Les arbitrages
budgétaires ne relèvent pas d’un exercice comptable : ils dessinent des
choix de société. Et ceux que traduisent les courbes des dépenses
d’armement et des moyens alloués à l’éducation
nationale au cours des deux mandats d’Emmanuel Macron sont consternants :
pour l’extrême centre, la jeunesse est reléguée derrière la guerre dans l’ordre
des priorités.
Le budget du
ministère des Armées a enregistré, en dix ans, la hausse la plus spectaculaire
des finances publiques : il a doublé pour atteindre
64 milliards d’euros pour 2027 (+ 6,4 milliards d’euros). Une
tendance alignée sur les objectifs de hausse des dépenses militaires fixés par
l’Otan, et sanctifiée par l’actualisation de la loi de programmation
militaire (LPM) 2024-2030
votée en juillet 2026, qui ajoutait aux 413 milliards initialement prévus
une rallonge de 36 milliards.
36 milliards :
c’est autant que la masse salariale annuelle totale de l’enseignement
secondaire. Et ce serait largement suffisant pour financer, dans les sept
années qui viennent, les 5 milliards d’euros nécessaires au recrutement de
70 000 enseignants pour plafonner les effectifs à 20 élèves par classe
dans les collèges et les lycées.
Le seul coût du nouveau porte-avions France
Libre, dont la livraison est prévue en 2038, suffirait à
financer la rénovation de fond en comble de 200 à 300 lycées.
On pourrait
multiplier les conversions. L’argent dilapidé dans les bombes, les missiles,
les drones, la multiplication des opérations extérieures, l’arme atomique, l’IA
et les robots à usage militaire serait mieux dépensé s’il était affecté à la
rémunération décente des enseignants, à des formations de qualité et à l’amélioration du quotidien
d’une génération abandonnée à des
conditions d’études indignes, misérables.
Investir dans
l’éducation, ce n’est pas « creuser le déficit », c’est préparer
l’avenir. Les revendications des lycéens et des étudiants ne sont pas seulement
légitimes, elles sont un signal d’alarme : sans rupture nette, la facture
du sous-investissement de l’ère Macron sera très lourde. L’austérité infligée à
la jeunesse aujourd’hui, c’est, demain, le déclassement assuré de tout un pays.

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