L’immonde logorrhée des policiers
de Carcassonne tend un bien
triste miroir au pays en cette rentrée. Six heures d’insultes racistes, de
saillies islamophobes, de masculinisme décomplexé, jusqu’à ce souhait
tranquillement formulé d’une dictature en France. Un concentré d’abjections et
de bêtise crasse qui révèle, s’il le fallait encore, le visage hideux de
l’extrême droite lepéniste.
Que la ville
soit désormais dirigée par un maire RN, que l’un des agents mis en cause ait repris son
service sans la moindre sanction jusqu’ici ne sont pas des détails. La
banalisation du racisme n’est plus seulement un climat de plateaux télé ou une
musique de fond électorale : elle ronge toute la société, et
particulièrement l’institution chargée de protéger tous les citoyens.
C’est dans ce
paysage-là, mais aux antipodes de cette sinistre conversation, que s’ouvre
aujourd’hui la Fête de l’Humanité, l’un des plus grands rassemblements populaires
d’Europe. La Fête de notre journal se construit avec ses lectrices et ses
lecteurs, avec les militants communistes, associatifs, syndicaux et les forces
de toute la gauche. Elle fait le pari que le peuple, rassemblé, informé,
organisé et solidaire, peut soulever des montagnes. Elle est notre conception
de la République.
Se rencontrer, débattre, chanter, refaire le monde
Plusieurs
centaines de milliers de personnes vont fouler ses allées ce week-end. Elles ne
se connaissent pas toutes, ne pensent pas toutes pareil. Elles viennent de
quartiers, de villes, de villages et de pays différents. Elles ont des
histoires, des origines, des âges, des métiers différents. Mais elles vont se
rencontrer, se parler, débattre, chanter, manger ensemble, refaire le monde.
La Fête de
l’Humanité n’est pas un simple refuge à l’écart du monde. C’est l’un des rares
lieux où la France se montre telle qu’elle peut être : solidaire,
respectueuse des différences, combative pour arracher de nouveaux droits et
répartir les richesses confisquées par
une minorité, déterminée à
agir pour sauver la planète. La joie, la culture, le débat sont aussi une force
politique propulsive.
C’est ici, au
croisement des luttes et des pensées, que se rassemblent les intelligences et
les forces capables de faire gagner la gauche au printemps prochain. Les
dangers sont si grands qu’elle n’a pas le droit d’échouer. Faisons de cette
fête un tremplin vers la victoire. Elle vous ouvre ses bras. Elle est à
vous !

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