samedi 4 décembre 2021

Une poignée de main et un déjeuner bien malvenus !



Après sa tournée dans le Golfe entamée hier avec une commande de 8à rafales, Emmanuel Macron a rendez-vous aujourd’hui avec Mohammed ben Salmane (MBS). Outre la répression et la violation des droits humains, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, mènent la coalition en guerre au Yémen. Accusés, qu’ils sont de crimes de guerre. La France s’était déjà illustrée, il y a 3 ans, par la vente de canons utilisés au Yémen. Mais surtout ce « MBS » est accusé, à juste titre, d’avoir commandité le monstrueux assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi en 2018. Ainsi Macron pourra se prévaloir d’avoir été le premier dirigeant occidental à rencontrer le prince héritier, qui a donc obtenu ce qu’il cherchait : une reconnaissance et une légitimation internationale. Bien sûr, Jupiter nous dit ne rien cautionner, ne rien oublier, répétant la main sur le cœur avoir toujours été clairs  sur le sujet des droits de l’homme. Par ailleurs, pour justifier cette honteuse poignée de main, le président de la République nous dit afficher comme première priorité la lutte contre le terrorisme  et le radicalisme islamiste et son financement. Il reste, comme une évidence que Riyad est soupçonné, le mot est faible, de financer certains groupes, notamment au Sahel, confirmant que la position de l’Arabie saoudite est extrêmement ambiguë par rapport au djihadisme. Comme le dénoncent les ONG : «  les ventes d’armes et le maintien de partenariats militaires douteux au nom du contre-terrorisme et au détrimnt des droits de l’homme (vont) rester comme une tache sur le bilan diplomatique d’Emmanuel Macron. »

vendredi 3 décembre 2021

Nouvelle : « SCULPTEUR D’ÂME »



Savez-vous écouter un musicien ambulant ? Savez-vous remarquer le passant qui vous offre un sourire ? Savez-vous accepter l’humain qui voue tend la main ?

Il est là et il donne sans s’apercevoir ni chercher à voir, alors que les gens prennent avec nonchalance le bonheur qu’il leur offre du bout de doigts. Il est là et il est beau quand il leur raconte ses rêves, tellement beau que personne n’écoute alors qu’il suffit d’entendre. Il est là mais ailleurs en même temps, insaisissable puisqu’il est humain et musique à la fois ; il se fond dans ce décor qui ne lui convient pas et qui le cache si bien de ceux qui y évoluent comme si ce monde était le leur, personne ne le remarque, ou personne ne daigne le voir et pourtant il met son cœur à nu sous leurs yeux.

Alors ils se sentent obligés et c’est comme s’ils lui faisaient une fleur, ils descendent de leur piédestal pour lui faire une faveur, ils ont l’impression de donner et se voient grands, alors qu’ils ne sont rien devant lui, mais il ne leur dira pas. C’est une étoile tombée du ciel qui accepte ce qu’elle a de meilleur, et aux pauvres ingrats se voient toujours supérieurs ; leur vie se décline en une multitude de gris dont ils sont fiers, fiers puisqu’ignorants des couleurs qui illustrent la sienne ; mais il est indulgent et poursuit la ritournelle.

Elle est là et elle se voit, entend et ressent, elle rêve avec lui et rejoint son monde, goûte aux couleurs de ses illusions et partage ses joies. Elle oublie sa peine et délaisse son chagrin, pendant un instant elle danse aussi et discerne le bonheur, il est si près, toujours à portée de main et elle s’aperçoit qu’ils sont bien aveugles. Elle se voit si petite et elle comprend qu’ils ne sont rien et qu’il est tout puisqu’il n’est pas seul, lui sait s’ouvrir et s’offrir quand ils ne savent même pas écouter et c’est là que se trouve toute la différence.

Elle est là et elle le voit, elle entend la musique de son âme, elle l’écoute avec le cœur et elle non plus n’est plus seule, elle ressent ses peines et ses chagrins qu’elle mêle aux siens, ils ne font plus qu’un, l’espace d’un instant, puisqu’elle a su recevoir ce qu’il a su donner. Et elle se fige au milieu de la rue, et elle sourit avec les yeux comme elle sourit avec la bouche, et elle rayonne du bonheur qu’elle a su apprécier, le bonheur que distribue un inconnu avec son violon.

Les gens passent sans s’arrêter, ils croient entendre de la musique, finalement c’est bien ça, quelques notes qui s’envolent et qui dansent, mais qui sont bien vite emportées par une foule de pensées bien plus importantes. Leur démarche est vive et régulière, ils sont musiques sans le savoir, métronomes qui martèlent le pavé de leur existence autrement importante, ils accordent quelques secondes de leur précieux temps à cet inconnu insignifiant, ils daignent lui accorder quelques secondes de leur attention. Ils sont magnanimes.

