mercredi 14 janvier 2026

Une étude française établit un lien entre achat de pesticides et disparition d’oiseaux



Une équipe du Museum national d’histoire naturelle a étudié les données sur l’achat au niveau local de 242 substances actives de pesticides en les comparant à l’abondance de 64 espèces d’oiseaux.

La plupart des espèces d’oiseaux sont moins abondantes en France dans les zones où les achats de pesticides sont plus élevés. C’est la conclusion faite par les chercheurs d’une étude publiée ce mercredi 14 janvier dans la revue britannique Proceedings B de la Royal Society, suggérant qu’une baisse de l’utilisation de ces produits aiderait à protéger la biodiversité. «On a trouvé un signal assez fort puisqu’il y a 84,4 % des espèces pour lesquelles il y a des corrélations négatives, c’est-à-dire que plus il y a de pesticides vendus, moins il y a d’oiseaux», a détaillé Anne-Christine Monnet, co-autrice de l’étude et chercheuse au Musée national d’histoire naturelle (MNHN).

L’équipe française de chercheurs s’est intéressée aux données sur l’achat au niveau local de 242 substances actives de pesticides, issues d’une base de données publique, en les comparant avec les chiffres de l’abondance de 64 espèces d’oiseaux communs.

Echantillonnage qui couvre « toute la France métropolitaine »

L’étude ne s’est pas limitée au sort des oiseaux les plus présents dans les milieux agricoles. Les chercheurs se sont également penchés sur les effets négatifs des pesticides sur d’autres espèces qui fréquentent occasionnellement ces milieux pour nicher ou se nourrir, comme les mésanges ou le rossignol. «Cette étude suggère des effets négatifs étendus de la contamination environnementale», concluent les chercheurs.

Dans leurs recherches, les scientifiques ont également fait en sorte d’«isoler l’effet des pesticides» en incluant dans leurs modèles d’autres facteurs qui peuvent aussi influer sur les populations, comme la composition des paysages (présence de haies, tailles des parcelles…) ou l’utilisation d’autres intrants, comme les engrais. «On est assez confiants sur le fait qu’on a bien un effet isolé [des pesticides] en plus de tout ce qui peut expliquer par ailleurs l’abondance des oiseaux» , s’est félicitée Anne-Christine Monnet.

Les chercheurs sont aussi confortés dans leurs conclusions par la variété de leur échantillonnage, qui « couvre toute la France métropolitaine » et donc « plein de contextes agricoles différents », s’est-elle encore réjouie.

 

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