lundi 7 février 2022

Au lendemain du 6 février 1934 et à la veille du 8 février 1962 !

 


J’aime et je hais l’écarlate. L’écarlate quand il marque le pavé. S’il me dit encore une fois Paris s’est soulevé, je ne peux m’empêcher de penser combien aujourd’hui sont tombés ? Ces taches qui au lendemain des échauffourées ornent et souillent la chaussée,  mettent des larmes dans mes yeux et du baume dans mon cœur. Car je lis sur la pierre encocardée, le présent en gouttes de sang et l’avenir en gouttes de rosée.

 

 

vendredi 4 février 2022

Au cœur de la nature gersoise

  


Six heures trente. La campagne gersoise doucement s’éveille, une brume légère enveloppe telle une grande écharpe le paysage qui s’étire à perte de vue. Les herbes, dont les extrémités sont perlées par la rosée matinale, ressemblent à une myriade de diamants. J’emprunte un sentier que longe une petite rivière, un couple de colverts au plumage chatoyant glisse amoureusement sur l’eau translucide. La lune blafarde commence à baisser sa garde en jetant un dernier regard sur ce paysage éternel, laissant alors le champ libre aux premiers pâles rayons du soleil qui perce timidement derrière une rangée de peupliers gigantesques semblant se tenir au garde à vous. Je continue ma marche silencieuse sur un étroit sentier qui serpente la colline. Au loin se font entendre les sept coups de l’angélus. Sur ma gauche, à peine apparente, recouverte de mousse, une voie de chemin de fer aux traverses de bois rongées par les intempéries, usées par le temps et abandonnées depuis de nombreuses années. Pourtant, en la regardant, dans mes oreilles résonnent le grondement sourd du train ainsi que son sifflement, c’est une image du passé qui ravive mes souvenirs car la modernité a pris le pas sur l’ancienneté. Entre de petits îlots verdoyants, des arbres dénudés conjuguent vie et mort à l’image de nos vies. Habitations en vue, des tas de bois adossés aux maisons annoncent un hiver rude, mais évoquent aussi des veillées joyeuses au coin du feu entre voisins, soirées faites de rencontres, d’échanges et de partage. Mes pas me conduisent ensuite près d’un enclos où des vaches ruminent. A l’écart en contre-bas un poulain tête sa mère. Fascinée par ce charmant tableau, je me dis que Dame Nature est bien belle. Chemin faisant ici et là, des petits monticules de feuilles desséchées, palette de couleurs variées qui vont du rouge vif en passant par le brun et l’ocre, une merveille pour les yeux. Merci à toi le vent qui n’a pas encore accompli ton œuvre. Une buse vient de faire une halte sur un câble à haute tension avant de reprendre son envol vers une mystérieuse destination. Je m’assois sur un tronc d’arbre, je respire l’air si vivifiant, je fais le plein de mes poumons. J’apprécie ce silence qui se dégage de la nature. La beauté de ce paysage m’émeut profondément, elle pénètre mon esprit si différent du quotidien de ma vie à la ville.

 

jeudi 3 février 2022

Agnès Pannier-Runacher, ministre chargée du « mépris » !

 


Il faut reconnaître à la macronie un certain talent pour faire découvrir des personnalités quelque peu inouïes. Agnès Pannier-Runacher est de celles-là : en près de quatre ans de gouvernement, la ministre chargée de l’industrie a multiplié les déclarations choquantes. La dernière en date, le 27 janvier sur LCI est peu-être la plus emblématique. L’ancienne cadre supérieure qui gagnait dans le privé 500.000 euros annuels est interrogée par une retraitée qui ne parvient pas à boucler ses fins de mois. « Je vis avec moins de 8 euros par jour ! » lui lance-t-elle, demandant à la ministre ce que le gouvernement « envisage pour les personnes comme elle ». Elle détaille : « Je n’arrive pas à me chauffer correctement. Je me prive de tous mes loisirs et mon loyer dépasse 50% de mes revenus. » La ministre ne se démonte pas et liste les deux mesures mises en place : le chèque énergie et le chèque inflation, de 250 et 100 euros. Puis, elle a une idée : et si madame, compte-tenu de ses moyens n’aurait pas intérêt,  a tout simplement changer de chauffage ? Mais bien sûr, quand on n’a pas assez d’argent pour acheter des œufs, c’est qu’il est temps d’investir dans les poules ! Des propos révélateurs de la déconnexion de la ministre. La dignité, la ministre semble plutôt en être dépourvue : au début de la pandémie, en avril 2020 elle déclarait que « c’était le moment de faire des bonnes affaires en Bourse aujourd’hui ». Et quelques jours après, alors que le premier confinement était en cours, elle ajoutait qu’il « faudra probablement travailler plus qu’on ne l’a fait avant pour rattraper ce mois perdu. » C’est elle, encore, qui prétendait en octobre 2021 que le travail à la chaîne n’était « pas une punition mais de la magie ». La punition, ce sont ces propos « magiques » de la ministre.

