Selon une
enquête du Snes-FSU, révélé par France-info ce jeudi 4 septembre, plus de
la moitié des collèges et lycées ont fait leur rentrée avec au moins un
professeur manquant. Le principal syndicat du secondaire juge le chiffre de
2 500 enseignants manquants avancé par Élisabeth Borne
« vraisemblablement sous-estimés ». Trois quarts des
établissements comptaient même une équipe incomplète, si on ajoute les autres
membres du personnel.
Si toutes les
académies sont concernées, le syndicat relève des disparités : « Dans
l’académie d’Aix-Marseille, il manque au moins un professeur dans 41 % des
collèges et des lycées, 72 % pour l’académie de Créteil et près de
75 % pour l’académie de Lyon ».
« L’équivalent de 2 500 professeurs » ont fait défaut à la rentrée selon la ministre de l’Éducation nationale
qui assurait, sur RTL le 1er septembre, que « les rectorats sont
mobilisés depuis des semaines pour qu’il y ait un prof devant chaque élève.
Ça sera le cas, on a 99,9 % des postes qui sont pourvus dans le premier
degré, quasiment pas de postes non pourvus dans le second degré ».
Mais « les chiffres annoncés par Élisabeth Borne lundi sont
vraisemblablement sous-estimés », assure le Snes-FSU qui a réalisé une enquête, révélé par franceinfo ce jeudi 4
septembre. Le principal syndicat du second degré relève au moins un professeur
manquant dans 55 % des collèges et lycées. « Cela représente en
moyenne 1 professeur manquant dans chaque collège et lycée publics »,
précise-t-il.
Trois quarts
des établissements (73 %) comptaient même une équipe incomplète, si on
ajoute les autres membres du personnel. Il manquait ainsi à l’appel le jour de
la rentrée au moins un conseiller principal d’éducation (CPE) dans 8,8 %
des établissements, un psychologue de l’Éducation nationale (PsyEN) dans
13,2 %, un accompagnant d’élève en situation de
handicap (AESH) dans 12,2 %, un assistant d’éducation (AED)
dans 11,1 %. « À l’heure où la jeunesse va mal, qu’elle grandit
dans un monde où la complexité est croissante, où elle a besoin de plus
d’adultes, le manque de personnels d’enseignement, AESH, d’éducation ou
d’orientation est désastreux », estime le syndicat.
« Crise de recrutement et manque de
remplaçants »
« Ce
qui devrait être considéré par toutes et tous comme un scandale national se
poursuit : des dizaines de milliers d’élèves ont commencé l’année sans
professeur, y compris dans des classes à examen, et vont perdre des heures de
cours. La 7e puissance économique mondiale est incapable d’assurer
la rentrée, et la suite de l’année scolaire, avec le nombre de personnels
attendus et nécessaires », constate le Snes-FSU. Si toutes les
académies sont concernées, le syndicat relève des disparités : « Dans
l’académie d’Aix-Marseille, il manque au moins un professeur dans 41 % des
collèges et des lycées, et si ce chiffre est de 29,1 % pour l’académie de
Dijon, il monte à 72 % pour l’académie de Créteil et près de 75 %
pour l’académie de Lyon ».
La situation
est loin de s’être améliorée par rapport à l’an passé où la même enquête avait
relevé au moins 1 professeur manquant dans 56 %
des collèges et des lycées. En cause, selon le syndicat : « La
crise de recrutement mais aussi au manque de remplaçants ». « Des
absences prévisibles et connues des services (des congés longue maladie) ne
sont pas remplacées », ajoute-t-il.
Face au projet
de budget de François Bayrou qui annonce, dans ce contexte de pénurie, une
nouvelle dégradation de la situation avec des suppressions de postes ou le gel
du point d’indice, le Snes-FSU appelle à la mobilisation : « actions
locales et intersyndicales le 10 septembre, grève interprofessionnelle le
18 septembre ! »

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