Depuis
vendredi dernier, nous connaissons les candidat-e-s qui aspirent à devenir
maire de Romainville. C’est le propre d’une compétition électorale. Au-delà
d’une ambition louable et parfois démesurée, ce qui compte dans le choix que
nous aurons à faire, ce sont les compétences, la connaissance de notre
histoire, les capacités à assumer une fonction complexe et exigeante, le
sérieux des propositions. C’est aussi le respect à la parole donnée, la
sincérité, l’intégrité, le désintéressement et le sens du collectif.
Dans
mon précédent billet, prenant connaissance de divers écrits, j’écrivais que
notre ville m’apparaissait vivre dans une bulle, une sorte d’îlot, imperméable
au basculement du monde, devenu un fracas permanent, avec ses violences, ses
guerres, avec les craintes, l’inquiétude et l’anxiété qu’elles suscitent dans
les moments que nous vivons présentement. Imperméable, aussi, aux conséquences
des politiques nationales sur les choix des collectivités locales.
Les
propositions énoncées par certain-e-s candidat-e-s me conforte dans cette
impression. À les lire, leur mise en œuvre ne dépendrait que de l’engagement de
l’équipe qui serait élue le 22 mars. C’est trop simple. Les obstacles ne
manqueront pas de se présenter et seule l’intervention de nos concitoyens
permettra de les surmonter. Plus vite qu’on peut le penser, d’ailleurs. Ainsi, le
premier ministre vient d’annoncer que la décentralisation serait bien un sujet
du présent quinquennat. Qu’elle ferait l’objet de plusieurs projets de loi dont
l’un porterait sur « la réforme de l’État, la décentralisation et la
clarification d’un certain nombre de compétences ». Mais surtout Sébastien
LECORNU ne cache pas ses intentions « La situation de nos finances
publiques rend urgent de recentrer l’État sur certaines missions, il doit donc
s’en remettre plus clairement à d’autres acteurs publics pour exercer certaines
compétences, et de citer les transports, le logement et le
médico-social ». Tout cela à 15 jours du premier tour !
Par
ailleurs, le projet de loi du gouvernement sur les polices municipales que
vient d’adopter le Sénat, dessine un basculement silencieux : celui d’une
police municipale appelée à devenir l’ombre portée de la police nationale, sans
les mêmes garanties, sans les mêmes moyens financiers, mais avec des
compétences toujours plus étendues. Ce glissement installe une confusion entre
police nationale et police municipale : celle des missions, des
responsabilités et du financement.
Enfin,
cerise sur le gâteau, en dépit des affirmations du chef du gouvernement
expliquant avoir préservé les collectivités locales, la loi de finances pour
2026 comporte en fait – au-delà des 2 milliards d’euros de prélèvements que
l’exécutif reconnait – près de 5 milliards d’euros de coupes budgétaires,
affectant les collectivités. La baisse des dotations aux collectivités
territoriales n’a pas commencé avec Emmanuel Macron. Jamais
les dotations de l’Etat n’ont autant fait parler d’elles que sous le
quinquennat de François Hollande. Le candidat promettait de ne pas les baisser,
il n’en a rien été. Si, en 2013, elles s’élevaient encore à 41,5 milliards
d’euros, elles ont, au bout du mandat, fondu d’un quart, à 30,86 milliards
d’euros.
Dès
ses premiers pas à l’Élysée, François Hollande renonçait à renégocier les
traités européens. Il tourna aussi le dos à la gauche avec des réformes telles
que celle sur l’ANI (accord national interprofessionnel), les retraites, le
CICE, le projet de déchéance de nationalité, les lois Macron et El Khomri,
toutes deux adoptées à coups de 49-3 face à une majorité socialiste
récalcitrante. Faute de s’attaquer
aux injustices sociales, la ligne incarnée par les premiers ministres Manuel
Valls et Bernard Cazeneuve a même été de mettre en avant des batailles identitaires.
C’est une leçon qu’il convient de retenir pour ce scrutin municipal et à
quelques encablures de 2027.
De ce point de vue les propos de Bernard
Cazeneuve – président du mouvement « La Convention » qui soutient la
liste du Parti socialiste à Romainville – ne sont guère rassurants. Il défend
un positionnement de centre gauche et une union « progressiste » allant « au-delà du seul rassemblement de la gauche ». Selon
lui, ce mouvement devrait s’inspirer du « gaullisme de la fin de la IVe République,
autour dune certaine idée de la France ». Et puis,
étonnante sortie de Bernard Cazeneuve, le 31 janvier sur France-Info, quelques
jours avant sa venue à Romainville pour soutenir la liste du parti
socialiste : « Je me déplace, dit-il, pour soutenir les maires
socialistes sortants, ceux qui affrontent la droite. Partout où il y a des
candidats de gauche sortants, je souhaite un soutien total » (sic).
« Depuis 2020, Romainville est à
l’arrêt, notre ville décline faute de vision » nous dit la liste du parti socialiste ».
