L’automne de la vie, est une autre saison, on
le compte en printemps, loin de la fanaison. L’automne de la vie,
pourrait être l’été, comme fruits au soleil, trouvant maturité. L’automne de la
vie, est hiver pour certains, il fait froid dans le dos, plus souvent le
matin. Quatre saisons en une, toutes si différentes. L’automne de la
vie, à ceci s’apparente, dévoilant les années, défilant une à une, dans
l’esprit, ressassées, sur chemin d’infortune, mais quelquefois aussi, en
moments de bonheur, à garder en mémoire, pour calmer les
douleurs. L’automne de la vie, quand l’âme est poétique, autre
connotation et autre symbolique, revêt tout simplement, car en toute saison,
les fruits de son jardin et aussi sa moisson, sont transformés en rimes, qui
n’auront jamais d’âge, l’automne de la vie, est alors le plus sage.
jeudi 28 août 2025
AUTOMNE DE LA VIE.
« Un recul inédit » : la Fondation des femmes alerte sur la baisse des subventions allouées aux associations féministes.
Faute de moyens
financiers suffisants, de nombreuses associations féministes partout en France
sont contraintes de limiter l’accueil et l’accompagnement de femmes en danger
ou vulnérables, alors que le nombre de violences conjugales et sexuelles
signalées a explosé ces dernières années.
« Les coupes
budgétaires tuent », dénonce Laura Slimani, cheffe du pôle projet à la Fondation des femmes. La structure de collecte de dons en faveur de
l’égalité et contre les violences
faites aux femmes a, mercredi
27 août, lancé l’alerte. Dans son enquête menée au cours de l’été 2025
auprès de 148 associations, 71 % d’entre elles déclarent à la Fondation que
« leur santé financière est dégradée ». Une situation due,
selon 52 % de ces structures, à une baisse ou à un non-renouvellement des
subventions. « Nous vivons un recul inédit des subventions accordées
aux associations féministes », dénonce Laura Slimani.
Des conséquences bien concrètes
La baisse des
subventions contraint les associations à limiter le nombre de
femmes accueillies et accompagnées ou les services d’écoute et d’accompagnement
proposés, laissant un nombre dramatique de
femmes en danger face à des portes fermées, faute de moyens pour les aider.
Au sein même
des associations, les coupes budgétaires produisent également une violence
institutionnelle envers les travailleuses et travailleurs sociaux en proie à
des suppressions de poste, des retards de salaires et des conditions de travail
dégradées. « Derrière ces chiffres ce sont des professionnels en
burnout, en arrêt maladie, signale Mine Günbay, directrice du numéro 39 19, tous les jours des directrices de centres nous
appellent en disant qu’elles ne peuvent plus ».
La directrice
générale des Centres d’information sur les droits des femmes et des familles,
(CIDFF), Clémence Pajot, illustre cette situation par divers exemples à travers
tout l’hexagone : « Nous estimons à une cinquantaine de
licenciements ou suppressions de postes à l’échelle de notre réseau pour éviter
la cessation de paiements. Le CIDFF de la Vienne a appris au mois de juin qu’il
ne toucherait plus de subvention du ministère de la Justice cette année. Dans
l’Ardèche, 13 salariés ont été licenciés ces derniers mois. En Bretagne, 15
emplois ont été supprimés. Et par conséquent, une permanence aussi. »
« Nous
passons du temps à nous préoccuper et chercher des solutions administratives et
financières, plus qu’à répondre à nos missions », déplore dans
l’enquête Aurore Penin, directrice du CIDFF des Deux-Sèvres. Mission confiée
par ailleurs par l’État.
Un budget stable mais morcelé
Selon
l’enquête, l’origine de ces coupes budgétaires provient à 38 % des
conseils départementaux, à 31 % des communes, 26 % du ministère des
droits des femmes, « pourtant censé être le chef de file de la lutte
contre les violences », pointe la Fondation, et à 25 % des
conseils régionaux et intercommunalités.
