jeudi 17 avril 2025

« Taxation des ultra-riches : ce qu’a vraiment dit Marc Ferracci sur France Inter », le billet de Maurice Ulrich.



Le cabinet du ministre Marc Ferracci ayant lu notre billet sur ses propos, mardi, sur France Inter, nous fait remarquer que nous avons raccourci sa réponse à la question : « Le gouvernement est-il toujours contre ? » concernant la taxation à 2 % des ultra-riches. C’est bien volontiers que nous la restituons : « Oui pour les raisons que je viens d’indiquer, parce que cet impôt est excessif et il mènerait un certain nombre de personnes qui ont construit leur fortune sur »…

Le journaliste le coupe, « 2 % c’est excessif ? » « 2 % du patrimoine, c’est bien de ça dont on parle et à un moment ou à un autre vous êtes obligé de vous dessaisir d’une partie de votre patrimoine et ça, je pense que pour ceux qui ont construit un outil professionnel, qui ont investi, qui ont créé une entreprise, c’est quelque chose qui évidemment est extrêmement délétère. »

Rappelons avec la même bonne volonté que sa réponse suivante touchant aux retraités était qu’un effort étant demandé à tous, on ne pouvait pas exclure par principe une partie de la population.

 

mercredi 16 avril 2025

La réponse de l’État aux maires : « Démairedez-vous », l’éditorial de Cathy Dos Santos dans l’Humanité.



Ce n’est plus un coup de blues, mais une bonne dépression. Plus de 2 400 maires ont raccroché leur écharpe depuis les municipales de 2020, et 57 000 conseillers ont jeté l’éponge. Ce phénomène n’est pas circonscrit. Selon une enquête du Parisien-Aujourd’hui en France de novembre 2024, le malaise est profond : 91,2 % des 5 000 maires interrogés disent être « sous pression » et 44,6 % ont un jour pensé à la démission.

La démocratie locale est en souffrance parce que ses premiers acteurs le sont aussi. Nous ne parlons pas ici de la gestion des ghettos de riches de Saint-Cloud ou de Marnes-la-Coquette (Hauts-de-Seine). Mais du quotidien de l’écrasante majorité des maires qui ont le sentiment d’être les laissés-pour-compte de la République, alors que leur politique constitue l’un des seuls remparts aux coups durs subis par leurs concitoyens.

Nicolas Sarkozy a enfoncé le clou, en baissant drastiquement les dotations aux collectivités. Ses successeurs lui ont emboîté le pas. La minorité présidentielle d’Emmanuel Macron vient d’infliger un coup de rabot de 2,2 milliards d’euros au budget 2025 alors que le transfert des charges, lui, s’est considérablement accru.

Les élus se retrouvent coincés entre des comptes intenables et une explosion des demandes sociales consécutives à la crise. Ils sont devenus « les urgentistes de la République », selon l’édile PCF de Grigny (Essonne) Philippe Rio, sacré meilleur maire du monde en 2021. Comment administrer une ville sans autonomie fiscale ? C’est l’équation impossible que tentent de résoudre chaque jour nos représentants locaux qui n’ont pour seule réponse de l’État qu’un « démairedez-vous ».

Il ne faut pas s’étonner que l’Association des maires de France boycotte la conférence sur les finances publiques de François Bayrou. Alors que l’exécutif projette de tailler de 40 à 50 milliards d’euros dans le budget 2026, on craint une nouvelle cure d’austérité pour les collectivités – la Tribune évoque le montant record de 8 milliards. De quoi alimenter le ras-le-bol d’élus locaux déconsidérés et privés de marges financières avec la suppression de la taxe professionnelle décrétée par Sarkozy en 2010 et, plus récemment, celle de la taxe d’habitation par un Emmanuel Macron qui refuse de taper dans le portefeuille des grandes fortunes.

 

« Choix budgétaires : ces 20 secondes si révélatrices du ministre Marc Ferracci », le billet de Maurice Ulrich.



Excellente illustration de qui vise le gouvernement pour son budget d'austérité, avec le ministre de l’Industrie et de l’Énergie ce mardi 15 avril sur France Inter.

Marc Ferracci, ministre de l’Industrie et de l’Énergie, dont il nous fut rappelé qu’il était en 2017 l’un des inspirateurs du programme économique d’Emmanuel Macron, était invité mardi matin, à quelques heures de la prestation du premier ministre sur les « pathologies » des finances publiques, à s’exprimer sur France Inter, entre autres, sur les questions fiscales.

Question : « Sur les impôts des plus riches, l’impôt adopté par l’Assemblée et qui devrait être rejeté dans quelques semaines par le Sénat, à hauteur de 2 %, inspiré par l’économiste Gabriel Zucman, et qui pourrait rapporter de 15 à 20 milliards, le gouvernement est toujours contre ? »

Marc Ferracci : « Oui, car cet impôt est excessif et amènerait certaines personnes qui ont construit leur fortune à se dessaisir d’une partie de leur patrimoine. Ce serait délétère. »

Question : « Est-ce qu’il faut toucher aux retraités ? »

Marc Ferracci : « À partir du moment où on dit que les efforts doivent être partagés par tous, on ne peut pas exclure par principe une partie de la population. »

 

mardi 15 avril 2025

« Derrière l'état d’urgence budgétaire : l'austérité », l’éditorial de Pierre-Henri LAB dans l’Humanité.



