mercredi 1 décembre 2021

Victor Hugo et le coup d’État du 2 décembre 1851. Il y a 170 ans !

 


Le 11 décembre 1851 au soir, à la gare du nord qui n’est encore qu’un « embarcadère » de chemin de fer, dit-on, un voyageur monte dans le train pour Bruxelles. De taille moyenne, le visage encadré de cheveux longs tombants, il a dans sa poche un passeport au nom de Jacques-Firmin Lanvin, ouvrier imprimeur. Ce n’est pas sa véritable identité, ni son vrai métier. Cet homme au « front monumental », aux « prunelles d’aigle », comme le décrit Théophile Gauthier, c’est Victor Hugo.

Une légende en exil

Victor Hugo a alors 50 ans et un vécu fulgurant. Académicien français depuis 10 ans, pair de France par la grâce de Louis – Philippe, il est élu maire du 8è arrondissement de Paris en 1848, puis député l’année suivante. C’est à la fois un écrivain à succès et une personnalité politique en vue. Auteur inspiré, empli de lyrisme épique mais aussi de compassion, il émeut le cœur du public tant avec ses poèmes, Odes et ballades, Les Feuilles d’automne, qu’avec ses romans, Le dernier jour d’un condamné – Livre de combat contre la peine capitale.  Ou encore Notre Dame de Paris qui montre en Quasimodo le monstre poignant, la coexistence du sublime et du grotesque, la beauté qui se cache sous la laideur. En cette fin de l’année 1851, Victor Hugo est un homme qui compte et qu’on écoute. De Républicain, il bascule à gauche. Son discours fleuve contre la misère et l’égoïsme des nantis, prononcé à l’Assemblée le 9 juillet 1849, scandalise la majorité de ses collègues. Les conservateurs des partis de l’Ordre. Cette prise de position provoque dès lors un retentissement considérable. Victor Hugo au soir du 2 décembre 1851 signe un appel virulent à la résistance armée : « charger son fusil et se tenir prêt ». Commence alors le temps de la répression. Plusieurs amis d’Hugo, Paul Meurice, Auguste Vacquerie ainsi que ses fils Charles et François-Victor, déploient une activité intense destinée à résister au coup d’Etat. Victor Hugo accuse Louis-Napoléon de haute trahison, il est recherché par la police. Victor Hugo choisit l’exil.

Dans le train qui le mène en Belgique, il emporte dans ses bagages ses fulgurances de visionnaire, ses grands projets pleins d’humanité. Et les livres qui lui restent à écrire : La Légende des siècles ou les Misérables. Il emporte aussi l’amertume du vaincu et une haine monumentale envers « l’usurpateur » qui s’est emparé du pouvoir. Rien ne l’apaisera. Dès son arrivée à Bruxelles, il jette sur le papier son pamphlet « Napoléon-le-Petit ». Il faut alors réunir la famille, prendre les dispositions nécessaires, et fuir avant la parution en août 1852. La famille Hugo décide de se séparer de son mobilier parisien. Pour abriter son exil, Hugo choisit alors l’île de Jersey, terre francophone et libérale. « Celle île solitaire que la libre Angleterre couvre de son vieux pavillon ». L’exil est vécu comme une injustice, un deuil traversé de crises de découragement. Dans sa maison de Marine Terrace, à la Grève-d’Azette, il se livre au spiritisme et, surtout entame une intense production littéraire. Puis il publie « Les Châtiments », pamphlet vengeur contre Napoléon III. Les exemplaires sont alors expédiés en France attachés à des ballons ! D’emblée Hugo projette d’assortir ses œuvres de portraits afin d’entretenir sa légende, alors que son existence bascule dans l’Histoire. Il décide de se lancer dans la photographie et fait installer un atelier dans sa maison  de Jersey.