Comment
expliquer cette baisse, notamment de la part du ministère des droits des
femmes, pour qui le budget est resté
stable en 2025 ? La Fondation émet l’hypothèse que sur les 5 dernières
années, devant l’augmentation des besoins d’accompagnement des femmes victimes
de violence, l’État a multiplié les projets et nouvelles structures. « C’est
du saupoudrage », résume Laura Slimani, « cela se traduit par
une augmentation à tel endroit et une réduction à tel autre ».
De même, en
2023, l’État annonçait doter le programme 137 de lutte pour l’égalité hommes
femme d’un budget de 85 millions d’euros en 2025. Mais consacré
intégralement à « l’augmentation du financement de l’aide d’urgence aux
victimes de violences conjugales, mais pas pour les associations », signale Laura Slimani.
Il ne faut pas
non plus ignorer les choix politiques, comme celui fait par le conseil
départemental de la Drôme, en votant la fermeture de sept centres
de santé sexuelle gérés par le
département et une baisse de 20 % de sa subvention au Planning Familial.
Dans un
contexte de protubérance des discours
réactionnaires et masculinistes, « nous avons toutes les raisons d’être inquiètes sur la capacité
à poursuivre cette lutte », déplore la Fondation des femmes. Cette
dernière entend également concentrer sa rentrée sur la coalition qu’elle forme,
avec d’autres associations, pour une loi intégrale contre les violences
sexuelles.
« Les assistés », l’éditorial de Rosa Moussaoui.
L’État
providence n’est pas mort ! Seuls ses principaux bénéficiaires ont
changé : les grandes entreprises,
les riches, les actionnaires du CAC 40. Travailleurs, chômeurs, étudiants, petits paysans et retraités sont mis
au régime sec, tandis que de ruineuses politiques publiques protègent
l’opulence des grandes fortunes.
Depuis 2019, le
patrimoine des milliardaires français a augmenté de plus de 24 milliards d’euros au
total, soit 13 millions d’euros par jour. Problème, les aides publiques et
les privilèges fiscaux qui garantissent le dispendieux train de vie de cette
nomenklatura capitaliste coûtent un pognon de dingue. Voilà qui creuse les
déficits bien plus sûrement que les arrêts maladie, les jours fériés ou les
maigres allocations versées aux personnes privées d’emploi.
Le travail de
la commission sénatoriale sur les aides publiques aux entreprises a, pour la
première fois, établi un chiffrage sérieux, étayé, consolidé :
211 milliards d’euros versés en 2023, au travers d’un maquis de 2 252
dispositifs. C’est la politique publique la plus coûteuse. Elle draine près de
40 % du budget de l’État, soit trois fois plus que l’effort consacré à
l’éducation nationale. Et dans leur grande majorité, ces aides ne sont pas
conditionnées.
Résultat, elles
ne bénéficient ni à l’investissement, ni à l’emploi, ni à la croissance. Plus
de dépenses, moins de recettes : les exonérations de cotisations sociales
et autres allègements fiscaux bénéficiant aux entreprises creusent la dette et
fragilisent le financement de la protection sociale.
Il faudrait
évoquer encore l’évasion fiscale, qui grève chaque année les finances publiques de 80
à 100 milliards d’euros, selon un rapport parlementaire publié en 2024, ou
encore les mécanismes d’évitement fiscal, qui représentent un manque à gagner
de près de 40 milliards d’euros par an.
Dans un
plaidoyer aux accents thatchéristes, Patrick Martin, le patron du Medef, certifie dans les Échos « qu’il n’y a
pas de proposition alternative crédible à celle du gouvernement actuel »,
dont le plan d’austérité prévoit de faire les poches des plus modestes et
d’achever la démolition des services publics. Sa classe sociale, elle, ne
consentira aucun effort, prévient-il : ce serait contraire aux « intérêts
du pays ». C’est bien là que se logent le dogmatisme,
l’irresponsabilité, la politique du pire.
mercredi 27 août 2025
« La confiance d’abord, la discussion ensuite »… comment François Bayrou tente d’escroquer l’Assemblée Nationale et les Français (Aurélien Soucheyre)
Le premier
ministre a encore fait du chantage à la dette, mercredi soir lors du
20 heures de TF1, en plus d’assurer que le vote de confiance qu’il a
convoqué et qui va le faire tomber n’est en réalité à ses yeux pas vraiment un
vote de confiance… Un détournement démocratique qui en dit long sur le
personnage.
