mercredi 3 novembre 2021

Nouvelle : « Fleurs sauvages »



On aime s’allonger, disparaître dans les herbes et les fleurs au sommet de leur gloire. Quelques pâquerettes, dont le cœur jaune d’or se détache par plaques offrent leurs pétales fragiles à des comptines naïves aujourd’hui oubliées : « Je t’aime, un peu, beaucoup, point du tout. » Oui, on peut aimer passionnément, à la folie, les plus petites choses ; par exemple ces fleurs qui évoquent les étoiles du ciel, l’infiniment grand rejoignant l’infiniment petit. Les fleurs des champs sont d’une autre nature : de couleur plus violente, pour la bonne raison qu’elles ont dû lutter davantage pour naître. Quoi de plus beau que les coquelicots dans les blés ? Ce rouge vif dans la blondeur des épis trahit des blessures secrètes. Peut-être les blessures d’une vie à laquelle nous n’avons pas accès, mais qui, pourtant, ressemble à la nôtre. Les bleuets, souvent violacés, qui essaiment au milieu des épis font éclater le violet rosé de leurs fleurs avec la même violence. Ils poussent rarement dans les prés où fleurissent les coquelicots. On rêve d’une rencontre entre ces deux couleurs dans le jaune clair des épis. Van Gogh en aurait fait son bonheur. Comme, peut-être, de ces matricaires d’or, aux ligules blanches, qui poussent près des cultures, ou de ces onagres rougissantes qui éclaboussent les talus de grosses fleurs, douces comme un duvet de pigeon. Au bord des chemins, nous nous penchons volontiers sur le pourpre des chardons qui s’accrochent si bien aux vêtements et que nous jetions, enfants, dans la cour de l’école, sur les blouses auxquels ils se fixaient sans bruit. Ce sont ces fleurs que je préfère. Celles qui accompagnent fidèlement sans rien demander en retour, simplement pour rendre le monde plus beau, plus accueillant.

mardi 2 novembre 2021

Le scandale de l’opération Benfleet : « Un mur à deux mètres des terrasses et balcons » !

 


Un mur à deux mètres de leurs balcons !

J’ai pour ma part, souvent alerté sur la place prise par les promoteurs immobiliers dans l’aménagement de notre ville, qui d’une certaine manière leur a été « vendue ». Modifications multiples du Plan Local d’Urbanisme, malfaçons de toutes sortes, aucune exigence de la part des élus d’alors, pour la création d’espaces publics. Au fil du temps, nous découvrons les dégâts de cette politique du « laisser-faire ». Dernier scandale en date. Des familles ayant acheté sur plan un appartement rue de Benfleet  auprès du promoteur Cogedim vont se retrouver avec un mur à deux mètres de leurs terrasses et balcons. Tout cela à cause des travaux d’un programme de 120 logements,  engagé par le promoteur YUMAN (ex-AB GROUP, bien connu à Romainville), en bordure de la Cité des Mares. Or ce projet prévoit notamment de construire des bâtiments en bordure immédiate de ceux de Cogedim Ainsi, le mur pignon de cinq étages se trouvera à deux mètres des terrasses et des balcons situés dans les étages supérieurs. Bien évidemment les promoteurs se renvoient la balle, jurant leurs grands dieux que tout est conforme au permis de construire. Mais qui a accordé et signé ce permis de construire en 2019, si ce n’est la première magistrate ou son représentant appartenant à l’ancienne majorité ? Voilà où mène une politique d’aménagement et d’urbanisme, sans vision, sans orientation directrice, et laissant la part belle aux promoteurs, faisant la pluie et le beau temps. Je ne peux que souhaiter que des solutions puisent être trouvées, afin de ne pas laisser ces familles « emmurées » et victimes de la folie des requins de la promotion immobilière, sans qu’aucune limite ne leur soit imposée. Les habitants se sont constitués en collectif et ont décidé de saisir la justice. Je leur souhaite qu’une issue positivé puisse être trouvée.

Église catholique : « Un éditorial du « Monde »



Réunis en assemblée plénière du 2 au 8 novembre, les évêques de France doivent tirer les conséquences du rapport Sauvé. De leur capacité à admettre les ravages commis dans l’Eglise, à réparer les vies blessées et à engager de profondes réformes dépend l’avenir de la première religion de France.