Combien de postes en moins à l’hôpital, au risque d’allonger les temps d’attente des patients aux urgences ? Combien d’enfants en difficulté scolaire parce que leur professeur absent n’est pas remplacé, ou parce que les élèves sont trop nombreux dans leur classe ?

Combien de demandeurs d’emploi privés d’indemnités, contraints d’accepter un travail précaire et mal payé ? Combien de fins de mois toujours plus difficiles pour les travailleurs comme les retraités ? En annonçant une réduction de 40 milliards d’euros des dépenses publiques en 2026, le gouvernement s’apprête à dégrader encore la qualité des services publics et à appauvrir la population.

Pour justifier ce choix, le ministre de l’Économie Éric Lombard pointe le recul de sa prévision de croissance de 0,9 % à 0,7 % pour cette année, provoqué par la guerre commerciale de Donald Trump. Indéniablement, celle-ci risque d’entraîner une réduction des recettes fiscales, mais les politiques austéritaires ne datent pas d’aujourd’hui : elles abîment le pays depuis 1983. Le seul budget 2025 prévoit 50 milliards d’euros de coupes, auxquelles se sont ajoutés 5 milliards d’euros de gels de crédits la semaine dernière, sans que cela donne lieu à un débat au Parlement.

Pour faire avaler la pilule, le premier ministre convoque ce mardi une conférence sur les finances publiques afin, dit-il, de sensibiliser les Français « aux pathologies » du pays. En réalité, le chef de la coalition des battus aux dernières élections législatives cherche à poursuivre la politique que les Français ont massivement rejetée dans les urnes.

Il a d’ores et déjà écarté l’hypothèse d’une hausse des impôts pour les plus riches et celle d’une remise à plat des aides publiques aux entreprises. François Bayrou veut faire adopter le budget 2026 avec un minimum de débat et sans vote en recourant au 49.3. La conférence vise donc à s’assurer qu’il ne se trouvera aucune majorité pour voter la censure. Quand il parle de proclamer l’« état d’urgence budgétaire », Éric Lombard ne se trompe pas. Qui dit « état d’urgence » dit, en effet, suspension de la démocratie.

 

François Bayrou joue au « Médecin malgré lui », le billet de Maurice Ulrich.



« Serais-je devenu médecin sans m’en être aperçu ? » s’interroge Sganarelle dans le Médecin malgré lui. François Bayrou entend faire toucher du doigt aux Français les pathologies des finances publiques. Il avait le choix. Il aurait pu évoquer les addictions aux dividendes, les boulimies de rachats d’actions, les boursouflures de patrimoines…

Acte II : ensemble, Géronte, Lucas, Jacqueline, Valère, voyant Sganarelle ausculter la jeune Lucinde et conclure, après une phrase en latin de cuisine, « et voilà pourquoi votre fille est muette » : « Ah l’habile homme ! Vous voyez comme il met le doigt au bon endroit. La médecine voit et devine, du premier coup le fond de tout. »

Géronte : « Il n’y a qu’une seule chose qui me choque : c’est l’endroit du foie et du cœur. Il me semble que vous les placez autrement qu’ils ne sont. Que le cœur est du côté gauche, et le foie du côté droit. » Sganarelle : « Oui, cela était autrefois ainsi, mais nous avons changé tout cela, et nous faisons la médecine d’une méthode toute nouvelle. » Merci François Bayrou de nous rappeler Molière.

 

lundi 14 avril 2025

ESPÉRER !



Il reste des terres sauvages, des chemins clandestins sous les sombres nuages qui sillonnent nos destins, des contrées cachées sous le dôme du mystère, suspendues dans l’immensité, là où notre regard erre. Le parfum de la liberté se soulève sous le soupir du vent, il traverse nos espoirs, il soutire à nos yeux de sel quelques gouttes dérisoires, douces comme le miel, comme une pluie d’allégresse qui viendrait du temps. Il y a tant à espérer quand les heures ferment les déchirures, les joies manquées font silence après leurs longs murmures. La mémoire se drape d’oubli, dans le bain des étoiles. Nos pas cherchent la vie sur les reliefs d’une autre toile.

 

POURQUOI ?

 


Pourquoi abîmer cette terre qui devrait nous être si chère. Pourquoi faut-il que l’univers nous mette la tête à l’envers ? Pourquoi faut-il que nos questions restent toujours sans solutions ? Comprendrons-nous enfin un jour que l’humilité et l’amour, le respect et la compassion valent plus que la possession ? Mais nous sommes fils de l’instant, flocons légers, pollen volant. Juste un soupir, à peine nés, et nos beaux jours sont terminés. Et nous glissons au long du temps, au fil de l’eau, au gré des vents, comme une goutte de rosée sur une toile d’araignée.

 

« Subversion », l’édito de Cédric Clérin

La démocratie israélienne n’en finit plus de dériver. La commission électorale de la Knesset, le Parlement, a décidé d’exclure des prochai...