dimanche 21 septembre 2025

« Reconnaissance de l’État de Palestine par la France : une première victoire incontestable », l’éditorial de Marion d’Allard.



C’est un acte symbolique. Mais ce n’est pas que cela. En reconnaissant, ce lundi, l’État de Palestine, Paris franchit enfin le pas. L’étape est décisive ; elle pose un jalon indispensable à la construction d’une solution à deux États et redonne à la France la voix qu’elle n’aurait jamais dû trahir : celle du respect du droit international, de la justice, de l’humanisme.

Cette 80e Assemblée générale des Nations unies demeurera une date historique. Le début de la fin d’une cécité généralisée des pays occidentaux sur les crimes de Tel-Aviv envers le peuple palestinien. Une dizaine d’autres États devraient suivre le mouvement sous la conduite de Paris et de Riyad. La pression des opinions publiques, révulsées par les crimes de Netanyahou, a fait bouger les lignes. Une première victoire incontestable.

Il ne s’agit pas d’être naïfs. Bien entendu, à elle seule et à court terme, cette reconnaissance ne changera rien à l’infini cauchemar des Gazaouis et aux drames de la colonisation. Pis, acculé et reclus dans son jusqu’au-boutisme génocidaire, le premier ministre israélien redouble de férocité contre le peuple palestinien. Adoubé par son indéfectible allié états-unien, Netanyahou a lancé une opération militaire terrestre mortifère dans la ville de Gaza, décuplé la violence de son armée en Cisjordanie occupée et à Jérusalem-est.

Reconnaître les droits d’un peuple opprimé depuis des décennies sans sanctionner ses oppresseurs confinerait à l’absurde. Paris a su poser à l’Autorité palestinienne ses conditions – impliquant, entre autres, l’éviction du Hamas d’une gouvernance refondée de l’État et son désarmement. Qu’il en soit de même avec le gouvernement israélien.

Benyamin Netanyahou sous mandat d’arrêt et ses ministres de l’extrême droite messianique doivent être traduits devant la justice internationale. Le nettoyage ethnique à Gaza et la stratégie d’annexion des territoires occupés doivent être combattus. Le droit au retour des réfugiés palestiniens doit devenir effectif. Sans quoi les mots, en dépit de leur force, demeureront des mots.

 

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