C’est un
François Bayrou hésitant et laborieux qui s’est présenté mercredi soir sur le
plateau du 20 heures de TF1. Le premier ministre, qui a convoqué un vote
de confiance le 8 septembre à l’Assemblée nationale, n’avait visiblement
pas prévu que la gauche et l’extrême droite prévoient de voter contre, ce qui
entraînera la chute du gouvernement. « Je répète que confiance n’est
pas le bon mot », a-t-il tenté d’expliquer, assurant que « le
vote qui va être émis sera sur le constat de la gravité de la dette ».
Or dans toute
l’histoire de la Ve République, les députés, suite à un discours de
politique générale, n’ont jamais accordé la confiance à un gouvernement pour
valider un constat, mais bel et bien pour approuver une orientation politique.
Et c’est bien pour cela que les députés d’opposition ont annoncé qu’ils
voteraient contre la confiance à François Bayrou, qui prévoit une cure d’austérité de
44 milliards d’euros pour le budget 2026.
Le premier
ministre semblait persuadé d’avoir trouvé une solution miracle en proposant un
vote sur cette question : « Oui ou non est-ce que cette situation
mérite qu’on y réponde ? Oui ou non est-ce que c’est grave ? »
Mais les députés ont très bien compris qu’un vote de confiance valait soutien
au gouvernement et à la politique qu’il mènera, quand bien même François Bayrou
assure étrangement qu’une fois la confiance votée, il sera possible de
discuter. Une parole donnée qui n’a aucune valeur, après ses mensonges sur le conclave des retraites et lors de l’affaire Bétharram.
Une forme de suicide politique involontaire ?
Le premier
ministre a donc peut-être signé le premier suicide politique par inadvertance
de l’histoire. « Il reste douze jours, c’est très long pour parler.
(…). Les partis vont se dire » bon on a peut-être parlé un peu vite, on
est peut-être allé un peu loin « », a-t-il voulu croire, espérant
convaincre députés PS et RN de le sauver. Mais comment, puisque le premier
ministre affirme qu’il n’y a « pas d’autre méthode » que la
sienne pour réduire la dette, avec une cure de 44 milliards ? « Nous
n’avons pas ouvert de négociation car d’abord il faut s’entendre sur le
constat. Je suis prêt à négocier sur tout sauf sur un sujet, celui de l’effort
à faire », a-t-il asséné.
L’entretien,
lunaire, a montré un François Bayrou provoquant sa propre perte et incapable de
comprendre qu’il doit au plus vite changer de stratégie. Le chef du
gouvernement, refusant de mesurer les conséquences de la crise politique
ouverte avec une possible dissolution à venir, s’est ensuite livré à un
chantage au chaos. « Ce sera dans les livres d’histoire, le pays est
écrasé sous la dette, ça lui enlève chaque année une part essentielle de ce qui
est produit, et on va voter contre (ce constat) ? », a-t-il
lancé, avant d’affirmer que « si on crée le chaos, qui vont être les
victimes ? Les plus jeunes des Français, à qui on a fait croire qu’il
fallait encore augmenter la dette ! » Une dette qui a explosé
avec la politique macroniste de cadeaux aux plus fortunés.
S’enfermant
dans son mensonge et sa tentative d’instrumentalisation en exagérant la gravité
de la dette, en plus d’affirmer que lui seul détient la solution pour redresser
la situation, le premier ministre a fini par lancer qu’il « met en jeu
l’existence du gouvernement parce que les choses sont trop graves ».
Il n’avait
visiblement pas prévenu ses ministres de ce coup de poker. Aucun d’entre eux
n’a été consulté, selon l’AFP. Selon les enquêtes d’opinion réalisées depuis,
81 % des Français veulent d’un nouveau premier ministre en cas de vote
contre la confiance, 69 % veulent une dissolution de l’Assemblée, et
67 % la démission d’Emmanuel Macron.
