À regarder dans
le rétroviseur, il restera de cet été 2026 le goût amer des cendres, les nuits
interminables de canicule, les images terrifiantes d’un torrent de boue qui
engloutit tout. Le climat n’est pas une actualité parmi d’autres, de celles
qui, opportunément, viendraient combler le vide d’une césure estivale.
De la même
façon, les catastrophes en chaîne, leur cortège de victimes, de déplacés, d’écosystèmes
ravagés n’ont rien de « naturelles ». Elles sont la conséquence
concrète d’un réchauffement climatique global induit par les activités
humaines. Elles sont la somme de tous les renoncements politiques,
l’aboutissement mortifère de l’inaction.
Aussi vrai que
l’emballement du mercure n’épargne personne, il concerne tout le monde. En
premier lieu les décideurs, chefs d’État et de grandes entreprises
ultrapolluantes. Les premiers se paient de mots à chaque COP climat, les
seconds ripolinent leurs discours, verdissent leurs ambitions, mais rechignent
à l’action. Une catégorie dans laquelle ArcelorMittal joue dans la cour des
grands.
Mastodonte de
la production d’acier – un secteur qui pèse pour près d’un quart des émissions
de l’industrie –, le géant luxembourgeois, premier producteur en Europe, s’est
engagé, de longue date, à électrifier ses hauts fourneaux, entre autres
dunkerquois, avec, à l’appui, des centaines de milliers d’euros de financement
public. Mais rien ne vient. Sauf les licenciements. Au plan de 630 suppressions
de postes en cours en France, s’ajoutent les perspectives d’une saignée de
5 600 emplois en Europe – dont plus de 1 600 en France – à horizon
2027.
Assis sur un
chiffre d’affaires de plus de 60 milliards de dollars en 2025, le sidérurgiste
aurait dû investir dans la décarbonation de ses installations, contraint par
des politiques publiques ambitieuses et des aides versées sous conditions. Il a
opté pour la casse sociale et les délocalisations sans que ni Paris ni
Bruxelles n’y trouvent à redire. Les salariés en paieront l’addition. Le climat
aussi. De quoi donner raison aux partisans de la nationalisation de ce fleuron.

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