mercredi 16 septembre 2026

« La Macronie aura fait de son règne une interminable allégeance aux tenants du capital », l’édito de Marion d’Allard.



La France aurait pu se distinguer dans bien des domaines. Elle aurait dû demeurer, inconditionnellement, le pays des Lumières et des droits humains, de la laïcité et des services publics, celui dont le modèle social unique reste le ciment d’un vivre-ensemble solidaire.

Mais Emmanuel Macron a décidé de la faire concourir dans une autre catégorie. Et son zèle a payé. La France se hisse sur le plus inique des podiums, médaillée d’argent – sonnant et trébuchant – du versement de dividendes. Aux actionnaires le banquet, aux autres l’austérité.

En seulement trois mois, d’avril à juin, les grands groupes cotés dans l’Hexagone ont versé plus de 60 milliards d’euros de dividendes, pactole le plus élevé d’Europe, au deuxième rang mondial derrière les États-Unis. Ce chiffre exorbitant vient de plein fouet en percuter un autre : 30 milliards, que Bercy cherche à soustraire au budget de l’État.

Si rien n’est mis en œuvre pour stopper l’hémorragie, le projet de loi de finances virera immanquablement à la curée. Avec, dans son sillon, des millions de coupes franches pour les services publics et les agents qui les tiennent à bout de bras, pour les aides sociales aux plus démunis, pour l’indispensable bifurcation écologique… Chaque jour qui passe est une piqûre de rappel.

La lutte contre le réchauffement climatique exige des investissements massifs dans la rénovation thermique des bâtiments, l’adaptation des territoires, la transition énergétique de l’industrie, les relocalisations.

Las ! La Macronie aura fait de son règne une interminable allégeance aux tenants du capital. La suppression de la taxe sur les superprofits des grands groupes le démontre ; l’idée de préempter 6 milliards d’euros sur le dos des retraités le confirme. Il n’est pas là question de compétitivité ou de souveraineté, mais de marqueurs idéologiques.

Emmanuel Macron a permis et encouragé la sécession d’une partie de la population, exonérée de solidarité. Celui qui fantasmait les gares comme « un lieu où on croise les gens qui réussissent et ceux qui ne sont rien » peut partir avec la certitude qu’il a fait de la France un lieu où se toisent les gens qui s’enrichissent et ceux qui n’ont plus rien.

 

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« La Macronie aura fait de son règne une interminable allégeance aux tenants du capital », l’édito de Marion d’Allard.

La France aurait pu se distinguer dans bien des domaines. Elle aurait dû demeurer, inconditionnellement, le pays des Lumières et des droit...