dimanche 4 août 2024

« Mauvais joueur », l’éditorial de Fabien Gay dans l’Humanité Magazine.



Presque un mois s’est écoulé depuis le 2d tour des élections législatives, et le président de la République s’enferme toujours dans sa tour d’ivoire. Depuis l’annonce de la dissolution et de sa « grenade dégoupillée », notre pays est dans un entre-deux, et connaît tout à la fois une intensité de la vie politique et un arrêt sur image. Le président a perdu mais il reste, encore, maître des horloges.

Entêté, il veut poursuivre comme si de rien n’était. Il joue avec la Constitution pour créer des députés-ministres démissionnaires, qui, par leur présence et leurs votes, ont fait basculer le Perchoir au profit de l’ancienne présidente de l’Assemblée nationale. Ce n’est plus une démocratie mais une machine à reculer le temps. Tout changer pour que rien ne change.

 

Culotté, le président va même jusqu’à implorer une trêve olympique et politique durant les JOP 2024. Alors que cette compétition a débuté et que les premières médailles françaises ont été décrochées, Emmanuel Macron semble vouloir se consacrer pleinement au sport. Pourtant, il n’en respecte pas les valeurs fondamentales et, tel un mauvais joueur, il oublie le fair-play et refuse la victoire de son adversaire.

 

Acculé, il a, certes, esquissé une reconnaissance timide de la défaite de son camp, lors de son interview télévisée, sans pour autant accepter la proposition du Nouveau Front populaire de nommer Lucie Castets première ministre. Dans quel sport verrait-on pareille attitude ? Le peuple, arbitre de ces élections, a tranché et a choisi son vainqueur. L’équipe du Nouveau Front populaire a gagné une majorité, certes, relative, mais elle l’a tout de même emporté. Comment accepter pour la gauche et les écologistes une défaite qui n’en est pas une ?

 

Le Nouveau Front populaire ne demande pas de médaille d’or, mais les clés de Matignon et des différents ministères pour pouvoir commencer à changer la vie des Français et des Françaises. Ces derniers ont trop souffert, au cours des sept dernières années, des politiques ultralibérales qui ont fabriqué à outrance des millionnaires et des milliardaires tout en appauvrissant nombre de nos concitoyens.

Il est temps de prendre en considération la volonté du peuple qui s’est exprimé pour le changement, pour une union de la gauche et des écologistes, refusant d’être gouverné par l’extrême droite. Au-delà de l’obsession présidentielle à s’entêter, ce que nous voyons en réalité, c’est la limite atteinte par les institutions de la Ve République. Ce gouvernement fantôme et déchu, gérant les affaires courantes et, pour certains ministres, se retrouvant à accueillir le monde entier durant les JOP, est le signe d’une inadéquation, d’une anomalie démocratique, qui prive le peuple de sa voix et de ses choix.

 

Il est temps que le président assume les conséquences, toutes les conséquences, de sa dissolution. Il n’y aura pas de trêve olympique. L’inflation, les licenciements, le réchauffement climatique ne font pas de pause. L’équipe du Nouveau Front populaire est dans les startingblocks, prête à surmonter toutes les épreuves et à franchir tous les obstacles, pour faire aboutir la victoire du peuple.

 

samedi 3 août 2024

DES MOTS !



Au fur et à mesure que le temps passe de nombreuses personnes usent de mots qui lassent. Ces mots si durs comme une armure. Ces mots qui blessent comme l’ivresse. Tant de peine face à cette haine qui envahit nos cœurs d’heure en heure. Pourquoi manquer de respect ? Pourquoi faire souffrir ? Quand on peut s’aimer, quand on peut rire. Noircir des vies, pour quelles raisons ?  Puisque celle-ci n’aura pas raison. Gâcher des vies pour quel plaisir ? Celui de voir celles-ci s’envoler et mourir ? Stoppons cette haine pour effacer ces peines qui alourdissent les cœurs, et font crier de peur puisque la vie n’est qu’un combat. Suivez celle-ci  en levant les bras, et en disant tout tendrement laissez les vivre. Puisque ce sont des humains ! Puisqu’on va mourir, peut-être demain…

 

vendredi 2 août 2024

DERNIÈRE FOIS !