Editorial du « Monde ». Pour l’Eglise catholique, c’est peu de dire que le rapport Sauvé sur les abus sexuels commis en son sein, rendu public le 5 octobre, a fait l’effet d’une déflagration. La surprise est venue moins de la mise au jour d’un scandale déjà amplement connu, grâce aux témoignages des victimes, que de son ampleur – 216 000 personnes aujourd’hui majeures auraient été agressées sexuellement par des prêtres ou des religieux depuis 1950 – et du fait que l’Eglise soit désignée comme l’institution, en dehors de la famille, où de telles agressions sont de loin les plus fréquentes.

Dans l’Eglise, les abus sexuels ont un caractère « massif » et « systémique », a assené le rapport rédigé à la demande de l’épiscopat par l’ancien vice-président du Conseil d’Etat. Les évêques français, réunis à Lourdes du 2 au 8 novembre en assemblée plénière, vont devoir décider des mesures à prendre, non seulement pour réparer les vies blessées, mais aussi pour réformer le mode de fonctionnement d’une institution où la dissimulation et la non-dénonciation de délits et de crimes sexuels ont longtemps prévalu, et dont le discours sur la sexualité masque un immense malaise.

L’heure n’est plus à l’inertie et aux atermoiements. A la colère des victimes, s’ajoute désormais celle de nombre de catholiques, dont 76 % estiment, selon un sondage, que la réaction de la hiérarchie n’a pas été à la hauteur des révélations du rapport Sauvé. Les évêques, tétanisés, ont réagi maladroitement. Le refus de l’épiscopat d’inviter à son assemblée les associations de victimes, préférant écouter des témoignages sélectionnés par lui, fait craindre un repli dans l’entre-soi.

       Mécanisme de « réparation financière »

Les évêques, après avoir eu le courage de confier à une mission indépendante le soin de dresser un constat sans complaisance, doivent en tirer toutes les conséquences. Les deux premières consistent à coopérer sans réserve avec la justice sur les affaires en cours, et à reconnaître la responsabilité de l’Eglise en tant qu’institution. Seule pareille reconnaissance permettrait de mettre en œuvre le mécanisme de « réparation financière » recommandé par le rapport Sauvé. Pour l’institution, il soulève à la fois des inquiétudes financières – qui va payer ? – et des questions théologiques – l’Eglise, assimilée au corps du Christ, peut-elle être coupable ?

Pourtant, le rôle systémique de l’Eglise, désormais établi, exige que soit reconnue, au-delà de la mise en cause individuelle des agresseurs et de ceux qui les ont protégés, la responsabilité de l’institution qui les a sélectionnés, formés, consacrés et employés et ne saurait échapper aux réalités humaines.

L’Eglise ne peut en rester là : elle doit remédier aussi à l’« excessive sacralisation de la personne du prêtre » dénoncée par le rapport Sauvé, et à la marginalisation des laïcs en général et des femmes en particulier. Certaines des évolutions souhaitables supposent une réforme du droit canon, et donc une volonté du Vatican. Mais l’Eglise de France devrait donner l’exemple en engageant, avec les laïcs, une réflexion sans tabou sur leur implication dans la prise de décisions, sur l’exclusion des femmes du sacerdoce et sur la sexualité.

Il ne faut pas s’y tromper : de la capacité des évêques à reconnaître les ravages commis pendant des décennies, à entendre la colère du public et à engager de profondes réformes, dépend l’avenir de la première religion de France. Qui continuera de croire en son message de soutien aux déshérités et aux plus fragiles si, après un tel scandale et des décennies de déni, l’Eglise ne réagissait qu’en prenant des mesures cosmétiques ?

Un dimanche d’été à l’Île de la Grande Jatte !



