Malgré la défiance et l’exaspération sociale,
une franche majorité de nos concitoyens restent profondément
attachés à
la vie politique locale. Les élections municipales dont le premier tour a
lieu ce dimanche sont l’un des scrutins les
plus appréciés des Français. Sans doute parce que
la commune est ce lieu privilégié où se
tissent de puissants liens de vie et de solidarités
qui constituent un bouclier humain.
Protéger,
accompagner, pallier les déficiences et les désengagements de l’État, nombre de
maires communistes, socialistes et écologistes confient
combien leur travail a évolué au fil des
ans. Les peurs et les besoins
sociaux ont fait de leur mission un
service public d’intérêt
général en soi face à un système capitaliste, dévastateur qui
démolit les conquis sociaux et plonge les vies dans une insécurité
insupportable.
Ce scrutin
local dit beaucoup de l’engouement participatif – si l’on excepte ces communes
qui déplorent l’absence de listes. Ce sont plus de 900 000
candidats qui vont se disputer les faveurs des électrices et des électeurs et
transformer ce rendez-vous en un grand exercice démocratique du pays.
Cet élan
citoyen est aux antipodes des calculs politiciens qui cherchent
à transformer les municipales en un galop d’essai de la
présidentielle. C’est justement ce présidentialisme intrinsèque à la Ve République
qui n’en finit plus de pourrir la vie politique et de broyer les dynamiques
collectives. Il conduit aujourd’hui à dénaturer un scrutin de
proximité en le détournant de ses objectifs.
Les jeux des
appareils de certains partis ne sont pas à la hauteur des attentes et de
la gravité de la crise de régime. Ne parlons même
pas du subterfuge de macronistes et de
« Républicains » qui se présentent sans
étiquette de crainte d’essuyer un vote sanction, voire pour d’autres
à droite de rejoindre éhontément le Rassemblement national.
On scrutera
également avec attention les conséquences des divisions de la gauche,
après que La France insoumise, focalisée sur la présidentielle et les
sénatoriales, a décidé de se présenter contre des maires de
gauche sortants qui n’ont pourtant pas démérité. Parions que
l’intelligence populaire l’emportera, à l’heure où l’extrême droite ravale
les villes au rang de trophées de guerre dans la perspective de 2027.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire