L’État
providence n’est pas mort ! Seuls ses principaux bénéficiaires ont
changé : les grandes entreprises,
les riches, les actionnaires du CAC 40. Travailleurs, chômeurs, étudiants, petits paysans et retraités sont mis
au régime sec, tandis que de ruineuses politiques publiques protègent
l’opulence des grandes fortunes.
Depuis 2019, le
patrimoine des milliardaires français a augmenté de plus de 24 milliards d’euros au
total, soit 13 millions d’euros par jour. Problème, les aides publiques et
les privilèges fiscaux qui garantissent le dispendieux train de vie de cette
nomenklatura capitaliste coûtent un pognon de dingue. Voilà qui creuse les
déficits bien plus sûrement que les arrêts maladie, les jours fériés ou les
maigres allocations versées aux personnes privées d’emploi.
Le travail de
la commission sénatoriale sur les aides publiques aux entreprises a, pour la
première fois, établi un chiffrage sérieux, étayé, consolidé :
211 milliards d’euros versés en 2023, au travers d’un maquis de 2 252
dispositifs. C’est la politique publique la plus coûteuse. Elle draine près de
40 % du budget de l’État, soit trois fois plus que l’effort consacré à
l’éducation nationale. Et dans leur grande majorité, ces aides ne sont pas
conditionnées.
Résultat, elles
ne bénéficient ni à l’investissement, ni à l’emploi, ni à la croissance. Plus
de dépenses, moins de recettes : les exonérations de cotisations sociales
et autres allègements fiscaux bénéficiant aux entreprises creusent la dette et
fragilisent le financement de la protection sociale.
Il faudrait
évoquer encore l’évasion fiscale, qui grève chaque année les finances publiques de 80
à 100 milliards d’euros, selon un rapport parlementaire publié en 2024, ou
encore les mécanismes d’évitement fiscal, qui représentent un manque à gagner
de près de 40 milliards d’euros par an.
Dans un
plaidoyer aux accents thatchéristes, Patrick Martin, le patron du Medef, certifie dans les Échos « qu’il n’y a
pas de proposition alternative crédible à celle du gouvernement actuel »,
dont le plan d’austérité prévoit de faire les poches des plus modestes et
d’achever la démolition des services publics. Sa classe sociale, elle, ne
consentira aucun effort, prévient-il : ce serait contraire aux « intérêts
du pays ». C’est bien là que se logent le dogmatisme,
l’irresponsabilité, la politique du pire.

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