touffue. Elle pèse sur la terre encore grosse de
raisins, des fruits trop mûrs, des regains ; elle exaspère les odeurs de moût,
de champignons, de feuilles déchues. Elle paraît chaude, ne porte pas aux
frissons mais incline doucement nos pensées vers les feux de bois.
samedi 6 septembre 2025
Nouvelle « Sur le chemin de l’école » !
C’est un beau titre, mais c’est bien plus : un sésame,
une de ces phrases d’autrefois qui ouvrent une porte sur le monde enchanté des
souvenirs, des chimères, des histoires qu’on croyait définitivement perdues
dans les remous du temps et qui – magie de la photographie – nous reviennent
par les mystérieuses trouées de la mémoire. Cinq enfants – deux filles et
trois garçons – cheminent sur la route. C’est le printemps ; mille fleurs
poussent dans les champs, s’accrochent aux branches des arbres où elles
semblent tomber du ciel ; elles enchantent l’image. Les deux fillettes
marchent devant, côte à côte ; elles regardent le sol, l’esprit tout
entier absorbé par on ne sait quelles graves considérations : est-ce la
poésie à apprendre par cœur, dont elles n’ont retenu que les premiers vers qui
les préoccupe ?
L’un des garçons s’est arrêté au bord du chemin et,
immobile, accroupi, il observe quelque chose parmi les herbes, on ne sait
quoi : un papillon dépliant le kaléidoscope de ses ailes ? Une
sauterelle qui vous fixe de son regard vide avant de bondir ? Une souris
morte, avec son ventre blanc et doux où un rayon de soleil allume des reflets
soyeux… ? Ses deux camarades se sont arrêtés, eux aussi, ils
attendent le verdict de l’observateur. Leur marche, comme suspendue, laisse
entendre qu’il n’est pas temps de lambiner ; la cloche de l’école va bientôt
sonner et il y a encore un bout de chemin à faire. La photographie date des
années cinquante. À cette époque, je fréquentais les mêmes chemins, j’avais le
même cartable, les mêmes pantalons courts, les mêmes chaussettes en laine qui
tombaient sur les chevilles. Les filles portaient de longues tresses blondes
qu’on rêvait de dénouer. Et lorsqu’on avait pris du retard et qu’on se mettait
à courir pour rattraper le temps perdu, le cartable tressautait dans le dos,
contrariant notre course, pendant que les livres, les cahiers, le plumier
ballottaient bruyamment au rythme de nos pas. De tout cela, je me souviens
très bien, car je n’étais pas loin ; si j’avais couru un peu plus vite,
j’aurais peut-être réussi à entrer dans la photographie.
« Réchauffement climatique, le pire est encore à venir », l’éditorial de Cathy Dos Santos.
Températures records, canicules à répétition, sécheresses intenses… Les dernières données de l’observatoire européen Copernicus pointent, ...
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Toujours curieux de prendre connaissance des différents écrits sur la prochaine échéance municipale, une chose m’a frappé. Notre ville viv...
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Depuis vendredi dernier, nous connaissons les candidat-e-s qui aspirent à devenir maire de Romainville. C’est le propre d’une compétition ...



















