Il n’y aura pas
de prolongations. Présenté le 28 juillet, le projet du président de la
Fifa de marchandiser encore un peu plus le football n’a pas résisté à la fronde
des puissantes confédérations. L’UEFA, qui menaçait de boycotter les
compétitions de la Fifa, a été rejointe dans son refus du projet par la
Concacaf (Amérique du Nord, Amérique centrale et des Caraïbes) et la
confédération asiatique.
En quelques
jours, Gianni Infantino a dû
remballer sa promesse de
verser 20 millions de dollars supplémentaires à chacune des 211
fédérations membres de la Fifa, via une brochette d’investisseurs privés
au sein d’une nouvelle société créée à cet effet. Un camouflet pour celui qui
se voyait bien, à la fin de son dernier mandat, en 2031, en briguer la
direction générale et multiplier des émoluments déjà confortables.
Ce projet était
entouré de soupçons de conflit d’intérêts et de clientélisme à quelques mois
seulement de l’élection à la présidence de la Fifa, prévue en mars 2027, avec
pour l’heure un seul candidat déclaré, Infantino. Parmi les investisseurs mis
dans la confidence se trouvait Joshua Kushner, chargé d’attirer des fonds
souverains. Il est le frère de Jared Kushner, gendre de
Donald Trump,
milliardaire-président spécialiste du détournement d’affaires publiques au
profit de business plans cyniques, comme le projet de Riviera du Proche-Orient
à Gaza.
Face au tollé,
et après le départ de son plus proche conseiller, Carlos Cordeiro,
démissionnaire et « catégoriquement », dit-il, opposé au
projet de l’instance mondiale de privatiser le ballon rond, Infantino n’avait
d’autre choix pour sauver sa tête. L’UEFA et la Concacaf évoquent ouvertement
désormais un changement de gouvernance. Pour rebondir, le patron de la Fifa
accélère sa proposition d’une Coupe du monde à 64 équipes dès 2030, qui peut
séduire certaines fédérations mais pourrait empêcher une nouvelle Coupe du
monde en Afrique par exemple, faute d’infrastructures adaptées. Le but,
toujours le même : tenir les futures compétitions là où coule l’argent
roi.

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