Et les plus généreux s’avancent et laissent tomber quelques ronds métalliques qui tintent quand leur chute se termine dans une boîte tout aussi métallique, une offrande à l’image du cœur de ces automates. Ils sont bien grands ces passants, ils ont fait une bonne action, ils ont à peine entendu et ils ont donné, ils sont bien bons et il leur est redevable, ce violoniste qui n’a apparemment rien de mieux à faire.

Sculpteur d’âme, sculpteur de cœur, de chagrin…toujours la même ritournelle, pourtant cette fois, ils étaient deux à voir le monde en couleur.

« Encadrement das loyers dans les villes d’Est-Ensemble



Les villes de Bagnolet, Bobigny, Bondy, Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Montreuil-sous-Bois, Noisy-le-Sec, Pantin et Romainville plafonnent les loyers des locations meublées et non meublées pour les baux signés à partir du 1er décembre.

De plus en plus de villes françaises adoptent l’encadrement des loyers. Neuf nouvelles communes de Seine-Saint-Denis, situées à l’est de Paris, appliquent ce dispositif aux loyers du parc privé depuis mercredi 1er décembre, a annoncé l’établissement public territorial Est Ensemble. L’encadrement des loyers était déjà entré en vigueur dans neuf autres communes du département il y a cinq mois.

Les villes de Bagnolet, Bobigny, Bondy, Le Pré-Saint-Gervais, Les Lilas, Montreuil-sous-Bois, Noisy-le-Sec, Pantin et Romainville plafonnent ainsi les loyers des locations meublées et non meublées pour les baux signés à partir du 1er décembre. L’objectif est de « mettre fin à une hausse trop importante des loyers sur le territoire », a déclaré Est Ensemble, territoire sur lequel vivent plus de 418 000 personnes…

 

mercredi 1 décembre 2021

Victor Hugo et le coup d’État du 2 décembre 1851. Il y a 170 ans !

 


Le 11 décembre 1851 au soir, à la gare du nord qui n’est encore qu’un « embarcadère » de chemin de fer, dit-on, un voyageur monte dans le train pour Bruxelles. De taille moyenne, le visage encadré de cheveux longs tombants, il a dans sa poche un passeport au nom de Jacques-Firmin Lanvin, ouvrier imprimeur. Ce n’est pas sa véritable identité, ni son vrai métier. Cet homme au « front monumental », aux « prunelles d’aigle », comme le décrit Théophile Gauthier, c’est Victor Hugo.

Une légende en exil

Victor Hugo a alors 50 ans et un vécu fulgurant. Académicien français depuis 10 ans, pair de France par la grâce de Louis – Philippe, il est élu maire du 8è arrondissement de Paris en 1848, puis député l’année suivante. C’est à la fois un écrivain à succès et une personnalité politique en vue. Auteur inspiré, empli de lyrisme épique mais aussi de compassion, il émeut le cœur du public tant avec ses poèmes, Odes et ballades, Les Feuilles d’automne, qu’avec ses romans, Le dernier jour d’un condamné – Livre de combat contre la peine capitale.  Ou encore Notre Dame de Paris qui montre en Quasimodo le monstre poignant, la coexistence du sublime et du grotesque, la beauté qui se cache sous la laideur. En cette fin de l’année 1851, Victor Hugo est un homme qui compte et qu’on écoute. De Républicain, il bascule à gauche. Son discours fleuve contre la misère et l’égoïsme des nantis, prononcé à l’Assemblée le 9 juillet 1849, scandalise la majorité de ses collègues. Les conservateurs des partis de l’Ordre. Cette prise de position provoque dès lors un retentissement considérable. Victor Hugo au soir du 2 décembre 1851 signe un appel virulent à la résistance armée : « charger son fusil et se tenir prêt ». Commence alors le temps de la répression. Plusieurs amis d’Hugo, Paul Meurice, Auguste Vacquerie ainsi que ses fils Charles et François-Victor, déploient une activité intense destinée à résister au coup d’Etat. Victor Hugo accuse Louis-Napoléon de haute trahison, il est recherché par la police. Victor Hugo choisit l’exil.

