lundi 3 août 2026

« Fifa : une fin de règne pour Gianni Infantino ? », l’éditorial de Lionel Venturini



Il n’y aura pas de prolongations. Présenté le 28 juillet, le projet du président de la Fifa de marchandiser encore un peu plus le football n’a pas résisté à la fronde des puissantes confédérations. L’UEFA, qui menaçait de boycotter les compétitions de la Fifa, a été rejointe dans son refus du projet par la Concacaf (Amérique du Nord, Amérique centrale et des Caraïbes) et la confédération asiatique.

En quelques jours, Gianni Infantino a dû remballer sa promesse de verser 20 millions de dollars supplémentaires à chacune des 211 fédérations membres de la Fifa, via une brochette d’investisseurs privés au sein d’une nouvelle société créée à cet effet. Un camouflet pour celui qui se voyait bien, à la fin de son dernier mandat, en 2031, en briguer la direction générale et multiplier des émoluments déjà confortables.

Ce projet était entouré de soupçons de conflit d’intérêts et de clientélisme à quelques mois seulement de l’élection à la présidence de la Fifa, prévue en mars 2027, avec pour l’heure un seul candidat déclaré, Infantino. Parmi les investisseurs mis dans la confidence se trouvait Joshua Kushner, chargé d’attirer des fonds souverains. Il est le frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump, milliardaire-président spécialiste du détournement d’affaires publiques au profit de business plans cyniques, comme le projet de Riviera du Proche-Orient à Gaza.

Face au tollé, et après le départ de son plus proche conseiller, Carlos Cordeiro, démissionnaire et « catégoriquement », dit-il, opposé au projet de l’instance mondiale de privatiser le ballon rond, Infantino n’avait d’autre choix pour sauver sa tête. L’UEFA et la Concacaf évoquent ouvertement désormais un changement de gouvernance. Pour rebondir, le patron de la Fifa accélère sa proposition d’une Coupe du monde à 64 équipes dès 2030, qui peut séduire certaines fédérations mais pourrait empêcher une nouvelle Coupe du monde en Afrique par exemple, faute d’infrastructures adaptées. Le but, toujours le même : tenir les futures compétitions là où coule l’argent roi.

 

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