« Suppressions de postes, coupes dans la santé et l’assurance-chômage : quand le Medef célèbre la casse sociale du budget Bayrou »
Saluant le
« bon diagnostic » du premier ministre sur les déficits publics comme
son projet d’austérité budgétaire, le patron des patrons a ouvert ce mercredi
les universités de rentrée de son organisation en signifiant qu’il n’y avait
pas d’alternative à la saignée des dépenses publiques.
« Bravo Bayrou », s’était exclamé Patrick Martin, le 15 juillet, saluant le projet de
budget 2026 super-austéritaire présenté par le premier ministre. Un mois et
demi plus tard, changement de ton de la part du patron des patrons, qui a
ouvert, ce mercredi 27 août, la rencontre des entrepreneurs de France
(REF).
À ces
universités de rentrée du Medef, il n’est plus question de sabrer le champagne
pour célébrer l’hôte de Matignon, énième chien de garde de la politique de
l’offre « pro-business ».
L’heure est à
creuser les tranchées pour, à défaut de sauver le soldat Bayrou qui vient de
lier son sort à un vote de confiance le
8 septembre prochain – et qui devait à nouveau s’exprimer,
mercredi soir, durant le JT de TF1 –, au moins préserver le cortège de
largesses que l’État réserve aux entreprises depuis l’avènement du macronisme.
Patrick Martin rejoue la vieille rengaine de
l’austérité
Lors de son
discours inaugural d’un événement à l’intitulé surdramatisé (« Jeu décisif,
l’heure des choix ») qui se tient sur le cours central de Roland-Garros,
privatisé pour l’occasion, le président du Medef a promis tous les malheurs du
monde à ceux qui reviendraient sur le tour de vis de 44 milliards d’euros
imposé aux dépenses publiques en 2026.
« Ceux qui croient pouvoir jouer avec l’économie nous font prendre un
risque énorme », adresse-t-il notamment aux partis de gauche qui
soutiennent qu’une autre politique budgétaire est possible. Au contraire, il
salue le « bon diagnostic » posé par François Bayrou sur la
rigoureuse saignée à infliger aux finances publiques, et appelle donc « les
décideurs politiques (à) dépasser leurs rivalités », même s’il se dit
déjà « consterné par les premières réactions » après l’annonce
du vote de confiance.
Des réactions
décrites comme « des passions stériles destructrices », « qui
surajoutent aux inquiétudes et nous éloignent de l’acte offensif indispensable
au rétablissement de notre pays ».
Le Medef applaudit la casse sociale et le saccage des
services publics
Le « projet
d’avenir mobilisateur et crédible » que Patrick Martin prône au milieu
de ses troupes passe donc par la reprise in extenso du projet gouvernemental,
qui préconise pêle-mêle la suppression de 3 000 postes de fonctionnaires
et le non-remplacement d’un agent public sur trois ; quatre milliards
d’euros d’économies en année pleine réalisées sur le dos des privés d’emploi
avec une énième réforme de l’assurance-chômage ; cinq milliards de coupes
dans les dépenses de santé ; la non-revalorisation des pensions des
retraités comme des allocations sociales… Seules l’augmentation des jours de
carence en cas d’arrêt maladie et la suppression de deux jours fériés semblent
poser problème. Car les employeurs seraient alors mis à contribution.
Un non-sens,
car « alourdir notre barque pour le compte de je ne sais quelle justice
serait pure folie ». Le décontracté président du Medef fait bien
comprendre que les « agents économiques » (autre nom pour
patrons) ne comptent rien lâcher pour contribuer au redressement des comptes
publics.
« Un retour de l’ISF (l’impôt de solidarité sur la fortune – NDLR)
serait ravageur pour l’économie. On ne peut pas taper sur les entreprises et
espérer qu’elles se projettent dans plus de production. N’en déplaise à M.
Zucman », l’économiste
à l’initiative d’une proposition de loi écologiste pour taxer les plus riches,
qui rapporterait près de 15 milliards d’euros à Bercy.
Sinon, ce
serait la fuite massive des capitalistes français de l’autre côté des Alpes,
selon le patronat. L’Italie est devenue la troisième destination préférée des
ultrariches, dixit un cabinet spécialiste de l’optimisation fiscale. Mais la
dolce vita n’y est pas assurée, car le fisc transalpin veille quand même au
grain. Et les premiers travaux de ce même
Gabriel Zucman ont bien démontré que la thèse de la fuite des riches
dans les années 2000 était fumeuse.
