L’horreur
antisémite et la nausée qu’elle provoque n’y changeront rien. Elles
choquent et elles révoltent, mais elles ne nous étonnent pas de la part
d’un cadre du Rassemblement national, fût-il le premier d’entre tous.
Les propos rapportés de l’actuel
président du RN à l’âge de son adhésion au Front national ne
surprendront que ceux qui ont cru, ou ont fait semblant de croire, à
la conversion miraculeuse du parti antisémite, xénophobe, fondé par
d’anciens collaborateurs de l’Allemagne nazie, en formation démocratique,
attachée à la laïcité et rejetant les discriminations basées sur l’origine ou
la religion. Personne ne peut se dire sincèrement trahi par
les mots de Jordan Bardella, ou plaider, comme le fait Marine
Le Pen, l’incrédulité.
Ces mots sont
cohérents avec l’idéologie d’un parti qui s’est construit sur la
haine des juifs et qui continue d’abriter en son sein la bête immonde du
racisme et de l’antisémitisme. Tous les ingrédients sont réunis dans
les écrits de Bardella, à commencer par le complotisme et
l’assimilation des juifs à l’argent et au pouvoir.
Pis, dès le
début de son ascension vers les hautes sphères du parti, le futur cadre
théorise, dans les citations que Mediapart diffuse, ce que
les démocrates ont toujours dénoncé derrière la prétendue dédiabolisation menée
de l’intérieur du FN-RN. C’est-à-dire la dissimulation de la
véritable nature du parti sous le masque de la « normalité » pour
mieux conquérir le pouvoir.
Ces révélations
font froid dans le dos, au regard de la possible victoire du RN
annoncée à la présidentielle dans les sondages. Elles inquiètent
après la nouvelle conquête, dimanche, d’un groupe sénatorial dans la marche de l’extrême
droite vers le pouvoir. Et elles viennent bousculer ceux
qui, déjà, montraient patte blanche et avaient donné l’absolution à la
fille de Jean-Marie Le Pen et à son équipe, du moment que les profits s’en
trouvent confortés.
La mollesse de
la réaction du Crif montre combien le ripolinage mensonger du RN a fait baisser
la garde. Non, la peste antisémite n’est pas à gauche : aucun
communiste, écologiste ou insoumis n’est accusé d’avoir tenu des
propos condamnés par les lois de la République. Au RN, les
brebis galeuses font troupeau.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire