lundi 30 mars 2026

« Le racisme crasse de CNews et de l'extrême droite », l’éditorial de Sébastien Crépel.



Les séquences de la télé de Bolloré où l’élection de Bally Bagayoko comme maire de Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) a été comparée aux mœurs des tribus de singes ne doivent pas rester impunies. Les intervenants de CNews testent les limites de l’État de droit, mesurant ses failles à chaque provocation, repoussant toujours plus loin les frontières de l’intolérable.

Ces atteintes à notre humanité commune fonctionnent comme le nouveau territoire du dicible, une victoire supplémentaire qui sert ensuite d’étalon à l’extrême droite pour s’engouffrer dans la brèche. Derrière, Pascal Praud développe la théorie fumeuse et nauséabonde du « grand remplacement », en fantasmant une « victoire ethnique ou religieuse » à Saint-Denis.

La menace du RN n’est pas celle du grand soir électoral qui ferait d’un seul coup céder les digues. C’est l’histoire d’une acculturation progressive à ses idées, presque inconsciente, par touches, qui rend permissible ce qui était autrefois inacceptable. À Montargis (Loiret), des soutiens du RN vomissaient quotidiennement leur venin raciste sur Divine, leur voisine noire. Aujourd’hui, des « experts » reprennent leur rhétorique en direct.

Et cela fonctionne. Il y a douze ans, l’épouvantable jeu de mots d’un torchon confidentiel comme Minute comparant Christiane Taubira à un singe entraînait un tollé et une condamnation pénale de son directeur. La question de l’interdiction du titre était posée. Dorénavant, on cherche en vain l’indignation en rapport avec les horreurs proférées sur une chaîne d’info nationale. Que fait l’Arcom ?

L’animalisation est un vieux ressort du racisme biologique le plus crasse, qui sert à maintenir les privilèges en place. En 1960, Patrice Lumumba avait décrit en une formule choc l’accession des Congolais à la dignité par l’indépendance : « Nous ne sommes plus vos macaques ! »

En France, la déshumanisation d’une partie du peuple est à la base d’un projet de fracture de notre pays, fondé sur un racisme qui masque une prolétariophobie plus large, terreau de « l’union des droites ». Au fond, on reproche aux Dionysiens de voter pour faire société autrement. Le racisme est l’instrument pour tenir cette perspective à distance.

 

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« Le racisme crasse de CNews et de l'extrême droite », l’éditorial de Sébastien Crépel.

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