Qui peut encore
accorder le moindre crédit à la parole de Donald Trump ? Le président des
États-Unis est coutumier des ultimatums périmés, des négociations pulvérisées
par les opérations militaires, des volte-face aux effets aussi fulgurants que
lucratifs sur les marchés boursiers.
Officiellement,
il rechercherait les voies d’une désescalade, un mois après le déclenchement au
Moyen-Orient d’une guerre israélo-américaine qui ébranle l’économie mondiale et
meurtrit les peuples de la région sans faire vaciller le régime des mollahs.
Hier encore, il menaçait de raser les infrastructures énergétiques de l’Iran
pour forcer la réouverture du détroit d’Ormuz. Il a soudain changé de
ton : le voilà qui prétend vouloir renouer avec la diplomatie, et même qui
se flatte de « discussions productives ».
À Téhéran, on
dément l’existence de tels pourparlers. Des émissaires turcs, égyptiens,
pakistanais ont beau s’affairer : les bombes pleuvent toujours et l’armée
américaine déploie ses marines et ses navires d’assaut amphibies en vue d’une
possible attaque terrestre – peut-être limitée aux côtes iraniennes ou à l’île
de Kharg, plaque tournante de l’exportation de pétrole contre laquelle Donald
Trump, alors jeune requin de l’immobilier, promettait, en 1988, de mener « une
attaque dévastatrice ».
Diversion ?
Pendant que la Maison-Blanche orchestre ses coups de théâtre, Israël laisse libre cours
à ses desseins expansionnistes au Liban, en Syrie et en Palestine, où Benyamin Netanyahou et son gouvernement de
fanatiques cherchent à précipiter un basculement décisif.
En Cisjordanie,
la décision d’accélérer le processus d’enregistrement foncier ouvre la voie à
un mouvement massif de dépossession, de spoliation des terres des Palestiniens,
chaque jour exposés aux attaques violentes et
coordonnées des colons, aux
expulsions, aux transferts forcés. À l’ombre de la guerre en Iran, l’occupation
devient annexion. Dans la croisade qui embrase le Moyen-Orient, les lignes de
front s’enchevêtrent. Avec elles, c’est tout l’édifice du droit international
que Donald Trump et Benyamin Netanyahou sont décidés à réduire en cendres.

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