mercredi 2 septembre 2026

« Présidentielle 2027 : François Hollande, le retour de trop », l’éditorial de Maud Vergnol.



Difficile d’y échapper. Un livre, une tournée médiatique, et voilà l’éternelle petite musique : du « Et si c’était lui ? ». François Hollande se rêve en recours. Les Français pensent plutôt « Au secours ». L’ex-président, le seul à n’avoir pu se représenter, promettait en 2012 de taxer la finance, de baisser l’âge de la retraite à 60 ans et disposait alors de tous les leviers pour transformer le pays : l’Élysée, Matignon, l’Assemblée, même le Sénat.

Jamais sous la Ve République la gauche n’avait eu autant de pouvoir. Qu’en a-t-il fait ? Une loi Travail imposée au 49.3, un état d’urgence permanent, une déchéance de nationalité digne de la droite la plus dure, et un impôt sur la fortune méthodiquement raboté. Le quinquennat Hollande, en tuant tout espoir de changement, a creusé le fossé entre la gauche et une partie des classes populaires. Beaucoup se sont détournés des urnes. D’autres ont cru pouvoir trouver refuge dans le vote Rassemblement national.

Dix ans plus tard, François Hollande revient pourtant sans mea-culpa. Dans son nouveau programme, il refuse une hausse significative du Smic, s’oppose à la taxe Zucman, défend une baisse des cotisations financée notamment par une hausse de la TVA, repousse l’âge légal de départ à la retraite à 63 ans et ouvre la porte à davantage de capitalisation. De quoi faire dire à un autre éternel revenant, François Bayrou, que leurs programmes respectifs sont « plus compatibles qu’avant ».

L’ex-président pense que 2027 se jouera au centre et aimerait dissoudre la gauche dans un « rassemblement » sans boussole, en renvoyant dos à dos Mélenchon et Le Pen comme s’ils étaient de même nature. C’est la rhétorique mortifère du prétendu « bloc central », celle-là même qui a nourri la crise démocratique et la désespérance politique. François Hollande ne revient pas pour sauver la gauche, mais bien pour l’achever.

Au-delà du casting, Glucksmann ou lui, c’est le logiciel social libéral qui n’a plus sa place. Face au dérèglement climatique, à l’explosion des inégalités, au retour de la guerre, à la crise des services publics et à la progression de l’extrême droite, quelle réponse le social-libéralisme apporte-t-il ? La social-démocratie version Hollande n’a plus de projet pour le pays, juste une carrière à prolonger.

 

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