jeudi 26 mars 2026

« À droite, le respect républicain, ce n’est que pour les autres », l’éditorial de Sébastien Crépel.



Les municipales qui s’achèvent ont donné lieu à des scènes de liesse électorale oubliées dans des villes populaires depuis la montée de l’abstention. Des foules, en partie jeunes, ont fêté bruyamment la victoire de leurs candidats. Les vaincus y ont forcément le mauvais rôle, surtout quand ils sont chargés, comme maires sortants, d’annoncer leur défaite. Ils ont alors l’air d’aller à Canossa, mais certains savent mieux que d’autres perdre dans la dignité, laquelle se confond souvent avec l’humilité devant la volonté populaire, ce qui doit aussi inspirer les vainqueurs du jour.

Faut-il en revanche blâmer les électeurs de Saint-Denis et du Blanc-Mesnil, en Seine-Saint-Denis, parce qu’ils se sont réjouis du départ d’édiles qui les ont méprisés jusqu’à la dernière heure de leur mandat ? Que les politiques qui les stigmatisent balaient d’abord devant leur porte : ils ne suivent pas toujours à la lettre les règles du respect républicain qu’ils prônent pour les autres, et en particulier le respect dû à leurs opposants.

Le pire outrage, en démocratie, n’est pas de huer le candidat démis dans les urnes. C’est de nier le résultat du suffrage universel. De quel droit des personnalités, membres d’une coalition électorale qui se maintient au gouvernement contre vents et marées alors qu’elle a été défaite par les électeurs depuis un an et huit mois, se permettent-elles de faire la leçon aux vainqueurs du scrutin de dimanche ?

Ces derniers, au moins, n’usurpent pas leur position. Les macronistes Yaël Braun-Pivet, Guillaume Kasbarian, Aurore Bergé ou encore Gabriel Attal, chef de Renaissance, le parti de la « majorité » au glorieux bilan de deux mairies de grande ville remportées à ces municipales, feraient bien de s’en souvenir, avant de fustiger leurs concitoyens de Seine-Saint-Denis.

Les élus de quelque bord que ce soit n’ont pas à subir de violences, ce point n’est pas discutable. Ils n’ont pas non plus à en infliger. Le reste relève de la liberté d’expression. Les propos du sénateur Thierry Meignen contre une journaliste, et plus largement contre ses opposants, en particulier communistes, tout au long de la mandature écoulée, n’appartiennent sûrement pas à cette dernière catégorie. Dommage qu’il n’y ait pas beaucoup de macronistes pour s’en indigner.

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