Austérité pour les citoyens, générosité pour le
patronat
Patrick Martin
lâche ses coups pour dégonfler une autre « baudruche »
présente dans le débat public. Celle des aides publiques aux entreprises.
Rabâchant que les entreprises françaises sont les plus taxées des pays riches
de l’OCDE, il récite son antienne : c’est « une compensation
partielle de la surcharge qui nous disqualifie dans la compétition
mondiale ».
Le grand
patronat se fait d’autant plus vindicatif sur le sujet qu’il est en position de
faiblesse vis-à-vis de l’opinion publique depuis la publication mi-juillet du
rapport de la commission d’enquête sénatoriale sur l’utilisation des aides
publiques aux grandes entreprises.
Pour la
première fois, un chiffrage consolidé a été dévoilé par son rapporteur, le
sénateur communiste (et directeur de l’Humanité) Fabien Gay. Et le
montant de toutes ces aides a frappé les esprits. 211 milliards d’euros :
soit le premier budget public, bien supérieur aux 66 milliards
d’euros d’intérêts dus au titre de la dette publique pour 2025 (la fameuse
« charge de la dette »).
Mais ni les
dénégations du fidèle serviteur François Bayrou lors de sa conférence de presse
du lundi 25 août (ce rapport revient à « additionner les carottes et
les sèche-cheveux », a-t-il ironisé en réponse à une question de l’Humanité),
ni le contre-feu publié par France Stratégie deux jours plus tard, n’ont permis
de mettre en cause la validité de ces 211 milliards d’euros. Si bien que
la somme colle aux basques du Medef comme le sparadrap du capitaine Haddock.
Pis : si
l’on suivait tout le décompte entrepris par France Stratégie – les
111,9 milliards d’euros d’aides publiques versées par l’État, les
allégements de cotisations sociales, les taxes reversées et dépenses fiscales
déclassées, les aides européennes ou des collectivités locales et autres dispositifs
divers –, il faudrait alors parler de 274 milliards d’euros d’argent
public versés aux entreprises. Soit la facture de la politique de l’offre en
2023.
Des promesses sans garanties pour les aides publiques
aux entreprises
Criant à « la
manipulation de la réalité » sur le sujet, Patrick Martin est
cependant contraint de lâcher : « Oui à améliorer les 2 200
dispositifs » d’aides aux entreprises. On est encore loin des mesures
d’évaluation et de contrôle que recommande le rapport de la commission
sénatoriale.
Comme
l’interdiction d’octroi d’une aide à une entreprise condamnée pour infraction
grave, ou l’obligation de remboursement faite à une société qui procéderait à
une délocalisation. Le débat sur le thème : « Libérer ou
réguler », prévu à la REF ce jeudi midi, avec la participation du
rapporteur Fabien Gay, s’annonce savoureux.
Ballotté par un
agenda politique incertain, le Medef, qui revendique 240 000 adhérents,
accueillera sans doute chaleureusement François Bayrou.
L’organisation patronale aura ensuite une vue un peu plus claire de l’avenir du
premier ministre et de son budget avec le débat des chefs de partis en clôture
de sa REF.
Josep Borell, ex-chef de la diplomatie européenne : « Nous accordons une sorte de chèque en blanc à Israël ».
Pour l’ancien
chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, les Vingt-Sept ont perdu leur
crédibilité du fait de leur silence face au processus génocidaire en cours au
Proche-Orient. Il déplore une Union désormais plus technique que politique. Selon Josep Borrell, ancien chef de
la diplomatie européenne, l’attentisme européen face aux violations du droit
international à Gaza interroge la crédibilité de l’Union européenne et sa
capacité réelle à peser sur les événements face aux États-Unis et la Russie.
Achevé en décembre dernier, le mandat de haut-représentant en charge de la
politique étrangère et de la sécurité de l’Union européenne de Josep Borrell a
été marqué par des prises de position courageuses en faveur de la paix et d’une
solution à deux États au Proche-Orient.
