Le gouvernement a peur et il a raison. Les lycéens sont dans la rue, désormais rejoints par les étudiants et peut-être bientôt par d’autres franges de la société. Parce que la colère est partout. Ce que vivent les jeunes en formation, c’est le délabrement organisé du service public, cible des gouvernements successifs depuis des décennies.
Les quinquennats
macronistes qui s’achèvent auront été exemplaires du point de vue de la destruction sociale. Les huit ministres de l’Éducation nationale nommés
par Emmanuel Macron ont méthodiquement poursuivi la même politique :
fragiliser la pédagogie, dégrader les conditions d’études et de travail,
décourager les vocations et favoriser, de fait, le transfert du public vers le
privé.
C’est le bilan
de cette politique qu’ils sont aujourd’hui en train de payer au prix fort.
L’addition risque d’être plus salée encore si tous ceux qui ont à souffrir de cette
politique de destruction publique massive s’en mêlent. L’hôpital est à bout. La justice est exsangue.
Chaque jour, de
plus en plus de Français découvrent, pour eux-mêmes ou leurs proches, ce que
signifie concrètement l’affaiblissement des services publics. Dans les
tribunaux, les affaires
s’accumulent, des victimes attendent, tandis que la société tolère de moins en moins que des agressions restent
sans réponse.
Plus
généralement, la puissance publique est si faible qu’elle est réduite à
supplier les pétroliers de ne pas trop augmenter leurs prix dans la crise
actuelle, ou les géants de l’agrobusiness et la grande distribution de ne pas
trop se gaver pour limiter l’inflation.
La faillite
libérale n’est plus une abstraction. Elle s’invite dans le quotidien de chaque
citoyen, qui aurait mille raisons de rejoindre les jeunes dans la rue. Le
gouvernement le plus illégitime de la Ve République le sait. C’est pour ça
qu’il fait feu de tout bois répressif pour empêcher la colère de se propager.

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