Hugo père met en scène les photographies, choisit les sites et les poses. Son œil averti compose, à la manière d’un peintre, des vues qui apparaissent comme les illustrations de ses vers composées dans la même veine. Ainsi dans le portrait de Victor Hugo  sur la grève d’Azette photographié en 1852. Hugo tient d’abord à se rappeler au souvenir des français en tant que résistant, fidèle défenseurs des idéaux républicains de 1848 et rejetant toute compromission. L’assurance de la pose, la stabilité de la composition dont il apparaît comme le pivot, renvoient à la conclusion d’« Ultima Verba ». « Et s’il n’en reste qu’un, je serai celui-là ! »

L’exil de la Liberté

Puis Hugo trempe à nouveau sa plume dans l’encre de la liberté. Il signe une lettre où il critique la visite de la reine Victoria à Paris. Il est alors expulsé de Jersey et gagne l’île de Guernesey le 31 octobre 1855. Madame Hugo, sa fille Adèle, Charles et le fidèle Auguste Vacquerie le rejoignent. Le poète se félicite : « On y parle français et l’on y vit très bien à bon marché ». Alors il achève Les Contemplations. Cette œuvre lyrique qui paraît simultanément en avril 1856, à Bruxelles et à Paris est qualifiée par Hugo lui-même de « poésie pure ». La vente des Contemplations permet enfin à Victor Hugo d’acquérir une maison.

Hauteville House est à elle seule une œuvre. Une œuvre littéraire, un roman, une nouvelle. Un autoportrait de Victor Hugo. Une autobiographie. Adèle, très réservée, y voit une façon de s’ancrer dans l’exil. Hugo concentre toute son énergie à l’aménagement de cette demeure. La famille y emménage le 5 novembre 1856. La maison est remplie d’ouvriers. Hauteville house devient une création hugolienne, « un véritable autographe à trois étages » dira Charles.

Le 18 août 1859, dans une courte déclaration, Victor Hugo refuse publiquement l’amnistie de tous les condamnés politiques. « Fidèle à l’engagement que j’ai pris vis à vis de ma conscience, je partagerai jusqu’au bout l’exil de la Liberté. Quand La Liberté rentrera, je rentrerai ». Commence alors l’exil volontaire.  Le 5 septembre 1870, suite à la défaite de sedan et la capitulation de Napoléon III, la république est proclamée. Victor Hugo, accompagné de Juliette, de Charles et de sa famille, rentre en France après 19 années d’exil.

 

Les candidats « des Républicains » courent derrière Zemmour !

 


2 heures et 41 minutes. C’est le temps passé par les candidats à l’investiture Les Républicains à parler d’immigration et d’identité, lors des quatre débats télévisés organisés depuis un mois. Soit 161 minutes, sur les 722 qu’a duré l’ensemble des débats, ce qui correspond à 22 % du temps de parole. En clair, les candidats ont consacré près d’un quart de leur temps de parole à l’immigration et l’identité, multipliant les formules chocs et les propositions radicales. Le thème de la sécurité n’est pas en reste. Avec 2 heures et 17 minutes, le sujet a concentré 19 % du temps de parole. Réunis, ces deux thèmes ont ainsi monopolisé 41 % du temps de parole des candidats à l’investiture sur les quatre derniers débats, soit un peu moins de la moitié. Face à cette focalisation sur l’immigration et l’identité, un regard dans le rétro vaut le détour. Ainsi, lors du premier débat de la primaire Les Républicains de 2016. Il y avait été question d’immigration pendant seulement… 12 minutes. Cette année, ce même thème a été abordé en moyenne pendant 40 minutes lors de chaque débat. Une obsession migratoire dont l’explication est à chercher dans  l’ombre que fait planer le scandaleux candidat qu’est Éric Zemmour 

 

 

 

Agir contre l’inégalité vaccinale mondiale



Si la trajectoire du nouveau variant montre, une nouvelle fois, que le virus ignore les frontières, son apparition rappelle une évidence qui reste négligée, malgré son importance. La lutte contre le Covid-19 et ses avatars ne peut relever du seul cadre national. Cette menace globale nécessite une réponse qui le soit tout autant, pour éviter incertitude, désorganisation et anxiété planétaires. Plusieurs obstacles se dressent contre l’objectif d’une vaccination mondiale. Alors que les stocks existent dans les pays développés, où les campagnes de rappel sont déjà bien engagées, la rareté continue d’être la règle dans les plus pauvres. Seulement 3 % de la population y dispose d’un schéma vaccinal complet, contre plus de 60 % dans le premier groupe. L’objectif de 40 % de personnes vaccinées dans le monde à la fin de ce mois de décembre, fixé en septembre par l’OMS, est ambitieux, mais il reste insuffisant. Alors que la Chine a promis un milliard de doses pour le continent africain, lundi, les pays développés, ont pris des engagements de dons de vaccins qu’ils ne parviennent pas à remplir, notamment de la part des plus gros contributeurs que sont les Etats-Unis et l’Union européenne. L’approvisionnement n’est d’ailleurs pas le seul problème. L’objectif d’une vaccination mondiale suppose de relever d’énormes défis logistiques. Il faut aussi relever celui de la confiance dans le vaccin et dans les autorités des pays concernés. Laisser des centaines de millions de femmes et d’hommes hors de portée de vaccination n’est pourtant pas une option. La nouvelle bataille de non-prolifération qui s’est engagée contre le virus ne pourra pas être gagnée tant que cette vaccination mondiale n’aura pas progressé de manière significative, en asséchant les réservoirs potentiels d’infection. Il y va de l’intérêt de tous.

