Les municipales
qui s’achèvent ont donné lieu à des scènes de liesse électorale oubliées dans
des villes populaires depuis la montée de l’abstention. Des foules, en partie
jeunes, ont fêté bruyamment la victoire de leurs candidats. Les vaincus y ont
forcément le mauvais rôle, surtout quand ils sont chargés, comme maires
sortants, d’annoncer leur défaite. Ils ont alors l’air d’aller à Canossa, mais
certains savent mieux que d’autres perdre dans la dignité, laquelle se confond
souvent avec l’humilité devant la volonté populaire, ce qui doit aussi inspirer
les vainqueurs du jour.
Faut-il en
revanche blâmer les électeurs de
Saint-Denis et du
Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, parce qu’ils se sont réjouis du départ
d’édiles qui les ont méprisés jusqu’à la dernière heure de leur mandat ?
Que les politiques qui les stigmatisent balaient d’abord devant leur
porte : ils ne suivent pas toujours à la lettre les règles du respect
républicain qu’ils prônent pour les autres, et en particulier le respect dû à
leurs opposants.
Le pire
outrage, en démocratie, n’est pas de huer le candidat démis dans les urnes.
C’est de nier le résultat du suffrage universel. De quel droit des
personnalités, membres d’une coalition électorale qui se maintient au
gouvernement contre vents et marées alors qu’elle a été défaite par les
électeurs depuis un an et huit mois, se permettent-elles de faire la leçon aux
vainqueurs du scrutin de dimanche ?
Ces derniers,
au moins, n’usurpent pas leur position. Les macronistes Yaël Braun-Pivet,
Guillaume Kasbarian, Aurore Bergé ou encore Gabriel Attal, chef de Renaissance,
le parti de la « majorité » au glorieux bilan de deux mairies de
grande ville remportées à ces municipales, feraient bien de s’en souvenir,
avant de fustiger leurs concitoyens de Seine-Saint-Denis.
Les élus de
quelque bord que ce soit n’ont pas à subir de
violences, ce point n’est pas discutable. Ils
n’ont pas non plus à en infliger. Le reste relève de la liberté d’expression.
Les propos du sénateur Thierry Meignen contre une journaliste, et plus
largement contre ses opposants, en particulier communistes, tout au long de la
mandature écoulée, n’appartiennent sûrement pas à cette dernière catégorie.
Dommage qu’il n’y ait pas beaucoup de macronistes pour s’en indigner.

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