Bonjour
à toutes et tous !
Merci
Nathalie, pour ta force de persuasion, car sans toi ce livre n’aurait pas été
publié. Merci à Laurent, à Claudine et à Cati pour leur précieuse
collaboration. Présenter ses écrits n’est pas chose aisée. Ce livre n’est ni un
roman, ni une biographie, ce sont des notes, des témoignages, des écrits datés,
qui ont surgi au détour d’une pensée, de
mes lectures, d’un événement, au sortir de réunions, ou de mes rencontres et du
souvenir des moments qui ont marqué mon enfance, ma jeunesse. Les moments
heureux que j’ai partagés avec Monique, mon épouse, avec mes enfants et
aujourd’hui avec mes petits-enfants et arrières petits-enfants. Et bien sûr,
ceux que m’a procurés mon activité de militant et d’élu communiste. Des
instants de mon existence, en quelque sorte. De joie, de bonheur intense, mais
aussi d’angoisse et d’infinie tristesse.
Durant
toute ma vie, j’ai pris l’habitude de prendre des notes, d’écrire à partir d’une
information, de l’actualité, d’un anniversaire, triste le plus souvent. Je les
ai gardés précieusement. Et puis, après le décès de mon épouse, je les ai
ressortis pour m’occuper l’esprit. J’ai trié, corrigé, mis en forme. Mon intention
était de les remettre à mes enfants, et c’est Nathalie qui m’a convaincu que
leur publication pouvait être utile. Voilà comment est né « À l’âge où la
vie se raconte ».
Devant le 37, rue des groseilliers, à Montreuil, lors d’une promenade avec mon
épouse, j’ai laissé courir mon imagination. Je voyais mon père, en septembre
1939, serrant ma mère contre sa poitrine avant son départ au front. Il n’en
reviendra pas. Il me restera une photo jaunie et mon engagement communiste.
J’évoque l’école regrettant de l’avoir quittée trop tôt, mon entrée dans la vie
active aux laboratoires Abbott à Montreuil, que je quitte, car délocalisés
en vallée de Chevreuse. Oui déjà ! C’est alors Roussel-Uclaf, qui comptait
5000 salarié-e-s à Romainville, dont il ne reste plus rien aujourd’hui. Puis l’armée
et mes 28 mois de service militaire, en pleine guerre d’Algérie. C’est précisément
l’horreur de la guerre qui déterminera mon adhésion, en janvier 1957, à la
jeunesse communiste et au Parti communiste, il y a plus de 65 ans. Toute ma vie
je resterai fidèle à mon parti, sans jamais manquer d’exprimer mes désaccords
ou mes différences de points de vue, hier comme aujourd’hui. Bien entendu, j’ai
connu la participation des communistes à deux gouvernements, ne manquant pas d’en
faire état dans plusieurs de mes notes. J’ai aussi vécu ces décennies de
turbulence, où le PCF a réussi à éviter le piège fatal dans lequel sont tombés
d’autres partis communistes de par le monde : « le repli sectaire ou
le renoncement social-démocrate ». Un sujet loin d’être épuisé, surtout à
quelques encablures de notre 39ème congrès. J’ai pris part, avec mes
camarades communistes, à toutes ces avancées. Abandon de la dictature du
prolétariat, du centralisme démocratique, du rôle d’avant-garde de la classe
ouvrière. Reconnaissance et respect des opinions différentes. La démocratie
comme but et moyen. Car il ne peut y avoir de communisme sans démocratie, sans
que la démocratie soit au cœur de nos combats. Lorsqu’il est question de
l’avenir du PCF, je ne manque pas de rappeler une idée qui nous est chère et
plus que jamais actuelle. Le Parti communiste n’existe pas pour lui-même, ce n’est
pas une chapelle. Il n’existe que pour être au service des femmes, des hommes,
des jeunes qui dans leur grande majorité souffrent de la domination du
capitalisme et aspirent, même confusément, à une alternative au désastre social
et écologique dans lequel le capitalisme nous entraîne. Mais quelle
alternative ? Le socialisme comme étape vers un horizon lointain que
serait le communisme ou bien comme je le crois, « le communisme » à
partir d’ici et maintenant. Avec mes mots, j’exprime l’impérieuse nécessité de
conforter, d’intensifier, de réhabiliter, le débat entre communistes, un débat
franc, fraternel et apaisé, sans esprit de clan, loin des épithètes et des
qualificatifs blessants qui font florès sur les réseaux sociaux, à un moment où
la lutte des classes s’aiguise et la bataille des idées s’intensifie. J’ai, en
quelque sorte, résumé en cinq mots le sens de l’action communiste :
« Ni renoncement, ni dilution, ni repli » mais « unité et
rassemblement ». J’exprime combien il est nécessaire de promouvoir, de
porter toujours plus haut les beaux mots
de camarade, de solidarité, d’humanisme, de respect, de fraternité et de
partage, et pas seulement dans les mots. Bien évidemment j’accorde une place
particulière à la belle aventure humaine que fut pour moi mes fonctions d’élu,
à Romainville et au Conseil général, sans omettre l’Association Nationale de Élus
communistes et Républicains, dans laquelle j’ai assumé les responsabilités de secrétaire
général et de président. L’ANECR, toujours indispensable, même si les temps ont
changé. Dans mes écrits, Je fais part des richesses de notre Seine-Saint-Denis,
terre d’inventivité et de créativité, que certains souhaitaient voir
disparaître et que d’autres décrient en la montrant du doigt. Ainsi tout
commence en 1939, devant cette baraque en bois où je suis né. Ma rue, c’était
mon monde, pareille à un village. Un village ouvrier avec de modestes maisons
presque identiques, aux cloisons si fines que votre voisin faisait partie de la
famille. On se voyait, on se parlait, on existait pour l’autre. Des habitants,
des ouvriers, fiers de croire encore à un monde plus juste, où l’égalité
n’était pas un vain mot. C’est là que j’ai commencé à apprendre ce qu’était la mise en commun. Et puis je
termine dans l’épilogue par ces mots : « Captiver sa vie, c’est
l’envelopper dans un faisceau de lumière. Enfant, on se crée son chemin de vie.
Adulte, on essaie de le suivre. On trouve en soi l’élan par celui que nous
transmettent les ami-e-s que nous côtoyons, les passants sur notre route.
Croire en demain c’est toujours avoir un projet en tête, une idée à défendre.
L’essentiel dans la vie c’est de faire son chemin sans jamais, un instant, le
perdre de vue ». Merci pour votre attention.