Canicules à
répétition, incendies ravageurs, sécheresse d’une ampleur quasi inédite… Tous ces
événements extrêmes, que les climatologues prédisent depuis des années dans
leurs scénarios les plus sombres, nous les subissons aujourd’hui. Violemment.
Jusque dans nos corps. C’est même d’ailleurs une bombe sanitaire à retardement.
L’exemple des incendies est éloquent.
Les feux de
forêt produisent des particules fines – 25 fois plus petites qu’un cheveu –
mais aussi des contaminants nocifs et irritants pour les poumons. Un mélange
toxique de polluants qui détériorent la qualité de l’air jusqu’à des milliers
de kilomètres de la source. Les méga feux dans les Landes, en 2022, ont ainsi
dégradé la qualité de l’air jusqu’aux Yvelines, à plus de 500 km des
incendies.
Ces particules
vont passer dans la circulation sanguine et entraîner des problèmes
respiratoires. Mais aussi des décompensations, des maladies cardiovasculaires.
Dans une étude parue fin juin, Oxfam avance le chiffre de 2 800 décès
prématurés annuels liés à la pollution de l’air causée par les feux de forêt. Sans compter les effets sur le long terme.
Sans compter
les effets des canicules non plus… Toujours selon l’ONG environnementale, la
chaleur provoque plus de 5 000 décès chaque année en France. Les effets de ces
épisodes caniculaires ne se limitent
pas à la déshydratation des personnes âgées.
La chaleur
augmente de 7 % le risque de décès par infarctus, dont les femmes meurent
deux fois plus, lors des 1 % des journées les plus chaudes de l’année. Les
canicules de plus de sept jours augmentent de 70 % le risque
d’insuffisance rénale aiguë. La canicule de mai dernier a provoqué davantage de
coups de chaleur chez les enfants et les 15-44 ans.
Et si l’on
rajoute le facteur inégalités, c’est la catastrophe… À l’été 2025, la chaleur a
été 31 % plus meurtrière dans les dix départements les plus pauvres de
l’Hexagone que dans les dix départements les plus riches. Le risque de
surexposition aux fortes chaleurs est dix fois moins important pour les
habitants des 20 % des quartiers urbains les plus favorisés. Les facteurs
sont multiples. Et les conséquences dramatiques : le réchauffement
climatique tue. Et ce sera pire si cet enjeu de santé publique n’est pas enfin
pris au sérieux par les autorités.

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