Sur ce tableau de Georges Seurat, on peut voir de nombreux personnages : hommes, femmes et enfants de différentes classes sociales qui se détendent au bord de l’eau, sur l’herbe et sous des arbres. Les personnages se promènent, se reposent ou jouent à l’île de la Grande Jatte. La Grande Jatte est une île de la Seine dans la banlieue à la fois résidentielle et proche de la capitale, d’où la présence de classes sociales totalement opposées. Sur ce tableau, des animaux sont aussi présents : il y a des chiens et un singe qui symbolisent, eux aussi les différentes classes sociales. L'île de la Grande Jatte était un lieu de loisir et de promenade pour les parisiens de la fin du XIX° siècle. En 1880, Asnières était une banlieue aisée. Sur l'autre rive, Levallois-Perret était une banlieue ouvrière. L'île de la Grande Jatte est un lieu de rencontre entre ces deux mondes. A la fin du XIX° siècle l'île de la Grande Jatte est un lieu de loisir où les rencontres amoureuses sont nombreuses. Cette œuvre est innovante, car elle marque l’apparition d’un nouveau courant : le pointillisme ou le divisionnisme. Mais pour commenter cette vaste peinture où, quoi de mieux que de citer le texte te Jules Christophe, consacré à Seurat, et dont le contenu fut dicté et revu par le peintre lui-même : « Sous un flamboyant soleil d’été, au plein du jour, la Seine irradiée, de pimpantes villas sur la rive opposée, de petits bateaux à vapeur, des voiles, des yoles joyeuses cheminant sur le fleuve, et, sur le chemin, près de nous, maint promeneur, maint flâneur étendu sur l’herbe ou pêchant mollement, des jeunes filles, une nourrice, une vieille grand’mère dantesque en bonnet, un canotier vautré, fumant sa pipe sans distinction, dont le pantalon clair entièrement dévoré du bas par un implacable soleil, un roquet pourpre foncé, un papillon roux, une jeune mère et sa petite fille en blanc à ceinture saumon, deux Saint-Cyriens, des jeunes filles encore dont l’une fait un bouquet, une enfant aux cheveux rouges, en robe bleue, un ménage avec une bonne portant le bébé, et, sur l’extrême droite, le couple hiératique et scandaleux, jeune élégant donnant le bras à sa gommeuse compagne tenant en laisse un singe jaune, pourpre, outremer. » L’œuvre fut honnie aux « Indépendants », où elle était exposée. Il y eut des cris, poursuit Jules Christophe, mais la Révolution victorieuse, coucha sur le champ de bataille : son succès fut immédiatement célébré dans « La Vogue », en une étude savoureuse, logique et bien renseignée de Félix Fénéon. » La description de la toile, faite par ce dernier est laconique. Écoutez plutôt : « Par un ciel caniculaire, à quatre heures, l’île, de filantes barques au flanc, mouvante d’une dominicale et fortuite population en joie de grand air, parmi des arbres ; et ces quelques quarante personnages sont investis d’un dessin hiératique et sommaire, traités rigoureusement, ou de dos, ou de profil. »

lundi 1 novembre 2021

" Quatre armes " !

 


J'ai connu dans ma vie quatre armes.

Elles ont voulu me tuer,

Sources de peurs, sources de larmes,

Pour vous je vais les présenter :

 

La première est bouleversante,

Elle est chandelier,

N'est point intelligente,

Et ne peut donc préméditer,

"Incompétence" est son nom !

 

La deuxième, si déroutante !

En forme de mine ou de lame,

Sournoise et rampante,

Elle blesse l'âme,

"Méchanceté" est son nom !

 

La troisième est préoccupante,

Elle est un pistolet,

La plaie laissée est béante,

Elle n'a jamais de pitié,

"Lâcheté" est son nom !

 

La quatrième est terrifiante,

Et ressemble à une longue épée,

Créant des figures violentes,

Elle est souvent aiguisée,

"Orgueil" est son nom !

 

J'ai connu quatre armes,

Contre elles j'ai guerroyé

Evitant bien des drames,

"Indulgence" fût mon bouclier !

 


« Toussaint » (Paul Verlaine)

Ces vrais vivants qui sont les saints

Et les vrais morts qui seront nous,

C'est notre double fête à tous,

Comme la fleur de nos desseins,


Comme le drapeau symbolique

Que l'ouvrier plante gaiement

Au faite neuf du bâtiment,

Mais, au lieu de pierre et de brique,

 

C'est de notre chair qu'il s'agit,

Et de notre âme en ce nôtre œuvre

Qui, narguant la vieille couleuvre,

A force de travaux surgit.

 

Notre âme et notre chair domptées

Par la truelle et le ciment

Du patient renoncement

Et des heures dûment comptées.

 

Mais il est des âmes encore

Il est des chairs encore comme

En chantier, qu'à tort on dénomme

Les morts, puisqu'ils vivent, trésor

 

Au repos, mais que nos prières

Seulement peuvent monnayer

Pour, l'architecte, l'employer

Aux grandes dépenses dernières.

 

Prions, entre les morts, pour maints

De la terre et du Purgatoire

Prions de façon méritoire

Ceux de là-haut qui sont les saints.

 

Paul Verlaine.

 

La Protection maternelle et infantile (PMI) fête ses 76 ans.