Dans le train qui le mène en Belgique, il emporte dans ses bagages ses fulgurances de visionnaire, ses grands projets pleins d’humanité. Et les livres qui lui restent à écrire : La Légende des siècles ou les Misérables. Il emporte aussi l’amertume du vaincu et une haine monumentale envers « l’usurpateur » qui s’est emparé du pouvoir. Rien ne l’apaisera. Dès son arrivée à Bruxelles, il jette sur le papier son pamphlet « Napoléon-le-Petit ». Il faut alors réunir la famille, prendre les dispositions nécessaires, et fuir avant la parution en août 1852. La famille Hugo décide de se séparer de son mobilier parisien. Pour abriter son exil, Hugo choisit alors l’île de Jersey, terre francophone et libérale. « Celle île solitaire que la libre Angleterre couvre de son vieux pavillon ». L’exil est vécu comme une injustice, un deuil traversé de crises de découragement. Dans sa maison de Marine Terrace, à la Grève-d’Azette, il se livre au spiritisme et, surtout entame une intense production littéraire. Puis il publie « Les Châtiments », pamphlet vengeur contre Napoléon III. Les exemplaires sont alors expédiés en France attachés à des ballons ! D’emblée Hugo projette d’assortir ses œuvres de portraits afin d’entretenir sa légende, alors que son existence bascule dans l’Histoire. Il décide de se lancer dans la photographie et fait installer un atelier dans sa maison  de Jersey.

Hugo père met en scène les photographies, choisit les sites et les poses. Son œil averti compose, à la manière d’un peintre, des vues qui apparaissent comme les illustrations de ses vers composées dans la même veine. Ainsi dans le portrait de Victor Hugo  sur la grève d’Azette photographié en 1852. Hugo tient d’abord à se rappeler au souvenir des français en tant que résistant, fidèle défenseurs des idéaux républicains de 1848 et rejetant toute compromission. L’assurance de la pose, la stabilité de la composition dont il apparaît comme le pivot, renvoient à la conclusion d’« Ultima Verba ». « Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ! »

L’exil de la Liberté

Puis Hugo trempe à nouveau sa plume dans l’encre de la liberté. Il signe une lettre où il critique la visite de la reine Victoria à Paris. Il est alors expulsé de Jersey et gagne l’île de Guernesey le 31 octobre 1855. Madame Hugo, sa fille Adèle, Charles et le fidèle Auguste Vacquerie le rejoignent. Le poète se félicite : « On y parle français et l’on y vit très bien à bon marché ». Alors il achève Les Contemplations. Cette œuvre lyrique qui paraît simultanément en avril 1856, à Bruxelles et à Paris est qualifiée par Hugo lui-même de « poésie pure ». La vente des Contemplations permet enfin à Victor Hugo d’acquérir une maison.

Hauteville House est à elle seule une œuvre. Une œuvre littéraire, un roman, une nouvelle. Un autoportrait de Victor Hugo. Une autobiographie. Adèle, très réservée, y voit une façon de s’ancrer dans l’exil. Hugo concentre toute son énergie à l’aménagement de cette demeure. La famille y emménage le 5 novembre 1856. La maison est remplie d’ouvriers. Hauteville house devient une création hugolienne, « un véritable autographe à trois étages » dira Charles.

Le 18 août 1859, dans une courte déclaration, Victor Hugo refuse publiquement l’amnistie de tous les condamnés politiques. « Fidèle à l’engagement que j’ai pris vis à vis de ma conscience, je partagerai jusqu’au bout l’exil de la Liberté. Quand La Liberté rentrera, je rentrerai ». Commence alors l’exil volontaire.  Le 5 septembre 1870, suite à la défaite de sedan et la capitulation de Napoléon III, la république est proclamée. Victor Hugo, accompagné de Juliette, de Charles et de sa famille, rentre en France après 19 années d’exil.

 

Les candidats « des Républicains » courent derrière Zemmour !

 


2 heures et 41 minutes. C’est le temps passé par les candidats à l’investiture Les Républicains à parler d’immigration et d’identité, lors des quatre débats télévisés organisés depuis un mois. Soit 161 minutes, sur les 722 qu’a duré l’ensemble des débats, ce qui correspond à 22 % du temps de parole. En clair, les candidats ont consacré près d’un quart de leur temps de parole à l’immigration et l’identité, multipliant les formules chocs et les propositions radicales. Le thème de la sécurité n’est pas en reste. Avec 2 heures et 17 minutes, le sujet a concentré 19 % du temps de parole. Réunis, ces deux thèmes ont ainsi monopolisé 41 % du temps de parole des candidats à l’investiture sur les quatre derniers débats, soit un peu moins de la moitié. Face à cette focalisation sur l’immigration et l’identité, un regard dans le rétro vaut le détour. Ainsi, lors du premier débat de la primaire Les Républicains de 2016. Il y avait été question d’immigration pendant seulement… 12 minutes. Cette année, ce même thème a été abordé en moyenne pendant 40 minutes lors de chaque débat. Une obsession migratoire dont l’explication est à chercher dans  l’ombre que fait planer le scandaleux candidat qu’est Éric Zemmour 

