On aime
s’allonger, disparaître dans les herbes et les fleurs au sommet de leur gloire.
Quelques pâquerettes, dont le cœur jaune d’or se détache par plaques offrent
leurs pétales fragiles à des comptines naïves aujourd’hui oubliées : « Je
t’aime, un peu, beaucoup, point du tout. » Oui, on peut aimer passionnément, à
la folie, les plus petites choses ; par exemple ces fleurs qui évoquent les
étoiles du ciel, l’infiniment grand rejoignant l’infiniment petit. Les fleurs
des champs sont d’une autre nature : de couleur plus violente, pour la bonne
raison qu’elles ont dû lutter davantage pour naître. Quoi de plus beau que les
coquelicots dans les blés ? Ce rouge vif dans la blondeur des épis trahit des
blessures secrètes. Peut-être les blessures d’une vie à laquelle nous n’avons
pas accès, mais qui, pourtant, ressemble à la nôtre. Les bleuets, souvent
violacés, qui essaiment au milieu des épis font éclater le violet rosé de leurs
fleurs avec la même violence. Ils poussent rarement dans les prés où
fleurissent les coquelicots. On rêve d’une rencontre entre ces deux couleurs
dans le jaune clair des épis. Van Gogh en aurait fait son bonheur. Comme,
peut-être, de ces matricaires d’or, aux ligules blanches, qui poussent près des
cultures, ou de ces onagres rougissantes qui éclaboussent les talus de grosses
fleurs, douces comme un duvet de pigeon. Au bord des chemins, nous nous
penchons volontiers sur le pourpre des chardons qui s’accrochent si bien aux
vêtements et que nous jetions, enfants, dans la cour de l’école, sur les
blouses auxquels ils se fixaient sans bruit. Ce sont ces fleurs que je préfère.
Celles qui accompagnent fidèlement sans rien demander en retour, simplement
pour rendre le monde plus beau, plus accueillant.
mercredi 3 novembre 2021
Nouvelle : « Fleurs sauvages »
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