 


La Protection maternelle et infantile a été créée par ordonnance le 2 novembre 1945, par le ministre communiste de la santé François BILLOUX. Ce système de protection de la mère et de l'enfant, créé en France par une ordonnance du 2 novembre 1945 voulue par le ministre de la Santé François BILLOUX a joué un rôle précurseur dans la distribution de la pilule contraceptive.

La PMI est actuellement gérée par le Conseil départemental travaille en étroite collaboration entre infirmiers en puériculture, psychologues, les médecins de PMI, les sages-femmes de PMI, les assistants de service social et les éducateurs de jeunes enfants. Le département de la Seine-Saint Denis, sous l’impulsion des élu-e-s communistes est l’un des plus dotés en France, avec le Val de Marne, puisqu’il compte 117 centres de PMI. Voici un article que l’Humanité a publié le 17 mars 2015, à lire ou à relire :

« En Seine-Saint-Denis, on recense 117 centres de protection maternelle et infantile (PMI) pour 40 communes. Une implantation exceptionnelle qui place le département au premier rang des territoires, en nombre de centres, d’usagers et de consultations. 300 000 personnes sont suivies et 200 000 enfants de moins de six ans. Sous la responsabilité du président du conseil général, la PMI assure la protection des mères et des enfants. Ses professionnels aiment à rappeler, même s’ils jugent que cela se perd un peu, que ce service est « universel », ouvert à tous, gratuit et anonyme. Concrètement, la PMI propose des consultations et des actions de prévention médicales et sociales aux femmes enceintes et aux enfants de moins de six ans. Elle effectue les bilans de santé des écoliers. Elle attribue les autorisations d’exercer et organise la formation des assistantes familiales et maternelles. Elle est depuis 2005 très impliquée dans la protection de l’enfance en danger. En Seine-Saint-Denis, il n’est pas un professionnel qui n’évoque la mémoire du docteur Jacqueline de CHAMBRUN. Cette pédiatre, ancienne résistante, a donné vie à une conception révolutionnaire de la PMI liant prévention, éducation et soutien aux familles, dont celles des bidonvilles dans les années 1970. Très mobilisée en faveur de la contraception, elle a favorisé l’ouverture de consultations du Planning familial. Au médecin, à la sage-femme et à la puéricultrice du dispensaire traditionnel ont été ajoutés les éducateurs de jeunes enfants, des psychomotriciens, des psychologues, des conseillères conjugales, etc. Martine, sage-femme, exerce au cœur d’une cité. Même si le centre est à proximité, elle se rend autant que possible au domicile des femmes, plus difficilement aujourd’hui, regrette-t-elle. « Depuis les fermetures de plusieurs maternités, les femmes sont de plus en plus nombreuses à n’avoir plus que la PMI pour accompagner leur grossesse. Nous disposons de moins en moins de temps pour le suivi complémentaire qui concerne surtout celles en difficulté. » Au niveau national, le Code de la santé prévoit une sage-femme pour 1 500 femmes. Ici, on en compte une pour 750. Martine s’inquiète d’une possible dégradation. Pour le moment, la sensation la plus partagée est celle d’un effritement. Le maillage du territoire est maintenu mais les difficultés colossales à recruter des médecins aboutissent dans certains centres à la mise en sommeil des consultations. De 70 % ces dernières années, le taux de visite des enfants de la naissance à deux ans a tendance à baisser. Les bilans de santé complets dont bénéficiaient les enfants de quatre ans sont désormais réduits au visuel et à l’auditif. Les risques de réduction du nombre de centres sont suffisamment réels pour qu’une mobilisation d’ampleur des personnels se manifeste depuis plusieurs mois. Ceux de Seine-Saint-Denis sont en première ligne. À leur actif, une toute première reconnaissance du rôle de la PMI dans la loi santé mais qui n’éclaire pas fondamentalement l’avenir. Dans l’immédiat, en Seine-Saint-Denis, les nouveaux conseillers départementaux devront se prononcer sur le redécoupage des secteurs. Et le couperet pourrait s’avérer sévère. La carte de France des PMI l’atteste. Elle montre des écarts de moyens colossaux. Selon la Cour des comptes, 50 % des départements se situent sous les normes de consultations prénatales, près de 60 % sous les normes pour les consultations infantiles. Dans le Finistère, elle recense 66 temps-pleins de médecins pour 100 000 naissances, mais 980 en Seine-Saint-Denis »

 

 

« Réchauffement climatique, le pire est encore à venir », l’éditorial de Cathy Dos Santos.

Températures records, canicules à répétition, sécheresses intenses… Les dernières données de l’observatoire européen Copernicus pointent, ...