mercredi 29 juillet 2026

« Le réchauffement climatique est une bombe sanitaire », l(éditorial d’Alexandra Chaignon.



Canicules à répétition, incendies ravageurs, sécheresse d’une ampleur quasi inédite… Tous ces événements extrêmes, que les climatologues prédisent depuis des années dans leurs scénarios les plus sombres, nous les subissons aujourd’hui. Violemment. Jusque dans nos corps. C’est même d’ailleurs une bombe sanitaire à retardement. L’exemple des incendies est éloquent.

Les feux de forêt produisent des particules fines – 25 fois plus petites qu’un cheveu – mais aussi des contaminants nocifs et irritants pour les poumons. Un mélange toxique de polluants qui détériorent la qualité de l’air jusqu’à des milliers de kilomètres de la source. Les méga feux dans les Landes, en 2022, ont ainsi dégradé la qualité de l’air jusqu’aux Yvelines, à plus de 500 km des incendies.

Ces particules vont passer dans la circulation sanguine et entraîner des problèmes respiratoires. Mais aussi des décompensations, des maladies cardiovasculaires. Dans une étude parue fin juin, Oxfam avance le chiffre de 2 800 décès prématurés annuels liés à la pollution de l’air causée par les feux de forêt. Sans compter les effets sur le long terme.

Sans compter les effets des canicules non plus… Toujours selon l’ONG environnementale, la chaleur provoque plus de 5 000 décès chaque année en France. Les effets de ces épisodes caniculaires ne se limitent pas à la déshydratation des personnes âgées.

La chaleur augmente de 7 % le risque de décès par infarctus, dont les femmes meurent deux fois plus, lors des 1 % des journées les plus chaudes de l’année. Les canicules de plus de sept jours augmentent de 70 % le risque d’insuffisance rénale aiguë. La canicule de mai dernier a provoqué davantage de coups de chaleur chez les enfants et les 15-44 ans.

Et si l’on rajoute le facteur inégalités, c’est la catastrophe… À l’été 2025, la chaleur a été 31 % plus meurtrière dans les dix départements les plus pauvres de l’Hexagone que dans les dix départements les plus riches. Le risque de surexposition aux fortes chaleurs est dix fois moins important pour les habitants des 20 % des quartiers urbains les plus favorisés. Les facteurs sont multiples. Et les conséquences dramatiques : le réchauffement climatique tue. Et ce sera pire si cet enjeu de santé publique n’est pas enfin pris au sérieux par les autorités.

 

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