mardi 29 septembre 2026

Les journalistes de « l'Humanité » ne se tairont pas, l’éditorial de Maud vergnol.



Injures sexistes dégradantes, menaces de mort, de viol, sur vous et vos proches. Voilà à quoi sont exposés des journalistes de notre rédaction, comme nombre de nos confrères, et surtout de nos consœurs, partout dans le monde. Car les femmes sont les premières cibles, et selon l’Unesco, 45 % d’entre elles s’autocensurent sur les réseaux sociaux par peur des représailles. C’est exactement le but recherché : nous pousser au silence.

Que l’Humanité et les journalistes qui l’incarnent soient la cible privilégiée de l’extrême droite n’est malheureusement pas une nouveauté. Mais ces dernières semaines, ce cyberharcèlement a pris une nouvelle ampleur. Des militants d’autres sphères ont uni leurs voix aux réseaux masculinistes et autres « haters » de la fachosphère pour viser une de nos journalistes de confession juive, au nom du combat contre le génocide à Gaza, dans un vocabulaire qu’on espérait relégué aux années 1930.

Sa vie privée a été disséquée, livrée en pâture à l’ogre des réseaux sociaux. De telles attaques ignobles n’ont rien à voir avec la juste lutte pour les droits du peuple palestinien, dont notre journal est le porte-voix. Ce cyberharcèlement emprunte le même chemin que le gouvernement Netanyahou qu’il prétend dénoncer, en essentialisant une journaliste et l’accusant de complicité avec le « suprémacisme juif », du seul fait de ses liens familiaux.

Il s’inscrit dans une atmosphère générale suffocante. Nous ne devons pas nous y habituer, jamais, et considérer désormais comme une banalité de finir sa journée de travail avec des menaces de mort, des commentaires comme « sale youpine » ou « on va violer ta fille ». Derrière leur écran, les lâches de l’anonymat se sentent tout-puissants, persuadés d’être intouchables. Ils se trompent.

Nous engagerons des poursuites pour chaque cas de cyberharcèlement subi par nos journalistes. En France, des auteurs de menaces contre des femmes journalistes ont déjà été condamnés. D’autres le seront. L’anonymat n’offre pas d’immunité. Ce que ces lâches visent à travers nous, c’est le droit à une information libre. Ils veulent nous faire taire. Ils n’y parviendront pas

 

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