Sa liberté retrouvée, le socialiste espagnol tente de dessiner une
autre Europe. Un bloc géopolitique qui ne se contenterait pas du suivisme
atlantiste, et capable d’être à la hauteur des valeurs qu’elle brandit face à l’horreur qui se joue à Gaza.
Vous n’êtes
plus soumis au devoir de réserve que vous imposait votre poste de
haut-représentant en charge de la politique étrangère et de sécurité, qu’est-ce
qui vous pousse à prendre la parole ?
Depuis que j’ai
quitté mon poste, je n’ai cessé d’écrire et de parler. Je dis simplement ce que
je pense avec plus de liberté. Les bouleversements du monde ne laissent pas
vraiment le choix. Lorsque vous êtes engagé, les raisons de s’exprimer ne
manquent pas.
Quand vous êtes
haut-représentant, vous représentez non pas vos propres opinions mais le point
de vue de l’ensemble des Vingt-Sept. Aujourd’hui, je ne représente que
moi-même. Les événements, qui tournent au tragique, exigent de la fermeté, qu’il s’agisse de Gaza ou
de la relation très préoccupante entre l’Europe et les États-Unis.
La soumission
des Européens au président Trump est totale. Prenons les dernières
décisions : l’augmentation des budgets de la
défense à hauteur de 5 %, le diktat sur les droits de douane,
la façon dont les dirigeants se sont précipités à Washington pour accompagner
le président ukrainien Volodymyr Zelensky… L’Europe adopte une attitude de
vassal au nom du moindre mal. Malheureusement, en politique, les images
comptent et elles sont désolantes.
Vous évoquez à
cet égard une forme de soumission…
La seule chose
que dit Bruxelles vis-à-vis de Gaza, c’est qu’Israël doit se conformer au droit
international. Et s’il ne le fait pas ? C’est ce que j’appelle
la soumission. Face à la poursuite des crimes de guerre, si vous ne réagissez
pas, tout en ayant les moyens, vous êtes un beau parleur.
En ce moment, qui
peut encore dire que ce qu’il se passe à Gaza n’exige pas des mesures
punitives ? Qui peut encore dire que c’est la faute du Hamas ? Face à
n’importe quel pays qui agirait ainsi, et qui serait lié à l’Europe par un
accord d’association aussi important que celui qui nous lie à Israël, nous
prendrions des mesures.
Qu’est-ce qui
bloque ?
Pour prendre
des mesures économiques et commerciales contre Israël, il faut que la
Commission le propose. Pour ce faire, la présidente doit inscrire le sujet à
l’ordre du jour du Collège des commissaires. Rien n’est discuté si la
présidente n’y consent pas.
C’est elle qui
détient la clé. La Commission n’est pas la seule responsable. Le Conseil
européen, c’est-à-dire les chefs d’États et de gouvernements, est doté d’un
président à qui les traités accordent la représentation de l’Union pour les
politiques extérieure et de défense.
C’est lui qui
représente l’Union dans ce domaine, pas la présidente de la Commission. Dans
ces conditions, comment voulez-vous que le monde nous respecte ?
L’Union
européenne se gargarise du respect du droit international qui fait partie de
son ADN, mais sera-t-elle prise au sérieux la prochaine fois qu’elle
interrogera le respect des droits humains dans n’importe quel pays ?
Vous avez
dénoncé la « complicité » des institutions face au génocide à
Gaza. Comment expliquez-vous que l’Europe, dont les fondations reposent sur la
primauté du droit sur la force, observe un tel silence ?
La seule
manière d’expliquer ce silence est qu’il s’agit d’Israël. Si un autre pays
imposait une telle barbarie, l’Europe s’empresserait d’agir. Nous accordons une
sorte de chèque en blanc à Israël. Il faut sans cesse condamner les attaques du
Hamas, le 7 octobre 2023, au risque que l’on vienne vous reprocher le
contraire.
Bien sûr que
nous les condamnons. C’est une évidence, mais une horreur ne peut venir
justifier une autre horreur bien plus lourde. Immédiatement après les attaques du 7 Octobre,
la présidente de la Commission s’est précipitée en Israël sans représenter
personne d’autre qu’elle-même.
