Un gallon de
gazole à 6,35 dollars contre 3,62 dollars un an plus tôt. La facture est salée pour les travailleurs américains. Une hausse de plus
de 75 % qui se répercute sur chaque maillon de l’économie états-unienne,
des exploitations agricoles aux rayons des supermarchés.
Ces simples
chiffres expliquent à quel point la question sociale pèse sur ces midterms.
D’autant que pendant ce temps, les géants pétroliers
organisent le pillage :
36 milliards de dollars de profits sur un seul trimestre pour ExxonMobil,
Shell et Chevron.
Sentant la
colère monter, les ultra-riches tentent littéralement d’acheter l’élection pour
sauver la majorité républicaine. À lui seul, le milliardaire Elon Musk a injecté 445 millions de dollars dans une
campagne dont le coût total – 11 milliards – donne le vertige. C’est la
lutte de classes à ciel ouvert à coups de spots télévisés. Et peut-être que la
classe ouvrière va marquer un point.
Dans le
Michigan, véritable laboratoire de la riposte, le succès de la candidature du démocrate Abdul
El-Sayed au Sénat tient pour une part à son
engagement à gauche. L’enjeu de son duel face au républicain Mike Rogers
dépasse la portée symbolique du premier sénateur musulman : c’est la
démonstration qu’une candidature ancrée à gauche, ciblant directement le coût
de la vie et exigeant une assurance maladie universelle, peut unir les classes
populaires.
Le Texas, lui,
illustre la panique d’un appareil conservateur qui a tout tenté. Pendant des
années, la droite locale a méthodiquement redécoupé les circonscriptions pour
museler le vote hispanique, afro-américain et populaire.
Mais ce
charcutage cynique pourrait se transformer en piège pour ses propres élus,
confrontés à la vague de mécontentement. Signe de cette fébrilité, la menace de raids de l’ICE dans les quartiers populaires, ultime tentative
d’intimidation trumpiste.
Sanctionner Donald Trump offrirait une respiration au peuple américain. Une
victoire démocrate ne signifie pas pour autant que le parti a abandonné ses
réflexes de protection des riches. La preuve par la Californie : alors que
l’aile gauche pousse pour l’adoption d’une taxe sur les milliardaires, les
dirigeants centristes du parti, le gouverneur Gavin Newsom en tête, appellent à
la rejeter.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire