Injures
sexistes dégradantes, menaces de mort, de viol, sur vous et vos proches. Voilà à quoi sont exposés des journalistes de notre rédaction, comme nombre de
nos confrères, et surtout de nos consœurs, partout dans le monde. Car les
femmes sont les premières cibles, et selon l’Unesco, 45 % d’entre elles
s’autocensurent sur les réseaux sociaux par peur des représailles. C’est
exactement le but recherché : nous pousser au silence.
Que l’Humanité
et les journalistes qui l’incarnent soient la cible privilégiée de
l’extrême droite n’est
malheureusement pas une nouveauté. Mais ces dernières semaines, ce
cyberharcèlement a pris une nouvelle ampleur. Des militants d’autres sphères
ont uni leurs voix aux réseaux masculinistes et autres « haters »
de la fachosphère pour viser une de nos journalistes de confession juive, au
nom du combat contre le génocide à Gaza, dans un vocabulaire qu’on espérait
relégué aux années 1930.
Sa vie privée a
été disséquée, livrée en pâture à l’ogre des réseaux sociaux. De telles
attaques ignobles n’ont rien à voir avec la juste lutte pour les droits du
peuple palestinien, dont notre journal est le porte-voix. Ce cyberharcèlement
emprunte le même chemin que le gouvernement Netanyahou qu’il prétend dénoncer,
en essentialisant une journaliste et l’accusant de complicité avec le
« suprémacisme juif », du seul fait de ses liens familiaux.
Il s’inscrit
dans une atmosphère générale suffocante. Nous ne devons pas nous y habituer,
jamais, et considérer désormais comme une banalité de finir sa journée de
travail avec des menaces de mort, des commentaires comme « sale
youpine » ou « on va violer ta fille ». Derrière leur
écran, les lâches de l’anonymat se sentent tout-puissants, persuadés d’être
intouchables. Ils se trompent.
Nous engagerons
des poursuites pour chaque cas de cyberharcèlement subi par nos journalistes. En France, des auteurs de menaces contre des femmes
journalistes ont déjà été condamnés. D’autres le seront. L’anonymat n’offre pas
d’immunité. Ce que ces lâches visent à travers nous, c’est le droit à une
information libre. Ils veulent nous faire taire. Ils n’y parviendront pas

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