Le temps vite s’enfuie et de ses pas pressés, il emporte avec lui tout ce qui a été. Il reste des souvenirs qui lentement s’estompent, des regrets passagers de la mémoire remontent. Le corps qui se fatigue, privilège de l’âge, pénible vie qui s’étire, et peu de paix pour l’âme. Prendre un peu de temps, se reposer un peu, souffler un bref instant avant que vienne l’adieu. Apprécier une dernière fois le parfum d’une rose, enfin avoir le choix de regarder les choses. Le temps file trop vite, il nous emporte avec lui. L’histoire est déjà dite, que vienne enfin la nuit.

 

« À l’hôpital, l’été de tous les dangers » l’éditorial de Caroline Constant dans l’Humanité.



Comment faire plus avec toujours moins ? En ces temps de JO, un secteur subit de plein fouet l’absence de vision politique et le manque d’investissements : l’hôpital. 1 300 lits ont été ouverts cet été en région parisienne, une clinique provisoire a même été montée au village olympique. Mais à moyens quasi constants. Les personnels des hôpitaux ont été sommés de ne prendre que quinze jours de congé, alors que leurs rythmes de travail sont maltraitants.

À Pontivy, en Vendée, à Caen, à Nice, on « régule », c’est-à-dire qu’on ferme les urgences, et que le 15 se charge d’orienter les patients. Pire encore : les personnels hospitaliers, qui ne comptent pas leurs heures et travaillent jusqu’au bout de l’épuisement, seront peu ou pas rémunérés pour leur dévouement. Budget serré oblige, la prime de 500 à 1 500 euros dont bénéficient d’autres services publics, comme la police, est attribuée aux soignants sur des critères très sélectifs.

L’été est traditionnellement la saison de tous les dangers à l’hôpital. Moins de personnels, moins de lits, des touristes en masse, des vagues de chaleur. Le tout avec une médecine de ville en lambeaux : dans les déserts médicaux, l’absence de généralistes renvoie les patients vers l’hôpital.

Dans les Ardennes, on estime à 40 % les passages aux urgences sans gravité qui auraient dû être traités par une médecine de ville qui n’existe quasiment plus. Au final, dans cette équation, tout le monde est perdant : les soignants qui s’épuisent et les patients qui doivent attendre des heures pour être pris en charge, quand c’est encore possible, dans des conditions souvent rocambolesques.

L’accès aux soins pour tous est garanti par la Constitution. De coups de boutoir en coups de rabot, il est grignoté et abîmé. Le Nouveau Front populaire avait proposé, pendant sa campagne, une conférence sociale sur l’hôpital. Car il est temps d’inverser la vapeur. Et de donner à l’hôpital les moyens, en termes humains, matériels et de rémunérations, dont toute la société a besoin.

 

« Troie » le billet de Maurice Ulrich.



On se prend aux jeux. Dans l’Iliade, l’épopée homérique de la Grèce antique, Cassandre, fille de Priam et d’Hécube, avait prédit la chute de Troie. Cassandre Beaugrand, elle, a porté dans la semaine cette bonne nouvelle. Oui, on pouvait nager dans la Seine… Et gagner le triathlon.

On se demande quel effet cela peut faire, pour une athlète jusqu’alors inconnue, au moins du grand public, de se retrouver en pleine lumière et en photo, en pleine course avec, en perspective, le dôme d’or des Invalides, d’être ovationnée par un public massé sur le parcours sans avoir eu à payer, là, un billet d’entrée.

