mardi 17 mars 2026

« L’antifascisme ne se divise pas », l’éditorial de Stéphane Sahuc.



Le premier tour des élections municipales, marqué par son lot de surprises, dessine un paysage politique inquiétant. D’abord parce que peu de Français se sont déplacés aux urnes pour un scrutin qui est pourtant celui qui touche le plus leur vie quotidienne. C’est la terrible preuve que nombre de nos concitoyens ne croient plus en la capacité de la politique et des partis à changer leur quotidien.

La non-prise en compte des résultats des dernières législatives par le pouvoir n’a fait que les confirmer dans cet état d’esprit. L’élection montre un peu plus la faillite du macronisme. Non seulement, d’un point de vue électoral, pour les candidats qui s’en réclament, mais plus largement quant à l’état de la société française.

Après des années de présidence Macron, elle est plus fracturée que jamais. L’extrême droite, elle, n’a jamais été aussi forte. Pis : dans de nombreuses petites villes, la droite traditionnelle a scellé des alliances avec elle, parfois discrètes, d’autres fois assumées.

Autre constat : plus de 33 000 communes ont élu leur maire dès le premier tour. L’immense majorité d’entre eux n’ont pas d’étiquette politique affichée, mais il semble improbable, lorsque l’on reprend les résultats des dernières élections – européennes, législatives ou même présidentielle – qu’un certain nombre de nouveaux maires ne soient pas des sympathisants ou des proches du Rassemblement national. Les scrutins pour les intercommunalités et les prochaines sénatoriales révéleront-ils de mauvaises surprises, en démontrant que l’ancrage territorial du RN est désormais une réalité ?

Dans cette situation où droite et extrême droite s’entendent, l’ensemble des forces de gauche et républicaines doit prendre ses responsabilités. Proposer aux électeurs plusieurs listes de gauche dans des villes où le RN ou Reconquête, allié ou non à la droite, pourrait prendre le pouvoir est irresponsable. L’antifascisme ne se divise pas. Les électeurs de gauche sanctionneront ceux qui prendront le risque de donner des armes supplémentaires à l’extrême droite.

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