 

 

 

Agir contre l’inégalité vaccinale mondiale



Si la trajectoire du nouveau variant montre, une nouvelle fois, que le virus ignore les frontières, son apparition rappelle une évidence qui reste négligée, malgré son importance. La lutte contre le Covid-19 et ses avatars ne peut relever du seul cadre national. Cette menace globale nécessite une réponse qui le soit tout autant, pour éviter incertitude, désorganisation et anxiété planétaires. Plusieurs obstacles se dressent contre l’objectif d’une vaccination mondiale. Alors que les stocks existent dans les pays développés, où les campagnes de rappel sont déjà bien engagées, la rareté continue d’être la règle dans les plus pauvres. Seulement 3 % de la population y dispose d’un schéma vaccinal complet, contre plus de 60 % dans le premier groupe. L’objectif de 40 % de personnes vaccinées dans le monde à la fin de ce mois de décembre, fixé en septembre par l’OMS, est ambitieux, mais il reste insuffisant. Alors que la Chine a promis un milliard de doses pour le continent africain, lundi, les pays développés, ont pris des engagements de dons de vaccins qu’ils ne parviennent pas à remplir, notamment de la part des plus gros contributeurs que sont les Etats-Unis et l’Union européenne. L’approvisionnement n’est d’ailleurs pas le seul problème. L’objectif d’une vaccination mondiale suppose de relever d’énormes défis logistiques. Il faut aussi relever celui de la confiance dans le vaccin et dans les autorités des pays concernés. Laisser des centaines de millions de femmes et d’hommes hors de portée de vaccination n’est pourtant pas une option. La nouvelle bataille de non-prolifération qui s’est engagée contre le virus ne pourra pas être gagnée tant que cette vaccination mondiale n’aura pas progressé de manière significative, en asséchant les réservoirs potentiels d’infection. Il y va de l’intérêt de tous.

 

COROT : « Le Pont de NARNI »

 


C’est avant tout par ses œuvres de jeunesse QUE Corot s’est montré un annonciateur de l’impressionnisme. Les monuments qu’il a peints en Italie et sa Cathédrale de Chartres sont d’un peintre de la pierre dont la luminosité a chez lui une blondeur de miel. Sa vie est sans histoire. Son père était persuadé que Camille avait fait fausse route. « Vous croyez qu’il a du talent ? » demandait-il, sceptique, à ceux qu’il rencontrait. C’est que Corot ne vendait pas sa peinture. Il était plus que cinquantenaire quand il eut son premier amateur.

Dans « Le Pont de NARNI du Louvre, il a une luminosité et une apparence qui annoncent Cézanne. Corot était la bonté même. Avant de mourir, il dit au prêtre venu l’administrer : « Monsieur le curé, dans votre paradis, j’espère qu’on y fera encore de la peinture ! » jamais dans ses meilleurs moments Corot ne s’imagine regardé. Rien en lui ne demande à être admiré ou même reconnu. Quoiqu’il soit presque toujours devant le modèle, il ne se perd pas à le décrire. Son œuvre a des fraîcheurs de feuillage, en avril, des gestes d’une élégance enfantine, la tendresse douce d’une main posée sur un front ; elle naît de ce jour lumineux, de cet être vivant, de l’atmosphère que, par une prédisposition particulière, il sait aviver ou assombrir. Ce n’est plus le temps ni l’espace, mais les deux à la fois, réconciliés dans la suprême et blonde mélodie où vient baigner notre regard. Tout vibre alors d’une égale importance : l’eau, l’air, la terre et les feux du soleil.

Ainsi compris, comment nous étonner que Corot ait été le peintre de la pierre ? Quels éléments autres que l’enceinte du vieux Colisée, les moellons entassés à quelque distance de la cathédrale de Chartres, la terre jaunie des carrières et le sol même de la route pouvaient répondre mieux par leur compacte et lourde densité à ces grands pans flottants des transparences aériennes ? À tant de légèreté le peintre oppose la pesanteur anguleuse de la roche où lumières et ombres glissent, amenant alternativement avec elles un peu de l’orange intensité du jour, un peu du mauve enveloppement de la nuit.

« Subversion », l’édito de Cédric Clérin

La démocratie israélienne n’en finit plus de dériver. La commission électorale de la Knesset, le Parlement, a décidé d’exclure des prochai...