On craignait le pire, la pagaille. Mais c’est non. Même le Figaro parle d’une « parenthèse enchantée ». Déjà, plus de 80 % des Françaises et Français devant leur télé avaient aimé la cérémonie d’ouverture sans chercher des épines dans la tête d’un Christ hypothétique. Alors on entend des anathèmes, des cris de haine. Les Jeux, parce qu’ils convoquent, pour ce qu’ils ont de meilleur, l’universalité, ne font pas l’affaire de ceux qui veulent « la guerre de Troie toujours recommencée ».

 

jeudi 1 août 2024

« Le coup d’État permanent », l’éditorial de Sébastien Crépel dans l’Humanité.



Peut-on séparer le ministre du député ? À cette question, la Constitution apporte une réponse catégorique. Non, on ne peut pas confier aux mêmes personnes tous les pouvoirs au risque de les confondre ; oui, « les fonctions de membre du gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire ». Depuis près de quatre semaines pourtant, le pouvoir exécutif s’affranchit ouvertement de l’interdit posé par l’article 23 de la Loi fondamentale et cultive le mélange des genres, au motif que les ministres, dont dix-sept ont un mandat à l’Assemblée nationale, sont réputés démissionnaires et leur périmètre réduit aux « affaires courantes ». Circulez, il n’y a rien à voir, répond Emmanuel Macron à ceux qui s’en étonnent.

Mais les faits sont têtus. Le premier ministre des « affaires courantes », le jour, peut-il présenter, la nuit, un nouveau « pacte législatif » comme président du groupe des députés de la minorité présidentielle ? La ministre de la Culture pouvait-elle endosser comme elle l’a fait la décision présidentielle de reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental au mépris du droit international ? Enfin, la décision très politique du chef de l’État de proposer de reconduire à la Commission européenne le libéral Thierry Breton dans un tel contexte interroge sur sa pratique personnelle du pouvoir, la Constitution ne prévoyant aucun domaine réservé du président.

Chacun sait que si était nommé un gouvernement du Nouveau Front populaire avec Lucie Castets à Matignon, comme la coalition le réclame après son arrivée en tête des législatives, la démocratie la plus élémentaire en cohabitation exigerait une négociation, ou au minimum une concertation sur le nom du commissaire européen. Le président de la République profite à l’évidence de la situation, avec la complicité de ses ministres des « affaires courantes » qui n’en ont que le nom. En 1964, un certain futur candidat commun de la gauche dénonçait le coup d’État permanent. Nous y sommes plus que jamais, à la différence qu’à l’époque, au moins, le coup de force s’appuyait sur le suffrage populaire.

 

« La vérité si je mens », le billet de Maurice Ulrich.



« Moi Kamala Harris, je suis une recrue de la diversité, mais je ne connais rien à la gestion du pays. » Voilà, dans un spot télévisé, une étonnante confession de la vice-présidente des États-Unis, très probable candidate à l’élection présidentielle en attendant la Convention démocrate qui devrait l’investir.

Les plus malins comprendront que c’est un faux, fabriqué par une intelligence artificielle à l’aide d’images et de mots choisis dans de précédentes déclarations. En Inde, il y a quelques semaines, le gouverneur d’un État avait utilisé une image de son père mort, ressuscité par une intelligence artificielle, pour lui apporter son soutien dans un meeting.

Aux États-Unis, les moyens énormes engagés par les candidats, l’absence de scrupules de la part des partisans de Trump autorisent toutes les manipulations. La vérité disparaît derrière le récit, la mise en scène et les effets spéciaux. Ce n’est pas en France que ça arriverait.

Quand Emmanuel Macron, par exemple, dit qu’aucune force politique ne peut prétendre au poste de premier ministre, ce n’est pas un faux. C’est juste un mensonge.

 

« Subversion », l’édito de Cédric Clérin

La démocratie israélienne n’en finit plus de dériver. La commission électorale de la Knesset, le Parlement, a décidé d’exclure des prochai...