vendredi 18 septembre 2026

« Envie de renverser la table », l’éditorial de Maurice Ulrich.



Emmanuel Macron a invité les chefs de partis ou leurs candidats à la présidentielle à une rencontre pour discuter de la situation internationale, ses conséquences pour les Français… On a l’impression d’un numéro usé face à une crise sociale qui monte. Un simulacre de concertation entre toutes les forces politiques censées partager les mêmes responsabilités.

Le locataire de l’Élysée feint d’oublier qu’il y est depuis neuf ans et que, la situation internationale étant, c’est d’abord sa politique qui est en cause. À titre d’exemple, ce titre des Échos en début de semaine, relevé ici même : « La France championne d’Europe du versement des dividendes » et deuxième place mondiale derrière les États-Unis. On dit bravo pour le podium ?

Coup sur coup, dans le Monde et dans le Figaro, deux enquêtes différentes pointent ce que France Inter ce jeudi matin évoquait comme « une forte envie de renverser la table ». Selon l’enquête du Monde, 71 % des Françaises et des Français souhaitent « un vrai changement social et politique » et leurs attentes portent à 54 % sur les questions économiques, à 53 % sur les questions sociales, à 30 % sur l’environnement, à 29 % sur les questions identitaires, dont l’immigration.

Les mêmes enquêtes situent toujours les intentions de vote pour Marine Le Pen à plus d’un tiers de l’électorat. À l’évidence, elle continue à apparaître comme la candidate qui pourrait renverser la table malgré le flou de son programme, qu’il s’agisse des retraites, des salaires, de la taxation des plus fortunés, des déjeuners avec le Medef, etc. Quand c’est flou, il y a un loup. En fait, son programme tient en deux mots, « préférence nationale », comme instrument de division des classes les plus populaires.

Face à cela, rien n’est joué. À la Fête de l’Humanité, quoi qu’en disent les amateurs de passions tristes, les formations de gauche se sont côtoyées, des centaines de débats ont mis à jour des analyses, ont tracé de perspectives… C’est ce travail qu’elles doivent poursuivre avec toutes leurs forces, dans tout le pays, encourageant partout les luttes sociales, en traçant le chemin pour toutes et tous, des vrais changements attendus.

 

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