Le président
américain s’est lancé dans une chasse aux migrants qui choque le monde entier
depuis dix-huit mois. Dès le retour de Trump à la Maison-Blanche, sa politique
contre les migrants menée avec brutalité par la
police ICE a provoqué sept morts par balle,
dont trois citoyens américains.
Parmi les
milliers de gens placés en détention à la suite des rafles opérées par la
milice, la presse américaine décompte 54 décès depuis janvier 2025. Comble de
l’horreur : cette chasse à l’homme a conduit un bébé de 1 an, sans avocat,
devant un tribunal de l’Arizona.
Ce n’est pas
suffisant pour le président d’extrême droite, qui vient de décider d’une
nouvelle mesure particulièrement tordue. Celle-ci prévoit de révoquer les visas
touristiques ou d’affaires de toute personne qui déposerait une demande
d’asile.
Ces demandeurs
entrés légalement aux États-Unis se verraient ainsi jetés dans l’illégalité.
L’Associated Press a évalué le nombre d’étrangers dont les visas d’affaires et
de tourisme pourraient être révoqués à 200 000, soit la plus grande révocation de ces documents de
séjour de l’histoire des États-Unis.
Outre le nombre
de personnes potentiellement concernées, cette dernière décision trumpiste
devrait choquer par son caractère pernicieux. En ciblant ainsi des étrangers en
règle dans le pays, elle fait de l’exercice d’un droit tout à fait légal sur le
sol états-unien, la demande d’asile, une sorte de preuve à charge qui invalide
a posteriori l’entrée sur le territoire. Dans les faits, elle la rend donc
impossible.
La possibilité
même qu’une situation politique change dans un pays d’origine, qu’une menace
apparaisse ou qu’un exilé ne puisse plus rentrer chez lui disparaît derrière
une présomption collective de fraude. En retournant ainsi le droit américain contre
les droits fondamentaux de ceux qui
souhaitent se placer sous sa protection, Trump en vient donc à saper l’état de
droit lui-même.
Ceux qui louent
une prétendue dédiabolisation de ses amis politiques en France – le Rassemblement national
pour ne pas le citer – qui ont les
mêmes obsessions antimigrants, feraient bien d’y réfléchir à deux fois.

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