mercredi 4 mars 2026

Le 15 mars je me prononcerai pour la liste « continuons ensemble » conduite par François DECHY. Je vous invite à accompagner ce choix (Robert Clément) !



Depuis vendredi dernier, nous connaissons les candidat-e-s qui aspirent à devenir maire de Romainville. C’est le propre d’une compétition électorale. Au-delà d’une ambition louable et parfois démesurée, ce qui compte dans le choix que nous aurons à faire, ce sont les compétences, la connaissance de notre histoire, les capacités à assumer une fonction complexe et exigeante, le sérieux des propositions. C’est aussi le respect à la parole donnée, la sincérité, l’intégrité, le désintéressement et le sens du collectif. 

Dans mon précédent billet, prenant connaissance de divers écrits, j’écrivais que notre ville m’apparaissait vivre dans une bulle, une sorte d’îlot, imperméable au basculement du monde, devenu un fracas permanent, avec ses violences, ses guerres, avec les craintes, l’inquiétude et l’anxiété qu’elles suscitent dans les moments que nous vivons présentement. Imperméable, aussi, aux conséquences des politiques nationales sur les choix des collectivités locales.

Les propositions énoncées par certain-e-s candidat-e-s me conforte dans cette impression. À les lire, leur mise en œuvre ne dépendrait que de l’engagement de l’équipe qui serait élue le 22 mars. C’est trop simple. Les obstacles ne manqueront pas de se présenter et seule l’intervention de nos concitoyens permettra de les surmonter. Plus vite qu’on peut le penser, d’ailleurs. Ainsi, le premier ministre vient d’annoncer que la décentralisation serait bien un sujet du présent quinquennat. Qu’elle ferait l’objet de plusieurs projets de loi dont l’un porterait sur « la réforme de l’État, la décentralisation et la clarification d’un certain nombre de compétences ». Mais surtout Sébastien LECORNU ne cache pas ses intentions « La situation de nos finances publiques rend urgent de recentrer l’État sur certaines missions, il doit donc s’en remettre plus clairement à d’autres acteurs publics pour exercer certaines compétences, et de citer les transports, le logement et le médico-social ». Tout cela à 15 jours du premier tour !

Par ailleurs, le projet de loi du gouvernement sur les polices municipales que vient d’adopter le Sénat, dessine un basculement silencieux : celui d’une police municipale appelée à devenir l’ombre portée de la police nationale, sans les mêmes garanties, sans les mêmes moyens financiers, mais avec des compétences toujours plus étendues. Ce glissement installe une confusion entre police nationale et police municipale : celle des missions, des responsabilités et du financement.

Enfin, cerise sur le gâteau, en dépit des affirmations du chef du gouvernement expliquant avoir préservé les collectivités locales, la loi de finances pour 2026 comporte en fait – au-delà des 2 milliards d’euros de prélèvements que l’exécutif reconnait – près de 5 milliards d’euros de coupes budgétaires, affectant les collectivités. La baisse des dotations aux collectivités territoriales n’a pas commencé avec Emmanuel Macron. Jamais les dotations de l’Etat n’ont autant fait parler d’elles que sous le quinquennat de François Hollande. Le candidat promettait de ne pas les baisser, il n’en a rien été. Si, en 2013, elles s’élevaient encore à 41,5 milliards d’euros, elles ont, au bout du mandat, fondu d’un quart, à 30,86 milliards d’euros.  

Dès ses premiers pas à l’Élysée, François Hollande renonçait à renégocier les traités européens. Il tourna aussi le dos à la gauche avec des réformes telles que celle sur l’ANI (accord national interprofessionnel), les retraites, le CICE, le projet de déchéance de nationalité, les lois Macron et El Khomri, toutes deux adoptées à coups de 49-3 face à une majorité socialiste récalcitrante. Faute de sattaquer aux injustices sociales, la ligne incarnée par les premiers ministres Manuel Valls et Bernard Cazeneuve a même été de mettre en avant des batailles identitaires. C’est une leçon qu’il convient de retenir pour ce scrutin municipal et à quelques encablures de 2027.

De ce point de vue les propos de Bernard Cazeneuve – président du mouvement « La Convention » qui soutient la liste du Parti socialiste à Romainville – ne sont guère rassurants. Il défend un positionnement de centre gauche et une union « progressiste » allant « au-delà du seul rassemblement de la gauche ». Selon lui, ce mouvement devrait s’inspirer du « gaullisme de la fin de la IVe République, autour dune certaine idée de la France ». Et puis, étonnante sortie de Bernard Cazeneuve, le 31 janvier sur France-Info, quelques jours avant sa venue à Romainville pour soutenir la liste du parti socialiste : « Je me déplace, dit-il, pour soutenir les maires socialistes sortants, ceux qui affrontent la droite. Partout où il y a des candidats de gauche sortants, je souhaite un soutien total » (sic).

