L’assassinat de
Charlie Kirk et la séquence politique qui l’a suivi marquent un tournant dans
l’histoire politique des États-Unis. La mise en scène des funérailles de
l’influenceur d’extrême droite faisant de lui, selon les mots du président, un « martyr
pour la liberté américaine » et un « géant de sa
génération » vise à en faire une icône Maga. L’équivalent blanc,
raciste et suprémaciste de la figure de Martin Luther King.
Avec le meurtre de Charlie
Kirk, Trump tient son incendie du Reichstag. La propagande
faisant de ce drame la preuve d’une violence politique perpétrée par la gauche
justifie a priori toutes les mesures de répression et toutes les violences
contre la gauche américaine et les personnalités ou élus qui l’incarnent.
Lorsque Donald Trump assure dans son discours : « Je hais mes adversaires
et je ne veux pas leur bien » – jolie litote pour affirmer qu’il leur
veut du mal –, il faut le prendre au sérieux et au premier degré. Critiquer
Charlie Kirk, ne pas lui rendre hommage est devenu un crime. Des dizaines de
détracteurs du « martyr trumpiste » ont déjà perdu leur emploi pour
un simple message sur les réseaux sociaux. Le ministre de la Défense Pete
Hegseth a carrément ordonné à ses services d’identifier tout membre de l’armée
qui aurait dit du mal du défunt.
Le même
ministère exige désormais des journalistes qu’ils demandent son imprimatur
avant toute publication d’information le concernant, sous peine de perdre leur
accréditation au Pentagone. Dans la foulée, Donald Trump demande à la
Commission fédérale des communications de retirer les licences de diffusion des
médias qui s’en prennent à lui. Le président américain s’attaque également aux
juges, exige le limogeage de ceux qui ne lui conviennent pas. Fort de son
contrôle de la Cour suprême, il a obtenu qu’elle rende quasiment impossible
toute poursuite pénale contre lui. Enfin, il n’hésite pas à faire pression
militairement en envoyant la troupe dans des villes ou des États démocrates. Les États-Unis basculent
dans le fascisme. Et comme le
dit l’historien Robert Paxton – qui avait des préventions sur l’étiquette
« fasciste » accolée à Trump –, utiliser « cette étiquette
semble désormais non seulement acceptable, mais nécessaire ».

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