Sans surprise,
l’Assemblée générale des Nations unies a été le théâtre d’une scène qui a
scandalisé le monde. Visé par un mandat d’arrêt de la Cour pénale
internationale, Benyamin Netanyahou a pris, toute
honte bue, la parole à la tribune pour donner des leçons au reste du
monde.
Le Premier
ministre israélien a fait assaut de cynisme et d’impudence, insultant de fait
le travail de l’ONU. Il a qualifié de « plus gros mensonge du
siècle » les accusations de génocide. Un fait maintenant documenté par
nombre d’ONG et de structures onusiennes.
En attaquant
sans scrupule ses détracteurs, Netanyahou tente de faire oublier son isolement
diplomatique. Car aux yeux du monde, rien ne peut cacher la réalité du
terrain : les dizaines de milliers de morts à Gaza, la colonisation et l’accaparement des
terres qui s’accélèrent en Cisjordanie, la violence des colons qui
agissent en toute impunité.
Adresse aux Israéliens
Ce discours
s’adressait d’abord aux Israéliens. En faisant d’Israël l’unique victime, en
transformant ceux qui s’opposent à lui en antisémites, il espère créer un
réflexe de citadelle assiégée qui lui permette de garder le pouvoir. Et qui au
passage serve de justification à l’interdiction de listes arabes
et de gauche et à l’éviction de voix critiques pour les prochaines élections.
La vérité n’a
pas sa place dans ce dispositif, qui va jusqu’à organiser l’instrumentalisation
abjecte de l’antisémitisme et de la mémoire de la Shoah pour disqualifier ceux
qui refusent sa politique
Dans ce
contexte, l’attitude de plusieurs pays occidentaux est problématique. Il est
insupportable et inacceptable qu’un dirigeant poursuivi pour crimes de guerre
puisse survoler la France avec l’accord de
Paris et obtenir un visa pour les États-Unis, alors que le président palestinien Mahmoud Abbas
se voit refuser l’accès au territoire américain et doit s’exprimer par
visioconférence.
Le peuple
palestinien traverse la période « la plus dangereuse de son
histoire » et craint une nouvelle Nakba. Devant cette barbarie
assumée, se contenter de simples déclarations d’indignation revient à détourner
le regard. La communauté internationale doit passer à l’action et imposer des
sanctions réelles, sous peine de sombrer avec le droit qu’elle prétend
défendre.

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