mercredi 25 mars 2026

« Au Moyen-Orient, les lignes de front s’enchevêtrent », l’éditorial de Rosa Moussaoui.



Qui peut encore accorder le moindre crédit à la parole de Donald Trump ? Le président des États-Unis est coutumier des ultimatums périmés, des négociations pulvérisées par les opérations militaires, des volte-face aux effets aussi fulgurants que lucratifs sur les marchés boursiers.

Officiellement, il rechercherait les voies d’une désescalade, un mois après le déclenchement au Moyen-Orient d’une guerre israélo-américaine qui ébranle l’économie mondiale et meurtrit les peuples de la région sans faire vaciller le régime des mollahs. Hier encore, il menaçait de raser les infrastructures énergétiques de l’Iran pour forcer la réouverture du détroit d’Ormuz. Il a soudain changé de ton : le voilà qui prétend vouloir renouer avec la diplomatie, et même qui se flatte de « discussions productives ».

À Téhéran, on dément l’existence de tels pourparlers. Des émissaires turcs, égyptiens, pakistanais ont beau s’affairer : les bombes pleuvent toujours et l’armée américaine déploie ses marines et ses navires d’assaut amphibies en vue d’une possible attaque terrestre – peut-être limitée aux côtes iraniennes ou à l’île de Kharg, plaque tournante de l’exportation de pétrole contre laquelle Donald Trump, alors jeune requin de l’immobilier, promettait, en 1988, de mener « une attaque dévastatrice ».

Diversion ? Pendant que la Maison-Blanche orchestre ses coups de théâtre, Israël laisse libre cours à ses desseins expansionnistes au Liban, en Syrie et en Palestine, où Benyamin Netanyahou et son gouvernement de fanatiques cherchent à précipiter un basculement décisif.

En Cisjordanie, la décision d’accélérer le processus d’enregistrement foncier ouvre la voie à un mouvement massif de dépossession, de spoliation des terres des Palestiniens, chaque jour exposés aux attaques violentes et coordonnées des colons, aux expulsions, aux transferts forcés. À l’ombre de la guerre en Iran, l’occupation devient annexion. Dans la croisade qui embrase le Moyen-Orient, les lignes de front s’enchevêtrent. Avec elles, c’est tout l’édifice du droit international que Donald Trump et Benyamin Netanyahou sont décidés à réduire en cendres.

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