« Depuis 2020, Romainville est à l’arrêt, notre ville décline faute de vision » nous dit la liste du parti socialiste ». De quelle vision parlons-nous ? Aucune ville d’Île de France n’a connu une telle évolution démographique. 13720 logements en 2020, 16881 en 2026. 30087 habitants en 2020, 37152 au 1er janvier 2026, selon l’Insee. Et ce sera 40.000 à l’horizon 2030, et sans doute plus tôt. Ce n’est pas un détail, et pourtant peu commenté. 

Nous sommes favorables, nous disait-on à une évolution maîtrisée de la population, 30.000 habitants à l’horizon 2030. Oui mais voilà, nous serons 40.000 à cette même date ! C’est ici que nous sommes « Gros-Jean comme devant ». Les nouveaux résidents sont évidemment les bienvenus, encore fallait-il qu’ils soient bien accueillis. Ce sont des classes supplémentaires à ouvrir, ce sont des équipements sportifs et culturels à construire, ce sont des structures nouvelles pour l’accueil de la petite enfance, c’est un troisième collège à construire aux Bas-Pays. Rien de tout cela n’a été pensé. Et aujourd’hui avec quel foncier et où ? Alors comment parler d’une vision sur le futur en matière d’aménagement et d’urbanisme.

Les biens immobiliers appartenant à la commune et cédés aux promoteurs immobiliers ont fait leur plus grand bonheur. Restaurant du personnel, atelier municipal, gymnase Vallès, foyer Croizat, salle Jean Lurçat, foyer Pierre KÉRAUTRET, espace Marcel PAUL, maison des associations, place de l’ancien marché, locaux rue Louise Dory, le Mille-Club, route de Montreuil, réserves foncières rue de la République et rue Jean-Jaurès, cité des Mares (pour 4,5 millions d’euros), centres de vacances d’Audierne, du Bosgouet, de Bourg-Achard. Ainsi, on pourra tourner les choses dans tous les sens, notre ville doit impérativement disposer de foncier pour faire ce qui n’a pas été fait et répondre ainsi aux multiples besoins qui n’ont fait l’objet d’aucune anticipation. L’équipe municipale élue en 2020 s’y est attelé et entend poursuivre cet engagement.

J’ai toujours pensé qu’une campagne électorale a un impérieux besoin de clarté, de transparence et de francs échanges. La démocratie a tout à y gagner. C’est pourquoi j’ai cru utile de livrer ma réflexion à la connaissance de chacun(e). Pour ma part c’est ce qui me conduit à  soutenir la « liste du plus large rassemblement de la gauche, des écologistes et des mouvements citoyens conduite par François DECHY, qui elle, allie réalisme et fidélité à ses valeurs ».

Au plan municipal, ce sont les droits humains qui relient toutes les politiques publiques. Ils ne se limitent pas aux tribunaux internationaux ni aux crises diplomatiques. Ils se construisent ou se fragilisent dans les décisions locales et commencent à la mairie. C’est à la mairie que l’on déclare une naissance et que l’on obtient une identité administrative, condition première de l’action aux droits. C’est à l’échelle communale que l’on scolarise ses enfants, que l’on vote et que l’on participe à la vie démocratique locale. La commune est le premier échelon de la République et le premier espace d’effectivité des droits humains. Chaque politique locale – sociale, éducative, urbaine, tranquillité publique – traduit en pratique, des principes universels : dignité, égalité, non-discrimination, participation. Ces principes sont ceux d’engagements internationaux que la France a librement adoptés et que toutes les autorités publiques doivent mettre en œuvre.

La France est liée par la Déclaration des droits de l’Homme, les pactes internationaux et les conventions européennes, obligations qui s’imposent à l’ensemble des pouvoirs publics, y compris aux collectivités territoriales. Une mairie n’est pas seulement une administration de proximité : c’est une autorité publique responsable du respect, de la protection et de la promotion des droits humains du territoire, et au-delà, par son action de solidarité et de coopération au-delà des frontières. Les droits humains ne sont pas « internationaux » d’un côté et « locaux » de l’autre. Ils forment un continuum. Être maire, ce n’est pas seulement gérer un budget. C’est exercer une responsabilité politique et morale envers l’ensemble des habitant-e-s. Chaque délibération, chaque arbitrage budgétaire, chaque règlement municipal a une incidence sur les droits fondamentaux. Ainsi les élections municipales ne sont pas une simple élection de gestion. Elles sont un choix de société. Les droits humains sont le socle de la République. Et ce socle se construit, chaque jour, à la mairie. Telle est la raison pour laquelle je me félicite de trouver dans la liste « Continuons ensemble », c’est la seule, des propositions fortes pour la protection des droits humains sur notre territoire et une action de solidarité, de coopération au-delà des frontières.

C’est en restant fidèle aux engagements de l’élu que j’ai été durant de longues années, au citoyen attaché à l’avenir de sa ville où je réside depuis 62 ans, au vieil homme que je suis devenu, que le 15 mars je me prononcerai pour la liste « Continuons ensemble » conduite par François DECHY. Je vous invite à accompagner ce choix. « Croire en demain, c’est toujours avoir un projet, une idée à défendre. L’essentiel de la vie, c’est de faire son chemin sans jamais, un instant, le perdre de vue »

 

 

 

 

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