De quelle vision parlons-nous ? Aucune ville d’Île de France n’a connu une
telle évolution démographique. 13720 logements en 2020, 16881 en 2026. 30087
habitants en 2020, 37152 au 1er janvier 2026, selon l’Insee. Et ce
sera 40.000 à l’horizon 2030, et sans doute plus tôt. Ce n’est pas un détail,
et pourtant peu commenté.
Nous sommes favorables, nous disait-on à une évolution maîtrisée de la
population, 30.000 habitants à l’horizon 2030. Oui mais voilà, nous serons
40.000 à cette même date ! C’est ici que nous sommes « Gros-Jean
comme devant ». Les nouveaux résidents sont évidemment les bienvenus,
encore fallait-il qu’ils soient bien accueillis. Ce sont des classes
supplémentaires à ouvrir, ce sont des équipements sportifs et culturels à
construire, ce sont des structures nouvelles pour l’accueil de la petite
enfance, c’est un troisième collège à construire aux
Bas-Pays. Rien de tout cela n’a été pensé. Et aujourd’hui avec quel foncier
et où ? Alors comment parler d’une vision sur le futur en matière
d’aménagement et d’urbanisme.
Les biens immobiliers appartenant à la
commune et cédés aux promoteurs immobiliers ont fait leur plus grand bonheur.
Restaurant du personnel, atelier municipal, gymnase Vallès, foyer Croizat,
salle Jean Lurçat, foyer Pierre KÉRAUTRET, espace Marcel PAUL, maison des
associations, place de l’ancien marché, locaux rue Louise Dory, le Mille-Club,
route de Montreuil, réserves foncières rue de la République et rue Jean-Jaurès,
cité des Mares (pour 4,5 millions d’euros), centres de vacances d’Audierne, du
Bosgouet, de Bourg-Achard. Ainsi, on
pourra tourner les choses dans tous les sens, notre ville doit impérativement
disposer de foncier pour faire ce qui n’a pas été fait et répondre ainsi aux multiples
besoins qui n’ont fait l’objet d’aucune anticipation. L’équipe municipale élue
en 2020 s’y est attelé et entend poursuivre cet engagement.
J’ai toujours pensé qu’une campagne
électorale a un impérieux besoin de clarté, de transparence et de francs échanges.
La démocratie a tout à y gagner. C’est pourquoi j’ai cru utile de livrer ma
réflexion à la connaissance de chacun(e). Pour ma part c’est ce qui me conduit
à soutenir la
« liste du plus large rassemblement de la gauche, des écologistes et des
mouvements citoyens conduite par François DECHY, qui elle, allie réalisme et
fidélité à ses valeurs ».
Au plan municipal, ce sont les droits
humains qui relient toutes les politiques publiques. Ils ne se limitent pas aux
tribunaux internationaux ni aux crises diplomatiques. Ils se construisent ou se
fragilisent dans les décisions locales et commencent à la mairie. C’est à la
mairie que l’on déclare une naissance et que l’on obtient une identité
administrative, condition première de l’action aux droits. C’est à l’échelle
communale que l’on scolarise ses enfants, que l’on vote et que l’on participe à
la vie démocratique locale. La commune est le premier échelon de la République
et le premier espace d’effectivité des droits humains. Chaque politique locale
– sociale, éducative, urbaine, tranquillité publique – traduit en pratique, des
principes universels : dignité, égalité, non-discrimination,
participation. Ces principes sont ceux d’engagements internationaux que la
France a librement adoptés et que toutes les autorités publiques doivent mettre
en œuvre.
La France est liée par la Déclaration des
droits de l’Homme, les pactes internationaux et les conventions européennes,
obligations qui s’imposent à l’ensemble des pouvoirs publics, y compris aux
collectivités territoriales. Une mairie n’est pas seulement une administration
de proximité : c’est une autorité publique responsable du respect, de la
protection et de la promotion des droits humains du territoire, et au-delà, par
son action de solidarité et de coopération au-delà des frontières. Les droits
humains ne sont pas « internationaux » d’un côté et
« locaux » de l’autre. Ils forment un continuum. Être maire, ce n’est
pas seulement gérer un budget. C’est exercer une responsabilité politique et
morale envers l’ensemble des habitant-e-s. Chaque délibération, chaque
arbitrage budgétaire, chaque règlement municipal a une incidence sur les droits
fondamentaux. Ainsi les élections municipales ne sont pas une simple élection
de gestion. Elles sont un choix de société. Les droits humains sont le socle de
la République. Et ce socle se construit, chaque jour, à la mairie. Telle est la
raison pour laquelle je me félicite de trouver dans la liste « Continuons
ensemble », c’est la seule, des propositions fortes pour la protection des
droits humains sur notre territoire et une
action de solidarité, de coopération au-delà des frontières.
C’est en restant fidèle aux engagements de
l’élu que j’ai été durant de longues années, au citoyen attaché à l’avenir de sa
ville où je réside depuis 62 ans, au vieil homme que je suis devenu, que le 15
mars je me prononcerai pour la liste « Continuons ensemble »
conduite par François DECHY. Je vous invite à accompagner ce choix. « Croire en demain, c’est toujours
avoir un projet, une idée à défendre. L’essentiel de la vie, c’est de faire son
chemin sans jamais, un instant, le perdre de vue »

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