C’est un acte
symbolique. Mais ce n’est pas que cela. En reconnaissant, ce
lundi, l’État de Palestine, Paris franchit enfin le pas. L’étape est décisive ; elle pose un jalon
indispensable à la construction d’une solution à deux États et redonne à la
France la voix qu’elle n’aurait jamais dû trahir : celle du respect du
droit international, de la justice, de l’humanisme.
Cette 80e
Assemblée générale des Nations unies demeurera une date historique. Le début de la fin d’une cécité généralisée
des pays occidentaux sur les crimes de Tel-Aviv envers le peuple palestinien.
Une dizaine d’autres États devraient suivre le mouvement sous la conduite de
Paris et de Riyad. La pression des opinions publiques, révulsées par les crimes
de Netanyahou, a fait bouger les lignes. Une première victoire incontestable.
Il ne s’agit
pas d’être naïfs. Bien entendu, à elle seule et à court terme, cette
reconnaissance ne changera rien à l’infini cauchemar des Gazaouis et aux
drames de la colonisation. Pis, acculé et reclus dans son jusqu’au-boutisme
génocidaire, le premier ministre israélien redouble de férocité contre le
peuple palestinien. Adoubé par son indéfectible allié états-unien, Netanyahou a
lancé une opération militaire terrestre mortifère dans la ville de Gaza, décuplé la violence de son armée en Cisjordanie
occupée et à Jérusalem-est.
Reconnaître les
droits d’un peuple opprimé depuis des décennies sans sanctionner ses
oppresseurs confinerait à l’absurde. Paris a su poser à l’Autorité
palestinienne ses conditions – impliquant, entre autres, l’éviction du Hamas
d’une gouvernance refondée de l’État et son désarmement. Qu’il en soit de même
avec le gouvernement israélien.
Benyamin
Netanyahou sous mandat d’arrêt et ses ministres de l’extrême droite messianique
doivent être traduits devant la justice internationale. Le nettoyage ethnique à
Gaza et la stratégie d’annexion des territoires occupés
doivent être combattus. Le droit au retour des réfugiés palestiniens doit
devenir effectif. Sans quoi les mots, en dépit de leur force, demeureront des
mots.

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