Elle a assuré
que l’Europe se situait de manière inconditionnelle aux côtés d’Israël, sans
mentionner aucune limite. L’Union a ensuite expliqué qu’Israël avait le droit
de se défendre tout en respectant le droit humanitaire. Cela pourrait être
comique si l’affaire n’était pas aussi grave. La seule question à se poser
est : Israël respecte-t-il, oui ou non, le droit humanitaire ? Si la
réponse est le silence, elle équivaut à la complicité.
Doit-on
remettre en cause la règle de l’unanimité qui prévaut en matière de politique
étrangère et de défense ?
Cette règle est
inscrite dans les traités. Si vous souhaitez la remettre en cause, il faut
changer les traités. Et pour ce faire, l’unanimité est nécessaire. En revanche,
la suspension des volets économiques et commerciaux de l’accord d’association
ne requiert pas l’unanimité mais la majorité qualifiée.
Peut-être que
nous n’arriverions pas à l’obtenir, mais pour le savoir, encore faut-il mettre
le sujet à l’ordre du jour. Entre octobre et novembre dernier, j’ai présenté au
Conseil européen un rapport rédigé par le délégué spécial pour les droits
humains sur la situation à Gaza afin de discuter du rapport politique que nous
entretenions avec Israël.
C’est la seule
chose que le haut-représentant peut faire dans son champ de compétences. Le
Conseil a rejeté ma proposition mais, au moins, il y a eu un débat.
Aujourd’hui, ma successeure présente, avec toutes les précautions, la palette
de possibilités qui s’offrent à l’UE. Or, les États-membres connaissent les
mécanismes.
Ce n’est pas en
annulant la participation d’Israël aux programmes de recherche commun qu’il se
sentira contraint. La principale chose que l’Europe peut faire, c’est de
prendre des sanctions économiques et d’arrêter de livrer des armes à Israël.
C’est ce qu’a fait l’Allemagne qui figure parmi les plus grands fournisseurs.
D’un côté, l’Europe livre des bombes à Israël et de l’autre des pansements pour
les blessés palestiniens. C’est ainsi que le monde nous voit.
Quels risques
court, selon vous, l’Europe à ne pas agir face aux violations patentes du droit
international par le gouvernement de Benyamin Netanyahou ?
Ce n’est plus
un risque, c’est une réalité. Lorsque l’on discute avec les dirigeants hors des
États-Unis et de l’Europe, la perte de crédibilité est totale. Pour eux, il est
évident que la vie d’un Ukrainien vaut beaucoup plus pour nous que celle d’un
Palestinien. Voire, que la vie d’un Palestinien ne vaut rien.
Les pays arabes
n’ont pas fait beaucoup plus mais Israël entretient ses principaux rapports
commerciaux et économiques avec nous, pas avec le monde arabe. Pour le reste du
monde, l’Europe applique un double standard. Elle exhorte au respect des droits
humains mais elle n’a pas réagi quand, immédiatement après les attaques
terroristes du Hamas, le ministre israélien de la Défense a signifié que son
pays allait couper l’eau, les médicaments et les vivres à Gaza.
Le droit de se
défendre n’autorise pas le viol du droit international. On ne peut affamer une population assiégée
au prétexte de libérer les otages. Détruire 80 % d’un territoire de
2 millions d’habitants, tuer 65 000 personnes et affamer des
centaines de milliers d’autres relève du crime de guerre.
L’UE semble
aujourd’hui en marge des négociations sur l’avenir de l’Ukraine. Quel regard
portez-vous sur la stratégie européenne à cet égard ?
À l’impossible
nul n’est tenu. Si le deal conclu avec Donald Trump sur les droits de douane
est le meilleur possible, alors il faut s’en féliciter. L’Europe donne
toutefois l’impression de s’être couchée au prétexte d’éviter une guerre
commerciale.
La conviction
profonde de la présidente de la Commission était que l’Europe devait s’engager
à acheter des armes, du gaz et à réaliser des investissements aux États-Unis
pour compenser son excédent commercial. Beaucoup de pays ont accepté ce deal
par peur, non pas d’une guerre commerciale, mais que Donald Trump ne se désengage du
terrain ukrainien.