 


La vie ne nous a-t-elle pas appris que tout comme l’échiquier qui compte moins de fous que de pions, le monde dénombre moins d’anges que de démons. Que rien n’est donné en garantie, ni la santé, ni la jeunesse, ni la beauté, ni la flamme du cœur, ni celle de l’amitié. Que tout comme un livre qui peut se fermer à toute page, la mort peut cueillir sans s’inquiéter de l’âge et que la vigueur que l’on possède à la fleur de l’âge ne peut rester indemne sur le passage des ans. Que tous les guerriers ne peuvent être logés à la même enseigne. Il y a ceux qui défendent leur jardin pour une cause et ceux qui se battent pour y ravir ses fleurs et ses roses. Que juger une personne sur le physique et le paraître c’est comme regarder à travers les rideaux d’une fenêtre. Et que la main qui a pétri le pain pour un ennemi, peut à tout moment être mordue en guise de merci. Que derrière chaque œuvre écrite ou bâtie, il y a un grand rêveur qui a cru en lui. Et que faire confiance aveugle en quelqu’un, c’est comme se trahir soi-même le lendemain. Qu’il faut marcher en regardant devant soi pour savoir ou mettre les pieds, aux fins de ne pas tomber très bas, à ne plus pouvoir se relever. La vie ne nous a-t-elle pas appris que le mensonge même le plus calfeutré finit toujours par être découvert, qu’il sert à maquiller une vérité ou à éviter une douleur.

mercredi 2 février 2022

Autoroutes



Les tarifs autoroutiers ont augmenté le 1er février. Les sociétés gestionnaires sont pourtant pétées de thunes. Un rapport de la Cour des Comptes estimait qu’entre 2022 et la fin des contrats des concessionnaires, les 3 milliards d’euros d’investissement (du plan 2015) vont générer 17 milliards « de recettes supplémentaires ». Alors ? Il faudrait tout de même que le pékin y mette de sa poche ? Une seule solution : la nationalisation. Comme dit le programme de Fabien Roussel.

 

Gérard STREIFF

 

Le logement, parent pauvre du mandat Macron selon la Fondation Abbé Pierre



Le quinquennat d’Emmanuel Macron a été marqué par des coupes budgétaires, par la baisse de la construction et par une aide financière visant à éradiquer les passoires thermiques jugée insuffisante par l’institution d’aide aux mal-logés.

Alors qu’Emmanuel Macron avait accordé peu de place au logement lors de sa campagne à la précédente élection présidentielle en 2017, quel est son bilan en la matière? À moins de trois mois de l’élection présidentielle, la Fondation Abbé Pierre publie son 27e rapport annuel sur l’État du mal-logement en France, rendu public mercredi 2 février.

La Fondation alerte tout particulièrement sur la baisse de la construction: «Le secteur est passé sous la barre des 400.000 logements produits annuellement pour ces deux années», selon le rapport. Plutôt qu’un «choc de l’offre» appelé de ses vœux par le président de la République élu en 2017, elle enregistre une baisse du nombre de nouveaux logements. Une baisse qui concerne en premier lieu les logements sociaux: 80.000 attributions de moins dans le parc HLM ont été comptabilisées en 2020. 87.000 HLM ont été agréés en 2020, contre près de 125.000 en 2017. L’année 2021 compte environ 95.000 logements sociaux financés.

La baisse des APL, ou aides personnelles au logement, de 5 euros par mois et par ménage, «une coupe aveugle» selon le rapport, instituée au début du mandat d’Emmanuel Macron, est elle aussi pointée du doigt par la Fondation: «depuis 1984, l’effort public pour le logement n’a jamais été aussi faible: les aides au logement sont en effet passées de 1,82 % du PIB en 2017 à 1,63 % en 2020», comptabilise la Fondation Abbé Pierre.

MaPrimeRénov’ jugée insuffisante

Du côté de l’Élysée, on rétorque que «sur les APL, il ne faut pas perdre de vue que l’essentiel de la réforme, ce n’est pas les 5 euros, même si on voit bien que c’est quand même le marqueur qui remonte souvent. On ne va pas le nier. Mais le fond de la réforme des APL, c’est la prise en compte des ressources en temps réel, une évolution pour les ménages qui voient leurs ressources diminuer et qui peuvent bénéficier assez rapidement d’une augmentation des APL.» Le calcul de l’APL prend désormais en compte les ressources des douze derniers mois des allocataires et non les revenus perçus deux ans plus tôt et son montant est recalculé tous les trois mois et non plus une fois par an.

