Samedi, des
centaines de milliers de Françaises et de Français ont envahi les rues, les
ronds-points et les places partout dans le pays. Lycéens, étudiants, salariés,
retraités, gilets jaunes, syndicalistes : une convergence réelle et
déterminée contre la vie chère, l’austérité et le mépris du gouvernement.
Cette journée
n’est pas tombée du ciel. Elle s’enracine dans des semaines de révolte lycéenne
face au manque de moyens de l’éducation nationale, dans la colère face à
l’envolée des prix à la pompe, dans le souvenir de la lutte des gilets jaunes
et dans le rejet par le mouvement social d’un budget de 54 milliards
d’euros d’économies. Le peuple refuse de continuer à payer la facture d’un
système qui enrichit les superprofits pétroliers et les actionnaires tout en
asphyxiant les services publics et les salaires.
Sourd aux
revendications du pays comme l’a démontré l’allocution du président de la
République, ce pouvoir délégitimé par les législatives de 2024 a choisi, une
fois de plus, la répression policière. Grenades,
gaz, nasses, interpellations par centaines, blessés parmi les manifestants – dont un adolescent de 17 ans qui a perdu une
main. Comme si matraquer la jeunesse et les classes populaires allait résoudre
les crises du pouvoir d’achat, des écoles ou de nos hôpitaux. La violence
d’État comme le chantage du premier ministre à choisir « la
République », qu’il réduit à la seule police, ou « le camp des
casseurs » confirment l’impasse du pouvoir macroniste. Il est aux
abois.
En face, les
centaines de casseurs, qui sont une minorité, ont commis des actes de
destruction et de pillage insupportables. Briser des vitrines, incendier des
bâtiments publics n’a rien à voir avec la juste colère sociale. Ces agissements
nuisent au mouvement social d’ampleur qui se développe dans le pays, et offrent
un prétexte facile à ceux qui veulent le discréditer. Ils détournent
l’attention des véritables enjeux et font hésiter ceux qui veulent s’engager.
Les casseurs permettent surtout au gouvernement de jouer la carte du
« retour à l’ordre » en étouffant les revendications sociales.
La force de la
mobilisation réside dans sa détermination pacifique et populaire. Ces incidents
ne doivent pas masquer ce qu’on a vu dans les cortèges : des sourires, des
chants, des slogans inventifs, des solidarités nouvelles. Des lycéens qui
parlent aux retraités, des gilets jaunes qui marchent aux côtés de
syndicalistes. C’est cela, la force du mouvement.
« Un seul
héros, le peuple », avons-nous dit. Et c’est vrai. Cette journée ne doit
pas rester sans lendemain. Le 5 novembre, l’intersyndicale appelle à une
nouvelle journée de grève et de manifestation. Il faut amplifier, unir,
radicaliser les exigences : écoles, salaires, services publics, taxation
des superprofits, fin de l’austérité. Le capital et ses relais politiques ne
céderont que sous la pression d’un mouvement populaire large et déterminé.

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