Selon mes
informations, la question des conditions de l’arrêt de la guerre n’a même pas
été évoquée à Washington. En termes de volume financier, l’Union fournit une
aide militaire supérieure à Washington.
En plus de leur
aide matérielle, les États-Unis apportent quant à eux un soutien en termes
d’intelligence et de surveillance satellitaire. Autant de domaines dans
lesquels les Européens pourraient difficilement remplacer les Américains si
Washington venait à se désengager.
Lors de votre
audition devant le parlement en 2019, vous expliquiez que « l’Union
européenne doit apprendre à parler le langage de la puissance ». Ce
tournant a-t-il eu lieu ?
Non, au
contraire. Les Européens parlent moins que jamais le langage de la puissance.
L’Union fait face à des interlocuteurs qui manifestement ne l’aiment pas.
Ursula von der Leyen a rencontré à maintes reprises le président
Biden à la Maison-Blanche. Elle était traitée comme un allié qui comptait.
Ce n’est plus
le cas aujourd’hui. Donald Trump méprise les faibles et nous avons,
malheureusement, beaucoup de faiblesses sur les plans militaire et politique.
L’Europe ne se
muera en puissance géopolitique que lorsqu’elle aura les moyens de prendre des
risques ou de s’opposer. C’est infaisable tant que quelques-uns se penseront
comme les sous-marins de la Russie et les autres des États-Unis.
D’où vient
cette faiblesse ?
L’Europe a
longtemps discuté des détails sans travailler les racines profondes de son
union. Elle a produit des directives, des règlements, des virgules techniques…
Cela fait d’elle une simple association d’États. Or, pour qu’une union prenne
véritablement corps, elle doit être politique.
Il faut
travailler sur la manière dont les citoyens vivent cet espace pour créer un
sentiment d’appartenance supranational. Cela n’a pas été le cas. L’Europe se
caractérise par la devise « Unis dans la diversité ». Je pense qu’on
a fait beaucoup plus pour la diversité que pour l’union.
BRÛLER LE TEMPS QUI PASSE !
Je ne
me fais pas à la fin de l'été. Les charmes de l'arrière-saison, la splendeur de
l'automne, la douceur des pulls et le retour des feux de cheminée, c'est
inutile de m'en parler. Sans doute, parce qu’arrivé à l’hiver de ma vie. Chaque
année, au printemps, je guette la première explosion des feuilles. Enfin du
vert, du vivant ! Les arbres sont faits pour avoir des feuilles. Je ne connais
rien de plus sinistre que la chute des feuilles, en automne, qui annoncent ces
longs mois d'arbres noirs, d'arbres mots en hiver. Ce qui me fait tenir, c'est
cette certitude qu'à partir du 21 décembre, les jours rallongent. Quelques
secondes, puis quelques minutes, oui, c'est bien sûr, on va vers l'été. J'aime
mai et juin quand les feuilles sont encore tendres, fraîches, luisantes. J'aime
ce qu'elles annoncent, les longues journées d'été, l'explosion des couleurs, le
soleil qui joue dans l'herbe, qui fait rêver la terre. C'est à cause des
grandes vacances, de l'enfance, le nez dans l'herbe, pour des semaines et des
semaines d'éternité. Les arbres qui chantent au-dessus de la tête. Le temps qui
prend son temps. On peut se laisser aller, on peut croire au bonheur. On peut
serrer la terre dans ses bras. C'est l'été. Les grandes vacances. Je me disais,
enfant, qu'on devrait interdire la fin de l'été. Je n'ai pas changé d'avis.
Cette impatience est vaine. Bien sûr. Surtout, elle est cruelle : vouloir
accélérer le temps, c'est comme brûler le temps qui reste. Et, il m’en reste
peu. Pourtant, peu importe, J'ai hâte d'être demain, après-demain. Mais le
temps, alors, aura passé. Ce temps, que je ne regagnerai jamais. Il faudrait
accepter l'automne et l'hiver, les arbres morts, les nuits trop longues, parce
que c'est le temps de la vie, c'est du temps pour vivre. Mais j'ai cette
impatience, toujours. Et ce regret d'avoir accéléré le temps. Et l'été passe
tellement vite....
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