 

COROT : « Le Pont de NARNI »

 


C’est avant tout par ses œuvres de jeunesse QUE Corot s’est montré un annonciateur de l’impressionnisme. Les monuments qu’il a peints en Italie et sa Cathédrale de Chartres sont d’un peintre de la pierre dont la luminosité a chez lui une blondeur de miel. Sa vie est sans histoire. Son père était persuadé que Camille avait fait fausse route. « Vous croyez qu’il a du talent ? » demandait-il, sceptique, à ceux qu’il rencontrait. C’est que Corot ne vendait pas sa peinture. Il était plus que cinquantenaire quand il eut son premier amateur.

Dans « Le Pont de NARNI du Louvre, il a une luminosité et une apparence qui annoncent Cézanne. Corot était la bonté même. Avant de mourir, il dit au prêtre venu l’administrer : « Monsieur le curé, dans votre paradis, j’espère qu’on y fera encore de la peinture ! » jamais dans ses meilleurs moments Corot ne s’imagine regardé. Rien en lui ne demande à être admiré ou même reconnu. Quoiqu’il soit presque toujours devant le modèle, il ne se perd pas à le décrire. Son œuvre a des fraîcheurs de feuillage, en avril, des gestes d’une élégance enfantine, la tendresse douce d’une main posée sur un front ; elle naît de ce jour lumineux, de cet être vivant, de l’atmosphère que, par une prédisposition particulière, il sait aviver ou assombrir. Ce n’est plus le temps ni l’espace, mais les deux à la fois, réconciliés dans la suprême et blonde mélodie où vient baigner notre regard. Tout vibre alors d’une égale importance : l’eau, l’air, la terre et les feux du soleil.

Ainsi compris, comment nous étonner que Corot ait été le peintre de la pierre ? Quels éléments autres que l’enceinte du vieux Colisée, les moellons entassés à quelque distance de la cathédrale de Chartres, la terre jaunie des carrières et le sol même de la route pouvaient répondre mieux par leur compacte et lourde densité à ces grands pans flottants des transparences aériennes ? À tant de légèreté le peintre oppose la pesanteur anguleuse de la roche où lumières et ombres glissent, amenant alternativement avec elles un peu de l’orange intensité du jour, un peu du mauve enveloppement de la nuit.

mardi 30 novembre 2021

Mettre fin aux inégalités. Mettre fin au sida. Mettre fin aux pandémies.


Cette année, lors de la Journée mondiale de lutte contre le sida, l’ONUSIDA met l’accent sur l’éradication urgente des inégalités qui alimentent l’épidémie de sida et d’autres pandémies dans le monde.

Sans actions audacieuses contre les inégalités, le monde risque de manquer les cibles pour mettre fin au sida d'ici 2030, un enlisement de la pandémie de COVID-19, ainsi qu’une crise sociale et économique hors de contrôle.

La menace du VIH plane toujours sur l’humanité 40 ans après le signalement des premiers cas de sida. Aujourd’hui, l'engagement de mettre fin au sida à l’horizon 2030 est en retard. Ce retard n’est pas imputable à un manque de connaissances ou d’outils pour vaincre le sida, mais à des inégalités structurelles qui entravent les solutions efficaces de prévention et de traitement du VIH.

Les inégalités économiques, sociales, culturelles et juridiques doivent prendre fin de toute urgence si nous voulons éradiquer le sida d’ici 2030.