Quant à la volonté affichée par le gouvernement d’interdire progressivement toutes les passoires thermiques (les logements classés G en 2025, ceux classés F en 2028 et les E en 2034 ), elle est saluée par le rapport. Mais l’aide annoncée par le gouvernement pour éradiquer ces passoires thermiques, MaPrimeRénov’, qui a remplacé le crédit d’impôt, est jugée insuffisante pour mener à des «travaux ambitieux et donc plus coûteux. Loin du 10 % de reste à charge affiché par le gouvernement, c’est en moyenne 39 % du montant des travaux qu’il reste à payer après mobilisation de toutes les aides pour les propriétaires «très modestes» et 56 % pour les ménages «modestes», affirme la Fondation Abbé Pierre en s’appuyant sur le rapport d’évaluation du plan France Relance de France Stratégie d’octobre dernier.

Des chiffres qui étonnent l’Élysée: « On a une forte sollicitation de ces ménages éligibles très modestes et modestes, donc il ne semble pas que le reste à charge soit un frein si majeur.» L’Élysée ajoute que «Ma Prime Renov est un outil qui est beaucoup plus ciblé socialement que ceux qui existaient précédemment. Avant la création de Ma Prime Renov, on était sur un crédit d’impôt qui était plutôt utilisé par des ménages payant beaucoup d’impôts. Là, on a complètement inversé la logique puisque la grande majorité des ménages qui bénéficient de Ma Prime Renov sont des ménages très modestes et modestes.» La Fondation observe une massification des petits gestes de rénovation comme le changement d’une chaudière ou de fenêtres ou encore l’isolation des combles, au détriment d’une rénovation globale.

Un outil pour lutter contre l’habitat indigne

Face à l’habitat indigne, la Fondation Abbé Pierre propose notamment aux candidats à la présidentielle la création d’une agence nationale des travaux d’office qui permettrait «d’apporter un soutien aux collectivités et avoir un effet incitatif fort auprès des propriétaires récalcitrants.» Présentée comme un «bras armé» de l’État et des communes, elle serait un outil pour lutter contre l’habitat indigne. Les collectivités rencontrent souvent des difficultés à procéder au recouvrement auprès des propriétaires défectueux des sommes engagées par l’État. Cette agence pourrait engager le recouvrement de ces sommes avancées auprès des propriétaires défaillants.

Autre solution mise en avant par la Fondation de l’Abbé Pierre, à quelques mois de la prochaine élection présidentielle: une Garantie universelle des loyers (GUL), qui pourrait être obtenue par étapes en améliorant la garantie Visale financée par Action Logement. Visale est une assurance gratuite pour les bailleurs privés qui les protège des impayés ou des dégradations s’ils louent leur bien à des ménages en situation de précarité. L’objectif de la Fondation serait de l’élargir à tous les locataires, envisageant même, à terme, de «supprimer le droit des bailleurs à contracter une assurance privée ou d’exiger une caution parentale.» Cette garantie publique permettrait à tout le monde d’avoir un garant, selon la Fondation.

Généraliser le Logement d’abord

La Fondation Abbé Pierre propose également d’étendre l’encadrement des loyers aux 28 agglomérations tendues et de généraliser le Logement d’abord, un dispositif qui aurait fait ses preuves en Finlande, selon la Fondation, pour lutter contre le sans-abrisme. Ce dispositif lancé en septembre 2017 par Emmanuel Macron permet de passer directement de la rue à un logement pérenne et non de la rue à un hébergement d’urgence temporaire et a un bénéfice réel, reconnaît la Fondation Abbé Pierre. Elle estime à 300 000 le nombre de personnes sans domicile. L’Élysée assure d’ailleurs qu’il y a eu un effort de 40 000 attributions de plus aux ménages sans domicile pendant ce quinquennat, comparé au quinquennat précédent pour l’accès au logement social (84 000 entre 2012 et 2016 versus près de 126 000 entre 2017 et 2021). L’ensemble des propositions de la Fondation Abbé Pierre est chiffré à 10 milliards d’euros par an d’argent public supplémentaire.

 

 

 

mardi 1 février 2022

 


MERCI !

Durant ce mois de janvier, vous avez lu 5405 pages sur mon blog, soit en moyenne 174 par jour. Depuis sa création, le 11 octobre 2021, 20438 pages ont été lues. Un grand merci aux lectrices et lecteurs !

« Subversion », l’édito de Cédric Clérin

La démocratie israélienne n’en finit plus de dériver. La commission électorale de la Knesset, le Parlement, a décidé d’exclure des prochai...