Difficile d’y
échapper. Un livre, une tournée
médiatique, et voilà l’éternelle petite musique : du « Et si c’était lui ? ». François
Hollande se rêve en recours. Les Français pensent plutôt « Au
secours ». L’ex-président, le seul à n’avoir pu se représenter,
promettait en 2012 de taxer la finance, de baisser l’âge de la retraite à
60 ans et disposait alors de tous les leviers pour
transformer le pays : l’Élysée, Matignon, l’Assemblée, même le Sénat.
Jamais sous
la Ve République la gauche n’avait eu autant de pouvoir.
Qu’en a-t-il fait ? Une loi Travail imposée au 49.3, un état
d’urgence permanent, une déchéance de nationalité
digne de la droite la plus dure, et un impôt sur la fortune méthodiquement raboté. Le quinquennat
Hollande, en tuant tout espoir de changement, a creusé le fossé entre
la gauche et une partie des classes populaires. Beaucoup se sont détournés des
urnes. D’autres ont cru pouvoir trouver refuge dans le vote
Rassemblement national.
Dix ans plus
tard, François Hollande
revient pourtant sans mea-culpa. Dans son nouveau programme, il refuse une hausse significative du
Smic, s’oppose à la taxe Zucman, défend une baisse des cotisations financée
notamment par une hausse de la TVA, repousse l’âge légal de départ à la
retraite à 63 ans et ouvre la porte à davantage de capitalisation. De quoi
faire dire à un autre éternel revenant, François Bayrou, que leurs
programmes respectifs sont « plus compatibles qu’avant ».
L’ex-président pense que 2027
se jouera au centre et aimerait dissoudre la gauche dans un
« rassemblement » sans boussole, en renvoyant dos à dos
Mélenchon et Le Pen comme s’ils étaient de même nature. C’est la
rhétorique mortifère du prétendu « bloc central »,
celle-là même qui a nourri la crise démocratique et
la désespérance politique. François Hollande ne revient pas pour
sauver la gauche, mais bien pour l’achever.
Au-delà du
casting, Glucksmann ou lui, c’est le logiciel social libéral qui n’a plus sa
place. Face au dérèglement climatique, à l’explosion des inégalités, au
retour de la guerre, à la crise des services publics et à la progression de
l’extrême droite, quelle réponse le social-libéralisme apporte-t-il ? La
social-démocratie version Hollande n’a plus de projet pour le pays, juste une
carrière à prolonger.

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