On peut certes avoir l’impression qu’une période de crise n’est pas le bon moment pour donner la priorité à la lutte contre les injustices sociales sous-jacentes, mais la réalité est toutefois criante : nous ne surmonterons pas la crise sans cela.

Lutter contre les inégalités n’est pas une promesse nouvelle, mais l’urgence n’a fait que s’accroître. En 2015, tous les pays ont promis de les réduire au niveau national et international dans le cadre des Objectifs de développement durable. Par ailleurs, l’éradication des inégalités est au cœur de la Stratégie mondiale contre le sida 2021–2026 : Mettre fin aux inégalités, mettre fin au sida, et au centre de la déclaration politique sur le VIH/sida adoptée lors de la Réunion de haut niveau des Nations Unies sur le VIH/sida en 2021.

Lutter contre les inégalités est essentiel pour éradiquer le sida, mais aussi pour promouvoir les droits humains des populations clés et des personnes vivant avec le VIH, pour instaurer des sociétés mieux préparées pour vaincre la COVID-19 et d’autres pandémies, mais aussi pour favoriser la reprise et la stabilité économiques. Tenir cette promesse, c’est sauver des millions de vies et améliorer la société dans son entier.

Toutefois, de réelles transformations s’imposent pour mettre fin aux inégalités. Les règles politiques, économiques et sociales doivent protéger les droits de toutes et tous, et prêter une oreille aux besoins des communautés défavorisées et marginalisées.

Nous savons comment vaincre le sida, nous connaissons les inégalités qui entravent les avancées et nous savons comment les combattre. Des politiques de lutte contre les inégalités peuvent être mises en œuvre, mais elles exigent de l’audace de la part de nos responsables.

Les gouvernements doivent désormais passer de l’engagement à l’action. Les gouvernements doivent promouvoir une croissance sociale et économique inclusive. Ils doivent supprimer les lois, les réglementations et les pratiques discriminantes afin de garantir l’égalité des chances et réduire les inégalités. L’heure est venue pour les gouvernements de tenir leurs promesses. Ils doivent agir maintenant et nous devons les placer devant leurs responsabilités.

Cette année, pour la Journée mondiale de lutte contre le sida, rappelons à nos gouvernements que les inégalités mondiales nous touchent toutes et tous, peu importe qui nous sommes et d’où nous venons. Exigeons des actes pour mettre fin aux inégalités, au sida et à toutes les autres pandémies qui se nourrissent des inégalités

 


Merci à vous !



Durant ce mois de novembre, vous avez lu 5815 pages sur mon blog, soit 193, en moyenne, par jour. Et 9369 pages lues depuis sa création le 11 octobre 2021. Soyez-en sincèrement remerciés !

lundi 29 novembre 2021

Pas de profit sur la pandémie !



Alors que le nouveau variant « Omicron » soulève de vives inquiétudes dans la monde entier, voici la dépêche dont nous prenions connaissance à  12 heures : « Un bond pour les actions MODERNA et PFIZER. L’action de MODERNA gagné environ 9,5 % en Bourse après avoir augmenté de 21 % vendredi. L’action récupère sa place en tête du classement S & P 500 depuis le début de l’année. Même chose pour l’action Pfizer qui gagne aujourd’hui plus de 3% ».

Alors que les États-Unis, la Chine, l’Afrique du Sud, l’Inde et une centaine d’autres pays sont favorables à la levée des brevets, l’Union européenne reste opposée à cette dérogation. Ses pays membres, dont notre pays, demeure aux ordres de « BIG PHARMA ». Car l’obstacle principal demeure le même, les profits générés par les trois grands groupes pharmaceutiques grâce à leur sérum. Pfizer, BioNTech et Moderna empochent 1000 dollars de bénéfices par seconde. La levée des brevets et la partage technologique permettraient de véritablement lutter à l’échelle planétaire contre cette pandémie. Sinon, le virus va muter, encore et encore, engendrant d’autres variants. Personne ne sera en sécurité tant tout le monde ne le sera pas. Comme le titrait ce matin l’Humanité : « Vaccins, brevets, variants…L’irresponsabilité des pays riches » !

« L'éclipse politique de l'Union européenne », l’éditorial de Lina Sankari.

Les Babyloniens sont les premiers à avoir développé une méthode de prévision des éclipses, issue de leur observation du ciel sur des siècl...