Gianni
Infantino ose tout, c’est même à ça qu’on le reconnaît. Après avoir organisé le
Mondial de foot « le plus lucratif » de l’histoire, main dans
la main avec son copain Donald Trump, le
patron de la Fifa rêve tout haut
de vendre la Coupe du monde aux marchés financiers. Diffusion, sponsoring,
billetterie, octroi de licences…
Toutes ces
sources de revenus seraient, selon le business plan dévoilé mercredi, gérées
par une société commerciale – la Fifa Forward Enterprise – abondée, à hauteur
de 20 % dans un premier temps, par des investisseurs privés. Le
millionnaire suisse, en pleine campagne pour sa réélection en 2027, promet, en
échange, quelques dizaines de millions d’euros supplémentaires aux fédérations
nationales. Une carotte exceptionnelle, pour mieux faire avaler la logique de
financiarisation qui se profile derrière.
Initiative
après initiative, Infantino pousse le foot mondial dans un abîme mercantile, à
contresens de la vocation originelle de la Fifa, association à but non
lucratif. L’objet d’un fonds d’investissement n’est ni le sport, ni l’éducation
populaire, ni la solidarité, mais le profit exponentiel.
Si des acteurs
privés gèrent en toute opacité les revenus de
la Coupe du monde, la pression
pour augmenter les recettes sera constante : extension du Mondial,
multiplication des sponsors et des compétitions, hausse des droits TV et de la
billetterie, exploitation accrue des données des supporters…
De quoi rendre
le football toujours plus prisonnier d’une logique de rentabilité et de
croissance infinie. Bien éloignée des valeurs désintéressées d’universalité, de
démocratisation et d’équité, que le dirigeant actuel de la Fifa trahit dans les
grandes largeurs.
Faut-il le
rappeler à Gianni Infantino ? Le football n’est pas né dans les salles de
marché, mais sur les terrains vagues, dans les cités ouvrières, les cours
d’école, les villages, les clubs associatifs. La Coupe du monde représente une
part de notre mémoire collective. Des émotions partagées par des milliards de
personnes. Un bien commun qu’il faut, plus que jamais, protéger de la prédation
du capitalisme. Et de son messager qui ambitionne de transformer la machine
à rêve en machine à cash.
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